Tous les articles par Jacqueline Collard

Un colloque scientifique sur l’océan du 3 au 6 juin à Nice avec 2000 scientifiques

Le CNRS et l’IFREMER ont été chargés d’organiser à Nice en ce début Juin 2025 le One Ocean Science Congress (OOSC), un événement spécial de l’UNOC3 consacré à la science, et de fournir ainsi aux chefs d’État et de gouvernement, ainsi qu’à la société dans son ensemble, des informations scientifiques complètes sur la santé de l’océan et sa trajectoire future. Plus de 2 000 scientifiques internationaux sont rassemblés cette semaine à Nice. À partir de ce mardi 3 juin et jusqu’au vendredi 6 juin, les acteurs du monde scientifique ont leur propre rendez-vous et  lancent un appel fort aux États : agir, et agir vite, en s’appuyant sur la science.

C’est la première fois qu’un congrès scientifique sera adossé à une conférence des Nations unies (du 3 au 6 juin pour l’OOSC puis du 9 au 13 juin pour l’Unoc). C’est effectivement une volonté politique affirmée par la France et le Costa Rica, les deux États qui organisent la troisième Conférence des Nations unies sur l’océan. Ils ont exprimé le fait que, pour élaborer des politiques publiques nationales ou internationales sur l’océan, on a besoin de la connaissance des scientifiques afin de connaître l’état de l’océan.

L’océan couvre plus de 70 % de la planète. C’est notre source de vie, soutenant la subsistance de l’humanité entière et celle de tous les autres organismes sur terre.

L’océan produit au moins 50 % de l’oxygène de la planète et abrite la majeure partie de la biodiversité terrestre. Elle est notamment la principale source de protéines pour plus d’un milliard de personnes dans le monde. L’océan est aussi la clé de notre économie, avec environ 40 millions de personnes employées par les industries océaniques d’ici à 2030.

Les paroles de François Houllier, Directeur général de l’Ifremer sont  claires :

« Nous avons souhaité emporter l’ensemble de la communauté scientifique française, de telle manière qu’elle soit connectée à l’ensemble de la communauté scientifique mondiale qui s’intéresse à l’océan » .

https://one-ocean-science-2025.org/oos2025_concept_note_fr.pdf

https://www.ifremer.fr/sites/default/files/2025-06/oosc_communique-de-presse_fr_0.pdf
Les recommandations scientifiques détaillées sont disponibles sur le site internet du Congrès:ÉCOUTER LA SCIENCE, AGIR POUR L’OCÉAN : 10 RECOMMANDATIONS SCIENTIFIQUES POUR L’OCÉAN

https://one-ocean-science-2025.org/media.html

L’Impact environnemental du numérique s’accroît sans fin

Le numérique représente 4,4% de l’empreinte carbone en France

L’étude ADEME-ARCEP publiée en 2020 indiquait que le numérique représentait 2,5% de l’empreinte carbone de la France, soit l’équivalent du secteur des déchets. La mise à jour de cette étude par l’ADEME en 2024 montre que le numérique représente désormais 4,4% de l’empreinte carbone nationale, dont

  • 50 % de cet impact carbone du numérique  lié à la fabrication et au fonctionnement des terminaux (téléviseurs, ordinateurs, smartphones…).
  • 46% aux centres de données (contre 16% estimé en 2022).
  • 4% aux réseaux.
    L’impact des data centers est en forte hausse tout comme,  la montée en puissance de l’IA

. Cette hausse s’explique principalement par un biais méthodologique : la prise en compte des impacts des data centers à l’étranger, utilisés pour des usages en France, ainsi que par l’augmentation de leur nombre et de leur puissance. Cette hausse va très probablement se poursuivre – en particulier du fait de l’IA générative.

Et c’est sans compter l’impact énergétique : 11 % de la consommation électrique française est liée au numérique.

Les algorithmes requis pour le bon fonctionnement des IA nécessitent des millions d’heures de calculs informatiques. Cela implique la consommation de grandes quantités d’électricité, plus ou moins renouvelable en fonction des pays, mais également d’eau pour refroidir les milliers de centres de données à travers le monde.

