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Les engagements de la COP 22 à mettre en œuvre

L’aprés COP 22

 Les émissions globales mondiales liées à la combustion d’énergie ont cessé de progresser pour rester stables depuis 2014 : ceci est principalement dû au fait de la Chine qui représente plus du 1/4 des émissions : ceci étant dû par le tassement de sa croissance mais aussi pour les efforts mis pour économiser l’énergie et décarboner la production électrique : cependant cela reste insuffisant pour ne pas franchir le seuil des 2°C. Il faudrait pour cela entamer un déclin massif des énergies fossiles d’ici 2020.

 La COP 22 a conclu avec 3 engagements forts :

  • Que les USA comme les autres grandes nations s’engagent fortement sur le climat
  • Que la suite des règles d’application de l’accord de Paris soient énoncées fermement d’ici 2018
  •  Et que de nombreux états, territoires et entreprises se dotent de plans à long terme pour rester cohérents avec les moins 2°C et atteindre le zéro émission ! La France pour commencer !

Il est cependant à constater que la consommation en énergie fossile est toujours orientée à la hausse surtout pour le pétrole et le gaz (la demande future étant prévue en 2030 pour encore 77 % de la consommation mondiale d’énergie pour 81 % à ce jour !)

L’Asie reste à ce jour très consommatrice d’énergie charbon vapeur pour produire de l’électricité et cela ne devrait pas décliner avant 2030 fort émissif en CO2 mais à ce jour énergie peu chère.

Nous veillerons comme toutes les ONG à travailler dans ces objectifs profitables à tous et pour lesquels la minorité climato-sceptique s’étiole.

La Cop 22 s’achève à Marrakech avec des volontés certaines

Cent-onze Etats, ainsi que l’UE, ont ratifié l’Accord de Paris, à l’issue de la COP22 de Marrakech (Maroc). Collectivement, ces pays représentent plus des trois quarts des émissions mondiales.

Pour entrer en vigueur, l’Accord de Paris adopté en décembre 2015 devait être ratifié par au moins 55 Etats, couvrant 55% des émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES). Le premier seuil a été franchi le 21 septembre et le second le 5 octobre. Une étape essentielle a été franchie en septembre, lorsque la Chine et les Etats-Unis l’ont officiellement approuvé. A cette date, 26 Etats, couvrant 39% des émissions mondiales (dont 38,5% pour les deux géants), avaient ratifié le texte. A noter que si la Chine l’a ratifié, les Etats-Unis l’ont simplement “accepté”. En effet, échaudés par l’échec de la ratification du protocole de Kyoto, les Etats-Unis se sont évertués à sortir un maximum de dispositions de la partie “traité” de l’Accord de Paris pour éviter une procédure de ratification devant le Congrès. Finalement, au regard du droit constitutionnel américain, il prend la forme d’un “executive agreement”, ce qui permet une adoption officielle par une simple signature du Président américain.

Le 21 septembre, en marge de l’Assemblée générale des Nations unies à New York, plus de 30 Etats supplémentaires ont ratifié l’Accord. Ils étaient alors 60 à l’avoir fait et représentaient 47% des émissions mondiales.Au cours des 30 jours suivants, 23 Etats supplémentaires ont validé l’accord, ajoutant quelque 8,50% des émissions mondiales au total couvert par l’Accord. Parmi ceux-ci figurent notamment deux émetteurs importants du groupe des pays du Sud : l’Indonésie, avec 1,66% des émissions mondiales, la Corée du Sud (1,39%), l’Afrique du Sud (1,22%) et le Vietnam (1,19%). De même, la Pologne (0,92%), la Grèce (0,23%), la Suède (0,16%) et le Danemark (0,14%) rejoignent les sept premiers Etats membres de l’UE à avoir officiellement approuvé l’Accord.

Enfin, seize pays ont déposé leur ratification depuis l’entrée en vigueur officielle de l’Accord. Parmi ceux-ci figurent notamment deux émetteurs de taille : le Japon (2,91% des émissions mondiales) et l’Australie (1,24%). Avec la ratification du Royaume-Uni (1,32%), de l’Italie (1,06%), de la Finlande (0,17%), de l’Irlande (0,14%), de l’Estonie (0,05%) et du Luxembourg (0,03%), 18 Etats membres de l’UE ont déposé leur outils de ratification.

Le 5 octobre, 10 pays avaient déposé leur ratification. A cette date, 59,12% des émissions mondiales étaient couvertes. Parmi les pays ayant officialisé leur ratification figurent sept Etats membres de l’Union européenne : la France, l’Allemagne, l’Autriche, la Hongrie, Malte, le Portugal et la Slovaquie. Ils sont accompagnés de la Bolivie, du Canada et du Népal.

L’Accord est entré en vigueur le 4 novembre, soit 30 jours après que les deux conditions aient été réunies. Il aura fallu moins d’un an pour que l’Accord soit officiellement validé. Un record pour un traité international de cette importance. Les premières négociations sur son application ont donc commencé à Marrakech (Maroc) à l’occasion de la COP22.

 Au cours de cette COP 22  des scientifiques ont publié pour la COP 22 un livre sur l’effet du changement climatique en Méditerranée. Réalisé sous l’égide de l’Alliance nationale de recherche pour l’environnement, il vise à réduire le fossé entre les décideurs et les chercheurs. Détails avec Eric Martin chercheur à l’Irstea.

