Tous les articles par Jacqueline Collard

Le Cirad met en évidence les stocks de carbone des sols et la nécessité de les préserver

Une étude (1) menée par des scientifiques du Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad), parue l’an dernier en juin dans la revue Nature Communications, analyse l’impact des activités humaines sur les stocks de carbone dans les sols avec 230 méta-analyses, représentant 25 000 expérimentations.

Cette étude démontre plusieurs enseignements sur les effets de l’usage des terres, des pratiques agricoles et les effets du changement climatique sur les sols, et qu’il faille préserver les milieux dont les sols riches en carbone, en optimisant les zones agricoles pour augmenter leur potentiel de stockage et obtenir une mobilisation évitant l’artificialisation des sols.

– elle identifie des pratiques agricoles efficaces de gestion des terres pour restaurer le carbone des sols, telles que l’agroforesterie et l’utilisation d’amendements organiques.: ces pratiques limitant les pertes liées au changement d’usage des sols. La conversion d’une forêt en terre agricole entraîne une chute moyenne de 32 % du carbone organique des sols si des cultures annuelles y sont implantées.

Elle identifie des pratiques agricoles efficaces de gestion des terres pour restaurer le carbone des sols, telles que l’agroforesterie et l’utilisation d’amendements organiques.

Référence (1)

Beillouin, D., Corbeels, M., Demenois, J., Berre, J., Boyer, A., Fallot, A., Feder, F., Cardinael, R., 2023. A Global Meta-analysis of Soil Organic Carbon in the Anthropocene. Nature Communications.

Les projets européens Omnibus engagent-ils une dérégulation des réglementations?

Nous rapportons ici les informations transmises par notre partenaire Générations futures qui nous semblent de la plus haute importance.

© DR

Depuis la publication par la Commission européenne en décembre 2025 du texte de l’Omnibus X “Food and feed”, Générations Futures pointe régulièrement le flou autour des critères définissant les substances qui seraient concernées par la suppression de la procédure de réexamen périodique.

Après un courrier envoyé à la Commission européenne le 5 février dernier au sujet des substances pesticides, l’association présente aujourd’hui à la Commission une liste de substances biocides qui pourraient se retrouver approuvées sans limite de temps, parmi lesquelles figurent des cancérigènes suspectés.

Alors qu’a pris fin hier la consultation sur l’évaluation du règlement biocides, à laquelle l’association a participé, Générations Futures réaffirme que les retards pris dans l’évaluation des substances, causés par la combinaison de moyens insuffisants et dossiers déposés incomplets par l’industrie, ne doit en aucun cas être résorbé par un allègement du niveau de protection de la santé et de l’environnement. 

Bien que largement méconnus, les produits biocides sont largement utilisés, que ce soit par des professionnels ou le grand public. L’utilisation de ces produits destinées à détruire, repousser ou rendre inoffensifs les organismes jugés nuisibles couvre de très nombreux domaines d’activité (désinfection, traitement de l’eau potable, traitement des surfaces et matériaux etc.). Parmi les principaux usages grand publics, on retrouve les désinfectants, les répulsifs anti-moustiques et les insecticides ménagers.

De par leur nature même, ces produits ont un impact sur la santé humaine et l’environnement. C’est pourquoi leur utilisation est encadrée au niveau européen par le Règlement 528/2012, en vigueur depuis 2013. Ce règlement a pour objectif d’harmoniser les règles de mise sur le marché au sein de l’Union tout en assurant “un niveau élevé de protection de la santé humaine et animale et de l’environnement”, notamment en se fondant  sur le principe de précaution.

Une mise en œuvre du règlement biocide entravée par un manque chronique de moyens

13 ans après son entrée en application, ce règlement fait actuellement l’objet d’une évaluation, incluant une consultation du public qui s’achevait le 5 mars 2026 et à laquelle Générations Futures a participé.

Nous y pointons les limites des dispositions actuelles ainsi que les difficultés dans la mise en œuvre du règlement, qui conduisent au non-respect des principes de haute protection de la santé et de l’environnement.

Le principal point noir vient du retard très important pris dans le programme d’examen des substances actives au niveau européen : selon la Commission, en septembre 2025, la moitié (49%) des substances mises sur le marché n’avaient pas encore été évaluées. Les produits contenant ces substances bénéficient d’un “régime transitoire” leur permettant d’être sur le marché sans avoir fait l’objet d’une évaluation complète selon les exigences du règlement.

