Tous les articles par Jacqueline Collard

La journée mondiale contre le cancer coïncide avec une étude du Lancet peu glorieuse

À l’occasion de la Journée mondiale contre le cancer (4 février), les députés européens ont  débattu lundi et votent jeudi sur leurs recommandations pour renforcer l’action de l’UE contre le cancer.  La campagne triennale « Unis par l’unique » (2025-2027) vise à sensibiliser à l’importance de soins centrés sur la personne.

Une dernière étude du Lancet vient mettre en évidence les mauvais résultats français soulignant les raisons invoquées: Les consommations d’alcool et de tabac, doublées de la pollution atmosphérique aux particules fines, sans oublier ce que l’on appelle scientifiquement l’exposome – c’est-à-dire l’ensemble des polluants présents dans l’air, l’eau et notre alimentation – pourrait avoir des effets cumulés considérables… Nous baignons dans les PFAS, les PCB, la dioxine, les métaux lourds et surtout les pesticides agricoles, dont nous sommes un des premiers consommateurs mondiaux ! Ces pesticides dont l’utilisation augmente en vain malgré les milliards d’euros d’argent public dépensés dans les plans Ecophyto successifs !

Jusqu’où allons nous accepter que la priorité soit donnée,  au détriment de la santé publique,  aux profits à court terme de l’industrie chimique et des lobbies qui intoxiquent les populations et prioritairement les agriculteurs et les riverains.

https://www.europarl.europa.eu/news/fr/agenda/plenary-news/2026-02-09/11/journee-mondiale-de-lutte-contre-le-cancer

https://www.thelancet.com/journals/lanonc/article/PIIS1470-2045(23)00333-9/abstract

L’éducation au vivant pour préparer demain avec le WWF avec l’école du dehors

Pour mieux répondre à l’urgence écologique, le WWF France s’est lancé dans une vaste révision de son cadre d’analyse et d’action : pour  préparer les citoyens de demain, une étude publiée le 11 décembre par WWF France et le laboratoire Eval-Lab suggère que l’un des leviers les plus efficaces — et les moins coûteux — est l’éducation au vivant, pratiquée dehors et au contact de la nature.

Promouvoir la classe dehors ; L’étude a été menée sur 89 écoles primaires de France, réparties par tirage au sort entre celles qui appliqueront le programme (45) et les établissements témoins (44). 184 enseignants et plus de 3 500 élèves ont été suivis pendant un an, afin de mesurer la connexion à la nature, sensibilité écologique, pratiques environnementales, bien-être et climat scolaire.

Sensibiliser les enfants à la valeur du monde sauvage dès leur plus jeune âge pour leur donner envie, une fois adultes, de prendre soin de l’environnement. Telle est leur philosophie. C’est pourquoi, fort de son expertise, le WWF se propose de replacer la nature au cœur de l’imaginaire des enfants et d’accompagner tous les professionnels de l’éducation désireux de transmettre la connaissance du vivant et de développer la sensibilité de leurs jeunes publics vis-à-vis de la nature.

Leur constat: les enfants d’aujourd’hui passent trois fois moins de temps à jouer dehors que leurs propres parents. On parle désormais de syndrome de manque de nature pour désigner l’ensemble des effets induits par la déconnexion de l’être humain avec le monde sauvage sur sa santé et son développement…

« Le potager est un support pédagogique qui permet de développer la sensibilité environnementale des enfants, dit Marjolaine Girard, responsable du programme Éducation à la nature et à l’environnement au WWF France. Les enseignants s’en saisissent dans le cadre des enseignements qui sont prévus au programme. Ils vont faire des maths, du français, de l’activité physique au potager. Ça ne demande pas de créer une case en plus dans l’emploi du temps, on enseigne différemment ».« Contrairement à de nombreux pays européens (Royaume-Uni, Allemagne, Danemark, Suisse), la France accuse un retard important dans l’intégration du contact avec la nature dans l’éducation de ses enfants»

Pour les députés, l’éducation au-dehors permettrait de lutter contre la sédentarité, l’obésité, la surexposition aux écrans et le syndrome de déficit de nature qui affecte de nombreux petits Français.

Proposition de loi visant à reconnaître l’éducation au dehors et en contact avec la nature et à réaffirmer la place de la transition écologique à l’école, n° 1631, déposée le mardi 24 juin 2025.

https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/textes/l17b1631_proposition-loi#

 

Un rapport de portée nationale nous est proposé, intitulé “Panorama de l’organisation des services d’eau potable et d’assainissement et de leurs performances”

Ce dernier rapport (Edition juin 2025) présente les résultats des indicateurs sur la tarification, la gestion financière, la qualité de l’eau potable, la gestion patrimoniale des services publics d’eau potable et d’assainissement de l’année 2023.

Il a été établi à partir des données renseignées par les collectivités dans la base Sispea (Système d’information des services publics d’eau et d’assainissement) au mois de Janvier 2025 par :

  •  7241 services d’eau potable (71 % des services du référentiel, 91% de la population desservie)
  •  7464 services d’assainissement collectif (64 % des services du référentiel, 88% de la population desservie)
  •  1418 services d’assainissement non collectif ont renseigné leurs données (60 % des services du référentiel, 85 % de la population couverte)

https://www.eaufrance.fr/publications/bsh/2026-02

Un livre recommandé : « Gérer l’inévitable : repères face à la dérive climatique »

Cet ouvrage insiste sur comment le dérèglement climatique impacte déjà aujourd’hui notre quotidien, partout dans le monde, avec des pays à l’arrêt, des écoles fermées, des premiers réfugiés climatiques. Malgré ce constat, ils alertent sur  le déni qui persiste.

