Tous les articles par Jacqueline Collard

Une nouvelle étude pointe les plastiques vis à vis de la prématurité

Cette étude constitue la première estimation globale du lien entre exposition au DEHP et naissances prématurées. « En estimant dans quelle mesure l’exposition aux phtalates peut contribuer aux naissances prématurées dans le monde, nos résultats soulignent que la réduction de cette exposition, en particulier dans les régions vulnérables, pourrait contribuer à prévenir les naissances prématurées et les problèmes de santé qui en découlent souvent », explique dans un communiqué de presse la professeure Sara Hyman, auteure principale.

Cette nouvelle étude publiée le 31 mars dans eClinicalMedicine estime que l’exposition à certains produits chimiques présents dans les plastiques pourrait être liée à près de 2 millions de naissances prématurées en une seule année et  estime que l’exposition au DEHP pourrait être responsable de 1,2 million d’années vécues avec un handicap dans le monde

« Notre analyse montre clairement que réglementer les phtalates un par un et les remplacer par des substances mal connues ne résoudra probablement pas le problème de fond », alerte Leonardo Trasande et  ajoute: « « Nous jouons à un jeu dangereux, un véritable jeu de taupe, avec des produits chimiques dangereux, et ces résultats soulignent l’urgence d’un contrôle plus strict et global des additifs plastiques afin d’éviter de reproduire les mêmes erreurs. »

Ces substances avaient déjà fait l’objet d’études et déjà établi des liens entre les phtalates et de nombreux problèmes de santé : cancer, maladies cardiovasculaires ou encore infertilité.

Etude:  Preterm birth attributable to exposure to chemicals used in plastic materials: a global estimate. www.sciencedirect.com.

https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S2589537026000891?via%3Dihub%20

Projet de loi d’urgence agricole

Un projet de loi a été présenté en Conseil des Ministres sans toutefois prendre en compte la nécessité de préserver les besoins en eau, certaines ONG s’inquiètent à juste raison de cette orientation dans un concept de changement climatique qui s’aggrave.

En effet ce texte, annoncé par le Premier ministre Sébastien Lecornu pour répondre aux mobilisations agricoles, ne règle ni la question du revenu des agriculteurs ni celle de la stratégie sanitaire (DNC), et constitue un recul majeur de la protection de l’eau en facilitant les projets de stockage d’eau (mégabassines)  en renforçant les droits d’irrigation pour les grandes cultures. Il donne davantage de pouvoirs aux préfets pour déroger aux règles en vigueur et fragilise la protection des autres usages de l’eau, notamment pour  la biodiversité et l’eau potable.

Rappelons que l’agriculture représente déjà 58 % des prélèvements d’eau en France, et que les surfaces irriguées le sont pour des grandes cultures  alors qu’elles contribuent très faiblement à nourrir la population, et qu’un tiers de la France hexagonale est en Zone de Répartition des Eaux (ZRE), où la ressource est structurellement inférieure aux besoins.N’oublions pas non plus que  14 300 captages d’eau potable ont été fermés entre 1980 et 2024, dont plus d’un tiers à cause des pollutions aux pesticides et engrais azotés. Et ce ci à l’heure où d’autres polluants comme les PFAS  demandent des régulations renforcées.

Ce projet de loi va  « à contre-courant »  des recommandations officielles comme celle de La Cour des comptes (2023), du  Haut-Commissariat à la stratégie et au plan (2024) et celle du Conseil d’analyse économique (janvier 2026) qui avaient toutes  plaidé pour une réduction des prélèvements d’eau et une plus grande sobriété. C’est donc plusieurs rapports officiels qui en témoignent clairement : pour préserver la ressource en eau, il est indispensable de réduire la pression exercée sur elle, en particulier en diminuant les prélèvements.

La stratégie proposée ne semble donc pas à correspondre à ce que nous sommes en droit d’attendre.

Un rapport parlementaire sur la santé environnementale très édifiant

Alors que le plan national santé-environnement 2021-2025 PNSE4 est arrivé à échéance sans qu’un nouveau plan ne soit annoncé pour les années à venir, le rapport de la député Catherine Hervieu sur l’évaluation des politiques de santé environnementale, déposé le 16 avril 2026, dénonce un financement et des moyens trop faibles de la part des pouvoirs publics, au regard des coûts sanitaires de la pollution estimés à plus de 150 milliards d’euros par an.  

Pour la rapporteure, il faut agir à la source « avec des règles claires et contraignantes », sur le modèle du renforcement des contrôles de la qualité de l’air qui a conduit à une réduction des particules fines. Le rapport pointe également un déficit d’accès à une information compréhensible pour les non-spécialistes ainsi qu’un manque de formation à la santé environnementale des différents acteurs de l’environnement (agriculteurs, urbanistes, élus, opérateurs sanitaires…).

Par ailleurs, le rapport recommande de renforcer les moyens des agences nationales comme l’Ademe ou l’Anses, ainsi que les services déconcentrés de l’État et les opérateurs locaux avec les agences régionales de santé (ARS).