Selon l’Ademe et l’Arcep (l’Autorité de régulation des communications électroniques, des postes et de la distribution de la presse), en 2050 l’empreinte carbone du numérique en France pourrait atteindre , soit trois fois plus qu’en 2020.

https://ecoresponsable.numerique.gouv.fr/docs/2024/etude-ademe-impacts-environnementaux-numerique.pdf

Un livre qui ouvre des pistes de solutions : Les orphelins de la planète

Jean Jouzel, membre du Giec  Président fondateur d’Agir pour le climat, vient de publier avec deux  économistes, Alain Grandjean polytechnicien,  est associé-fondateur de Carbone 4, et du cabinet de conseil et d’études spécialisé dans la transition et Claude Henry ( directeur émérite du laboratoire d’économétrie de l’école Polytechnique) , un ouvrage qui s’adresse à la génération d’aujourd’hui, qui aura à subir les impacts du dérèglement climatique engendré par celles qui les ont précédées, face à notre soif inextinguible de consommation de ressources naturelles dans un monde où ces ressources ne sont pas infinies qui risque de nous conduire vers un avenir tout proche invivable.

Voici un extrait de la quatrième page de couverture :

De la planète que nous laisserons en héritage à nos enfants et petits-enfants, un médecin dirait que le pronostic vital est engagé. Pronostic engagé mais pas désespéré, car les éléments d’une alternative réaliste à un processus général de dégradation ont été élaborés. Encore faut-il que ceux qui y font obstinément obstacle n’aient pas le dernier mot. Après des décennies de maltraitance aux mains d’entreprises obsédées par le profit et d’autorités publiques défaillantes ou complices, la planète est secouée par les désordres climatiques, appauvrie en ressources vitales, imprégnée de produits chimiques de synthèse dont la toxicité menace jusqu’à l’enfant dans le ventre de sa mère. Cependant, des pionniers mettent en œuvre des solutions capables de changer la donne : ils montrent en particulier qu’il est possible et nécessaire de travailler avec la nature, et non contre elle.

Les orphelins de la planète, Alain Grandjean, Claude Henry, Jean Jouzel, Grasset, 2025

De nombreuses études associent le manque de nature à des désordres en santé mentale

L’environnement physique est reconnu par d’innombrables agences de santé comme un élément fondamental de notre écosystème de santé, influençant ce que nous pensons, ressentons et nous comportons.Les espaces conçus et activés pour faciliter la connexion sociale peuvent nous aider à surmonter la solitude en déclenchant ou en soutenant des relations significatives. La solitude et l’isolement social ont été liés à la perte du sommeil, à la mauvaise santé, à la démence, à la mort prématurée et même aux effractions cardiaques . Une étude de 2010 a révélé que leurs  effets sur notre santé sont aussi nocifs pour notre espérance de vie qu’une habitude de fumer de 15 cigarettes par jour.

De nombreux spécialistes considèrent désormais la solitude comme un problème épidémique du point de vue de la santé publique. D’après l’Organisation mondiale de la santé, « l’isolement et la solitude ont un impact sur la santé et le bien-être dans toutes les tranches d’âge et dans le monde entier ». Elle expose également que « le manque de liens sociaux entraîne un risque de décès précoce équivalent, voire supérieur, à d’autres facteurs de risque mieux connus, tels que le tabagisme, l’abus d’alcool, l’inactivité physique, l’obésité et la pollution de l’air »

 Le rapport d’une architecte américain Erin Peavey, fait une bonne synthèse des risques potentiels, elle dit avoir pris l’habitude de fréquenter, ce qu’elle identifie  de « tiers-lieux », un terme utilisé par les sociologues urbains pour désigner des lieux de rencontre informels, qui ne sont ni la maison ni le travail, et qui peuvent favoriser le développement d’une communauté, rejoint dans ce constat par architectes, urbanistes, des décideurs politiques et d’autres acteurs qui ont développé diverses stratégies qui augmentent les chances d’interactions spontanées ou significatives, tant dans les logements privés que dans les espaces publics.

Ces idées se reflètent également dans un campus étudiant de l’université de Californie, à San Diego, coconçu par Safdie Rabines Architects et HKS, cabinet dans lequel Erin Peavey est responsable de conception en matière de santé et de bien-être.

« L’environnement bâti, qui englobe tout, de nos rues à nos logements en passant par les systèmes de transport, joue un rôle essentiel dans la manière dont nous interagissons en réalité les uns et les unes avec les autres », indique Julia D. Day, associée au sein du cabinet international de stratégie urbaine Gehl.

