Tous les articles par Jacqueline Collard

Une étude épidémiologique sur les expositions aux PFAS: le Projet Perfao

Alors qu’en 2022, a été mis en évidence un scandale sanitaire et environnemental d’ une pollution massive de l’air, de l’eau et des sols autour de la plateforme industrielle de ces deux producteurs historiques de PFAS de la vallée de la Chimie dans le sud lyonnais, des mobilisations citoyennes se sont fait jour .

C’est ainsi qu’avec les conseils prodigués par l’Institut écocitoyen de Fos-sur-Mer, le projet Perfao s’est engagé: il constitue la première étude épidémiologique de cette ampleur en France sur les «polluants éternels». Ces composés per- et polyfluoroalkylés très persistants sont utilisés massivement dans l’industrie et de nombreux objets du quotidien, et leurs effets nocifs sur la santé sont avérés.

Afin de mettre en évidence les expositions auxquelles ont été soumis les populations 300 citoyens du Sud Lyonnais se sont porter volontaires pour objectiver ces pollutions par une enquête de biosurveillance. Ils vont contribuer à une meilleure connaissance de la pollution. C’est au sein de l’hôpital Lyon Sud, que Sophie Fougerat, coordinatrice des essais cliniques, a élaboré l’ensemble du protocole de l’étude Perfao avec l’aide du biologiste Karim Chikh : prélèvements, analyses, matériel, budget, mobilisation du personnel, échanges avec le comité d’éthique.Les échantillons sont conservés à — 80 °C le temps de compléter la cohorte, puis seront envoyés en une seule fois, d’ici trois à quatre mois.

Cofinancée par la Métropole de Lyon et l’Agence régionale de santé à hauteur d’environ 500 000 euros, le budget comprend le recrutement des volontaires, la campagne de prélèvements et d’enquêtes à domicile, les analyses de 32 PFAS et des principaux biomarqueurs. «  L’objectif est d’identifier des liens entre le niveau d’exposition aux PFAS et différents paramètres biologiques, et de voir si des associations émergent  », explique le biologiste Karim Chikh.

Cette étude est complétée par un second volet essentiel : une enquête à domicile qui consiste à une longue série de questions posées par l’enquêtrice : situation familiale, emploi,  santé, produits d’entretien, hygiène, alimentation, loisirs, jardinage…De quoi analyser l’environnement des personnes  appelé aussi l’exposome.

Il est prévu que les résultats individuels soient communiqués dès l’été pour les marqueurs biologiques, puis d’ici fin 2026 pour les taux de PFAS, probablement lors d’ateliers publics. L’analyse collective, elle, est attendue pour 2027.

22 avril Journée mondiale de la Terre

Cet événement mondial, célébré depuis 1970, vise à sensibiliser à la protection de l’environnement et à encourager des actions écocitoyennes.

La Journée internationale de la Terre nourricière met en lumière l’interdépendance qui existe entre l’être humain, les autres espèces vivantes et la planète sur laquelle nous vivons tous. Elle appelle à des actions concrètes pour bâtir un environnement sain et durable, faire face aux changements climatiques et protéger la Terre pour les générations futures.

L’expression « Terre nourricière » est couramment utilisée dans de nombreux pays et régions pour désigner la planète Terre. Elle illustre l’interdépendance qui existe entre l’être humain, les autres espèces vivantes et la planète sur laquelle nous vivons tous.

Les changements climatiques et les autres perturbations environnementales provoquées par les activités humaines, notamment celles qui touchent à la biodiversité comme la déforestation, le changement d’affectation des terres, l’agriculture et l’élevage intensifs, ou encore le commerce illégal des espèces sauvages, sont autant de facteurs qui accélèrent la détérioration de notre environnement.

C’est pourquoi, il n’a jamais été aussi urgent de restaurer les écosystèmes endommagés.

Cette Journée internationale de la Terre nourricière nous rappelle la nécessité de passer à une économie plus durable, qui bénéficie à la fois à l’humanité et à la planète. Assurer une harmonie avec la nature et la Terre n’est plus uniquement souhaitable, mais impératif. Rejoignez le mouvement mondial pour restaurer notre monde !

La Journée de la Terre 2026 en région AURA (Auvergne-Rhône-Alpes) inclut des initiatives locales comme le ramassage de déchets, le nettoyage de plages et de forêts, et la mobilisation d’associations écologiques, dans le cadre d’une transition écologique axée sur les énergies renouvelables et la réduction des émissions carbone.

Plateforme de ressources pour les enseignants

Participation à une enquête scientifique : dénombrer les insectes lors d’un trajet en voiture

C’est une initiative lancée par le Muséum national d’Histoire naturelle de Paris. Ainsi vous téléchargez l’application « Bugs Matter », prenez une photo de votre plaque d’immatriculation au départ de votre trajet et une autre à l’arrivée. Vous cliquez et il suffit d’envoyer.

