Tous les articles par Jacqueline Collard

Face aux cataclysmes des incendies démesurés, l’urgence d’agir s’impose

Depuis 30 ans, on parle de changements climatiques et désormais face aux ravages des incendies dus à des sécheresses intenses, l’urgence se fait sentir plus que jamais.

Depuis le 19e siècle et en seulement 150 ans, les activités humaines ont beaucoup augmenté la quantité de gaz à effet de serre dans l’atmosphère avec pour conséquence : l’équilibre naturel du climat qui se modifie et la surface de la Terre se réchauffe très rapidement partout dans le Monde. Les effets de ce réchauffement sont déjà observés au niveau mondial, il est donc nécessaire d’agir pour limiter effets du changement climatique, mais aussi pour s’adapter aux changements en cours et à venir qui risquent donc de se perpétuer. Car tous les scientifiques l’affirment : les catastrophes qui scandent l’été 2026 sont amenées à se répéter et à s’intensifier.

Des connaissances scientifiques s’accroissent et  permettent de mieux comprendre ces phénomènes inédits en France: comme l’explique Jean-Baptiste Filippi, chercheur du CNRS (Laboratoire des sciences pour l’environnement CNRS-Université Corse-Pasquale-Paoli), expert en modélisation numérique des incendies de végétation et des interactions entre un feu et l’atmosphère,  l’un des meilleurs spécialistes de la pyroconvection, ce mouvement d’air chaud ascendant qui se crée au-dessus d’un incendie jusqu’à former un « nuage de feu » (pyrocumulus ou pyrocumulonimbus), à l’origine du fameux « orage de feu » décrit en Gironde, « Ce qui se passe en ce moment est très très très exceptionnel. Voir un nuage aussi énorme et aussi haut au-dessus d’un incendie est rarissime, commente le chercheur. Le spécialiste décrit la formation de ces « orages de feu » qu’il compare de façon simplifiée au fonctionnement d’une chaudière à condensation.« Le feu génère son propre vent avec une force et une vitesse trois à quatre fois supérieure, poursuit Jean-Baptiste Filippi.

 Néanmoins des dispositifs  opérationnels se sont mis en place , mais ils ne sont pas encore assez connus : tel les données satellitaires Effis  transmises par Copernicus *

Mais dans ces cas semblables on voit combien la prévention des risques majeurs doit s’imposer à tous et dans un premier temps prendre les précautions d’usages:

Lorsqu’un incendie se déclare en forêt, sa combustion libère de grandes quantités de monoxyde de carbone, d’oxyde d’azote, de composés chimiques toxiques, mais aussi de particules fines, parmi lesquelles les PM2,5. De par leur petite dimension, inférieures à quelques microns, ces particules peuvent entrer par les voies respiratoires et passer dans le sang. « Leur composition particulière rend ces fumées spécialement toxiques », avertit Matteo Redaelli, coordinateur de l’expertise au sein de l’unité d’évaluation des risques liés à l’air à l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses). Selon l’analyse de plusieurs études scientifiques réalisée par l’Anses, la pollution de l’air par les feux de forêts peut être deux à dix fois plus dangereuse que la pollution atmosphérique habituelle. Le rejet de particules fines – le seuil d’alerte est dépassé dans plusieurs départements – menace les plus vulnérables, nourrissons, personnes âgées et personnes présentant des pathologies respiratoires.Il est donc recommandé de rester vigilant à l’orientation du panache de fumée et aux différents indicateurs de qualité de l’air dans sa région. Le site du réseau de surveillance Atmo France, comme celui de Prévair (https://www.prevair.org) permettent de suivre l’évolution de plusieurs indicateurs.

Parmi les populations à surveiller en priorité, du fait de l’augmentation des risques cardiovasculaires et respiratoires, on retrouve : -Les nourrissons et les enfants ; Les femmes enceintes ;Les personnes âgées, au-delà de 65 ans ;Les personnes souffrant de maladies respiratoires (asthme ou autres maladies respiratoires chroniques) ;Les personnes souffrant de maladies cardiovasculaires, diabétiques, immunodéprimées, dialysées, atteintes de maladies chroniques ou d’affections oculaires.

En cas d’exposition à des fumées issues de feux de forêts ou de végétation à proximité de son domicile, les recommandations d’usage sont de :

  • Limiter les déplacements et le temps passé à l’extérieur ;

Mettre en pause toute activité physique ;

Garder les portes et fenêtres fermées et n’aérer que lorsque les conditions le permettent ;

Occulter les aérations avec des linges humides afin d’éviter les appels d’air et l’entrée de fumées ;

Arrêter les ventilations mécaniques contrôlées (VMC) lorsque celles-ci ne sont pas filtrées

Nous sommes fortement impliqués dans notre région Auvergne Rhône-Alpes, sur la prévention et la sensibilisation pour tous concernant les risques majeurs, et nous voyons que  plus que jamais,  devoir renforcer nos actions dans ce sens.

