Tous les articles par Jacqueline Collard

Un livre sur le long combat des victimes de pesticides

L’agriculture empoisonnée

Editeur: PRESSES DE SCIENCES PO

Auteurs: Jean-Noël Jouzel, Giovanni Prete

Ce livre, est le fruit d’une enquête menée pendant plus de dix ans, raconte le difficile cheminement des exploitants agricoles pour se dire victime et obtenir réparation.

Le 19 mars 2011, une dizaine d’agriculteurs se retrouvent à Ruffec. Ils sont accueillis sur l’exploitation céréalière de Paul François, atteint de troubles neurologiques à la suite d’une intoxication par un herbicide sept ans plus tôt. Les autres agriculteurs présents souffrent également de pathologies chroniques lourdes. Ce jour-là est créée Phyto-victimes, première association française d’agriculteurs victimes des pesticides.

Rien ne prédisposait ces exploitants, partie prenante d’un système agricole fondé sur l’utilisation massive de produits phytosanitaires, à s’engager dans une telle action collective. .Il pointe le rôle décisif joué par les proches familiaux mais aussi l’importance des alliés objectifs dans la mobilisation, médecins, syndicalistes, militants environnementalistes, avocats, journalistes, scientifiques, issus de mondes parfois très distants les uns des autres. À travers cette histoire à la fois intime et politique, il montre les effets sur le long terme d’une agriculture intensive toujours dominante aujourd’hui.

Jean-Noël Jouzel est directeur de recherche CNRS au CSO (Centre de sociologie des organisations, Sciences Po). Il est notamment l’auteur de Pesticides. Comment ignorer ce que l’on sait (Presses de Sciences Po, 2019).
Maître de conférences en sociologie à l’Université Paris 13,

Giovanni Prete est cherhceur à l’IRIS (Institut de recherche interdisciplinaire sur les enjeux sociaux) et au CSO.

Un rapport éloquent sur les conséquences du numérique avec l’intelligence artificielle

Nous relatons quelques éléments clefs de ce nouveau rapport  du Shift Project :

Le numérique est un secteur qui prend de plus en plus de place dans nos vies et cela à l’échelle du Monde.   Il représentait déjà 3 à 4 % des émissions mondiales de GES en 2020 (The Shift Project, 2021), soit du même ordre que l’intégralité des poids lourds dans le monde (IEA, 2021) et avec une augmentation de 6 %/an en moyenne de cette empreinte. À l’échelle française, il représentait 4,4 % de l’empreinte carbone du pays en 2022 (ADEME, 2025).

La consommation électrique des centres de données est loin d’être endiguée par l’efficacité énergétique : l’explosion de l’offre de puissance informatique pourrait mener à une multiplication par 3 entre 2023 et 2030.

En prenant en compte les impacts de production et de construction (25 % du total), les tendances actuelles pourraient mener la filière des centres de données à doubler  ou quadrupler son empreinte carbone, jusqu’à émettre 920 MtCO2e/an en 2030, soit l’équivalent de 2 fois les émissions annuelles de la France. En Europe, les centres de données représentent déjà 2,5 % de la consommation totale d’électricité, avec une progression de 7 %/an. Elle pourrait doubler entre 2023 et 2030, et tripler à 2035.

En France, les centres de données représentent environ 2 % de la consommation totale. Cette consommation pourrait quadrupler à 2035, et pourrait représenter jusqu’à un quart du supplément d’électricité consommée par rapport à 2020.

https://theshiftproject.org/publications/intelligence-artificielle-centres-de-donnees-rapport-final/

Les canicules et leurs effets sur la production d’électricité nucléaire

En France nous avons 57 réacteurs nucléaires, et ils doivent être refroidis en permanence, d’où leur implantation près de la mer ou de cours d’eaux. C’est pourquoi lors des pics de chaleur, ces rejets d’eaux de refroidissement, entrainent des hausses de température des rivières, ou des fleuves, et de fait , peuvent contraindre EDF à réduire, voire arrêter sa production pour éviter de réchauffer davantage les cours d’eau (ce qui est problématique pour la faune et la flore aquatiques) .

Il existe 2 sortes de  circuits de refroidissement dans les installations nucléaires ; l’un dit fermé, , les rejets thermiques sont principalement effectués alors dans l’atmosphère, par le biais de tours aéroréfrigérantes,l’autre dit ouvert , dans ce cas les rejets thermiques sont entièrement effectués par voie liquide et donc directement dans le milieu.