Cette expérience de science participative est née en Angleterre il y a quatre ans, où des milliers d’automobilistes se sont déjà prêtés au jeu. Les chercheurs de cet institut viennent donc de lancer l’expérience  en France et espèrent des milliers de contributions : « On voit bien qu’il y a un effondrement, notamment dans les zones où l’agriculture est intensive. On va pouvoir le mesurer et on invite d’ailleurs les gens qui ont des doutes vis-à-vis de ce genre de résultats à participer pour qu’ils puissent eux-mêmes faire le constat », souligne Grégoire Loïs, codirecteur programme Vigie-Nature du Muséum national d’Histoire naturelle.

De quoi objectiver le « syndrome du pare-brise propre » qui frappe la plupart des automobilistes étant déjà derrière un volant au début des années 2000.Rappelons , une étude publiée en 2017 dans la revue PLOS One qui  avait montré déjà qu’entre 1989 et 2016, sur une soixantaine de petites zones protégées, insérées dans des paysages agricoles, la biomasse d’insectes volants capturés dans des pièges standardisés avait chuté de 75 % à 80 %.

Colin Fontaine, directeur scientifique de Vigie-Nature rappelle aussi que 80 % des plantes à fleurs de la planète se reproduisent grâce aux pollinisateurs, que certains participent au recyclage de la matière organique dans les sols – assurant ainsi leur fertilité –, que d’autres contrôlent les ravageurs des cultures et que la majorité d’entre eux forment le socle de la chaîne alimentaire des écosystèmes terrestres

Muséum national d’Histoire naturelle – « Bugs Matter »(Nouvelle fenêtre)

La perte de biodiversité pourrait affecter nos capacités alimentaires

Dans le vacarme de l’actualité mondiale n’oublions pas que nous sommes  témoins de crises tant économiques qu’écologiques doublées du changement climatique.

«Nous continuons à observer des pertes insoutenables chez les insectes et particulièrement les abeilles», confirme Christina Grozinger, professeure d’entomologie à l’Université d’État de Pennsylvanie.

Ces pertes ont un impact direct sur l’agriculture, la perte des insectes pollinisateurs fragilise le modèle économique  davantage, et c’est vers des répercussions sur  toute la chaine alimentaire qui risque de vaciller. Les méfaits s’accroissent par des  habitats détruits, les pesticides omniprésents, la floraison perturbée par le changement climatique: l’ensemble de ces facteurs érode les communautés naturelles de ces insectes mais aussi celles des oiseaux qui sont implicitement liées.

Car sans eux, une part immense de notre agriculture, et de nos écosystèmes, pourrait s’effondrer.

Des analyses de dépistage du Cadmium prévues mais peu opérationnelles

En juin 2025, l’ancien ministre de la santé Yannick Neuder avait fait la promesse du remboursement, dès l’automne, du dépistage des Français·es au cadmium. Ce métal lourd a contaminé 98% de la population par l’utilisation d’engrais qui impactent l’agriculture et donc notre alimentation et fait courir des risques graves sur les reins, les os, la reproduction et augmente la probabilité, sur le long terme, de développer certains cancers.

Qu’en est-il à ce jour?

Apparemment un accord tarifaire aurait été trouvé avec l’Assurance maladie, ouvrant la voie à un remboursement au cours des prochaines semaines. Le test a été fixé à 27,50 euros, avec une prise en charge à 60% par la Sécurité sociale et à 40% par les complémentaires santé. «Cet accord a été trouvé mi-mars, dans le cadre de la commission de hiérarchisation des actes de biologie médicale», a précisé François Blanchecotte, président du Syndicat des biologistes (SDBIO). Sa publication au Journal officiel devrait encore intervenir dans les prochaines semaines.

Or selon le projet d’arrêté , seules les «personnes potentiellement surexposées au cadmium du fait de leur lieu de résidence» seraient éligibles à ce remboursement.

Et la connaissance de ce sujet de santé publique ne fait qu’évoluer au profit de recherches de terrain. Selon l’étude Esteban, publiée en 2021, l’imprégnation des Français·es au cadmium a doublé en une décennie.Le cabinet de la ministre de la santé, Stéphanie Rist, interrogé, assure qu’il ne s’agira pas «d’un zonage national prédéfini (type liste de régions ou de départements) ouvrant automatiquement droit au dépistage», mais d’un dispositif fondé sur «l’identification de situations individuelles d’exposition», sans en préciser les critères.

Comme l’indique Jean-Claude Azoulay, président du Syndicat national des médecins biologistes (SNMB). «Il est essentiel de savoir où et pour qui ces tests seront proposés».