*https://forest-fire.emergency.copernicus.eu/

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La politique lyonnaise en faveur de la petite enfance s’affirme

Grandir dehors, les bienfaits du plein-air : une transition naturelle pour les crèches lyonnaises

Dans le sillage de la crèche associative de plein air « Une souris en herbe », ouverte à l’automne dernier à Lyon 3e, la crèche municipale Jeanne Barret illustre bien la politique volontariste de la Ville en faveur de la petite enfance. « C’est la première crèche municipale de plein air de France gérée par une municipalité, appuie le maire, Grégory Doucet. « Reconnecter les enfants à la nature, c’est fondamental ».

Témoignage : un enthousiasme partagé sur le terrain par les 8 agentes volontaires, toutes intimement convaincues des bienfaits de la nature. « Je me suis initiée à la pédagogie de plein air dans mon ancienne crèche, avec une psychomotricienne, confie Sylvie. J’ai tout de suite attrapé le virus ! »

Un livre plus que d’actualité : Nature et préjugés de Marc André Sélosse

Auteurs :  le biologiste et naturaliste Marc-André Selosse  et Rafaelian Arnaud

Les êtres humains ont longtemps survécu sur Terre en bricolant avec les connaissances du moment. Monocultures, pesticides, combustibles fossiles… Nous comprenons aujourd’hui que nous devons faire autrement. L’idée de ce livre brillant est simple : la notice pour mieux habiter notre monde se trouve sous nos yeux. Il suffit d’observer le vivant. Une écologie lucide pour un monde vivant

Nature et préjugés n’est pas un simple livre de vulgarisation scientifique : c’est un antidote intellectuel aux illusions qui brouillent notre rapport au vivant. En dix essais incisifs, Marc-André Sélosse démonte les grandes idées reçues qui traversent notre vision contemporaine de la nature — de l’illusion d’un équilibre naturel à la glorification du « tout naturel », en passant par le fantasme d’une nature morale, sage ou coopérative.

Ce qu’il nous propose, ce n’est pas une énième dénonciation de l’impact humain, mais un changement de paradigme : penser la nature comme un système vivant, dynamique, souvent chaotique, toujours complexe. Refuser de sacraliser la nature, ce n’est pas l’abandonner — au contraire, c’est apprendre à mieux l’écouter, à mieux la comprendre, pour mieux agir.

Le message central du livre pourrait se résumer ainsi : la nature ne donne pas de leçons, elle donne des données. Et c’est à nous d’en tirer des enseignements lucides, sans les transformer en dogmes. Cela suppose de dépasser le moralisme vert et les nostalgies romantiques, pour construire une écologie adulte, ancrée dans les faits et la responsabilité.

Marc-André Sélosse nous invite ainsi à passer d’une écologie fondée sur la peur, la pureté ou l’idéalisation, à une écologie fondée sur la connaissance, la nuance et l’action. C’est une écologie de la coévolution, de la gestion adaptative, de la symbiose et du sol. Une écologie qui reconnaît notre rôle dans le vivant — pas comme perturbateurs externes, mais comme acteurs biologiques à part entière.

Au fond, Nature et préjugés est un plaidoyer pour une pensée écologique critique, informée, humble. Et dans un monde saturé d’injonctions simplistes sur le climat et la nature, ce livre est une boussole précieuse.

Au fil de cette odyssée, profondément humaniste, se dessinent avec clarté l’essence et l’espoir de nos vies : notre lien aux vivants, qui pourrait nous sauver de nos errements. 

Les feux d’artifice remis en question

Alors que la chaleur estivale est aggravée par le réchauffement climatique, notre planète a plus que jamais besoin de revoir nos habitudes. Cet été est l’occasion de réfléchir  et d’adopter des gestes plus écologiques. Bien que les feux d’artifice soient une tradition festive profondément ancrée dans la culture française, il est essentiel de prendre en compte leur impact environnemental.

Voilà le 14 juillet qui, jusque là connaissaient les traditionnels feux d’artifice, certes  féériques, ces feux ne sont pas tout à fait sans danger ni sur la santé et sur l’environnement.