Autrement dit, la très grande majorité des produits biocides mis sur le marché en Europe ne disposent pas encore d’autorisation de mise sur le marché (AMM) et n’ont pas encore fait l’objet d’une évaluation de leur efficacité ou de leur sécurité vis-à-vis de la santé et de l’environnement. Selon les chiffres transmis par la France à la Commissioncela concernerait en France plus de 20 000 produits (dont une majorité de désinfectants)

Parmi ces 20 000 produits, il est à craindre que certains d’entre eux, notamment les produits à base d’insecticides, présentent des risques inacceptables pour la santé humaine ou l’environnement.

A titre d’exemple, en mai 2025, l’Anses émettait une alerte concernant des risques de troubles du comportement chez les enfants en lien avec une exposition prénatale aux pyréthrinoïdes, une famille d’insecticides comportant notamment la deltaméthrine ou la cypermethrine, encore très utilisées pour des usages biocides professionnels et grand public. D’après la base de données biocid, le catalogue répertoriant les produits biocides déclarés sur le marché français, sur 905 produits à base de cyperméthrine recensés, seuls 75 (8.3%) ont obtenu une AMM et ont donc fait l’objet d’une évaluation complète.

La principale raison à ces retards dans les évaluations est très bien identifiée par la Commission : il s’agit d’un manque systémique de ressources allouées aux autorités compétentes de chaque Etat Membre. Ainsi, la solution à mettre en œuvre pour accélérer le programme d’examen est de donner plus de moyens aux Etats membres (correspondant à quelques équivalents temps plein par pays). Il serait ainsi possible d’accélérer le programme d’examen et de mettre fin au régime transitoire.

Pour la Commission européenne, un prétexte pour proposer des autorisations illimitées dans son projet de loi Omnibus

Mais cette solution n’est pas celle envisagée par la Commission. Au contraire, celle-ci utilise les retards pris dans les évaluations comme prétexte pour proposer dans le cadre du projet Omnibus X un changement radical dans la façon dont les substances actives biocides sont évaluées : en effet, comme pour les substances pesticides, il est proposé d’accorder des autorisation à durée illimitées pour la très grande majorité des substances biocidesGénérations Futures lance donc l’alerte sur cet aspect du projet Omnibus, passé relativement inaperçu jusqu’à présent. Comme sur le volet pesticides, de nombreuses clarifications sont nécessaires.

En effet, notre analyse du texte a abouti à la conclusion que 34 substances actives biocides actuellement approuvées pour 14 types de produits (TP), correspondant à 84 couples substance actives/type de produit, bénéficieraient au titre de l’article 15a d’une levée de la limitation dans le temps de leur approbation à l’entrée en vigueur de la réforme. Parmi ces substances, on retrouve notamment des substances classées cancérigènes suspectées comme le penflufen, autorisé en TP8 et l’imiprothin en TP18.

Concernant les conditions pouvant mener au maintien d’une procédure de réexamen périodique de l’approbation, le flou est encore plus important que pour les pesticides. D’après l’article 12, qui encadre les renouvellements d’approbation, ceux-ci seront illimités sauf pour les substances candidates à la substitution et les substances pour lesquelles “une période plus courte est spécifiée”. Le critère actuellement présent dans le texte est donc une tautologie : il n’y aurait de renouvellement périodique maintenu…que pour les substances pour lesquelles on maintiendrait un renouvellement périodique, cela en fonction de “raisons dûment justifiées”. Par qui et comment ? Le texte n’en dit rien.

Ce flou est inacceptable et doit absolument être clarifié. Nous espérons que la Commission européenne s’en chargera. Dans le cas contraire, il appartient au Conseil de l’UE et au Parlement de le faire. Dans tous les cas de figure, et jusqu’à preuve du contraire, Générations Futures maintient que seule la procédure de renouvellement périodique actuellement en vigueur est à même de garantir que le niveau de protection de la santé et de l’environnement ne sera pas diminué par la réforme. 

Nous appelons à renforcer les moyens des agences sanitaires et à exiger des industriels qu’ils soient plus rigoureux dans la constitution des dossiers qu’ils soumettent, qui sont les meilleurs leviers pour résorber les retards accumulés dans les procédures en cours.

