Tous les articles par Jacqueline Collard

L’Anses rapporte les effets du vapotage

Après l’examen de près de 3 000 articles scientifiques et plusieurs rapports, l’Agence nationale de sécurité sanitaire conclut que le vapotage est associé à de possibles risques sanitaires à moyen et long termes.

Rappelons nous que la taxe sur le vapotage a disparu du budget 2026 , l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses)a rendu, son rapport d’évaluation des risques sanitaires liés aux produits de vapotage, utilisés au quotidien par 6 % des adultes français.Il fait allusion entre autre aux  produits contenant de la nicotine qui  ont des  risques probables d’effets cardiovasculaires, tels que l’augmentation de la pression artérielle.

Des études ont également montré des effets possibles sur les voies respiratoires, tels que la survenue de bronchopneumopathies chroniques obstructives (BPCO) et d’inflammations pulmonaires. Et plusieurs travaux relèvent de possibles modifications biologiques compatibles avec les premières étapes de la cancérogenèse, mais « ils ne permettent pas de conclure à un possible effet cancérogène de la cigarette électronique à ce jour.

Isabella Annesi-Maesano directrice de recherche à l’Inserm et professeur d’épidémiologie environnementale avait notamment plaidé pour inclure les e-cigarettes dans l’élargissement des interdictions de fumer mises en place à l’été 2025. « Vapoter devant les écoles est un mauvais exemple pour les jeunes », argumente-t-elle. Plus de 70 % des vapoteurs de 13 à 17 ans ont un fumeur ou un vapoteur dans leur entourage, selon une enquête de l’Anses incluse dans le rapport.

Parmi ces études les experts ont étudié les effets de l’exposition in utero, certaines femmes utilisant l’e-cigarette pour fumer moins de tabac pendant leur grossesse. Le vapotage, en particulier lorsque de la nicotine est utilisée, a « de possibles effets cardiovasculaires et respiratoires délétères sur la progéniture », provoquant l’altération des cellules cardiaques et respiratoires au cours de leur développement du fœtus.

Les experts de l’Anses ont également analysé la toxicité des aldéhydes, substances reconnues pour leurs effets toxiques, notamment cancérogènes, et toujours présents dans les nuages soufflés par les vapoteurs. Ils concluent que l’absence de combustion n’empêche en rien la présence de ces substances et que leur inhalation présente un risque sanitaire « non négligeable ».

« Le rapport bénéfice-risque est colossal, la vape contient beaucoup moins d’aldéhydes que la cigarette, estime le tabacologue Bertrand Dautzenberg, cependant L’Anses recommande d’éviter toute forme de banalisation de la cigarette électronique et de ne pas inciter à commencer à vapoter, surtout auprès des adolescents, la loi interdisant la vente de produits de vapotage aux mineurs, tout comme leur promotion.

Avis et rapport relatifs à l’évaluation des risques sanitaires liés aux produits du vapotage :

https://www.anses.fr/fr/content/TABAC2023-AUTO-0223-RA

La Fondation pour l’homme (FNH) propose un guide pour élaborer « l’École du dehors »

Et si la nature (re)devenait la première salle de classe ?

C’est le pari de la Fondation de la nature et l’homme ( FNH) , qui lance prochainement le tout premier MOOC gratuit pour former les enseignants et animateurs du périscolaire à la pratique de l’école dehors. Un outil concret pour accompagner le déploiement de cette pédagogie en plein essor, et contribuer à construire une génération d’enfants plus connectés au vivant. Notre directrice générale, Stéphanie Clément-Grandcourt revient sur la genèse et les objectifs de ce projet.

Des chercheurs comme Gladys Barragan-Jason du CNRS ou des institutions comme l’OMS ou la Haute Autorité de Santé, vont tous dans le même sens : les enfants ont besoin de nature pour bien grandir.

Plusieurs études mettent en évidence des effets directs du contact avec la nature sur le stress, l’anxiété, l’humeur, mais aussi sur la capacité d’attention, la coopération, l’estime de soi, et même la réussite scolaire. Par exemple, une étude canadienne récente a montré qu’un simple programme d’école dehors — deux heures par semaine dans un parc urbain — avait permis de réduire significativement les troubles de l’attention et de l’impulsivité chez des enfants en difficulté.

L’intérêt de l’école dehors pour les enfants est évident et par ricochet, il l’est aussi pour les enseignants mais ce qui résonne plus particulièrement avec la mission de la Fondation, c’est l’idée que le lien à la nature dès l’enfance conditionne la conscience écologique à l’âge adulte.

La Fondation est à sa place pour jouer ce rôle de courroie de transmission entre les différents acteurs : les enseignants, les collectivités, les associations, les familles, mais aussi les décideurs publics.

Bientôt la 1ere formation en ligne gratuite sur l’école du dehors

L’impréparation des dispositifs face au changement climatique est mise en évidence

La France a bien présenté, en mars 2025, son 3ème plan national d’adaptation au changement climatique (PNACC)*. Mais si ce document témoigne d’une prise de conscience de la trajectoire du réchauffement, il reste encore trop ancré dans le diagnostic et insuffisamment tourné vers l’action concrète.

Or en  ce jour 28 mai alors que la canicule sévit sur la France et même sur toute l’Europe le gouvernement français est réuni dans l’urgence pour dresser un plan de résilience valable jusqu’en septembre: L’épisode caniculaire actuel n’est que la version en miniature de ce qui nous attend dans le futur. Les conséquences semblent encore à ce stade supportables et limitées, face à ce qui pourraient advenir.

