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Le Nutriscore passe à l’Assemblée nationale

Les députés ont voté l’obligation d’afficher un indice nutritionnel sur des publicités pour des produits alimentaires mais le gouvernement plaide pour une approche non-contraignante. La même disposition, présentée en mai 2018 lors des débats sur la loi Agriculture et alimentation (Egalim), avait alors été rejetée par l’Assemblée nationale. Jeudi 22, le gouvernement a fait connaître son opposition à une telle obligation, plaidant une approche basée sur le volontarisme des industriels et annonceurs.

Le Nutri-Score est un système de notation des aliments sur une échelle de A à E, avec un code couleur, du vert au rouge, selon la qualité nutritionnelle de l’aliment. Cet étiquetage, facultatif sur les produits en rayon, fait l’objet d’une intense bataille de lobbying.

L’amendement voté prévoit un délai jusqu’au 1er janvier 2021 pour que les annonceurs se conforment à l’obligation d’affichage du Nutri-Score et des dérogations possibles, moyennant une contribution à l’Agence nationale de santé publique.

Comment est-il attribué ?

Le score prend en compte pour 100 grammes de produit, la teneur :

  • en nutriments et aliments à favoriser : fibres, protéines, fruits et légumes
  • en nutriments à limiter : énergie, acides gras saturés, sucres, sel

Après calcul, le score obtenu par un produit permet de lui attribuer une lettre et une couleur.

Quels sont les produits concernés ?

  • Tous les aliments transformés, exceptés les herbes aromatiques, thés, cafés, levures…
  • Toutes les boissons, exceptées les boissons alcoolisées.

D’autres mesures ont été adoptées, dont une prévoyant la remise d’un rapport annuel sur l’évolution de la qualité nutritionnelle des aliments et la fixation de seuils de réduction du sel, sucre et acides gras insaturés pour les produits de grande consommation. Mais un article qui prévoyait de restreindre le marketing et la publicité ciblant les enfants pour les produits alimentaires a été supprimé par le gouvernement.

Mais en même temps Disney propose un label Disney : elle  veut que « les parents puissent acheter les yeux fermés » des produits développés selon des critères nutritionnels définis par… elle-même. Un label sur fond vert apposé sur des paquets de céréales, des bouteilles d’eau, des œufs ou des sachets de fruits secs. Disney lance son propre label nutritionnel à l’occasion du Salon de l’agriculture qui se tient du 23 février au 3 mars à Paris. Le logo Disney cuisine sera appliqué sur des produits alimentaires jugés équilibrés et répondant aux exigences d’une charte nutritionnelle définie par Disney selon ses critères comme la quantité de sel, de sucre, de gras ou encore la taille des portions ou les calories. Soyons vigilants quant à ce genre de labels spécifiques à des produits qui plus est destinés aux enfants!

A quand un étiquetage alimentaire profitable aux consommateurs?

Le principe d’une information nutritionnelle synthétique, simple, accessible à tous est au menu de l’article 5 du projet de loi de modernisation du système de santé. Voté le 14 avril par les députés, il a été  examiné au Sénat en septembre. Mais depuis de longs mois, la bataille est rude entre les autorités de santé et les sociétés savantes d’un côté, et l’industrie agroalimentaire et la grande distribution de l’autre.

De nombreuses polémiques empêchent une mis en place rapide de cet affichage, ainsi plusieurs chercheurs éminents du comité de pilotage ont choisi de démissionner dans l’été, devant les pressions et conflits d’intérêts d’autres membres en lien avec la grande distribution ou l’industrie agro-alimentaire.

Le principe d’un nouvel étiquetage a été acté dans la loi sur la modernisation du système de santé, votée fin 2015, mais les industriels se sont élevés contre un code à 5 couleurs préconisé par le Haut Conseil de la santé publique( HCSP): le Nutri-score . Face à la demande pressante des industriels en faveur d’une étude menée directement dans les grandes surfaces, Marisol Touraine, la ministre de la Santé, a décidé de lancer un test comparatif entre quatre systèmes dont le  “Nutri-repère” (conçu par l’industrie agro-alimentaire) et un dernier utilisé par la grande distribution (“SENS”). Les résultats de l’étude sont attendus en décembre 2016 et “l’Anses rendra ensuite un nouvel avis scientifique étayé”, a indiqué à l’AFP le ministère. Le nouvel étiquetage doit rendre plus compréhensible les informations actuelles qui détaillent la quantité de glucides, protides, lipides par portion de 100 grammes et parfois la teneur en vitamines.