La Méditerranée présente des enjeux sociétaux forts : la zone est très peuplée avec des populations en augmentation près de la bande côtière. Certains phénomènes, comme les épisodes de précipitations extrêmes qui touchent le sud de la France et d’autres pays proches, sont très compliqués à comprendre, à prévoir pour les jours qui viennent mais aussi à dix ou quinze ans.

Ils ont  réalisé un zoom sur ce bassin également parce que dans le rapport du groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), les données sont présentées par continent. Or comme la Méditerranée se trouve à cheval sur deux continents, il est moins aisé pour les décideurs de disposer d’une vision globale des enjeux. Nous avons donc regroupé les dernières connaissances dans un seul ouvrage.

Au-delà de la présentation de l’état actuel des connaissances, ils affichent la volonté de combler le fossé entre chercheurs et décideurs, c’est pour cela que l’ouvrage a été présenté lors de la COP 22. Nous visons une co-construction des recherches entre ces deux acteurs.

Pour quoi le bassin méditerranéen ??Tout d’abord, la Méditerranée est d’un point de vue du climat un “hotspot” : le climat va y changer plus que la moyenne. Le GIEC donne comme ordre de grandeur pour les scénarios les plus extrêmes une augmentation des températures allant jusqu’à 7 degrés pour la Méditerranée à la fin du siècle, contre 5,8 degrés en moyenne. C’est également un “hotspot” pour la biodiversité, avec un nombre très important d’espèces, dont une partie est menacée par les changements climatiques et les activités humaines. Enfin, ce bassin présente beaucoup d’évènements extrêmes : des pluies intenses, des crues rapides, ou des longues périodes de sécheresse.Nous savons que beaucoup de choses sont en train de changer. Ainsi, des études sont en cours pour essayer de quantifier les sécheresses récentes :Ils  souhaitent ainsi déterminer si on peut comparer la période actuelle à d’autres périodes du passé. De même, concernant les pluies extrêmes, aujourd’hui il est difficile d’ évaluer les tendances : ces événements n’arrivent pas souvent et les marges d’incertitudes sont donc importantes.

L’ensemble des modèles climatiques indique que dans un contexte de changement climatique, il y aura une augmentation des événements extrêmes. Toutefois, contrairement à l’augmentation des températures pour lesquelles ils n’ont plus de doutes sur le fait que nous sommes sortis de la marge d’erreur d’une variabilité normale du climat, il n’en est pas de même pour l’augmentation des événements extrêmes.

 

Accords sur le climat enfin !

Les décisions concernant la ratification de l’accord sur le climat signé à Paris en Novembre 2015 dans le cadre de la COP 21 se sont accélérées durant ces dernières semaines et l’on peut que s’en réjouir, d’autant que les grandes puissances comme  Les USA; la Chine, L’Inde et maintenant le Canada  se sont engagées. Parmi les gros émetteurs de GES, le Japon (3,8% des émissions mondiales) et la Russie (7,5%) sont les seuls à ne pas encore avoir ratifié le texte.

cop21

Rappelons l’objectif de cet accord: Construire un mode de développement «2 °C compatible» passe aussi par la fin des subventions aux énergies fossiles, la tarification des émissions de GES, la sortie du charbon, la promotion des énergies renouvelables et des transports doux. Cet accord est d’autant plus nécessaire que ces dernières années s’avérent trés chaudes plus encore que prévues, avec des conséquences sanitaires et environnementale de plus en plus grandes( Chaleur, grandes sécheresses, montée des eaux, ouragans etc..)

Au dernier comptage effectué par l’ONU en ce début Octobre, les seuils du nombre de pays et de la part des émissions anthropiques de gaz à effet de serre (GES) nécessaires ont été dépassés, mercredi 5 octobre.Selon le secrétariat de la convention onusienne sur les changements climatiques, 74 pays (sur les 184 l’ayant signé) ont déposé leur instrument de ratification. Ils sont à l’origine de 58,82% des rejets de GES. Pour mémoire: 55 pays, représentant au moins 55% des émissions étaient nécessaires.

Deux autres bonnes nouvelles devraient jalonner de plus  le chemin menant à la COP 22 qui va se tenir à Marrakech en novembre :

-L’adoption du mécanisme d’échanges de quotas d’émissions pour l’aérien

-Un amendement au protocole de Montréal, interdisant production et utilisation des hydrofluorocarbures (HFC), une famille de gaz de synthèse au fort pouvoir de réchauffement global. Les HFC sont les gaz à effet de serre qui connaissent la croissance la plus rapide, d’environ 10% à 15% par an. En cause, la ruée vers la climatisation, notamment en Chine et en Inde: d’ici à 2030, 700 millions de nouveaux climatiseurs pourraient être installés dans le monde, 1,6 milliard d’ici à 2050 –date à laquelle les HFC pourraient constituer 20% de l’ensemble des gaz à effet de serre en PRG. Selonl’Institut pour la gouvernance et le développement durable (IGSD), l’élimination des HFC permettrait d’atténuer la hausse de température de 0,1°C en 2050 et de 0,5°C en 2100 –l’Accord de Paris, signé mi-décembre 2015, s’engage sur une hausse d’au maximum 2°C.

L’accord de Paris pourra ainsi entrer ainsi en vigueur le 4 Novembre juste avant l’ouverture de la COP 22.