Tous les articles par Jacqueline Collard

Le projet Nodssum permet de positionner les zones d’immersion en Atlantique, de déchets radioactifs

Le projet NODSSUM, porté par des scientifiques françaises, visait à cartographier la zone d’immersion principale, comprendre le comportement des radionucléides dans l’océan profond et les interactions avec l’écosystème. En effet, plus de 200 000 fûts de déchets radioactifs ont été immergés entre les années 1950 et 1990, dans les plaines abyssales de l’Atlantique Nord-Est, à des profondeurs comprises entre 3 000 et 5 000 mètres.

Le projet NODSSUM prévoyait deux campagnes océanographiques, la première d’une durée d’un mois a débuté en juin 2025 et à cette occasion, le robot autonome UlyX de Flotte Océanographique Française a réalisé ses premières plongées scientifiques. Ce robot permettra de cartographier les fûts, de les photographier et d’identifier des zones de réalisation d’échantillonnage d’eau, sédiments et faune. La 2ème  a été menée du 27 mai au 28 juin 2026 par le Centre national de la recherche scientifique (CNRS) dans le cadre de ce projet, en collaboration avec plusieurs partenaires dont l’IFREMER et l’ASNR , dans les abysses de l’Atlantique, avec la mise en œuvre de UlyX, le nouveau robot autonome ou AUV, de la Flotte Océanographique Française (jusqu’à 6000 m de profondeur).

Cette campagne en deux temps est pilotée par deux chercheurs du Laboratoire de physique de Clermont Auvergne (CNRS/Université Clermont Auvergne) et du Laboratoire de géologie de l’ENS (ENS-PSL/CNRS). Plusieurs laboratoires participeront à terre à l’analyse et à l’interprétation d’échantillons et données comme le Laboratoire de géologie de l’université de Lyon et l’Université de Gérone (Espagne). Les moyens techniques (navire, robots, personnel du bord, etc) sont mis en œuvre et financés par la Flotte océanographique française.

La mission interdisciplinaire NODSSUM fait partie intégrante du projet PRIME RADIOCEAN, porté par le CNRS et en lien avec le projet NODSSUM déposé auprès de la Flotte océanographique française. La page web dédiée à la mission.

Le projet Nodssum : https://miti.cnrs.fr/radiocean

https://www.cnrs.fr/fr/presse/dechets-radioactifs-une-mission-scientifique-part-cartographier-les-futs-immerges-de

 

Les alertes sanitaires sont-elles à la hauteur de la santé environnementale ?

Des intérêts sectoriels et économiques puissants, soutenus par certains groupes politiques à l’Assemblée nationale comme au Sénat sont défendus, au nom de la souveraineté nationale, soit agricole ou industrielle, mais oubliant trop souvent  la santé publique.

Une interview de chercheurs dans une tribune du Monde nous donne leur vision de la situation.

Le biologiste Marc Billaud, et chercheur (CNRS) au Centre de recherche en cancérologie de Lyon et fondateur du département de sciences humaines du Centre Léon-Bérard, nous donne sa vision de scientifique : « le rôle des expositions environnementales a longtemps occupé une place secondaire dans la pensée médicale, et la santé environnementale demeure relativement marginale dans la formation des médecins ». et renchérit: « Admettre que l’air que nous respirons, l’eau que nous buvons ou les aliments que nous consommons peuvent affecter notre santé revient à reconnaître une forme de vulnérabilité face à des expositions largement subies, invisibles, et souvent difficiles à éviter individuellement. Il est sans doute plus rassurant de les minimiser que d’en accepter les implications, d’autant qu’entre 100 000 et 150 000 de ces molécules ont jusqu’à présent été mises sur le marché (d’aucuns avancent même le chiffre de 350 000) et nous ne disposons de données toxicologiques solides que pour une minorité d’entre elles ».

Quant à Jean-David Zeitoun,médecin spécialiste en hépato-gastro-entérologie et épidémiologiste :   » Je dirais que la société est partagée. S’il existe une dynamique, ce n’est pas celle du déni, au contraire. Il y a une prise de conscience que nous produisons trop de risques qui gâchent nos efforts. Le vocabulaire de l’opinion s’est élargi. « Il faut déconstruire trois erreurs que commettent les décideurs. La première est qu’ils pensent qu’il est compliqué de moins polluer ou de mieux nourrir. La deuxième, ils pensent que cela est plus cher, alors que c’est souvent l’inverse. La santé publique cumule deux avantages qui n’existent normalement jamais dans la grammaire de l’investissement : il n’existe aucun risque à la favoriser et elle rapporte toujours beaucoup d’argent et enfin la dernière : « est que ce serait impopulaire, ce qui est également faux. Les enquêtes d’opinion montrent à la fois que la santé est une préoccupation prioritaire et que l’environnement, que l’on mélange parfois avec le climat, est perçu comme un sujet important ».