Pauline Cervan, toxicologue à Générations Futures, dit : « « Les biocides ne sont pas des produits anodins : désinfectants, répulsifs, insecticides ménagers… des millions d’Européens et d’Européennes y sont exposés quotidiennement. Accorder des approbations illimitées à des substances dont certaines sont suspectées d’être cancérigènes, sans réévaluation scientifique périodique, c’est jouer avec la santé publique. Les retards accumulés, dus à un manque chronique de moyens, ne peuvent pas servir de prétexte pour abaisser le niveau de protection. »


Andy Battentier, chargé de campagne chez Générations Futures, ajoute : « Supprimer le réexamen périodique au nom de la simplification administrative serait contraire à toute démarche scientifique sérieuse et rigoureuse et une décision qui pourrait à terme nous coûter cher. La solution est simple : l’UE doit renforcer les moyens des agences sanitaires et exiger des industriels des dossiers complets, en maintenant les exigences de protection en matière de santé publique et d’environnement. »

Les pollens accentuent la pollution de l’air

La qualité de l’air va de surcroît pâtir de l’augmentation des pollens de bouleaux et d’aulnes, qui en cette période sont en pleine floraison.

Rhinites, crises d’asthme, rhino-conjonctivites sont autant de symptômes d’allergies aux pollens concernent 25 % de la population. La présence de polluants dans l’air accentue l’irritation des muqueuses respiratoires et abaisse le seuil de réactivité allergique.

Pour mieux informer les personnes allergiques et les professionnels de santé, le pollinarium sentinelle d’Albertville permet de suivre en temps réel le début et la fin de pollinisation de nombreuses plantes allergisantes.
Les observations réalisées dans ce jardin expérimental permettent d’identifier les premiers signes d’émission de pollens dans l’environnement local. Ces informations sont ensuite diffusées sous forme de bulletins d’information.
Vous trouverez ci-dessous, au fil de la saison 2026, les bulletins issus du pollinarium sentinelle d’Albertville, produite par l’Association des Pollinariums Sentinelles de France.

De nombreux facteurs peuvent être à l´origine des symptômes allergiques. Ils peuvent être classés en 3 catégories :

  • Les facteurs environnementaux intérieurs : il s´agit de tous les allergènes potentiels respirés avec l´air intérieur des locaux : acariens, moisissures, poils de chat, poils de chien, etc…
  • Les facteurs environnementaux extérieurs : il s´agit de tous les allergènes potentiels respirés avec l´air extérieur : pollens, moisissures.
  • Les facteurs de pollution atmosphérique : il existe des relations triangulaires entre pollution, pollens et allergie. La pollution peut à la fois agir sur les pollens en modifiant leur structure biochimique extérieure et par là même leur allergénicité et sur les muqueuses respiratoires de l´homme en modifiant sa sensibilité immunologique aux grains de pollens.

Restez informés grâce à nos cartes de prévision des pollens à l’échelle de la commune pour le jour même, le lendemain et le surlendemain.

L’indice pollen

Restez informés grâce à nos cartes de prévision des pollens à l’échelle de la commune pour le jour même, le lendemain et le surlendemain.

Pour faciliter la compréhension de cette information, nous avons créé un indice qui s’appuie sur la même échelle de couleur que l’indice Atmo :
pollens indice

Consultez notre  carte interactive des pollens pour connaître la situation dans votre région. L’indice pollen, mis à jour quotidiennement, vous permet d’anticiper les risques d’allergies saisonnières et d’adopter les bons réflexes pour vous protéger

Les pollens en Auvergne Rhône Alpes :

https://pollen.atmo-auvergnerhonealpes.fr/pollen

https://www.atmo-auvergnerhonealpes.fr/actualite/pollens-observations-du-pollinarium-sentinelle-dalbertville-en-2026

Une enquête analyse les cantines scolaires sur la prise en compte de la réglementation

Depuis le vote de la loi Egalim en 2018, les communes ont  l’obligation de s’approvisionner à 20 % en bio pour la restauration collective, comme de  la nécessité avec la loi Climat et résilience de 2021 d’un repas hebdomadaire sans viande ou poisson .

Au-delà des enjeux de prix et de qualité des repas servis, la restauration collective est forcément associé aux filières agricoles, certaines municipalités en faisant un levier pour sécuriser des filières de production.

