Tous les articles par Jacqueline Collard

Tefal change de type de marketing ! mais agit tardivement

L’usine Tefal de Rumilly (Haute-Savoie) contamine toujours avec ses polluants éternels ( PFAS) tels que le révèlent les résultats d’échantillons d’eau prélevés localement. Dans les eaux souterraines, aux abords de dépôts de déchets, ont été retrouvés d’importantes quantités d’un des PFAS les plus dangereux, reconnu cancérogène : le PFOA.

Ce sont  les bénévoles de l’association environnementale Agir ensemble pour Rumilly et l’Albanais (Aera) association locale avec des moyens « limités »suivant  un protocole strict, qui  ont prélevé une vingtaine d’échantillons d’eau tout autour de la ville. Résultats : parmi les 53 PFAS testés, c’est le PFOA qui a été retrouvé en plus grande quantité dans la plupart des prélèvements, avec des pics entre 90 et 95 % à divers endroits.Résultats à prendre en compte aprés que l’entreprise ait déversé jusqu’en 1989 des quantités de déchets chargés en PFAS . C’est tout de même quasiment neuf fois plus que la norme de qualité pour les eaux brutes — une eau qui n’a pas reçu de traitement —, fixée à 2 000 ng/l. Ce taux de PFOA fait partie des plus élevés jamais enregistrés en France dans une nappe phréatique, selon les informations disponibles.

Après avoir communiqué leurs résultats à la communauté de communes, l’association réfléchit à la manière de partager ses informations avec les habitants de Rumilly — pour beaucoup salariés chez Tefal .

Dernièrement une opération médiatique est proposé par Tefal en lançant une collecte ( de recyclage)  partout en France avec La Poste, dans le but de récupérer ces produits faisant l’objet de tant d’interrogations.

À partir d’octobre 2025, près de 1.700 points de collecte seront mis en place partout en France, dont 945 bureaux de poste. À moins de 15 minutes de chez soi, vous pourrez facilement déposer vos poêles usagées dans l’un de ces points. Ce réseau de collecte ne se limite pas aux bureaux de poste : il inclut également des déchèteries, des magasins partenaires comme Carrefour, Leclerc, Boulanger, ainsi que des associations locales comme Emmaüs.   En participant à ce programme, chaque consommateur devient acteur du recyclage. Les poêles déposées sont triées, broyées et refondues pour créer de nouveaux produits. Ce processus non seulement élimine les polluants comme les PFAS (substances chimiques présentes dans les revêtements antiadhésifs) mais permet aussi de produire des poêles à partir d’aluminium recyclé, réduisant ainsi la dépendance aux ressources vierges. Tefal et La Poste ont bien compris que pour réussir la transition écologique, il faut agir localement, en s’appuyant sur des réseaux de proximité. Chacun d’entre nous peut facilement participer à la réduction des déchets et à la préservation des ressources.

Des reculs inacceptables face au changement climatique qui s’impose à tous

Alors que nous assistons à des reculs nombreux et variés en matière de protection de l’environnement (suspension des ZFE, des ZAN, de MaPrimeRenov,  soutien aux modes d’élevages industriels, autorisation des mégabassines, réintroduction de pesticides interdits comme l’acétamipride nocif pour les pollinisateurs, coupe des aides sur les véhicules électriques et le vélo, etc.) ayant rapidement des effets néfastes sur le climat et sur la biodiversité, c’est aussi le quotidien des Françaises et Français qui est pénalisé, via leur pouvoir d’achat, leur santé ou leurs emplois sous le prétexte d’une écologie trop contraignante, à l’opposé des attentes de leurs concitoyens,aggravant encore les inégalités climatiques.

Le Réseau Action climat (RAC) qui regroupe plus de 30 associations dénonce au nom de tous  , ces reculs qui vont rapidement avoir des « impacts très concrets », en provoquant une « baisse du pouvoir d’achat lié à la baisse des soutiens à la rénovation ou aux mobilités alternatives », des « emplois menacés dans les énergies renouvelables ou le bâtiment » ou des « risques pour la santé ».

Une tribune de plus de 90 professionnels du droit ( avocats et juristes ) s’en émeuve et se prononce ainsi :  » Nous vivons un sabotage du droit de l’environnement ! »

Le registre national des cancers arrive après des années de demande

Sonia de La Provoté, sénatrice du Calvados, a proposé une loi le 21 avril 2023, pour la création d’un registre national des cancers de l’adulte. Celle-ci a été adoptée à l’unanimité lundi 23 juin 2025.  et pourtant c’est donc le 30 juin 2025  que cette loi n° 2025-596 du 30 juin 2025  a été publiée au Journal officiel du 1er juillet 2025, pour mettre en place un registre national des cancers.

