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Biodiversité et santé : un meeting organisé à Marseille dans le cadre de l’UICN

Cette réunion a mis en évidence combien la perte de biodiversité est un risque majeur de santé publique :  elle fait suite à une alerte de nombreux  scientifiques qui appellent à agir fortement contre le réchauffement et l’effondrement de la biodiversité qui se sont multipliés ces dernières années. C’est dans ce contexte que l’émergence du covid-19 a interrogé les effets de l’érosion de la biodiversité sur notre santé.

Il est avéré que les maladies infectieuses sont fortement liées aux pollutions qu’elles proviennent de l’eau, de l’air ou des sols, et qu’elles sont amplifiées par le réchauffement climatique. Néanmoins  ces sujets sont très complexes et  l’on ne connait  pas  réellement toutes les interactions entre ces indicateurs. Le contexte One Health qui rassemblent santé humaine, santé vétérinaire, et santé des écosystèmes, montre ces interactions déjà visibles malgré un manque de connaissances criant. La crise sanitaire actuelle avec les virus SRAS COV 2 en sont un exemple flagrant.

Cet échange a permis d’ailleurs de montrer, que  dans la gestion d’une crise sanitaire  combien il s’avère  nécessaire d’allier des compétences diverses de scientifiques afin de mieux comprendre comment les zoonoses (de plus en plus fréquentes en raison essentiellement de l’emprise humaine dans la nature, et la mondialisation des transports) sont le nid de ces maladies infectieuses, afin de mieux s’en préserver.

L’analyse rétrospective des données épidémiologiques disponibles montre que, depuis 1940, des déterminants d’origine agricole ( tout particulièrement les élevages intensifs) ont été associés à plus de 25 % de toutes les maladies infectieuses – et plus de 50 % des zoonoses – apparues chez les humains.

 Rohr, J.R., Barrett, C.B., Civitello, D.J. et al. Emerging human infectious diseases and the links to global food production. Nat Sustain
2, 445–456 (2019). https://doi.org/10.1038/s41893-019-0293-3

Nicolas Hulot insiste sur les enjeux de la biodiversité

Il rappelle les 8 enjeux de ce colloque international:L’UICN a défini 8 enjeux clés qui dressent un constat implacable de l’état de la biodiversité , en France et dans le monde.

Le déclin massif de la biodiversité et les espèces : enjeu 1

Le déclin massif de la biodiversité et les écosystèmes (forêts, océans, littoraux) : enjeu 2

Le déclin massif de la biodiversité et les aires protégées : enjeu 3

Les solutions fondées sur la nature pour lutter contre le changement climatique (SfN) : enjeu 4

Le déclin massif de la biodiversité et la déforestation importée : enjeu 5

Le déclin massif de la biodiversité et l’artificialisation des sols : enjeu 6

Le déclin massif de la biodiversité et les pesticides : enjeu 7

La biodiversité en outre-mer : enjeu 8

Et rappelle que la Présidence française de l’Europe en janvier 2022 doit être une opportunité pour le  chef de gouvernement, en rajoutant que la transition agricole est stratégique et la France peut avancer de concert sur deux leviers indissociables, que sont la biodiversité et le climat.

Compléments sur : https://www.fondation-nicolas-hulot.org/congres-mondial-de-luicn-le-gouvernement-na-plus-que-9-mois-pour-mettre-la-biodiversite-a-son-agenda/?utm_source=sendinblue&utm_campaign=Newsletter%20Septembre%202021&utm_medium=email

Le colloque international sur la biodiversité à Marseille du 3 au 11 septembre

Le Congrès mondial de la nature (UICN) s’est ouvert à Marseille avec de fortes attentes,  seront elles tenues ?

L’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) est le baromètre de l’état de la biodiversité dans le monde. Il  permet de voter la nouvelle gouvernance pour quatre ans  et définit les grands enjeux stratégiques de la biodiversité mondiale et les fait appliquer de façon concrète via les salariés de l’UICN mais aussi en accompagnant les membres dans leur mise en œuvre.

Lors de l’inauguration le Président a lancé  des paroles prometteuses « La planète aura les yeux tournés vers la cité phocéenne lors de cette semaine décisive. Notre objectif commun est d’inscrire la nature au sommet des priorités internationales – car nos destins sont intrinsèquement liés, planète, climat, nature et communautés humaines ». Il est de notoriété que les indicateurs de la biodiversité mondiale sont au rouge . Les experts internationaux réunis au sein de l’IPBES ont montré qu’un million d’espèces étaient menacées d’extinction et que le déclin de la biodiversité était général sur la planète. Aucun des objectifs fixés par la communauté internationale dans le cadre de la convention sur la diversité biologique (CDB) en 2010 n’a été atteint. Le principal enjeu du congrès de Marseille est de préparer la nouvelle stratégie mondiale qui doit être adoptée lors de la quinzième conférence des États parties (COP 15) à cette convention, qui d’ailleurs est encore reportée  en avril 2022 à Kunming en Chine.

2  messages ont été  portés par le chef de l’État : celui d’une relance verte et celui de la nécessité de connecter les enjeux de la biodiversité et du climat. Le congrès marseillais doit aussi permettre de faire le point sur les coalitions lancées en janvier dernier par le président de la République lors du One Planet Summit, quatrième édition d’un sommet lancé en 2017 pour, à l’origine, pour réorienter la finance vers les projets respectueux du climat. Espérons que ces annonces seront confirmées tant l’urgence sur la biodiversité que celle sur les changements climatiques a sonné.

Nicolas Hulot lui aussi présent,  a bien l’intention de rappeler au président français dont il a été ministre,  ses urgences et la nécessité de faire que la France soit réellement actrice du changement.

