Tous les articles par Jacqueline Collard

Un documentaire de jeunes Rhône-Alpins pour recycler des plastiques

5 jeunes du village de La Rochette, en Savoie, soutenus par l’association « Dahu Vagabond » ont entrepris un long voyage au Népal pour alerter sur la réalité  de la pollution plastique sur les hauts sommets himalayens. De cette belle aventure humaine est né un documentaire intitulé « Namaskar »pour lutter contre cette pollution au plastique, qui c’est bien documenté  est devenue un fléau de cette région touristique.

Un projet qui consiste à créer une machine à fabriquer des manches de couteaux en plastique recyclé, en lien avec des forgerons d’un village. Désormais, les écoliers locaux collectent des déchets plastiques pour l’usine de recyclage, puis deux villageois transforment cette matière en manches de couteaux avec une machine artisanale.

Avant même de partir, ils ont longuement enquêté et découvert l’un des problèmes du pays : la pollution plastique. Rien que dans la capitale de Katmandou, près de 500 tonnes de déchets sont collectées chaque jour.

« L’idée, c’était de ne pas faire le blanc européen qui vient donner des leçons et dire de faire comme chez nous. Au contraire, on a eu un gros travail de recherche pendant un an, où nous avons rencontré des Népalais qui vivent en France, des associations, des entreprises… De fil en aiguille, on a dit à nos interlocuteurs que l’on avait envie de faire un documentaire chez eux, mais de quoi ils avaient envie qu’on parle », raconte Thomas Sandis, chef de projet de « Namaskar ».

Les cinq compères présenteront leur œuvre le mardi 3 mars au Ciné Malraux de Chambéry, puis au Club à Grenoble, le jeudi 12 mars prochain.

L’ANSES publie les résultats EAT3 sur la contamination alimentaire

L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses) vient de  publier les premiers résultats de sa troisième Étude de l’alimentation totale (EAT3). Premières conclusions : des concentrations en baisse, mais une exposition encore trop élevée : les concentrations moyennes d’acrylamide, d’argent, d’aluminium, de cadmium et de plomb dans les aliments ont globalement diminué par rapport à l’étude précédente.

L’EAT3 est une vaste étude qui vise à analyser la présence de plus de 250 substances chimiques dans notre alimentation et à évaluer l’exposition de la population française. Ce premier volet se concentre sur l’acrylamide et cinq éléments traces métalliques : l’argent, le cadmium, le plomb, l’aluminium et le mercure.

« On trouve de nombreux éléments traces métalliques, dont certains sont plus connus sous le nom de “métaux lourds”, dans notre alimentation, explique Morgane Champion, coordonnatrice de l’étude. Ils sont naturellement présents dans l’environnement, mais les activités humaines – agriculture, industries, trafic routier – en produisent également, et ils se retrouvent dans les sols, l’eau ou l’air. »

Ces premiers résultats ne constituent que le premier volet de l’EAT3. Les prochaines publications porteront sur d’autres familles de contaminants : des substances issues des matériaux au contact des aliments (bisphénols, phtalates), les résidus de pesticides, les PFAS, etc.

Des conseils sont donnés pour limiter votre exposition aux contaminants :

Variez votre alimentation ;
Limitez les aliments à faible intérêt nutritionnel qui peuvent être contaminés : chips, biscuits, viennoiseries…
Pour l’acrylamide : évitez de trop brunir les aliments lors de la cuisson, particulièrement les pommes de terre et la viande ;
Pour le poisson : respectez la recommandation de deux portions par semaine, en variant les espèces.

Source : Anses – Étude de l’alimentation totale française 3 (EAT3), Résultats – Tome 1, Acrylamide, aluminium, argent, cadmium, mercure et plomb.

La Stratégie nationale alimentaire (SNANC) enfin publiée

Issue des propositions de la Convention citoyenne pour le climat, la SNANC trouve son fondement dans la loi Climat et Résilience de 2021, qui associe désormais  alimentation, nutrition et climat. Cette stratégie nationale marque donc une nouvelle étape dans la transition vers un modèle alimentaire plus juste, plus sain et plus durable dès 2025, en rassemblant pour la première fois les politiques de nutrition, d’alimentation et de climat au sein d’un cadre unique, cohérent et ambitieux, initialement prévue pour l’été 2023, elle vient d’être  publiée ce mercredi 11 février 2026.

L’impact de l’alimentation sur les maladies chroniques, est devenu un enjeu majeur de santé publique.
Depuis 2001, la France met en œuvre une politique nutritionnelle à travers le Programme national nutrition santé (PNNS) afin d’améliorer l’état de santé de la population par une meilleure nutrition – au sens de l’alimentation et de l’activité physique – tout en réduisant les inégalités sociales de santé dans une perspective d’universalisme proportionné8, afin d’agir sur tous et plus fortement sur les populations les plus défavorisées.

Le changement climatique et les nouveaux modes de production sont susceptibles d’exposer les consommateurs à des pathogènes émergents.Les régimes alimentaires constituent également une source d’exposition plus ou moins importante à des substances susceptibles de présenter un danger pour la santé, qu’elles soient d’origine naturelle ou humaine.

