Un nouveau rapport de l’ONU décrit ce basculement et affirme que la planète est entrée dans une « ère de faillite hydrique mondiale ». et pourtant depuis des décennies, scientifiques et responsables politiques alertent sur une « crise mondiale de l’eau »
Alors que simultanément le PNUE lui mettait l’accent qu’en2023, 7 300 milliards de dollars avaient été investis dans des activités néfastes pour la nature.dont les secteurs «bénéficiaires» de ces subventions brunes : les combustibles fossiles, l’agriculture, les transports et la construction. «La même année, seuls 220 milliards de dollars ont été consacrés aux solutions fondées sur la nature, et la grande majorité provenait des dépenses publiques». Pour la directrice du programme onusien, Inger Andersen, « nous pouvons soit investir dans la destruction de la nature, soit favoriser sa restauration ; il n’y a pas de juste milieu ».
Pour chaque dollar investi dans la protection de la nature, 30 dollars sont dépensés pour sa destruction : tel est le constat principal du rapport « État du financement de la nature 2026 » du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), qui préconise un changement de politique majeur afin de développer des solutions qui préservent le monde naturel tout en soutenant l’économie.
C’est ainsi que s’adresse Kaveh Madani, le directeur de l’Institut universitaire des Nations Unies pour l’eau, l’environnement et la santé, l’agence à l’origine de l’étude. « Nous devons reconnaître honnêtement l’échec d’aujourd’hui pour rendre possible le demain ».
À l’image d’un bilan comptable, l’humanité a non seulement consommé son « revenu hydrologique », mais aussi entamé ses « économies ». Plus de la moitié des grands lacs mondiaux ont décliné depuis les années 1990, 70 % des grands aquifères affichent une baisse de long terme, et 410 millions d’hectares de zones humides ont disparu depuis 1970, pour une perte annuelle estimée à 5 100 milliards de dollars de services écosystémiques.
Près de trois quarts de l’humanité vivent dans des pays qualifié de « précaire » d’un point de vue hydrique, plus de 4 milliards de personnes subissent une pénurie sévère au moins un mois par an, et la moitié de la production alimentaire mondiale provient de régions où le stockage total de l’eau décline ou devient instable.
Le rapport forge un nouveau concept : la faillite hydrique. Il désigne un état post-crise durable, où l’usage et la pollution de l’eau ont dépassé les apports renouvelables et où le capital naturel (nappes, zones humides, sols, rivières, glaciers) est altéré de façon irréversible ou à un coût prohibitif. Les coûts de la surexploitation pèsent principalement sur les petits agriculteurs, les peuples autochtones et les populations urbaines pauvres.
Parmi les solutions :
- la végétalisation des zones urbaines pour lutter contre les îlots de chaleur et améliorer la qualité de vie des citoyens ;
- l’intégration de la nature dans les infrastructures routières et énergétiques ;
la production de matériaux de construction à émissions négatives
https://news.un.org/fr/story/2026/01/1158256
https://www.vie-publique.fr/en-bref/301797-ressources-en-eau-le-monde-en-etat-de-faillite-hydrique-selon-lonu