Tous les articles par Jacqueline Collard

La Stratégie nationale alimentaire (SNANC) enfin publiée

Issue des propositions de la Convention citoyenne pour le climat, la SNANC trouve son fondement dans la loi Climat et Résilience de 2021, qui associe désormais  alimentation, nutrition et climat. Cette stratégie nationale marque donc une nouvelle étape dans la transition vers un modèle alimentaire plus juste, plus sain et plus durable dès 2025, en rassemblant pour la première fois les politiques de nutrition, d’alimentation et de climat au sein d’un cadre unique, cohérent et ambitieux, initialement prévue pour l’été 2023, elle vient d’être  publiée ce mercredi 11 février 2026.

L’impact de l’alimentation sur les maladies chroniques, est devenu un enjeu majeur de santé publique.
Depuis 2001, la France met en œuvre une politique nutritionnelle à travers le Programme national nutrition santé (PNNS) afin d’améliorer l’état de santé de la population par une meilleure nutrition – au sens de l’alimentation et de l’activité physique – tout en réduisant les inégalités sociales de santé dans une perspective d’universalisme proportionné8, afin d’agir sur tous et plus fortement sur les populations les plus défavorisées.

Le changement climatique et les nouveaux modes de production sont susceptibles d’exposer les consommateurs à des pathogènes émergents.Les régimes alimentaires constituent également une source d’exposition plus ou moins importante à des substances susceptibles de présenter un danger pour la santé, qu’elles soient d’origine naturelle ou humaine.

« Mieux manger, c’est agir pour la planète, notre santé, et soutenir une agriculture de qualité : en choisissant des produits locaux et durables, nous réduisons notre empreinte carbone, protégeons la biodiversité et valorisons le travail de nos agriculteurs. Avec cette stratégie, l’écologie s’invite concrètement dans nos assiettes. » affirme Monique Barbut Ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité, et des Négociations Internationales sur le Climat et la Nature

La SNANC fixe un cap clair à horizon 2030 avec 14 actions phare : permettre à tous les Français d’accéder à une alimentation plus saine, plus durable et plus locale, tout en renforçant la souveraineté agricole et alimentaire du pays.

la SNANC en ligne : https://agriculture.gouv.fr/node/110362

 

Le Cadmium apporte des sur-risques pour la santé

L’alimentation représente une des principales voie d’exposition de la population au cadmium , en particulier à travers des aliments de consommation courante. Les données récentes montrent une augmentation préoccupante de l’imprégnation au cadmium chez les adultes comme chez les enfants en France, à des niveaux supérieurs à ceux observés dans de nombreux pays comparables. Depuis plus de 10 ans les faits sont connus sans que la médiatisation des connaissances soient suffisantes.

Le cadmium est un métal lourd toxique omniprésent dans notre environnement qui peut contaminer les sols, l’eau ou encore l’air. Les engrais minéraux liés aux engrais phosphatés commercialisés sont identifiés comme étant la source majoritaire d’apport en cadmium dans les sols agricoles ( cultures et prairies).« Le cadmium est utilisé dans les fertilisants  phosphatés. Nous y sommes exposés via l’alimentation et l’eau que nous consommons. En effet, dans le sol il pénètre facilement dans les végétaux par leurs racines et entre ainsi dans la chaîne alimentaire.

Les fumeurs sont également exposés au cadmium par l’inhalation de la fumée du tabac.

Les aliments les plus contributeurs d’apports en cadmium varient selon les quantités consommées par la population française :

  • le pain, les céréales en général,
  • les légumes feuilles
  • les pommes de terre ainsi que les produits qui en contiennent.
  • les abats et rognons (en particulier le foie et les reins car ces organes filtrent les toxines du corps), les coquillages ou les fruits de mer.

Depuis 2019, l’Agence nationale de sécurité sanitaire(  ANSES) recommande d’abaisser la concentration maximale autorisée dans les engrais à 20 milligrammes de cadmium par kilogramme (mg/kg) de phosphore, alors que pour l’instant il est à 90mg/kg.