EDF annonce déjà de devoir  envisager de baisser la production des centrales nucléaires du Bugey, dans l’Ain, et de Saint-Alban, en Isère. Face aux fortes chaleurs, ces restrictions permettront d’éviter un trop grand réchauffement des eaux du Rhône. Les rejets thermiques liquides sont encadrés : l’échauffement du milieu (pour toutes les centrales) et la température en aval (pour la plupart d’entre elles) ne doivent pas dépasser des valeurs fixées réglementairement. Les arrêts ou restrictions pour des raisons environnementales ont un effet limité sur la production nucléaire d’EDF avec une baisse annuelle estimée à 0,3%, mais pourrait être augmentée dans le cas d’évolution climatique à la hausse ( 1,4% à l’horizon 2035, puis 1,5% en 2050) . C’est pourquoi EDF a annoncé un plan d’adaptation de ses installations nucléaires, hydrauliques et insulaires, pour un total de 8,7 milliards d’euros d’ici 2040.

Une directive européenne sur l’information des ingrédients du petit déjeuner

La directive (UE) 2024/143 dite « petit déjeuner » a été transposée en droit français pour une application au 14 juin 2026 par le décret n°2026-312 du 24 avril 2026, pour être publié au Journal officiel.

De nouvelles règles sont posées pour l’étiquetage et la composition à partir du 14 juin 2026 révise plusieurs textes européens déjà existants sur des aliments du petit déjeuner très présents dans les rayons : miel, jus de fruits, confitures, gelées, marmelades, crème de marrons et laits de conserve partiellement ou totalement déshydratés. Sous l’étiquette familière de « petit-déjeuner », elle traite de traçabilité, de composition, de santé et de concurrence loyale. David Clarinval, alors vice-premier ministre belge et ministre de l’agriculture, déclarait lors de l’adoption du texte par le Conseil « Une transparence accrue donnera aux consommateurs les moyens de faire des choix plus éclairés et plus sains. »

Le Conseil de l’Union européenne indique que ces règles doivent permettre de mieux éclairer les choix des consommateurs, d’améliorer la transparence sur l’origine des produits et de réduire la fraude alimentaire. Les confitures et le miel sont particulièrement ciblés.

Cette règle européenne prévoit d’afficher plus clairement la composition du miel, des confitures, jus de fruits ou lait en poudre, elle a pour objectif de mieux informer les consommateurs, mais aussi de lutter contre les produits composés de sucres ajoutés.

décret 2026-312 du 24 avril 2026

https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000053957438

Les fuites de gaz à surveiller et à éviter : une évidence

Le gaz fossile (composé en grande majorité de méthane) est partout autour de nous. Pourtant, en plus de réchauffer l’atmosphère (84 fois plus que le CO₂ sur 20 ans), il participe activement à la formation d’ozone, un polluant responsable de centaines de milliers de morts prématurées chaque année dans le monde.C’est une des raisons pour lesquelles  depuis 2014 , que la législation européenne sur le méthane impose des règles strictes au secteur de l’énergie pour traquer les fuites, involontaires ou liées à des opérations de dégazage et de torchage (le fait de brûler le gaz émis lors de l’extraction pétrolière).

Or c’est une étude menées par Les Amis de la Terre  qui pointe un problème considérable et persistant : 65% des 57 sites gaziers inspectés présentaient des émissions de méthane, un gaz à effet de serre responsable d’un tiers du réchauffement climatique mondial.

La réduction des émissions de méthane constitue malgré tout l’un des moyens les plus rapides de lutter contre le réchauffement, comme le rappelait l’Agence internationale de l’énergie (AIE) dans un rapport sur le sujet, début mai. Éviter les fuites et cesser le torchage de routine permettraient, en outre, de récupérer d’importants volumes de gaz, estimés par l’AIE à quelque 200 milliards de mètres cubes.

Le gaz fossile (composé en grande majorité de méthane) est partout autour de nous. Pourtant, en plus de réchauffer l’atmosphère (84 fois plus que le CO₂ sur 20 ans), il participe activement à la formation d’ozone, un polluant responsable de centaines de milliers de morts prématurées chaque année dans le monde.

Entre le 20 et le 30 avril 2026, les Amis de la Terre France et la Clean Air Task Force (CATF) ont mené une campagne de détection des émissions de méthane sur le réseau gazier dans le Sud de la France. Leurs observations sont analysées dans un rapport de terrain. Trois quarts des émissions détectées étaient des fuites involontaires, liées à des défauts d’étanchéité ou à des équipements défaillants.

Au-delà des impacts climatiques et sanitaires, ces fuites représentent aussi un immense gaspillage énergétique : chaque année en France, 4 térawatt-heures de gaz sont perdus sur les réseaux, soit l’équivalent de la consommation de gaz de Marseille et Amiens combinées, pour une valeur estimée à 225 millions d’euros.

Et pourtant c’est au nom de la sécurité d’approvisionnement énergétique , que la Commission européenne prévoit d’assouplir les modalités d’application du texte pour les importations d’énergie fossile – soit plus de 90 % du gaz et du pétrole consommés en Europe. Désormais, Bruxelles propose de suspendre pour trois ans (2027-2029) les amendes prévues dans cette loi quand les importateurs d’hydrocarbures enfreignent leurs obligations.

Méthane : la pollution invisible du réseau gazier