Pour mieux répondre à l’urgence écologique, le WWF France s’est lancé dans une vaste révision de son cadre d’analyse et d’action : pour préparer les citoyens de demain, une étude publiée le 11 décembre par WWF France et le laboratoire Eval-Lab suggère que l’un des leviers les plus efficaces — et les moins coûteux — est l’éducation au vivant, pratiquée dehors et au contact de la nature.
Promouvoir la classe dehors ; L’étude a été menée sur 89 écoles primaires de France, réparties par tirage au sort entre celles qui appliqueront le programme (45) et les établissements témoins (44). 184 enseignants et plus de 3 500 élèves ont été suivis pendant un an, afin de mesurer la connexion à la nature, sensibilité écologique, pratiques environnementales, bien-être et climat scolaire.
Sensibiliser les enfants à la valeur du monde sauvage dès leur plus jeune âge pour leur donner envie, une fois adultes, de prendre soin de l’environnement. Telle est leur philosophie. C’est pourquoi, fort de son expertise, le WWF se propose de replacer la nature au cœur de l’imaginaire des enfants et d’accompagner tous les professionnels de l’éducation désireux de transmettre la connaissance du vivant et de développer la sensibilité de leurs jeunes publics vis-à-vis de la nature.
Leur constat: les enfants d’aujourd’hui passent trois fois moins de temps à jouer dehors que leurs propres parents. On parle désormais de syndrome de manque de nature pour désigner l’ensemble des effets induits par la déconnexion de l’être humain avec le monde sauvage sur sa santé et son développement…
« Le potager est un support pédagogique qui permet de développer la sensibilité environnementale des enfants, dit Marjolaine Girard, responsable du programme Éducation à la nature et à l’environnement au WWF France. Les enseignants s’en saisissent dans le cadre des enseignements qui sont prévus au programme. Ils vont faire des maths, du français, de l’activité physique au potager. Ça ne demande pas de créer une case en plus dans l’emploi du temps, on enseigne différemment ».« Contrairement à de nombreux pays européens (Royaume-Uni, Allemagne, Danemark, Suisse), la France accuse un retard important dans l’intégration du contact avec la nature dans l’éducation de ses enfants»
Pour les députés, l’éducation au-dehors permettrait de lutter contre la sédentarité, l’obésité, la surexposition aux écrans et le syndrome de déficit de nature qui affecte de nombreux petits Français.
Proposition de loi visant à reconnaître l’éducation au dehors et en contact avec la nature et à réaffirmer la place de la transition écologique à l’école, n° 1631, déposée le mardi 24 juin 2025.
https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/textes/l17b1631_proposition-loi#