Le cadmium peut provoquer des troubles de la reproduction, des atteintes rénales et une faiblesse osseuse, jusqu’à entraîner de l’ostéoporose. Il est également associé à un risque accru de cancer du pancréas. «Une fois dans l’organisme, le cadmium va réagir avec d’autres molécules», précise Thibault Sterckeman ( INRAE) . Transporté par le sang, il s’accumule principalement dans les reins et le foie, pouvant atteindre le pancréas, les poumons et les os ,provoquant une faiblesse osseuse, jusqu’à entraîner de l’ostéoporose..

Un collectif de médecins libéraux avaient alerté le gouvernement dés juin 2025 et pourtant rien n’a abouti à ce sujet jusque là.

Mettre en place « un rempart à la contamination des sols et des aliments au cadmium en suspendant l’autorisation d’épandre des engrais phosphatés en contenant ». Tel est l’objet de la proposition de loi  du député écologiste Benoît Biteau et de ses collègues, déposée le 23 décembre dernier à l’Assemblée nationale et adoptée en commission des affaires économiques, mardi 3 février (alors que le gouvernement s’était engagé l’été dernier à imposer une diminution de la quantité de cadmium). L’Agence française de sécurité sanitaire a publié, le 12 février, l’étude EAT 3 indique combien préoccupante est cette  contamination de la population qui se poursuit dans le silence.

Les résultats récents de l’étude Esteban (Étude de santé sur l’environnement, la biosurveillance, l’activité physique et la nutrition) publiée par Santé publique France en 2021, indiquent que près de la moitié de la population adulte française présente une cadmiurie supérieure à la concentration critique de cadmium urinaire de 0,5 μg.g-1 de créatinine (Santé publique France, 2021) et démontre que  «les enfants qui consomment presque 20 grammes par jour de céréales du petit-déjeuner ont une imprégnation par le cadmium augmentée de 8,63% par rapport aux enfants qui en consomment très peu »

ANSES. (2019). Avis et rapports de l’Anses relatif à l’exposition au cadmium (CAS n°7440-43-9).
ANSES (2021). Avis de l’Anses relatif à la « demande d’avis sur un projet de décret relatif aux critères de qualité agronomique et d’innocuité des matières fertilisantes et des supports de culture (MFSC) conformément à l’article L. 255-9-1 du code rural et de la pêche maritime (CRPM) ».

Vous trouverez sur le site de notre partenaire l’ASEF des compléments pédagogiques : https://www.asef-asso.fr/production/fiches-cadmium/

Des recherches sur les violences concomitantes aux jeux vidéo

Le président de la République a demandé au Conseil du numérique une étude scientifique sur le sujet du lien entre jeux vidéos et exacerbation de violences, avec, à terme, la possibilité d’en interdire l’accès aux enfants et aux ado, qui  pourrait livrer ses conclusions dès le mois de mai ou juin.

La question des effets des jeux vidéo violents sur les comportements fait l’objet d’un important corpus scientifique depuis une vingtaine d’années. Le CNRS cite une vaste méta-analyse incluant 130 000 participants. Laquelle a montré que la pratique de jeux vidéo violents entraînait une augmentation des pensées, des émotions et des conduites hostiles, une diminution des conduites coopératives et une élévation de l’éveil physiologique.

Selon Laurent Bègue-Shankland, chercheur au CNRS, la violence ne se limite pas aux jeux vidéo mais représente « une composante clé du loisir populaire ». Au cinéma, 89 % des superproductions sorties ces 50 dernières années contiennent des scènes violentes, et leur nombre ne cesse d’augmenter.

Source : https://lejournal.cnrs.fr/articles/les-jeux-video-violents-rendent-ils-violenthttps://www.apa.org/news/press/releases/2020/03/violent-video-games-behavior

Une étude de l’Anses sur le vapotage apporte des précisions

Le vapotage souvent préconisé pour une dés-habituation du tabac n’est pas sans risques comme on le croit trop souvent. Or en France, plus de 6 adultes sur 100 vapotent quotidiennement, soit plus de 3 millions de personnes.