Ce rapport rendu public surprend par ses objections, quelques semaines aprés le sommet One Health de Lyon où le chef d’Etat français parlait de structurer une véritable politique de santé environnementale à l’échelle internationale.

«En Europe, les facteurs environnementaux évitables sont responsables de 1,4 million de décès par an, soit au moins 15% de la mortalité.» Et, en France, la problématique semble reléguée au second plan «Il ne se passe quasiment plus une semaine sans qu’une nouvelle étude révèle l’ampleur des pollutions environnementales.» PFAS, Cadmium; pollutions de l’air, de l’eau etc..

« La santé environnementale ne bénéficie d’aucun portage et n’est la priorité d’aucun ministère. Elle entre souvent en conflit avec d’autres priorités, comme la compétitivité ou l’emploi ». » Cette situation suscite une forte incompréhension chez les citoyens, notamment chez les malades, qui dénoncent des logiques économiques perçues comme prioritaires par rapport à leur santé ».

Il est donc urgent de s’appuyer sur les 85 recommandations que comporte ce rapport.

https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/rapports/cec/l17b2689_rapport-information#

Une étude de l’Inserm démontre combien la prévention peut être bienfaitrice

Une étude scientifique dirigée par des chercheurs de l’Inserm Grenoble révèle que la réduction de l’usage des cosmétiques permet de diminuer rapidement son exposition à certains polluants chimiques ou perturbateurs endocriniens.

Utiliser moins de produits cosmétiques et de soin peut réduire rapidement l’exposition à plusieurs substances chimiques incluant des perturbateurs endocriniens avérés ou suspectés,selon cette étude publiée le 7 avril dans Environment International par des chercheurs de l’Inserm, de l’Université Grenoble Alpes (UGA) et du CNRS, au sein de l’Institut pour l’avancée des biosciences et soutenue par la Commission européenne.

« En diminuant le nombre de produits cosmétiques que l’on utilise pendant cinq jours, on observe une réduction assez importante de plusieurs molécules qui sont suspectées, voire avérées, d’être nocives pour la santé humaine », explique Nicolas Jovanovic, docteur en épidémiologie environnementale à l’Inserm/UGA. »Le taux de bisphénol A est réduit de près de 40 % en à peine cinq jours. C’est exceptionnel et inattendu car cette molécule est interdite dans les produits cosmétiques, donc,  soit elle contamine le produit au moment du processus de fabrication, soit pendant l’emballage », s’étonne le chercheur.

Pour Sarah Lyon-Caen, ingénieure de recherche à l’Inserm, il est de toute manière trop facile pour les industriels de faire reposer la responsabilité sur les seuls individus. « Nous poussons pour une réglementation forte pour protéger la santé des consommateurs. Or la Commission européenne débat d’un projet qui va à l’encontre de ce souhait de réglementer. Certains veulent même voir allonger la durée d’utilisation en Europe de certains produits chimiques dont on avait décidé la fin« , se désole-t-elle et nous sommes nous mêmes inquiets de ces dérégulations induites par des lois européennes OMNIBUS

Les résultats de cette enquête démontre qu’il  est donc possible de réduire très rapidement son exposition à des molécules dangereuses en diminuant son usage des cosmétiques ou en les substituants par des produits à la liste d’ingrédients très réduite.

https://presse.inserm.fr/reduire-son-usage-des-cosmetiques-permet-de-reduire-rapidement-lexposition-a-certains-polluants-chimiques-et-perturbateurs-endocriniens-comme-le-bisphenol-a/72662/

https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0160412026002011?via%3Dihub

Une sobriété numérique qui s’impose

L’Ademe , le CNRS et l’INRIA appellent à une sobriété numérique, face une mutation qui s’impose ; et  proposent 3 directions nécessaires.

1) l’expansion du numérique  permet de distinguer conviction et opportunisme dans cet engouement

2 ) L’IA générative impose une révolution des compétences et des usages

3 ) L’approche collective reste le principal levier de résilience:, face à la complexité et à la vitesse des transformations: aucune organisation ne peut avancer seule.

L’INR est crée : Le Numérique Responsable face au défi de la transition écologique et solidaire. L’INR souhaite devenir un acteur de référence rassemblant entreprises et organisations autour de l’expérimentation et la promotion de bonnes pratiques pour un numérique plus régénérateur, inclusif et éthique.

Les 3 champs de réflexion de l’INR sont : la réduction de l’empreinte (empreinte environnementale numérique, empreinte sociale numérique et empreinte économique numérique), la capacité du numérique à réduire l’empreinte, la création d’innovation numérique responsable pour favoriser l’e-inclusion de toutes et tous.    Découvrir l’INR

C’est ainsi qu’ont été enregistrés  200 nouveaux signataires de la Charte Numérique Responsable, ce qui conduit à atteindre  le cap des 300 organisations labellisées.

1) L’expansion du numérique  permet de distinguer conviction et opportunisme dans cet engouement

2 ) L’IA générative impose une révolution des compétences et des usages

3 ) L’approche collective reste le principal levier de résilience:, face à la complexité et à la vitesse des transformations: aucune organisation ne peut avancer seule.