Derrière les couleurs éclatantes, c’est à l’instar des pétards , un cocktail de produits chimiques qui est à l’origine des feux d’artifice. À chaque couleur correspond une substance : ainsi le blanc est fabriqué à partir d’aluminium, le vert de baryum, le violet de rubidium, le baryum qui peut causer des problèmes gastro-intestinaux, le cadmium qui peut affecter les poumons…… Des substances souvent toxiques ou cancérigènes lorsqu’on s’y expose à fortes doses.

Un feu d’artifice est composé d’une poudre noire composée de charbon, soufre et salpêtre (nitrate de potassium KNO3, à 75%), qui s’accompagne d’un composé qui libère de l’oxygène (généralement du perchlorate de potassium) et d’un composé combustible, qui crée également la couleur. En explosant, la bombe libère des millions de particules de poussières très fines (PM10 et PM2.5), des métaux lourds (strontium, baryum, cuivre, antimoine…) et du dioxyde de soufre  qui peuvent se rabattre sur les spectateurs en raison du vent ou se maintenir dans l’atmosphère quelques jours avant de se déposer dans l’environnement (forêts, champs, mer…). Ces particules issues de l’explosion d’un feu d’artifice seraient cinq fois plus polluantes que celles du smog, estime une étude menée par la ville de Montréal en 2010.

En plus de la pollution de l’air, les retombées des feux d’artifice contaminent aussi les sols et les plans d’eau. Les résidus de plastique, d’aluminium et d’autres matériaux peuvent s’accumuler, créant des risques pour la faune et la flore locales.

Une étude américaine de 2015 publiée dans la revue scientifique Science direct révélait une hausse de 42% du niveau de particules fines dans l’air au cours de l’heure qui suit le feu d’artifice, le taux ne revenant à la normale que le lendemain, 16 heures après le spectacle.

Cette année face aux nombreux feux de forets, d’une canicule qui s’installe de nombreuses préfectures l’Ain, l’Isère, la Savoie, la Loire et la Drôme, l’Hérault, l’Aude , les Pyrénées orientales ont interdit le tir de feux d’artifice ,  des villes ont pris les mêmes dispositions et c’est vraiment judicieux pour la protection des habitants et la gestion des risques.

loi n° 2021-646 du 25 mai 2021 et décret n° 2010-580 du 31 mai 2010.

L’INRAE annonce » Une agriculture sans pesticide, « c’est possible »

L »étude « Rés0pest », *l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae) a fait « le choix d’une rupture drastique avec le système conventionnel en cultivant sans aucun pesticide, mais sans passer en agriculture biologique, puisqu’on a conservé un apport d’engrais minéraux », explique le chercheur Jean-Noël Aubertot, initiateur du projet. Il ajoute « seule la recherche publique pouvait prendre ces risques » sur différents systèmes (grandes cultures et polyculture-élevage) sur dix ans.

Mais passer d’un indice de fréquence de traitement (IFT) de pesticides de 16 pour la pomme de terre ou de 6 pour le blé à zéro n’a pas été sans conséquences.Pour les chercheurs, la baisse de rendement est compensée par les services écosystémiques rendus par ces systèmes, comme la biodiversité retrouvée, l’absence de coûts liés à la dépollution de l’eau et les coûts de santé publique.

L’essentiel était d’arriver techniquement à faire face à cet alibi imposé qu’on ne peut produire sans pesticides: le projet de loi d’urgence agricole en est un exemple emblématique. Dix ans de recherche sur le réseau Rés0Pest démontrent qu’il est possible de produire sans pesticides chimiques tout en restant rentable, ouvrant la voie à une troisième voie agricole. Les résultats de l’étude, publiés dans la revue Plant Disease, ne sont pas seulement une prouesse scientifique ; ils constituent une feuille de route pour l’avenir de l’agriculture durable.

* Rés0Pest est un réseau expérimental dont la finalité est de produire des connaissances mobilisables pour la conception de systèmes de culture innovants minimisant le recours aux pesticides en combinant des techniques alternatives et en valorisant les régulations biologiques, en grande culture et en polyculture-élevage.

Rés0Pest regroupe actuellement un lycée agricole, une Unité Mixte de Recherche et 8 Unités Expérimentales de l’INRA dont l’UE Domaine d’Epoisses. Les expérimentations Rés0Pest sur l’UE Domaine d’Epoisses apportent de solides connaissances à la mise en place de la plateforme CA-SYS.

https://plateforme-casys.hub.inrae.fr/projets/res0pest

INRAE, « Une étude expérimentale menée sur 10 ans montre le potentiel de systèmes de production agricoles sans pesticides », février 2026.