Tous les articles par Jacqueline Collard

Une enquête analyse les cantines scolaires sur la prise en compte de la réglementation

Depuis le vote de la loi Egalim en 2018, les communes ont  l’obligation de s’approvisionner à 20 % en bio pour la restauration collective, comme de  la nécessité avec la loi Climat et résilience de 2021 d’un repas hebdomadaire sans viande ou poisson .

Au-delà des enjeux de prix et de qualité des repas servis, la restauration collective est forcément associé aux filières agricoles, certaines municipalités en faisant un levier pour sécuriser des filières de production.

« A travers la commande publique, on peut flécher des milliards d’euros d’achats vers les agriculteurs de nos territoires. C’est prioritaire pour leur redonner de l’espoir et convaincre les nouvelles générations de s’installer », veut convaincre Gilles Pérole, adjoint au maire de Mouans-Sartoux (Alpes-Maritimes), commune pionnière du 100 % bio, et coprésident du groupe de travail « alimentation et restauration collective » de l’Association des maires de France.

« Passer une cantine en bio, ce n’est pas seulement remplacer un achat de produit par un autre, insiste Jacques Caplat agronome . C’est modifier les conditionnements, les volumes, les menus, la saisonnalité… » Cela implique de former du personnel, de changer des pratiques et d’investir dans du matériel.

A Lyon, dans sa banlieue, à Chassieu la Métropole  a démarré l’exploitation d’une ferme urbaine en agriculture biologique qui permet aux 126 restaurants scolaires de la ville , pour que les élèves mangent des repas variés et équilibrés, préparés dans la cuisine centrale de la Ville.

C’est ainsi qu’ une production de  tonnes de légumes 100% bio, produits en ville et qui sont destinés aux cantines en « régie exemplaire », ainsi que pour  les collèges du Grand Lyon,  . »Leur premier objectif c’est de créer de l’agriculture urbaine et ainsi d’être un espace démonstrateur de nouvelles pratiques agricoles ».

Permettre l’accès à tous les habitants à une alimentation de qualité est une des priorités de la stratégie alimentaire de la Métropole de Lyon.

On remarque  qu’à l’échelle nationale, les communes jouent toutefois davantage le jeu des obligations d’EGalim que d’autres administrations et collectivités, notamment dans les établissements médico-sociaux.

l’enquête nationale sur les cantines des principales préfectures :

https://www.agirpourlenvironnement.org/publications/palmares-des-cantines-bio/

Derrière les guerres n’oublions pas les conséquences environnementales et sanitaires

En dehors de l’aspect gravissime de ce nouveau théâtre de guerre, celui ci est un gigantesque émetteur de carbone. Les avions militaires sont de grands consommateurs de kérosène, . La guerre en Ukraine a déjà émis l’équivalent de 311 millions de tonnes de CO2. De façon plus globale, les armées du monde sont responsables de 5,5% des émissions annuelles de gaz à effet de serre, un chiffre qui place le complexe militaro-industriel juste derrière les plus grands pays pollueurs de la planète.

Les incendies pétroliers que connait actuellement le Moyen -Orient libèrent en effet un mélange complexe de polluants : les polluants générés par ces incendies comprennent le monoxyde de carbone, le dioxyde de soufre, les oxydes d’azote, les composés organiques volatils, les particules fines, comme la suie, ainsi que des métaux tels que le vanadium. Certains sites stockaient du mazout, un combustible riche en soufre et particulièrement polluant.Ces substances peuvent provoquer une pollution durable de l’air et contaminer l’environnement.

Le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé a également mis en garde contre les risques sanitaires liés à ces destructions. Ces substances peuvent provoquer une pollution durable de l’air et contaminer l’environnement. Le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé a également mis en garde contre les risques sanitaires liés à ces destructions.« Les dommages aux installations pétrolières en Iran risquent de contaminer la nourriture, l’eau et l’air – des dangers pouvant avoir de graves impacts sur la santé, notamment pour les enfants, les personnes âgées et les personnes souffrant de maladies préexistantes », a déclaré Tedros Adhanom Ghebreyesus. Parmi les nombreuses préoccupations sanitaires, des habitants se plaignent de sensations de brûlures sur la peau… Une partie de ces polluants se déposent ensuite dans les sols et peuvent contaminer les cours d’eau, alors que ces pays connaissent déjà de graves problèmes en matière de sécurité et de disponibilité de la ressource en eau.