Effectivement nous pouvons constater que des alertes toujours plus nombreuses se succèdent ( pesticides, polluants de l’air,  de l’eau plastiques, cadmium, PFAS, etc…) en trouvant un écho grandissant au sein de la population, à mesure que se confirme l’augmentation de l’incidence de maladies liées à des contaminants environnementaux, cancers précoces, troubles de la fertilité, de l’immunité, du métabolisme ou du neuro-comportement, maladies neurologiques, etc. Ces catastrophes lentes à identifier,  entraînent des réponses mineures, voire parfois même une absence de réponse, alors que les chocs, eux, sont mieux traités.

Le comité de bassin Rhône Méditerranée Corse plaide pour préserver l’eau

Le comité de bassin Rhône Méditerranée appelle à amplifier les actions pour préserver l’eau

Le climat change et ses impacts sur les ressources en eau et les milieux aquatiques vont s’intensifier et s’accélérer dans les prochaines décennies. Les crises climatiques vécues ces dernières années alertent sur l’intensité des phénomènes auxquels les décideurs, les élus et l’ensemble des usagers de l’eau doivent se préparer. Elles mettent en exergue les vulnérabilités des usages, des territoires et des écosystèmes.

L’adaptation des territoires et des usages de l’eau est urgente. Il faut agir plus vite et plus fort, notamment sur les secteurs les plus vulnérables à ces évolutions.

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(article de la Gazette des Communes)
Réunis à Lyon à l’occasion du bilan à deux ans du plan de bassin d’adaptation au changement climatique, les acteurs de la gestion de l’eau plaident pour une accélération des mesures permettant de mieux gérer la ressource. 
Sur 1200 km² répartis entre cinq régions, le comité de bassin Rhône Méditerranée veille sur la ressource en eau sur près de 20% du territoire national et pourtant le constat est le même partout : les pluies se raréfient, leur intensité est totalement erratique et l’eau devient une denrée véritablement rare.
Le président du comité de bassin Rhône Méditerranée en appelle donc d’abord à la sobriété. « Il faudra économiser l’eau de plus en plus et personne pourra ne pas prendre sa part », tonne Martial Saddier. Premiers à se doter d’un plan pour l’adaptation au changement climatique dès 2014, les acteurs de la préservation de l’eau de ce quart sud est du pays ont déjà des arguments pour porter la bonne parole et les bonnes actions.

La nature fait mieux que les chantiers gigantesques

Des constats émergent des retours d’expérience d’une partie des 80 projets de territoire conduits dans le cadre du deuxième plan d’adaptation au changement climatique défini en 2023. « Les actions de fond portent leurs fruits », résume Martial Saddier, citant notamment la renaturation des zones humides et des lagunes, l’élargissement du lit des rivières et la désimperméabilisation des sols, surtout en milieu urbain.
« Les solutions fondées sur la nature apportent de nombreux bénéfices et en plus, elles sont souples, résilientes et moins couteuses que celles qui demandent des travaux en génie civil », analyse Hélène Michaux, directrice de la programmation des interventions à l’Agence de l’eau Rhône Méditerrannée Corse. De plus, ces actions fondées sur la nature font preuve d’une capacité à garder l’eau dans les milieux, tant en quantité qu’en qualité et à constituer de véritables remparts contre les inondations.
Un autre enseignement des mesures déployées depuis deux ans porte sur l’importance de penser chaque solution au regard des spécificités des territoires pour augmenter l’efficience des mesures à la fois sur le plan de l’optimisation de la gestion de la ressource, mais aussi de la gouvernance des solutions mises en œuvre.