Un rapport publié en 2024 par la Foundation for Social Connection souligne ce point en montrant de quelle façon l’environnement bâti peut entraver ou favoriser les interactions sociales significatives, qu’elles soient brèves ou très personnelles.

Selon ces spécialistes, opérer de petits changements dans nos quartiers, notamment au niveau des endroits où nous nous asseyons, marchons ou nous réunissons, peut faire une grande différence et nous permettre de mieux nous connecter aux autres.

La moitié des habitants des grands centres urbains de France n’ont pas accès à un espace vert public à moins de cinq minutes de marche de leur domicile, selon une étude publiée ce 16 avril par l’Insee en partenariat avec le service des données et études statistiques des ministères de l’Aménagement du territoire et de la Transition écologique.Or Les espaces verts publics, tels que les parcs, jardins et forêts, jouent un rôle essentiel dans le cadre de vie des citadins, en offrant des lieux de détente et de loisir au cœur des villes.

Alors que ces problèmes de santé mentale prennent de l’ampleur, des spécialistes comme Erin Peavey se posent la question suivante : et si les espaces qui nous entourent pouvaient contribuer à atténuer ce sentiment de solitude ?La végétalisation de l’espace public est un levier d’action pour les collectivités face aux défis sanitaires et écologiques.

Banque des territoires :Nature en ville : un citadin sur deux n’a pas accès à un espace vert public de proximité

Une étude révèle les coûts et les dégâts sanitaires du Dieselgate

Un  rapport du Centre for Research on Energy and Clean Air * ( CREA) montre l’ampleur des dommages du Dieselgate. En 2015, éclatait le scandale du Dieselgate qui révélait  que des constructeurs automobiles avaient équipé des véhicules diesel de « dispositifs d’invalidation » qui faussaient les tests d’homologation : ces voitures émettaient des niveaux de polluants supérieurs aux normes de l’époque . Ainsi des millions de véhicules ont été vendus alors qu’ils étaient fortement polluants et certains continuent à circuler, avec des conséquences sanitaires et économiques qui pourraient être évitées !

Cette étude  estime le nombre de décès prématurés imputables au Dieselgate et aux émissions excessives d’oxydes d’azote ( NOx). Elle met aussi en lumière son coût financier. Entre 2009 et 2024, 16 000 personnes seraient mortes en France à cause des moteurs truqués révélés par le Dieselgate (en tout, plus de 200 modèles de voitures). En se basant notamment sur les données de l’International Council on Clean Transportation (ICCT), les chercheurs du CREA ont calculé l’impact sur la qualité de l’air des émissions de gaz toxiques, les oxydes d’azote (NOx), produits par les véhicules diesel suspectés d’utiliser des dispositifs interdits d’invalidation des systèmes de dépollution.

« A l’échelle européenne, c’est-à-dire l’Union européenne et le Royaume-Uni, l’étude estime à 205 000 le nombre de décès prématurés supplémentaires (123 000 à 356 000) liés à la pollution de l’air engendrés par ces moteurs diesel truqués. Et c’est sans compter à l’excès de NO2 qui aggrave l’asthme infantile. En France, cette étude  prévoit 26 000 (de 5 000 à 59 000) nouveaux cas d’asthme dus à cette exposition pour la période 2009 à 2040 Et à 1 200 milliards d’euros les pertes économiques pour l’ensemble de l’Europe ».

Chaque année dans l’UE, les impacts sanitaires attribués à l’exposition à la pollution atmosphérique coûtent 600 milliards d’euros (Mejino-López et al., 2024),Ce qui correspond à une moyenne de 1 250 euros par  personne chaque année pour les dommages sanitaires liés à la pollution atmosphérique dans les villes européennes, ce qui équivaut à 3,9 % d’un salaire annuel moyen (De Bruyn & de Vries): c’est dire qu’une falsification de véhicules sur les normes d’émission des oxydes d’azote est encore plus délétère et inacceptable.

*Centre for Research on Energy and Clean Air (CREA), un centre de recherche indépendant basé en Finlande

https://energyandcleanair.org/wp/wp-content/uploads/2025/05/CREA_HIA_Diesel_Defeat-devices_EU_UK_FR_2025.pdf

en lien Environmental Protection Agency (US EPA). (2024). Mortality Risk Valuation.

https://www.epa.gov/environmental-economics/mortality-risk-valuation