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Le cancer de la prostate inscrit au tableau du régime général et professionnel

Le tableau n°102, pour le régime général, « Cancer de la prostate provoqué par les pesticides », vient d’être publié au Journal Officiel ce mercredi 20 avril 2022.
La création dans ce tableau des maladies professionnelles concernant le cancer de la prostate est une avancée importante pour les travailleurs exposés aux pesticides au sein du régime général. Ce tableau n’aurait pu aboutir sans le travail important et nécessaire des membres de la CS4 (commission chargée de donner un avis sur les tableaux de maladie professionnelle pour le régime général) que nous remercions.

Il s’agit également du premier tableau « tous pesticides » reconnu au sein du régime agricole et du régime général. Cela montre également que les victimes des pesticides ne sont pas cantonnées uniquement aux exploitants et salariés agricoles, de nombreux professionnels sont exposés aux pesticides.

Si une personne ne remplit pas l’ensemble des conditions, une reconnaissance est tout de même possible.
C’est pour cela qu’il est important que votre dossier soit étudié en amont par l’association Phyto-Victimes, qui vient en aide et accompagne les professionnels exposés aux pesticides dans leurs démarches de reconnaissance en maladie professionnelle.
Nous invitons les travailleurs concernés à se manifester auprès de Phyto-Victimes par mail ou téléphone : servicevictimes@phyto-victimes.fr / 06.74.78.88.27


Une nouvelle stratégie pour les pôles et c’est plus qu’urgent !

Une feuille de route polaire axée sur le renouveau de la recherche scientifique a été rendue publique mardi . Elle est présentée alors que ces régions du monde, frappées de plein fouet par le changement climatique, font l’objet de convoitises. Reconnue dans le monde pour sa contribution à la recherche polaire, la France connaît « un décrochage dramatique depuis une vingtaine d’années », résume l’ambassadeur chargé des pôles et des enjeux maritimes, Olivier Poivre d’Arvor, qui a supervisé la Stratégie polaire de la France à horizon 2030, rendue publique en ce début avril .

Les pôles se dérèglent toujours plus rapidement sous l’effet du changement climatique causé par les activités humaines. Au nord, l’Arctique est propulsé dans un état radicalement différent de celui dans lequel il se trouvait il y a seulement quelques décennies, avec la neige et la glace qui laissent place à une végétation plus luxuriante et des vagues de chaleur plus fréquentes. Au sud, l’Antarctique risque de voir une partie de l’un de ses principaux glaciers se désintégrer d’ici cinq ans, accélérant la débâcle des glaces.

« Une station de recherche comme Concordia, qui se trouve en milieu hostile en Antarctique, meurt si on l’arrête, on ne peut pas la redémarrer, a relaté le scientifique, réjoui d’« obtenir enfin des moyens pour sa rénovation ».

Or pour la première fois depuis le début des relevés, en 1978, l’étendue de la glace qui flotte autour du continent blanc de l’Antarctique s’est réduite, alors qu’il semblait jusqu’à présent mieux résister au changement climatique que l’Arctique . Des températures jusqu’à 40 °C supérieures aux normales de saison ont été enregistrées en Mars dernier en Antarctique ,les températures oscillant d’habitude entre – 50 °C et – 55 °C à cette période de l’année. Elles ont atteint – 11,5 °C sur la base scientifique franco-italienne Concordia : ce qui est totalement inédit!

La recherche polaire doit en parallèle être rééquilibrée en direction du Grand Nord avec notamment la création d’un bureau logistique à Nuuk au Groenland, qui connaît des épisodes de fonte extrême à répétition ces derniers temps. Ainsi que le constate M. Poivre d’Arvor : « Le Groenland est devenu le balcon du désastre, nous allons y développer une nouvelle station et des programmes de recherche, y compris en sciences humaines avec les populations locales. »

« C’est la première fois qu’un pays présente une vision stratégique globale visant les deux pôles et qui s’accompagne d’engagements financiers programmés jusqu’en 2030 », soutient le diplomate Olivier Poivre d’Arvor. Celle-ci pourrait atteindre « 300 à 800 millions d’euros dans les huit prochaines années »

Une étude Solagro sur nos habitudes de consommation

Une nouvelle étude de SOLAGRO *présenté par  Philippe Pointereau

La face cachée de nos consommations :

Quelles surfaces agricoles et forestières importées ?

La France est exportatrice nette de 2,7 millions d’hectares. Néanmoins, ce solde positif cache de nombreux flux d’imports et d’exports. En effet, la France reste très dépendante de l’étranger.

