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Les Mutuelles pour la santé planétaire relancent leurs exigences à propos des pesticides

Depuis 2024, des mutuelles se structurent autour de l’association Mutuelles pour la santé planétaire pour promouvoir la sortie totale des pesticides. Alors qu’un projet de loi européen pourrait affaiblir la réglementation concernant les pesticides, leur action devient urgente.

Les Mutuelles pour la santé planétaire protègent des millions d’européens et appellent à un tournant urgent pour la santé publique.

L’exposition aux pesticides, facteurs notamment de cancers du sang, de la prostate, de la maladie de Parkinson et de troubles cognitifs, présente des dangers invisibles pour les humains et la biodiversité. Ils peuvent se manifester des décennies après l’exposition. Un nouveau cap alimentaire et agricole est indispensable dès maintenant pour la santé publique et planétaire. Aujourd’hui, 23 millions de Français souffrent d’une ou plusieurs maladies chroniques, tel que le cancer, en partie dû aux pesticides. Nous rappelons que 200 000 tonnes d’amiante sont toujours présentes dans les bâtiments. Plus de 60 000 tonnes de pesticides sont utilisés chaque année. Les pesticides polluent l’air, l’eau, la terre, nos aliments et nos corps. Nous devons lutter contre ces expositions liées aux pesticides et à l’amiante hautement préjudiciables pour notre santé.

« Les mutuelles sont confrontées à une explosion des dépenses de santé liées à l’augmentation des maladies évitables, en partie dues aux perturbateurs endocriniens, que l’on retrouve notamment dans les pesticides. En France, près d’un million de femmes ont un cancer du sein ! »

Le projet de loi européen Omnibus X, relatif à la sécurité alimentaire, pourrait être adopté au Parlement européen avant la fin de l’année. Justifié par une simplification administrative, ce paquet législatif pourrait, en augmentant notamment les délais de réévaluation des pesticides, accroître le risque d’exposer la population à des substances dangereuses.

« Le paquet législatif Omnibus X revient à détricoter, en accéléré, la réglementation actuelle pour servir uniquement les intérêts des industriels des pesticides », estime Martin Rieussec-Fournier, président de l’association Mutuelles pour la santé planétaire, à La Relève et La Peste. « Notre position est simple : ce projet Omnibus X est à l’exact opposé de ce qui est nécessaire. »

L’association Mutuelles pour la santé planétaire, née en 2024, regroupe une vingtaine de mutuelles qui protègent 14 millions de Français et de Belges. « Nous, les mutuelles, sommes impliquées depuis peu sur le sujet des pesticides », souligne le président. « Nous sommes face à une fraude généralisée concernant les pesticides car le droit européen n’est pas appliqué. Nous demandons ainsi que le règlement européen qui stipule que les pesticides doivent être testés et évalués tels qu’ils sont vendus – et non uniquement leur principe dit « actif » – soit appliqué et mis en œuvre », détaille Martin Rieussec-Fournier.

Comment prévenir ce dérèglement climatique ?

« Le défi n’est plus d’éviter le dépassement, mais de le gérer » : l’ONU appelle à faire face à la « réalité » d’un réchauffement climatique au-delà de 1,5°C.

Les événements climatiques extrêmes qui marquent déjà 2026, comme  les conséquences d’El Niño sur la  réalité mondiale, avec laquelle nos sociétés doivent désormais composer notre futur. Il est urgent de penser comment adapter nos logements, nos infrastructures, nos villes, nos comportements afin de mieux s’adapter aux situations difficiles.

Autrement dit c’est s’informer en amont par la culture du risque afin d’être en capacité de réagir au mieux face à des incendies, des glissements de terrain, des inondations, des tornades etc… pour ce faire une journée y est consacrée le 14 octobre chaque année (JNR) : la date du 10 septembre devait clôturer les projets que l’on pouvaient soumettre pour cette date.

 Or nous constatons de plus en plus de promesses non tenues par l’exécutif : 

Ce jour, date limite des projets de sensibilisation aux risques : il nous est annoncée par l’IRMA (Institut des risques majeurs) le report des financements dédiés pour cette année  alors que des actions de mobilisation pour des citoyens étaient déjà prévues.