« Mieux manger, c’est agir pour la planète, notre santé, et soutenir une agriculture de qualité : en choisissant des produits locaux et durables, nous réduisons notre empreinte carbone, protégeons la biodiversité et valorisons le travail de nos agriculteurs. Avec cette stratégie, l’écologie s’invite concrètement dans nos assiettes. » affirme Monique Barbut Ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité, et des Négociations Internationales sur le Climat et la Nature

La SNANC fixe un cap clair à horizon 2030 avec 14 actions phare : permettre à tous les Français d’accéder à une alimentation plus saine, plus durable et plus locale, tout en renforçant la souveraineté agricole et alimentaire du pays.

la SNANC en ligne : https://agriculture.gouv.fr/node/110362

 

Le Cadmium apporte des sur-risques pour la santé

L’alimentation représente une des principales voie d’exposition de la population au cadmium , en particulier à travers des aliments de consommation courante. Les données récentes montrent une augmentation préoccupante de l’imprégnation au cadmium chez les adultes comme chez les enfants en France, à des niveaux supérieurs à ceux observés dans de nombreux pays comparables. Depuis plus de 10 ans les faits sont connus sans que la médiatisation des connaissances soient suffisantes.

Le cadmium est un métal lourd toxique omniprésent dans notre environnement qui peut contaminer les sols, l’eau ou encore l’air. Les engrais minéraux liés aux engrais phosphatés commercialisés sont identifiés comme étant la source majoritaire d’apport en cadmium dans les sols agricoles ( cultures et prairies).« Le cadmium est utilisé dans les fertilisants  phosphatés. Nous y sommes exposés via l’alimentation et l’eau que nous consommons. En effet, dans le sol il pénètre facilement dans les végétaux par leurs racines et entre ainsi dans la chaîne alimentaire.

Les fumeurs sont également exposés au cadmium par l’inhalation de la fumée du tabac.

Les aliments les plus contributeurs d’apports en cadmium varient selon les quantités consommées par la population française :

  • le pain, les céréales en général,
  • les légumes feuilles
  • les pommes de terre ainsi que les produits qui en contiennent.
  • les abats et rognons (en particulier le foie et les reins car ces organes filtrent les toxines du corps), les coquillages ou les fruits de mer.

Depuis 2019, l’Agence nationale de sécurité sanitaire(  ANSES) recommande d’abaisser la concentration maximale autorisée dans les engrais à 20 milligrammes de cadmium par kilogramme (mg/kg) de phosphore, alors que pour l’instant il est à 90mg/kg.

Le cadmium peut provoquer des troubles de la reproduction, des atteintes rénales et une faiblesse osseuse, jusqu’à entraîner de l’ostéoporose. Il est également associé à un risque accru de cancer du pancréas. «Une fois dans l’organisme, le cadmium va réagir avec d’autres molécules», précise Thibault Sterckeman ( INRAE) . Transporté par le sang, il s’accumule principalement dans les reins et le foie, pouvant atteindre le pancréas, les poumons et les os ,provoquant une faiblesse osseuse, jusqu’à entraîner de l’ostéoporose..

Un collectif de médecins libéraux avaient alerté le gouvernement dés juin 2025 et pourtant rien n’a abouti à ce sujet jusque là.

Mettre en place « un rempart à la contamination des sols et des aliments au cadmium en suspendant l’autorisation d’épandre des engrais phosphatés en contenant ». Tel est l’objet de la proposition de loi  du député écologiste Benoît Biteau et de ses collègues, déposée le 23 décembre dernier à l’Assemblée nationale et adoptée en commission des affaires économiques, mardi 3 février (alors que le gouvernement s’était engagé l’été dernier à imposer une diminution de la quantité de cadmium). L’Agence française de sécurité sanitaire a publié, le 12 février, l’étude EAT 3 indique combien préoccupante est cette  contamination de la population qui se poursuit dans le silence.

Les résultats récents de l’étude Esteban (Étude de santé sur l’environnement, la biosurveillance, l’activité physique et la nutrition) publiée par Santé publique France en 2021, indiquent que près de la moitié de la population adulte française présente une cadmiurie supérieure à la concentration critique de cadmium urinaire de 0,5 μg.g-1 de créatinine (Santé publique France, 2021) et démontre que  «les enfants qui consomment presque 20 grammes par jour de céréales du petit-déjeuner ont une imprégnation par le cadmium augmentée de 8,63% par rapport aux enfants qui en consomment très peu »

ANSES. (2019). Avis et rapports de l’Anses relatif à l’exposition au cadmium (CAS n°7440-43-9).
ANSES (2021). Avis de l’Anses relatif à la « demande d’avis sur un projet de décret relatif aux critères de qualité agronomique et d’innocuité des matières fertilisantes et des supports de culture (MFSC) conformément à l’article L. 255-9-1 du code rural et de la pêche maritime (CRPM) ».

Vous trouverez sur le site de notre partenaire l’ASEF des compléments pédagogiques : https://www.asef-asso.fr/production/fiches-cadmium/

Des recherches sur les violences concomitantes aux jeux vidéo

Le président de la République a demandé au Conseil du numérique une étude scientifique sur le sujet du lien entre jeux vidéos et exacerbation de violences, avec, à terme, la possibilité d’en interdire l’accès aux enfants et aux ado, qui  pourrait livrer ses conclusions dès le mois de mai ou juin.

La question des effets des jeux vidéo violents sur les comportements fait l’objet d’un important corpus scientifique depuis une vingtaine d’années. Le CNRS cite une vaste méta-analyse incluant 130 000 participants. Laquelle a montré que la pratique de jeux vidéo violents entraînait une augmentation des pensées, des émotions et des conduites hostiles, une diminution des conduites coopératives et une élévation de l’éveil physiologique.

Selon Laurent Bègue-Shankland, chercheur au CNRS, la violence ne se limite pas aux jeux vidéo mais représente « une composante clé du loisir populaire ». Au cinéma, 89 % des superproductions sorties ces 50 dernières années contiennent des scènes violentes, et leur nombre ne cesse d’augmenter.

Source : https://lejournal.cnrs.fr/articles/les-jeux-video-violents-rendent-ils-violenthttps://www.apa.org/news/press/releases/2020/03/violent-video-games-behavior