Tous les articles par Jacqueline Collard

Au salon de l’Agriculture une contre-proposition du collectif Nourrir à la loi Duplomb

Pour répondre à l’urgence alimentaire et écologique un collectif d’organisations écologistes et paysannes : le collectif Nourrir a présenté sa contre-proposition à la loi Duplomb : «Une réponse au cri d’alarme porté par plus de deux millions de pétitionnaires».

Après une présentation au JO d’Aout 2025 et tandis que le loi Duplomb1 fait l’objet de discussions au Parlement suite à  une mobilisation citoyenne sans précédents, c’est la nouvelle version Duplomb 2 qui fait l’objet de positions fortes.

Fruit de plusieurs mois de travail, et à l’occasion du Salon de l’agriculture, le Collectif Nourrir a rendu public son manifeste appelant à installer un million de paysans d’ici 2050 afin de réaliser son projet de transition agroécologique  le Collectif Nourrir est une association regroupant une cinquantaine d’organisations « paysannes et citoyennes », toutes aussi hostiles les unes que les autres au modèle agricole qui nourrit la France a présenté ce mardi sa propre proposition de loi «pour répondre à l’urgence agricole et alimentaire». On y retrouve  Greenpeace, France Nature Environnement, Les Amis de la Terre, Générations Futures, Agir pour l’environnement. Mais également la Fnab et la Confédération paysanne, dont l’un des responsables vendéens, le producteur de lait bio Mathieu Courgeau, y figure comme coprésident.

«Il y a une situation catastrophique au niveau agricole et de très fortes inquiétudes du côté des citoyens, et les propositions du gouvernement ne sont pas à la hauteur de la situation, décrit Julie Maisonhaute, membre du bureau du collectif Nourrir. On ressent fortement un besoin de protéger les agriculteurs qui restent en France et les citoyennes et citoyens, leur santé et leur capacité à se nourrir.»

Dans son  manifeste, le Collectif propose d’installer d’ici 2050 un million d’agriculteurs en France, soit 40 000 installations par an. C’est-à-dire trois fois plus qu’actuellement. Selon Mathieu Courgeau, « atteindre 1 million de paysans et de paysannes d’ici 2050 n’est pas une utopie : c’est une nécessité à laquelle les politiques publiques doivent résolument s’atteler ». Et il formule le souhait de s’appuyer sur la loi d’orientation agricole en cours de concertation pour « fixer ce cap ».

Composé de sept articles précis portant sur différents enjeux de l’agriculture, ce texte se veut un contre-pied à la première loi Duplomb ( sur les pesticides, l’élevage intensif, le stockage d’eau…)avec comme objectif : Faire de l’alimentation un droit : la vision du Collectif Nourrir pour garantir un accès digne à une alimentation choisie, saine et durable pour toutes et tous,

https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-3014

LOI n° 2025-794 du 11 août 2025 visant à lever les contraintes à l’exercice du métier d’agriculteurs.

https://collectifnourrir.fr/wp-content/uploads/2023/02/Manifeste-Collectif-Nourrir-03-2023-SIA.pdf

La France à son tour touchée par des tempêtes violentes comme Nils et Pédro

   Il n’avait jamais plu aussi longtemps en France. Avec plus de 35 jours de pluie consécutifs, le pays enregistre sa plus longue série de jours de précipitations depuis le début des mesures en 1959, battant le record 2023,  a annoncé mercredi Météo-France.

Depuis le 1er janvier, les précipitations s’enchaînent : 42 jours de pluie sur 48 sur le pays en moyenne, soit seulement six journées sans pluie. Tout d’abord, on est en face d’événements hors normes.

Renforcée par le changement climatique, « Ces vents plus forts et les fortes pluies de la tempête Nils sont attribués au changement climatique induit par l’Homme», selon l’étude de l’équipe de scientifiques du laboratoire des sciences du climat et de l’environnement de l’université Paris-Saclay, ClimaMeter.«Nils est la troisième forte tempête hivernale de la saison sur la France après le passage de Benjamin (octobre 2025) et Goretti (janvier 2026)», indique Météo-France et la dernière qui s’invite au tableau: Pédro.Les précipitations régulières depuis le début de l’hiver ont gorgé les sols en eau, «un facteur aggravant en matière de dégâts», selon l’institution. Et cette nouvelle tempête Pedro,se manifeste par des crues « réalimentées », situation « inédite »  et sur la côte ouest, la dépression faisant craindre des submersions par de puissantes vagues.