Il a été suivi par l’une des ONG présente Youth for Climate: « À l’heure même où les canicules se multiplient, et où l’Europe est dévastée par d’extrêmes inondations causées par l’artificialisation des sols et le dérèglement climatique, la destruction de cet espace vert, qui réduit les inondations et crée des puits de fraîcheur, est complètement déconnecté de l’urgence écologique et sociale actuelle », s’indigne sa représentante française.

Il y a un vrai enjeu pour ce congrès qui se situe alors que la crise sanitaire n’est pas jugulée, sur la santé-environnement. Pas à cause de la crise de la Covid mais parce que les gens qui travaillent sur ces questions de zoonoses sont persuadés de leur urgence et de leur ampleur. Cinq maladies liées à la dégradation des habitats ou de l’environnement apparaissent chaque année.  Face à cette situation, les mesures à prendre concrètement, c’est limiter la déforestation, s’interroger sur l’élevage intensif et limiter la mondialisation. Ce sont les ingrédients qui contribuent à diffuser les maladies infectieuses. Par ailleurs  le rapport commun entre le Giec et l’IPBES publié en juin de cette année doit constituer la bonne feuille de route.

La nécessité de réduire son empreinte carbone

La plupart des citoyens ont déjà mis en place les écogestes les plus faciles. Pour atteindre l’objectif 2050 de neutralité carbone, il faut aller vers une division par 4 ou 5 de notre empreinte carbone individuelle. Aussi est il intéressant de  calculer l’empreinte écologique et toutes les pistes d’amélioration pour réduire son empreinte carbone.

Quelques chiffres d’abord afin de voir quelles pistes à améliorer:

Les Français émettent en moyenne 11 tonnes équivalent CO2 par an, réparties ainsi :

  • 2,8 tonnes pour l’alimentation,
  • 2,8 tonnes pour le transport,
  • 2,2 tonnes pour le logement,
  • 1,8 tonnes « divers »,
  • 1,1 tonne comme usager des services publics,
  • 217 kg en usages numériques.

Pour cela l’ADEME et ABC, l’Association Bilan Carbone, met à votre disposition un outil de calcul désigné « Nos Gestes Climat ».

Quelques exemples:  Un trajet en train de 800 km émet moins de 3 kg CO2eq, contre plus de 400 en avion et plus de 300 seul dans sa voiture.

L’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) a publié une étude, vendredi 21 novembre dernier, qui présente un scénario à l’horizon 2030 d’une réduction de 17% de l’empreinte carbone totale des Français. Afin de réduire les impacts environnementaux, l’Ademe propose d’« adopter un usage plus raisonné des équipements électroniques de loisirs » et d’« inciter les consommateurs à aller vers les loisirs à faible impact et les plus dématérialisés ».

Le CIGREF et l’ADEME se sont mobilisés pour aider les professionnels du secteur à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre et publient aujourd’hui le guide « Bilan Gaz à effet de serre des Technologies Numériques ».

Un guide inédit pour réduire l’empreinte carbone des TIC

Des nouvelles du climat après le rapport du Giec

Le rapport du Giec porté à connaissance le 9 Août, a de quoi alerter plus encore de la dérive des températures sur notre planète.

En effet , le groupe d’experts de l’ONU que Valérie Masson-Delmotte  copréside au Giec a ainsi indiqué que la planète pourrait se réchauffer de 1,5 °C vers 2030… soit dix ans plus tôt que prévu. Et elle ajoute: « La climatologie est la seule discipline dans laquelle les chercheurs espèrent se tromper », aime-t-elle à répéter.« J’ai le devoir moral d’alerter », dit-elle. Mais alerter ne veut pas dire paniquer.

Le constat est sans appel , basé sur des connaissances et des données scientifiques rigoureuses, il devrait faire réagir l’ensemble des responsables politiques. Il est absolument vital que les gouvernements s’alignent sur un objectif à 1,5°C et revoient leurs plans en conséquence.A la lecture de ce nouveau rapport du GIEC, toute inaction de leur part serait d’autant plus coupable. Chaque dixième compte. Or, d’après les analyses, en l’état actuel des politiques (ou de l’absence de politique) climatiques, nous nous dirigeons tout droit vers un scénario catastrophe à +2,9°C. Même si toutes les promesses des gouvernements étaient tenues, avec la mise en œuvre de mesures adéquates, la probabilité de dépasser une hausse de 2°C serait de 80%.

Gageons que la COP 26 soit en mesure d’accélérer les décisions !

Une bonne nouvelle  pourtant nous est arrivée par la revue scientifique Nature : à savoir qu’une équipe internationale de scientifiques a cherché à savoir quel aurait été l’état de notre planète si le protocole de Montréal, n’avait pas interdit les substances détruisant la couche d’ozone, comme les chlorofluorocarbures (CFC) . Ce scénario   dépeint une vision d’une Terre où les CFC seraient encore d’actualité. « Nous avons voulu savoir si le protocole de Montréal avait été efficace, explique Paul Young, climatologue de l’Université de Lancaster et premier auteur de l’étude. La meilleure façon de le faire est de modéliser un monde où ce protocole n’a jamais existé et de le comparer à un monde où il existe. » Leurs travaux révèlent que si les produits chimiques destructeurs d’ozone n’avaient pas été contrôlés, leur utilisation continue aurait contribué à une augmentation de la température globale de 2,5 °C d’ici la fin du siècle.

Selon l’étude, l’interdiction des CFC a protégé le climat de deux manières. Tout d’abord en réduisant l’effet de serre de ces gaz, qui aurait contribué à une augmentation de 1,7 °C. Mais également en protégeant les plantes du rayonnement ultraviolet