Après l’examen de près de 3 000 articles scientifiques et plusieurs rapports, l’Agence nationale de sécurité sanitaire conclut que le vapotage est associé à de possibles risques sanitaires à moyen et long termes, tout en reconnaissant l’intérêt d’un usage transitoire pour l’arrêt du tabac.

Quel en est le principe ? Les dispositifs électroniques de vapotage, plus connus sous le nom de cigarettes électroniques ou vapoteuses, peuvent être remplissables ou rechargeables. Trois éléments principaux composent généralement une cigarette électronique : un atomiseur, un réservoir d’e-liquide et une batterie. Les produits du vapotage comprennent également les cartouches et flacons de recharge, c’est-à-dire les récipients renfermant un liquide contenant le cas échéant de la nicotine.

La majorité des e-liquides déclarés sur le marché français  peuvent contenir :

  • plus de 2 200 substances utilisées comme ingrédients ;
  • généralement entre 2 et 20 ingrédients par e-liquide.
  • sont composés d’un support de dilution tel que du propylène-glycol (PG), du glycérol (VG) ou éventuellement du 1,3-propylène-glycol, et parfois avec de l’eau et de l’éthanol ;
  • affichent une teneur en nicotine comprise entre 2 et 20 mg/ml ;
  • comportent plusieurs additifs conférant un goût ou une saveur. Les plus fréquents sont la vanilline, le maltol, les dérivés du menthol, les esters aux odeurs fruitées. On retrouve également des sucres et édulcorants (glucose/fructose, sucralose), des acides utilisés dans les sels de nicotine et des extraits de plantes.
  • Les jeunes sont soumis aux effets de mode et attirés par la diversité des arômes.

Dans une tribune relatée dans le  Monde, Isabella Annesi-Maesano avait notamment plaidé pour inclure les e-cigarettes dans l’élargissement des interdictions de fumer mises en place à l’été 2025. « Vapoter devant les écoles est un mauvais exemple pour les jeunes », argumente-t-elle.

Dans l’examen du budget a été abandonnée cette taxe sur les produits de vapotage: en effet l’article 23 du projet prévoyait de créer une taxe sur les produits de vapotage, d’interdire leur vente en ligne et d’obliger tous les magasins spécialisés à obtenir un agrément administratif, sur le modèle des bureaux de tabac. Dans les ultimes arbitrages, le gouvernement a retiré l’article en cause du texte qui devrait être définitivement adopté lundi 2 février.

https://www.anses.fr/fr/content/produits-du-vapotage

La journée mondiale contre le cancer coïncide avec une étude du Lancet peu glorieuse

À l’occasion de la Journée mondiale contre le cancer (4 février), les députés européens ont  débattu lundi et votent jeudi sur leurs recommandations pour renforcer l’action de l’UE contre le cancer.  La campagne triennale « Unis par l’unique » (2025-2027) vise à sensibiliser à l’importance de soins centrés sur la personne.

Une dernière étude du Lancet vient mettre en évidence les mauvais résultats français soulignant les raisons invoquées: Les consommations d’alcool et de tabac, doublées de la pollution atmosphérique aux particules fines, sans oublier ce que l’on appelle scientifiquement l’exposome – c’est-à-dire l’ensemble des polluants présents dans l’air, l’eau et notre alimentation – pourrait avoir des effets cumulés considérables… Nous baignons dans les PFAS, les PCB, la dioxine, les métaux lourds et surtout les pesticides agricoles, dont nous sommes un des premiers consommateurs mondiaux ! Ces pesticides dont l’utilisation augmente en vain malgré les milliards d’euros d’argent public dépensés dans les plans Ecophyto successifs !

Jusqu’où allons nous accepter que la priorité soit donnée,  au détriment de la santé publique,  aux profits à court terme de l’industrie chimique et des lobbies qui intoxiquent les populations et prioritairement les agriculteurs et les riverains.

https://www.europarl.europa.eu/news/fr/agenda/plenary-news/2026-02-09/11/journee-mondiale-de-lutte-contre-le-cancer

https://www.thelancet.com/journals/lanonc/article/PIIS1470-2045(23)00333-9/abstract