Elles sont caractérisées par une humidité de plus de 10% et localement jusqu’à 5% plus venteuses sur la France, l’Espagne et le Portugal aujourd’hui qu’elles ne l’étaient dans le passé» Ainsi Davide Faranda, directeur de recherche en sciences du climat au Centre national de la recherche scientifique (CNRS), qui a participé à l’étude explique qu’«une atmosphère plus chaude peut contenir plus d’humidité, ce qui augmente le risque de fortes précipitations en cas de tempête».«Le changement climatique n’augmente pas nécessairement le nombre de tempêtes, mais il peut intensifier leurs effets lorsque les conditions atmosphériques sont favorables», note le chercheur. On constate d’ailleurs des cumuls de pluie depuis deux mois ont saturé le sol en eau, qui ne peut plus jouer son rôle d’éponge.

« Ce qui est complètement inédit c’est l’intensité et la durée, c’est à dire autant de pluie en si peu de temps. On n’avait pas vu cela depuis la fin des années 1950″, assure jeudi 19 février sur franceinfo, Esther Crauser-Delbourg, économiste de l’eau et fondatrice de Water Wiser, un cabinet de conseil en stratégie spécialisé dans les enjeux de l’eau. « Rues bétonnées, haies arrachées, rivières rectifiées… nos pratiques ont appauvri les sols, aggravant davantage les crues dans l’ouest de la France » , explique l’ingénieure hydrologue Charlène Descollonges qui ajoute: »« En accélérant les flux d’eau en surface, en surexploitant l’eau douce et en l’évacuant rapidement vers la mer, nous nous rendons vulnérables aux sécheresses comme aux pluies intensifiées par le changement climatique »

             Dans un contexte de «crue généralisée», la directrice du service d’information Vigicrues, Lucie Chadourne-Facon, a évoqué auprès de l’Agence France-Presse (AFP) une «situation exceptionnelle» pour la France, dépassant «tous nos records» depuis que l’organisme a été créé en 2006, avec un taux d’humidité des sols jamais vu. Vigicrues alerte sur le fait que les prochaines pluies vont « réalimenter les crues actuelles » ou « les maintenir ». Vigicrues a placé le secteur de confluence entre la Garonne et la Dordogne, à l’entrée de l’estuaire de la Gironde, en vigilance rouge aux crues. La Garonne ne désemplit pas et la conjonction d’une nouvelle tempête et de forts coefficients de marée fait craindre des inondations dans deux quartiers de Bordeaux ( fleuve, qui traverse la neuvième ville de France (265 000 habitants) du sud au nord)jeudi matin. Le maire, Pierre Hurmic, a activé, mercredi, le plan communal de sauvegarde (PCS) de la ville, une première pour des crues depuis celle record des tempêtes de décembre 1999, qui pourrait être approchée jeudi matin à l’heure de la pleine mer, quand la marée fait monter le niveau de la Garonne.Il en est de même à Libourne (Le plan communal de sauvegarde a également été activé à Libourne (25 000 habitants)) , qui s’attend à « dépasser le niveau de crues connu en 1999 ».

Des interrogations subsistent sur le protections mis en place en amont comma la création de digues: Ainsi un élu du bordelais insiste:  « Je voulais simplement rappeler à mes collègues de la communauté de communes, ainsi qu’à la préfecture et à l’Etat, qu’une digue est un moyen de protection des populations. » Et « ces moyens de protection ont été mis à mal », alors que cet entretien qui relève de la taxe Gemapi taxe,dédiée pour financer les travaux ( qui s’élève à 40 euros par habitant et par an dans les communes concernées).

Le Centre national d’évaluation des normes (CNEN) avait  estimé, dans un avis rendu en septembre 2023(Nouvelle fenêtre), que le transfert des digues de l’État avait été mal préparé. Celui-ci évoquait « les conséquences financières importantes » de la loi de modernisation de 2014, de laquelle a découlé le transfert de compétences.Les élus du CNEN alertaient alors sur « les travaux d’envergure à prévoir dans les années à venir pour adapter les digues aux effets du changement climatique », avec des dépenses allant jusqu’à 15 milliards d’euros.

Charlène Descollonges  ouvrage  paru le 4 février Eaux vives, (éd. Actes Sud)

Le plan pluriannuel de l’énergie (PPE) est paru

Le 13 février 2026, le Gouvernement a publié la nouvelle édition de la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) et son annexe la Stratégie de développement des mobilités propres (SDMP). Ces documents présentent la politique énergétique de la France pour répondre aux enjeux de consommation et de production d’énergie sur la période 2026-2035. Chaque Programmation pluriannuelle de l’énergie porte sur deux périodes successives de 5 ans.

L’actualisation de la PPE s’inscrit dans une stratégie de transition globale, la Stratégie Française pour l’Énergie et le Climat (SFEC), qui vise :

  • à assurer la disponibilité de l’énergie à un coût maîtrisé,
  • à atteindre la neutralité carbone à l’horizon 2050,
  • à adapter la France au changement climatique.