En 2023, l’Institut national du cancer (INCa) estime qu’on dénombre en France 433 000 nouveaux cas de cancers. Leur nombre s’est accru en raison du vieillissement de la population, mais aussi de la hausse importante de certains cancers dits « de mauvais pronostic » (cancer du poumon, du foie…). l’Académie de médecine avait lancé un rapport pointant l’urgence d’un tel registre.

La loi crée un registre national général des cancers, afin d’améliorer la prévention, le dépistage et le diagnostic des cancers ainsi que la prise en charge des patients. Sa gestion est confiée à l’Institut national du cancer ( INCA). Jusqu’alors il n’existait  pour seulement 24% de la population que 33 registres généraux ou spécialisés, nationaux ou  régionaux, mais souvent  incomplets , d’où le besoin avéré d’une visée nationale. Parmi ceux là 19 registres généraux qui ne couvrent que 24 départements et 12 registres spécialisés sur des organes spécifiques (comme le registre des cancers digestifs), sans oublier les 2 registres pédiatriques qui sont nationaux.

Un décret d’application est prévu pour préciser notamment le rôle des entités et des organisations de recherche en cancérologie labellisées dans la collecte des données.

Avec ce registre, la France pourra s’inscrire dans un mouvement européen de création et d’harmonisation des registres des cancers, disponibles dans la plupart des autres pays européens.

Loi n° 2025-596 du 30 juin 2025 visant à mettre en place un registre national des cancers (version initiale)

Obligation est faite aux industriels de donner la formulation complète des pesticides

 En 2022, avec les eurodéputé·es Michèle Rivasi, Benoît Biteau et Claude Gruffat, Secrets Toxiques dont nous faisons partie, a  demandé à l’EFSA la liste des coformulants du Captane, un fongicide en passe d’être renouvelé. Depuis les années ont passé, et ce n’est que 3 ans après que nous obtenons la décision tant attendue.
Le 18 juin 2025, la Cour de justice de l’Union européenne a tranché : les industriels ne peuvent plus cacher la composition complète de leurs pesticides. Une décision qui donne raison à Secrets Toxiques et met fin à l’opacité toxique entretenue depuis trop longtemps.
Ces coformulants, bien que cachés derrière le mot « inertes », sont libérés dans l’environnement et participent à la toxicité réelle des produits. L’EFSA avait accepté de nous les transmettre, conformément à la Convention d’Aarhus, qui impose la transparence sur les émissions dans l’environnement.

Cependant il faut savoir que  la firme Arysta a tenté de bloquer cette avancée en saisissant le Tribunal pour défendre ses intérêts commerciaux.
Le Tribunal vient de trancher : les coformulants sont bien des substances émises dans l’environnement, et leur divulgation est dans l’intérêt du public.

Ce jugement ouvre la voie à la divulgation de la composition complète de tous les pesticides. Une étape essentielle pour que les formulations soient évaluées pour ce qu’elles sont réellement : des cocktails de substances dont la toxicité dépasse celle de la seule substance active.

Une avancée majeure pour la santé publique, pour l’environnement, et pour le droit à l’information.

Une étude sur l’électrohypersensibilité (EHS) par l’INSERM de Lyon

Etude DEMETER sur l’EHS – une avancée scientifique,  avec la récente publication issue de l’étude DEMETER sur l’électrosensibilité.
Intervenant : Nicolas FORAY, responsable de l’équipe coordinatrice de l’étude, Directeur de l’Unité UMR 1296 « Radiations : Défense, Santé, Environnement »

L’hypersensibilité électromagnétique (EHS) et son lien de causalité avec les radiofréquences soulèvent une question majeure de santé publique. Dans le cadre de l’étude clinique DEMETER, 26 volontaires adultes se sont auto-diagnostiqués comme EHS-positif ont accepté de répondre à un questionnaire d’auto-évaluation et de fournir un prélèvement de biopsie cutanée pour établir une lignée cellulaire fibroblastique primaire

Une toute récente publication française de l’UMR1296 Inserm Lyon : « Radiations : Défense, Santé, Environnement », financée par l’ANSES, apporte un autre éclairage. Basée sur des auto-questionnaires mais surtout sur la caractérisation biomoléculaire de cellules de peau de 26 volontaires recrutés par l’intermédiaire de PRIARTEM / Electrosensibles de France, cette étude clinique montre que les volontaires électrosensibles sont également faiblement mais significativement radiosensibles. En effet, ils présentent un retard de la réparation de leur ADN face à des agents connus pour occasionner des cassures double-brin comme les rayonnements ionisants ou l’eau oxygénée.

Fibroblastes de la peau d’individus auto-diagnostiqués comme électrosensibles Deux sous-ensembles distincts avec nucléoshuticol retardé de la protéine ATM en commun::

https://www.mdpi.com/1422-0067/26/10/4792