Nous venons d’apprendre, il y a quelques semaines, que les rénovations thermiques des établissements scolaires de 12.500 écoles  annoncées cet été pour un plan canicule dans les écoles à la hauteur de  60 millions a été  réduite à 16 millions d’euros pour 2 500 écoles prioritaires.

Guillaume Perrin, directeur général du programme Actee (Action des collectivités territoriales pour l’efficacité énergétique, dispositif piloté par le gouvernement) qui accompagne les collectivités pour la rénovation de leur patrimoine, s’exprime ainsi  : « On veut montrer qu’on peut s’adapter aux canicules sans détruire et reconstruire toutes les écoles » ; « c’est un regret d’avoir revu à la baisse ce plan canicule, parce que si on ne lance pas dès aujourd’hui les audits, on n’aura jamais des écoles préparées pour les canicules » qu’on aura « fin mai, courant juin » l’année prochaine, d’autant que « la majeure partie des collectivités n’aura pas le temps de rassembler les fonds pour équiper les écoles » concernées.

Ainsi ces quelques exemples emblématiques ne permettront pas de mettre en place des dispositifs atténuatifs des conséquences de ces dérèglements climatiques qui nous attendent. Ce que nous espérions pourtant fortement.

Le nouveau rapport de l’ONU sur le climat nous donne des axes prioritaires qui nous paraissaient déjà acquis

« La lutte pour limiter le réchauffement à 1,5°C, c’est la lutte pour l’humanité » : intitulé  « Des atouts cachés : les arguments économiques et sanitaires en faveur de l’action pour le climat et la qualité de l’air » :   Air et climat : 15 dollars de bénéfices pour chaque dollar investi.

Ce qu’il faut en retenir : l’accent mis sur  l’évaluation menée par le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) et la Coalition pour le climat et la qualité de l’air (CCAC) montre qu’une action coordonnée, fondée sur 25 mesures et réformes politiques éprouvées, peut améliorer la santé publique, renforcer les économies et accélérer les progrès vers les objectifs climatiques. Publiée à l’occasion de la Journée internationale de l’air pur pour un ciel bleu.

« Pendant trop longtemps, nous avons considéré l’action climatique comme un coût à gérer et la pollution atmosphérique comme une conséquence inévitable du développement », a déclaré Inger Andersen, directrice exécutive du PNUE.

Face à la pollution de l’air qui tue une personne toutes les 5 secondes, l’ONU appelle à agir!

Antonio Gutterez Secrétaire général des Nations Unies affirme  à l’occasion de la Journée internationale de l’air pur pour un ciel bleu : « Les raisons d’agir n’ont jamais été aussi évidentes,  réduire la pollution atmosphérique protège la santé, stimule la productivité et permet de bâtir des sociétés plus résilientes et plus prospères », tandis que « l’accélération de la transition vers l’abandon des combustibles fossiles est l’un des moyens les plus rapides et les plus efficaces d’assainir l’air tout en luttant contre la crise climatique ».

Des chiffres complètent ces positionnements : Le rapport estime que les bénéfices annuels découlant de la mise en œuvre des 25 mesures seraient équivalents à 2,8 % du produit intérieur brut (PIB) mondial en 2035, à 4,5 % en 2050 et à 11,4 % en 2100,  alors que les subventions explicites aux combustibles fossiles représentaient 2,18 % du PIB mondial en 2022, tandis que les dépenses de santé atteignaient 9,3 % en 2023..

D’ici 2050, la mise en œuvre complète des 25 mesures pourrait permettre d’éviter, au total, 144 millions de décès prématurés liés à la pollution atmosphérique, dont 96 millions dus à la seule pollution de l’air ambiant, ainsi que des centaines de millions de cas de maladies chroniques.

Selon le rapport, cette action permettrait également d’éviter environ 0,34 °C de réchauffement d’ici à 2050 et 1,4 °C d’ici à 2100 : ce qui en l’état actuel devrait être une priorité.