Elle repose sur 3 volets complémentaires :

La Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE 3) fixe plusieurs priorités :

  • garantir la souveraineté de la France, en assurant la disponibilité des ressources énergétiques nécessaires à notre économie et nos ménages ;
  • rendre l’énergie accessible, pour les Français et nos entreprises, à des prix maîtrisés, compétitifs et abordables.
  • décarboner le mix énergétique, pour lutter contre le changement climatique ;
  • permettre l’accès à des mobilités bas carbone, pour les voyageurs et les marchandises, sur l’ensemble du territoire.
  • La programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE 3) répond à ces enjeux au travers de deux axes structurants :
    • réduire notre dépendance aux énergies fossiles,
    • investir pour mieux consommer l’énergie.
https://www.economie.gouv.fr/ppe-3-planifier-la-decarbonation-de-la-france

Un documentaire de jeunes Rhône-Alpins pour recycler des plastiques

5 jeunes du village de La Rochette, en Savoie, soutenus par l’association « Dahu Vagabond » ont entrepris un long voyage au Népal pour alerter sur la réalité  de la pollution plastique sur les hauts sommets himalayens. De cette belle aventure humaine est né un documentaire intitulé « Namaskar »pour lutter contre cette pollution au plastique, qui c’est bien documenté  est devenue un fléau de cette région touristique.

Un projet qui consiste à créer une machine à fabriquer des manches de couteaux en plastique recyclé, en lien avec des forgerons d’un village. Désormais, les écoliers locaux collectent des déchets plastiques pour l’usine de recyclage, puis deux villageois transforment cette matière en manches de couteaux avec une machine artisanale.

Avant même de partir, ils ont longuement enquêté et découvert l’un des problèmes du pays : la pollution plastique. Rien que dans la capitale de Katmandou, près de 500 tonnes de déchets sont collectées chaque jour.

« L’idée, c’était de ne pas faire le blanc européen qui vient donner des leçons et dire de faire comme chez nous. Au contraire, on a eu un gros travail de recherche pendant un an, où nous avons rencontré des Népalais qui vivent en France, des associations, des entreprises… De fil en aiguille, on a dit à nos interlocuteurs que l’on avait envie de faire un documentaire chez eux, mais de quoi ils avaient envie qu’on parle », raconte Thomas Sandis, chef de projet de « Namaskar ».

Les cinq compères présenteront leur œuvre le mardi 3 mars au Ciné Malraux de Chambéry, puis au Club à Grenoble, le jeudi 12 mars prochain.

L’ANSES publie les résultats EAT3 sur la contamination alimentaire

L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses) vient de  publier les premiers résultats de sa troisième Étude de l’alimentation totale (EAT3). Premières conclusions : des concentrations en baisse, mais une exposition encore trop élevée : les concentrations moyennes d’acrylamide, d’argent, d’aluminium, de cadmium et de plomb dans les aliments ont globalement diminué par rapport à l’étude précédente.

L’EAT3 est une vaste étude qui vise à analyser la présence de plus de 250 substances chimiques dans notre alimentation et à évaluer l’exposition de la population française. Ce premier volet se concentre sur l’acrylamide et cinq éléments traces métalliques : l’argent, le cadmium, le plomb, l’aluminium et le mercure.

« On trouve de nombreux éléments traces métalliques, dont certains sont plus connus sous le nom de “métaux lourds”, dans notre alimentation, explique Morgane Champion, coordonnatrice de l’étude. Ils sont naturellement présents dans l’environnement, mais les activités humaines – agriculture, industries, trafic routier – en produisent également, et ils se retrouvent dans les sols, l’eau ou l’air. »

Ces premiers résultats ne constituent que le premier volet de l’EAT3. Les prochaines publications porteront sur d’autres familles de contaminants : des substances issues des matériaux au contact des aliments (bisphénols, phtalates), les résidus de pesticides, les PFAS, etc.

Des conseils sont donnés pour limiter votre exposition aux contaminants :

Variez votre alimentation ;
Limitez les aliments à faible intérêt nutritionnel qui peuvent être contaminés : chips, biscuits, viennoiseries…
Pour l’acrylamide : évitez de trop brunir les aliments lors de la cuisson, particulièrement les pommes de terre et la viande ;
Pour le poisson : respectez la recommandation de deux portions par semaine, en variant les espèces.

Source : Anses – Étude de l’alimentation totale française 3 (EAT3), Résultats – Tome 1, Acrylamide, aluminium, argent, cadmium, mercure et plomb.