Or, une étude d’I4CE montre que les efforts d’adaptation à l’heure actuelle sont très largement orientés vers le maintien des modèles existants plutôt que vers leur transformation profonde. « L’adaptation, ce sera surtout une question d’arbitrage, une question politique,… Ce qu’on dit, c’est qu’il faut regarder le réel en face. L’une des priorités sera de regarder les foyers de tension qui sont naissants sur un territoire : le trop plein d’eau par rapport aux fortes pluies, les sécheresses, les incendies, etc… et comprendre ce qui frotte. Ensuite, il faut créer les espaces de dialogue pour faire se parler les différents acteurs. …………. On appelle à prendre en compte les sciences sociales. Par exemple, quand une alerte est lancée, il faut aussi chercher à vérifier si celle-ci va être bien suivie par les populations…Il y a un rapport de la Cour des comptes qui dit noir sur blanc que le système d’alerte est une innovation technique, mais qu’il doit devenir une innovation sociale. Il va falloir qu’on innove socialement pour comprendre comment on s’adresse aux différentes personnes……………C’est effectivement un sujet qui doit d’abord être vu comme un enjeu de sécurité. C’est une question de protection civile et de sécurité nationale, qui dépasse largement le seul ministère de l’Ecologie et doit faire partie des priorités d’autres ministères : Intérieur, Défense, Transports, Santé… L’adaptation fait peur, mais elle peut aussi être source de beaucoup d’opportunités, en renforçant les liens sociaux, les liens de solidarité et en reconnectant les entreprises aux territoires et aux citoyens. « 

« Gérer l’inévitable : repères face à la dérive climatique », Antoine Poincaré, Clément Jeanneau, Editions de l’Aube, Terre à terres, janvier 2026

Le dernier rapport de l’ONU : La planète en faillite hydrique

Un nouveau rapport de l’ONU décrit ce basculement et affirme que la planète est entrée dans une « ère de faillite hydrique mondiale ». et pourtant depuis des décennies, scientifiques et responsables politiques alertent sur une « crise mondiale de l’eau »

Alors que simultanément le PNUE lui mettait l’accent qu’en2023, 7 300 milliards de dollars avaient  été investis dans des activités néfastes pour la nature.dont  les secteurs «bénéficiaires» de ces subventions brunes : les combustibles fossiles, l’agriculture, les transports et la construction. «La même année, seuls 220 milliards de dollars ont été consacrés aux solutions fondées sur la nature, et la grande majorité provenait des dépenses publiques». Pour la directrice du programme onusien, Inger Andersen, « nous pouvons soit investir dans la destruction de la nature, soit favoriser sa restauration ; il n’y a pas de juste milieu ».

Pour chaque dollar investi dans la protection de la nature, 30 dollars sont dépensés pour sa destruction : tel est le constat principal du rapport « État du financement de la nature 2026 » du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), qui préconise un changement de politique majeur afin de développer des solutions qui préservent le monde naturel tout en soutenant l’économie.

C’est ainsi que s’adresse Kaveh Madani, le directeur de l’Institut universitaire des Nations Unies pour l’eau, l’environnement et la santé, l’agence à l’origine de l’étude. « Nous devons reconnaître honnêtement l’échec d’aujourd’hui pour rendre possible le demain ».

À l’image d’un bilan comptable, l’humanité a non seulement consommé son « revenu hydrologique », mais aussi entamé ses « économies ». Plus de la moitié des grands lacs mondiaux ont décliné depuis les années 1990, 70 % des grands aquifères affichent une baisse de long terme, et 410 millions d’hectares de zones humides ont disparu depuis 1970, pour une perte annuelle estimée à 5 100 milliards de dollars de services écosystémiques.

Près de trois quarts de l’humanité vivent dans des pays qualifié de « précaire » d’un point de vue hydrique, plus de 4 milliards de personnes subissent une pénurie sévère au moins un mois par an, et la moitié de la production alimentaire mondiale provient de régions où le stockage total de l’eau décline ou devient instable.

Le rapport forge un nouveau concept : la faillite hydrique. Il désigne un état post-crise durable, où l’usage et la pollution de l’eau ont dépassé les apports renouvelables et où le capital naturel (nappes, zones humides, sols, rivières, glaciers) est altéré de façon irréversible ou à un coût prohibitif. Les coûts de la surexploitation pèsent principalement sur les petits agriculteurs, les peuples autochtones et les populations urbaines pauvres.

Parmi les solutions :

  • la végétalisation des zones urbaines pour lutter contre les îlots de chaleur et améliorer la qualité de vie des citoyens ;
  • l’intégration de la nature dans les infrastructures routières et énergétiques ;
    la production de matériaux de construction à émissions négatives

https://news.un.org/fr/story/2026/01/1158256

https://www.vie-publique.fr/en-bref/301797-ressources-en-eau-le-monde-en-etat-de-faillite-hydrique-selon-lonu