Documents élaborés par le PNUE : https://wedocs.unep.org/items/156d074c-ab1d-4833-acf8-6343589ede9b

ONU Infos : https://news.un.org/fr/story/2026/09/1159418

Les petits cours d’eaux supportent des assecs exceptionnels

l’Office français de la biodiversité (OFB). alerte sur l’état de dégradation « exceptionnel » des petits cours d’eau,suite à cet été caniculaire,  et ce, malgré quelques orages dans certains secteurs , insuffisants pour une infiltration utile pour les nappes phréatiques.

L’Observatoire national des étiages (ONDE) assure ce suivi de l’état des écoulements des petits cours d’eau. Sur l’ensemble de l’Hexagone, environ 3 230 stations réparties dans chaque département sont observées visuellement par les agents de l’OFB, selon un protocole national homogène. Ce dispositif, déployé depuis 2012, constitue un réseau de connaissance stable qui permet d’évaluer la situation hydrologique à un instant donné, mais aussi d’analyser l’évolution des étiages d’une année sur l’autre.

1 424 cours d’eau en France. sont touchés par des ruptures d’écoulement ou des assecs , c’est à dire la disparition de l’eau en surface, soit 290 cours d’eau asséchés en plus que l’année dernière et 30 de plus qu’en 2022 ( jusqu’alors dénommée année de la sécheresse.)

https://ofb.gouv.fr/actualites/situation-des-ecoulements-des-petits-cours-eau

Des données internationales sur les contaminations subies avec les pesticides

La revue suisse « Frontiers in Public Health » vient de publier une étude  sur les intoxications aux pesticides en procédant à  une revue systématique de la littérature scientifique. Leur analyse s’appuie sur 214 publications couvrant 62 pays entre 2006 et 2023, complétées par les données de mortalité de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour 77 autres pays.

Les résultats sont alarmants: 400 millions de cas d’intoxications aiguë non intentionnelles aux pesticides surviennent tous les ans parmi les agriculteurs et travailleurs agricoles, soit 46% de ces travailleurs ce qui fait  prés d’un sur 2.

De grandes disparités existent cependant, si bien que certains pays comme l’Inde ou le Burkina Fasso font l’objet de taux extrêmement élevés: 73% pour le premier et 83,  5 pour le second. Ainsi on dénombre à l’échelle mondiale,  un peu plus de 11 000 le nombre de décès annuels provoqués par des intoxications aiguës non intentionnelles aux pesticides.

« Les données existantes justifient amplement une action immédiate », écrivent les auteurs de l’étude, appelant à ne plus considérer uniquement les intoxications mortelles. Selon eux, les centaines de millions de cas non mortels constituent également un lourd fardeau sanitaire, particulièrement pour les personnes qui manipulent régulièrement ces produits dans le cadre de leur travail. Ils appellent à une «action immédiate» et à la mise en œuvre des recommandations des Nations unies pour éliminer progressivement les pesticides hautement dangereux.

Et surtout lorsqu’on apprend que les données  excluent les 84 millions d’enfants travaillant dans l’agriculture mondiale qui sont encore plus vulnérables aux produits chimiques toxiques que les adultes, ainsi que les familles vivant en milieu rural exposées par la dérive des pulvérisations et l’exposition à l’environnement.

« Maintenant que l’ampleur de ces chiffres a été révélée, les agriculteurs doivent être soutenus pour accéder à des alternatives plus sûres pour protéger leur santé et celle de leur famille. » Dr Sheila Willis, responsable des programmes internationaux, PAN UK.

« Nous ne pouvons plus accepter que ceux qui travaillent dans les champs et cultivent nos aliments soient exposés à des pesticides nocifs et deviennent malades. Les nouvelles conclusions soulignent l’urgence de promouvoir la protection des cultures sans produits chimiques et d’interdire les pesticides hautement dangereux. »

En France en 2025 le  Fonds d’indemnisation des victimes de pesticides (FIVP) a reçu 1.044 demandes , un record qui révèle l’ampleur sanitaire et financière de l’exposition professionnelle aux produits phytopharmaceutiques, et qui correspond à   une progression de 244 % depuis 2021, pour un montant de 25,9 millions d’euros pour l’année.

https://www.frontiersin.org/journals/public-health/articles/10.3389/fpubh.2026.1825899/full    Volume 14 – 2026 | https://doi.org/10.3389/fpubh.2026.1825899