Ces incendies nombreux produisent aussi d’importantes quantités de particules fines. Comme le rappelle l’ONG Global Witness, la combustion du pétrole libère notamment du carbone noir et des hydrocarbures aromatiques polycycliques, deux types de polluants capables de pénétrer profondément dans les poumons et d’augmenter les risques de maladies respiratoires et cardiovasculaires.

Au-delà de l’escalade militaire et de la flambée des prix de l’énergie, ces attaques rappellent une dimension souvent ignorée des conflits modernes : leurs dégâts environnementaux. L’observatoire des conflits et de l’environnement a recensé plus de 300 menaces pour les populations et les écosystèmes.

Une fin d’hiver rythmée par des événements météorologiques records

Le mois de février a été  le plus pluvieux jamais enregistré depuis le début des mesures, en 1959, devant 1970. Sur l’ensemble de l’hiver, l’excédent atteint 35 %, classant la saison au 8ᵉ rang des plus arrosées.

Cet hiver humide fut aussi doux. Avec une anomalie de + 1,7 °C, il se classe au quatrième rang des plus chauds depuis 1900, derrière 2019-2020, 2015-2016 et 2023-2024. Depuis 2019, la France enchaîne les hivers anormalement chauds. Février 2026, à + 3,5 °C par rapport aux normales de saison, se hisse au deuxième rang des mois de février les plus doux, derrière 1990.

Cette météo a favorisé la floraison dans certaines régions , une situation qui inquiète les agriculteurs, car un « coup de gel » n’est pas impossible dans les semaines qui viennent .

N’est ce pas un avant gout d’ une France à + 4 °C en 2100, selon la trajectoire de référence pour l’adaptation au changement climatique, les précipitations hivernales pourraient augmenter d’environ 20 %. L’hiver 2025-2026 en offre, déjà, un 1er visage.

Modification du régime relatif à l’évaluation environnementale et aux critères de saisine de la Commission nationale du débat public

Le décret, publié ce 3 mars, soustrait les data centers, les raccordements des parcs éoliens en mer et les lignes électriques sous-marines du champ de la CNDP, en excluant les créations de lignes souterraines de tension supérieure ou égale à 400 kV. réduisant de facto l’information et la participation du public à ces projets. le texte est pris en application des articles L. 121-8 et L. 122-4 du code de l’environnement.

« Exclure ainsi du champ de compétence de la CNDP les alimentations souterraines des centres de données, certaines liaisons électriques de parcs éoliens en mer ainsi que les lignes électriques sous-marines ne va pas sans soulever des questions « , a objecté la CNDP pendant la phase de consultation publique du texte. Car cela revient, selon elle, « à soustraire de la compétence de la CNDP des projets dont elle a pleinement vocation à connaître, en raison de leurs enjeux socio-économiques et de leurs impacts significatifs sur l’environnement ou l’aménagement du territoire ».      L’autre objet du texte (art. R.122-3) est de transférer des missions de l’autorité environnementale relevant du ministre chargé de l’environnement auprès de la formation d’autorité environnementale (Ae) de l’Inspection générale de l’environnement et du développement durable (Igedd).

La remise en cause de la consultation publique et du rôle de la CNDP sur des projets d’envergure nous pose question.

Décret n° 2026-146 du 2 mars 2026 portant modification du régime relatif à l’évaluation environnementale et aux critères de saisine de la Commission nationale du débat public

Les pesticides coupables de bouleverser la biodiversité des sols

La revue Nature  vient de produire une étude établissant  le lien entre les modes d’agriculture et les écosystèmes du sol.

Le résumé porte sur les effets de 63 pesticides sur les archées de sol, les bactéries, les champignons, les protistes, les nématodes, les arthropodes et les principaux groupes de gènes fonctionnels sur 373 sites couvrant les forêts, les prairies et les terres cultivées dans 26 pays européens. Les résidus de pesticides ont été détectés dans 70% des sites et sont apparus comme le deuxième moteur le plus fort des modèles de biodiversité du sol après les propriétés du sol.

Les pesticides ont modifié les fonctions microbiennes, y compris le cyclage du phosphore et de l’azote, et supprimé les taxons bénéfiques, y compris les champignons mycorhiziens arbusculaires et les nématodes bactérivores.« Plus que le nombre de pesticides retrouvés, c’est leur rémanence dans les sols qui est inquiétante », souligne Patrick Lavelle, professeur émérite en écologie des sols à Sorbonne Université à Paris.

Köninger, J., Labouyrie, M., Ballabio, C. et coll. Les résidus de pesticides modifient la biodiversité taxonomique et fonctionnelle dans les sols. Nature 650, 367–373 (2026). https://doi.org/10.1038/s41586-025-09991-z