« A travers la commande publique, on peut flécher des milliards d’euros d’achats vers les agriculteurs de nos territoires. C’est prioritaire pour leur redonner de l’espoir et convaincre les nouvelles générations de s’installer », veut convaincre Gilles Pérole, adjoint au maire de Mouans-Sartoux (Alpes-Maritimes), commune pionnière du 100 % bio, et coprésident du groupe de travail « alimentation et restauration collective » de l’Association des maires de France.

« Passer une cantine en bio, ce n’est pas seulement remplacer un achat de produit par un autre, insiste Jacques Caplat agronome . C’est modifier les conditionnements, les volumes, les menus, la saisonnalité… » Cela implique de former du personnel, de changer des pratiques et d’investir dans du matériel.

A Lyon, dans sa banlieue, à Chassieu la Métropole  a démarré l’exploitation d’une ferme urbaine en agriculture biologique qui permet aux 126 restaurants scolaires de la ville , pour que les élèves mangent des repas variés et équilibrés, préparés dans la cuisine centrale de la Ville.

C’est ainsi qu’ une production de  tonnes de légumes 100% bio, produits en ville et qui sont destinés aux cantines en « régie exemplaire », ainsi que pour  les collèges du Grand Lyon,  . »Leur premier objectif c’est de créer de l’agriculture urbaine et ainsi d’être un espace démonstrateur de nouvelles pratiques agricoles ».

Permettre l’accès à tous les habitants à une alimentation de qualité est une des priorités de la stratégie alimentaire de la Métropole de Lyon.

On remarque  qu’à l’échelle nationale, les communes jouent toutefois davantage le jeu des obligations d’EGalim que d’autres administrations et collectivités, notamment dans les établissements médico-sociaux.

l’enquête nationale sur les cantines des principales préfectures :

https://www.agirpourlenvironnement.org/publications/palmares-des-cantines-bio/

Derrière les guerres n’oublions pas les conséquences environnementales et sanitaires

En dehors de l’aspect gravissime de ce nouveau théâtre de guerre, celui ci est un gigantesque émetteur de carbone. Les avions militaires sont de grands consommateurs de kérosène, . La guerre en Ukraine a déjà émis l’équivalent de 311 millions de tonnes de CO2. De façon plus globale, les armées du monde sont responsables de 5,5% des émissions annuelles de gaz à effet de serre, un chiffre qui place le complexe militaro-industriel juste derrière les plus grands pays pollueurs de la planète.

Les incendies pétroliers que connait actuellement le Moyen -Orient libèrent en effet un mélange complexe de polluants : les polluants générés par ces incendies comprennent le monoxyde de carbone, le dioxyde de soufre, les oxydes d’azote, les composés organiques volatils, les particules fines, comme la suie, ainsi que des métaux tels que le vanadium. Certains sites stockaient du mazout, un combustible riche en soufre et particulièrement polluant.Ces substances peuvent provoquer une pollution durable de l’air et contaminer l’environnement.

Le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé a également mis en garde contre les risques sanitaires liés à ces destructions. Ces substances peuvent provoquer une pollution durable de l’air et contaminer l’environnement. Le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé a également mis en garde contre les risques sanitaires liés à ces destructions.« Les dommages aux installations pétrolières en Iran risquent de contaminer la nourriture, l’eau et l’air – des dangers pouvant avoir de graves impacts sur la santé, notamment pour les enfants, les personnes âgées et les personnes souffrant de maladies préexistantes », a déclaré Tedros Adhanom Ghebreyesus. Parmi les nombreuses préoccupations sanitaires, des habitants se plaignent de sensations de brûlures sur la peau… Une partie de ces polluants se déposent ensuite dans les sols et peuvent contaminer les cours d’eau, alors que ces pays connaissent déjà de graves problèmes en matière de sécurité et de disponibilité de la ressource en eau.

Ces incendies nombreux produisent aussi d’importantes quantités de particules fines. Comme le rappelle l’ONG Global Witness, la combustion du pétrole libère notamment du carbone noir et des hydrocarbures aromatiques polycycliques, deux types de polluants capables de pénétrer profondément dans les poumons et d’augmenter les risques de maladies respiratoires et cardiovasculaires.

Au-delà de l’escalade militaire et de la flambée des prix de l’énergie, ces attaques rappellent une dimension souvent ignorée des conflits modernes : leurs dégâts environnementaux. L’observatoire des conflits et de l’environnement a recensé plus de 300 menaces pour les populations et les écosystèmes.