Cap sur la désimperméabilisation

En déployant ces premières actions et en sensibilisant tous les consommateurs à une gestion plus responsable de la ressource, les résultats arrivent. L’année dernière, les prélèvements d’eau ont diminué de 4,5% sur l’ensemble du territoire du bassin Rhône Méditerrannée par rapport à la moyenne des quantités prélevées entre 2018 et 2020.
« Cela vaut pour l’eau potable, mais aussi celle utilisée par les agriculteurs et l’industrie », relève Hélène Michaux. Le retour de la biodiversité est également au rendez-vous dans toutes les opérations de restauration des milieux humides et les risques d’inondation semblent mieux contenus.
« En revanche, la réponse à l’assèchement des sols reste un enjeu critique, aussi bien en zones urbaines qu’en milieu agricole », pointe Martial Saddier. La désimperméabilisation des sols est ainsi identifiée par le comité de bassin Rhône Médierranée comme l’un des défis majeurs à relever au plus vite pour lutter contre les sécheresses et amener de la fraicheur.
Avec un message envoyé aux nouveaux élus communaux et intercommunaux : « nous mobilisons au moment où les nouvelles équipes des collectivités se mettent en place », dit le président du comité de bassin. Parkings, cours d’école et autres friches industrielles bétonnés constituent donc des espaces à verdir au plus vite pour gagner la bataille de l’eau.

Des bouteilles d’eaux minérales Volvic déclarées « 100% recyclées

L’association de défense des consommateurs CLCV a obtenu une décision au Tribunal de Paris contre la Société des eaux de Volvic, filiale du Groupe Danone, pour recours à des « pratiques commerciales trompeuses »

Les mentions « neutre en carbone », « 100 % recyclée » ou encore « 100 % recyclable » qui ont été apposées sur les bouteilles d’eau Volvic relèvent du greenwashing et sont « constitutives de pratiques commerciales trompeuses », a statué le tribunal judiciaire de Paris, dans un jugement rendu le 23 juin que Le Monde a pu consulter. Un jugement « historique », selon François Carlier, délégué général de l’association de défense des consommateurs CLCV : « Il statue pour la première fois sur les termes “neutre en carbone” et “100 % recyclable” au sujet d’un bien de grande consommation. Ce jugement fixe un standard qui protège utilement le consommateur. »

Au sujet des mentions « 100 % recyclé » et « 100 % recyclée », le tribunal fait remarquer que leur emploi est « impropre », dans la mesure où les bouteilles sont seulement « en partie » et « pas entièrement » fabriquées avec des matériaux recyclés. Le bouchon et l’étiquette ne sont ainsi pas fabriqués à partir de matière « 100 % recyclée ».

Dés novembre 2023, la  CCLV et 12 associations membres du Bureau européen des unions de consommateurs ont signalé à la Commission européenne et au réseau des autorités de protection des consommateurs des allégations commerciales trompeuses sur la recyclabilité des bouteilles d’eau de grandes marques comme Danone, Coca-Cola et Nestlé Waters.

La Méditerranée subit aussi une chaleur extrême comme les océans

La partie nord-ouest de la Méditerranée est touchée par une vague de chaleur qui a atteint un pic d’intensité jusque là in atteint  pour la zone, avec une moyenne de 5,2 °C de différence avec les valeurs normales, dites climatologiques, selon les données de l’institut des sciences de la mer (ICM).La zone étudiée va de du nord des îles Baléares vers le nord et est  à l’est par la Corse et la Sardaigne.

« Si l’on fait la moyenne de l’intensité (…), on obtient 5,2 °C, et si l’on fait ce même calcul pour les autres années, on voit que c’est un record » a déclaré Justino Martinez, chercheur à l’ICM et à l’institut catalan Icatmar, soulignant que ce record était dû en grande partie à la canicule que vient de traverser l’Europe.

Ces pics de températures  ont dépassé, pour  la Méditerranée, ceux qui avaient été enregistrés après la dramatique canicule qui avait frappé l’Europe en 2003,et nous en sommes à la 2ème canicules de l’année et l’été ne fait que commencer.

Et l’on constate des phénomènes aussi importants sur l’océan en général qui est lui aussi en surchauffe. Les températures mondiales de surface de la mer ont battu de nouveaux records le 21 juin dernier, alertent le Service Copernicus pour le changement climatique (C3S) et le Service Copernicus pour l’océan (CMEMS). Si les mesures relevées diffèrent légèrement, elles s’accordent sur un constat : jamais l’océan n’a été aussi chaud pour un mois de juin.

« Les données quotidiennes du C3S sur les TSM (températures mondiales de surface de la mer, ndlr) ont dépassé le record de 2024 le 21 juin, atteignant 20,86°C, soit  au dessus des  20, 83 ° enregistrées les 2 dernières années. Les données quotidiennes du Service Copernicus pour l’océan indiquent également des températures record le 21 juin, atteignant 21°C et dépassant ainsi de 0,1°C les précédents records de 2023 et 2024« , détaillent les deux organismes dans un communiqué.

Ces records étaient pourtant attendus, pointe Copernicus,avec les conditions du El Nino,   dans le Pacifique équatorial.