Les produits que nous importons (soja, cacao, café, viandes, huile de palme, coton, fruits et légumes, bois…) nécessitent une surface de 14 millions d’hectares hors de nos frontières soit 25% de la surface de la France. Pour la plupart, ces productions génèrent de fortes pressions environnementales : déforestation, asséchement des nappes, usage massif de pesticides…

Pour éclairer la question sous un angle inédit, une étude menée par Solagro vient de paraître. Elle permet de dévoiler la partie immergée de l’iceberg, en donnant à voir « la face cachée de nos consommations ». Cette étude s’intéresse aux surfaces agricoles et forestières dont nous avons besoin, à l’autre bout de la planète, pour produire nos biens de consommation courante, alimentaires et non-alimentaires et elle présente les impacts induits de l’exploitation de ces surfaces.

Cette brochure illustrée décrit 7 des principaux produits d’importation et leurs conséquences.Elle présente les raisons pour lesquelles notre système n’est plus durable mais également, pour passer à l’action, décrit les leviers du scénario Afterres2050 qui peuvent être mobilisés pour réduire notre empreinte importée : sobriété, efficacité, relocalisation, substitution, équité.

En savoir plus : www.solagro.org

Afterres2050 – Scénario prospectif 

Une étude indique la pollution des lacs de haute montagne, par des molécules chimiques

Si l’océan tend à devenir une soupe de plastique, c’est surtout parce qu’il reçoit les déchets transportés par les rivières et les fleuves. Les eaux douces sont en effet très concernées par la pollution aux matières plastiques, que l’on retrouve aujourd’hui jusque dans les lacs de montagne., mais cette nouvelle étude montre d’autres molécules que l’on ne pouvait imaginer non plus sont fort présentes. Nichés en hauteur, les lacs de montagne semblent imperturbables. Ils sont pourtant loin d’être des sanctuaires épargnés par les effets délétères de l’activité humaine.

Des chercheurs de l’Université de Toulouse et du CNRS ont mis au jour une pollution de lacs pyrénéens, notamment en Béarn. Ils pointent des produits antiparasites pour animaux ainsi que des insecticides utilisés pour l’homme. La dégradation des écosystèmes favorise le développement des maladies chez les amphibiens, mais aussi la disparition d’espèces de plus en plus fréquentes.

Dans le cadre d’une étude publiée en mars, Dirk Schmeller et Adeline Loyau** ont recherché plus de 460 molécules. Ils ont pu confirmer la présence de 141 d’entre elles. « Cela a été un peu un choc pour nous, se souvient Adeline Loyau, contactée hier par « Sud Ouest ». Nous nous attendions à trouver des choses. Mais pas une telle quantité de molécules différentes dans des milieux qui sont censés être un peu reculés et préservés ».

« Nous pensons que la plupart des molécules sont transportées de plus basse altitude par les vents puis arrivent dans les lacs avec les pluies. Mais certaines quantités nous font penser qu’il y a également une pollution directe », développe Dirk Schmeller.

Ils soulignent notamment le rôle délétère de deux molécules : la diazinon et la perméthrine. Elles peuvent être présentes dans des antiparasitaires pour chiens ou le bétail. La perméthrine peut se trouver dans des répulsifs utilisés par l’humain. Ces produits se pulvérisent sur les vêtements, par exemple avant une balade en nature et par conséquent se disséminer dans l’air même en montagne.

**Dirk Schmeller et Adeline Loyau œuvrent au sein du Laboratoire écologie fonctionnelle et environnement de Toulouse.

https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0048969722015492?dgcid=author

Les coûts économiques de la destruction de la nature enfin évalués

La destruction de la nature coûte une fortune, au point de menacer la stabilité économique. Les impacts du changement climatique sont de plus en plus intégrés dans l’évaluation des risques économiques, mais c’est beaucoup moins le cas pour des menaces similaires issues de la destruction de la nature, selon ce rapport élaboré par des chercheurs et le réseau de banques centrales NGFS.

Ravi Menon, président du NGFS, NGFS (Network of Central Banks and Supervisors for Greening the Financial System) annonce clairement “La biodiversité est la base de la vie sur notre planète. Mais nous érodons celle-ci à un rythme qui nuit aux écosystèmes. Pourtant, ce sont eux qui nous fournissent nourriture, eau et air de qualité. Cette destruction nous coûte très cher et pourrait causer des risques importants pour la stabilité économique, financière et sociale” .

Un rapport très argumenté vient ainsi d’être publié auquel ont participé des chercheurs et des  banques centrales : un assemblage peu commun mais oh combien essentiel !

https://www.ngfs.net/sites/default/files/medias/documents/statement_on_nature_related_financial_risks_-_final.pdf