Notre impréparation à ce type d’épisodes devient de plus en plus criante, or depuis longtemps , les politiques publiques oscillent entre proposer des  normes ambitieuses et de les assouplir quelques  mois plus tard sous différentes pressions. Or les conditions climatiques ne feront qu’empirer face à ce changement climatique  et chaque report des mesures indispensables rend l’adaptation toujours plus difficile.

Face à ces excès de chaleur surprenants en cette fin mai, alors que l’été n’est pas encore annoncé,  est pourtant le signal prévisible d’une trajectoire climatique que la science a annoncé  depuis des décennies.

Or l’adaptation est l’affaire de tous, du citoyen au gouvernement et chaque report des mesures indispensables pour faire face aux événements climatiques la rendra plus douloureuse.

https://www.ecologie.gouv.fr/dossiers/france-sadapte/3e-plan-national-dadaptation-changement-climatique

*(Le nouveau PNACC a pour socle la trajectoire de réchauffement de référence pour l’adaptation au changement climatique (TRACC) qui prévoit un réchauffement mondial de + 3 °C en 2100 par rapport à l’ère pré-industrielle, soit environ + 4 °C en moyenne sur la France hexagonale).

L’État propose d’atteindre en 2038 les valeurs limites du cadmium préconisées par l’ANSES

En mars dernier, l’Anses a publié une expertise scientifique documentant la sur imprégnation trés forte au Cadmium dans la population française , y compris infantile, alors que que cet élément métallique est classé CMR (cancérogène, mutagène et toxique pour la reproduction) par la voie quasi-exclusive de l’alimentation chez les non-fumeurs.

Le cadmium est largement utilisé par la biais d’engrais phosphatés fertilisants utilisés pour aider à la croissance des végétaux.

 Le règlement (UE) 2019/1009 fixe à 60mg/kg de P2O5 la teneur maximale en cadmium, la France tolère 90 mg/kg, en conventionnel, en bio on redescend à 60mg/kg.

Or l’Anses recommande 20mg, mais ce qui est susceptible d’impacter l’approvisionnement en engrais phosphatés et de complexifier l’épandage des boues tandis que la limitation des flux de cadmium à 2g/ha/an pourrait engendrer des carences en phosphore pour certaines cultures. L’agence sanitaire appelait l’État à appliquer les valeurs limites dans les fertilisants et les consommateurs à réduire la consommation de céréales du petit-déjeuner, gâteaux ou encore biscuits afin de réduire leur exposition.

Selon le rapport de l’IGEDD et du CGAAER, le seuil maxi de 20 mg/kg et le flux maxi 2 g/ha/an impliqueraient « des transformations majeures, tant des circuits commerciaux et des outils industriels de fabrication des engrais, que de la valorisation, voire du changement de traitement des boues », évoquant à ce propos la nécessité d’accroître les surfaces d’épandage, ou bien d’opter pour l’incinération, beaucoup plus coûteuse.

On doit donc abaisser les valeurs limites en cadmium dans les fertilisants. Les valeurs recommandées par l’Anses pour réduire l’exposition des Français à ce cancérogène seront atteintes en 2038. Si un rapport en confirme la faisabilité d’ici-là.

Douze ans: voilà ce qui est  proposé par les pouvoirs publics pour réduire la teneur maximale autorisée en cadmium dans les engrais et boues d’épuration aux niveaux recommandés par l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses). Un projet d’arrêté, mis en consultation par le ministère de l’Agriculture, propose de réduire en trois étapes étalées jusqu’en 2038 la teneur maximale en cadmium de certaines matières fertilisantes et les apports maximaux admissibles de ce contaminant lors de…

ANSES vaste étude d’imprégnation cadmium sur les facteurs d’exposition de la population.

Une pétition est en cours à l’Assemblée nationale pour réduire ces délais au plus vite.

Le Conseil constitutionnel rétablit ZFE et ZAN

Le Conseil constitutionnel a  fait le ménage dans le projet de loi de «simplification de la vie économique»,en rétablissant 2 mesures importantes parmi 25 articles sur 84, soit près d’un tiers du projet de loi, restent  partiellement censurés, «faute d’identifier un lien, même indirect, avec les dispositions du projet de loi initial»

Les «Sages» ont censuré un tiers du projet de loi controversé de «simplification de la vie économique». La suppression des zones à faibles émissions (ZFE) ou les dérogations au dispositif anti-artificialisation ZAN sont abrogées, de même que les mesures affaiblissant des instances de démocratie locale.

Instaurées en 2019 puis étendues en 2021, les ZFE visent à limiter la pollution de l’air en restreignant la circulation des véhicules les plus polluants selon leur vignette Crit’Air. Le dispositif reste toutefois contesté, y compris parmi ses soutiens, qui dénoncent un accompagnement insuffisant pour les ménages modestes contraints de changer de véhicule.Ce dispositif est donc revenu opérant.

Avec cette décision, le Conseil constitutionnel ouvre désormais la voie à la promulgation de la loi, amputée d’une partie de ses mesures les plus contestées.

https://www.publicsenat.fr/actualites/politique/loi-de-simplification-le-conseil-constitutionnel-censure-la-suppression-des-zfe-et-lassouplissement-du-zan