Tous les articles par Jacqueline Collard

Le jour du dépassement mondial est déjà arrivé, chaque année plus tôt !

Ce 30 juillet, l’humanité a consommé l’ensemble des ressources écologiques que la planète est capable de régénérer en un an et cependant peu de personnes ne s’en inquiètent : et pourtant désormais nous vivons à crédit de ce que la planète Terre peut nous fournir.

L’humanité continue de consommer les ressources de 1,73 planète, et le dépassement écologique mondial est aujourd’hui « plus élevé qu’à n’importe quel moment de l’histoire », souligne le Global Footprint Network qui en fait l’analyse chaque année.

Pour l’année 2000 il se situait le 17 septembre et en 2020 le 16 août, on peut donc facilement constater la dégradation qui se poursuit.

Si le Jour du dépassement est souvent associé au carbone, il traduit plus largement la pression exercée sur l’ensemble des ressources naturelles et tout particulièrement sur l’eau dont le vivant a tant besoin. Cette année, ce dépassement trouve un écho particulier dans la crise de l’eau qui s’avère cette année trés préoccupante.

Plus de 80% du territoire fait aujourd’hui l’objet de mesures de restriction. Soixante-deux départements sont placés en situation de crise, tandis que plus de 30 000 personnes sont déjà privées d’eau potable. Dans plusieurs régions, les nappes phréatiques et l’humidité des sols affichent des niveaux comparables aux sécheresses historiques de 1976 et de 2022. Le gouvernement estime d’ores et déjà que l’épisode de 2026 pourrait coûter davantage que celui de 2022, évalué alors à 5,6 milliards d’euros.

Comme les climatologues l’annoncent depuis des décennies, l’exceptionnel est en train de devenir la norme : selon le bilan climatique publié mardi 4 août par Météo-France, le mois de juillet écoulé a été historiquement chaud et sec, et s’inscrit dans la continuité d’un mois de juin lui-même historique. Il s’insère surtout dans une récurrence d’étés eux aussi secs et caniculaires observés ces dernières années en France et en Europe, sous l’effet du réchauffement. Le manque d’anticipation de ces changements face à l’ampleur de l’urgence climatique n’est plus soutenable. Il est urgent  de dépasser les seules politiques de réduction des émissions et de demander  une véritable loi d’urgence climatique.

Une demande sociale pour rendre des cours d’eaux baignables

Plusieurs éléments et tentatives se font connaitre pour permettre un accès aux cours d’eau en vue de se rafraichir, et les  canicules que nous connaissons ne peuvent que nous intéresser faute d’un nombre suffisant de piscines. Lors des jeux Olympiques à Paris avec des investissements importants cette possibilité a été offerte avec des contraintes importantes et des difficultés notables,proposant  « un plan ambitieux pour améliorer la qualité de l’eau » au bénéfice de tous.

Pour tenter d’y remédier, collectivités locales et Agences de l’eau tablent sur quatre axes : renforcer le traitement des eaux usées ; mieux gérer les eaux de pluie en créant des bassins d’orage , notamment en cas de fortes pluies,  raccorder les bateaux au tout-à-l’égout, refaire les branchements défaillants d’ habitations non raccordées.

C’est un enjeu de « justice environnementale » pour nombre de ses partisans. Limoges, Metz, Besançon, cependant bon nombre de municipalités rechignent en effet à répondre à cette demande, tandis que  c’est possible en  Suisse, en Allemagne et aux Pays-Bas, où la baignade urbaine est une pratique développée et populaire.

Certaines interdisent carrément la baignade, d’autres optent pour l’inertie  par exemple en refusant d’aménager les berges.

Pour un membre du collectif Baignade critique à Besançon, « l’idée n’est pas de dire “baignons-nous tous maintenant”, mais de créer peu à peu une culture de la baignade, se réapproprié le besoin de savoir nager. Savoir à quoi s’attendre quand on se met à l’eau dans une rivière, comment nager dans le courant, gérer ses limites ». mais  il  pointe d’autres freins. « Il faut créer des sites accessibles, avec des berges en pente douce, sécuriser le lieu même de la baignade ». Un avis partagé par la chercheuse Gabrielle Bouleau, qui a suivi de près le plan baignade parisien. « On a beaucoup entendu parler des enjeux sanitaires : la contamination de l’eau par des bactéries pathogènes, mais il y a aussi de nombreux enjeux sociaux. En particulier, anticiper l’engouement que va créer l’ouverture de la baignade, en termes de sécurité, de conflits d’usages et de gestion des déchets. »

Malgré les obstacles, les villes ont tout à gagner à faciliter les bains urbains, selon les promoteurs. « En se reconnectant à la rivière, on se sent davantage concerné par la préservation de ce milieu naturel » et par conséquent c’est un enjeu social intéressant.

 

50 ans de droit de l’environnement et où en est-on?

Adoptée le 10 juillet 1976, la loi relative à la protection de la nature constitue l’un des textes fondateurs du droit français de l’environnement. Elle a marqué un changement de paradigme en affirmant que « la protection des espaces naturels et des paysages, la préservation des espèces animales et végétales, le maintien des équilibres biologiques […] sont d’intérêt général ».

Parmi ces atouts cette loi reconnaît aussi les associations de protection de la nature grâce à l’agrément de protection de l’environnement, ce qui leur donne une vraie place dans les consultations publiques et les instances de décision. C’est un premier jalon de la démocratie environnementale.

En 2012 : François Hollande promet, lors de la Conférence environnementale, une grande loi de reconquête de la biodiversité ;elle verra le jour en 2016 avec le principe de solidarité écologique, celui de non-régression, le renforcement du principe «éviter, réduire, compenser», ou encore la reconnaissance du préjudice écologique

en 1993  loi sur la protection et la mise en valeur des paysages

Malgré la mise en place de ces lois, et bien avant les affaiblissements récents, la biodiversité a continué de décliner rapidement dans notre pays et depuis la nouvelle loi d’urgence  agricole cet affaiblissement se poursuit.

loi biodiversité du 8 aout 2016  pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages :  https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000033016237

Et enfin en ce mois de juillet est votée la loi d’urgence agricole qui dévoile un ensemble de mesures destinées à répondre aux revendications du monde agricole. Eau, concurrence déloyale, protection des élevages, restauration collective ou relations commerciales : le texte entend agir sur plusieurs fronts pour soutenir les exploitations françaises.Elle a été adoptée définitivement le 20 juillet 2026, inclut des mesures sur l’eau, les pesticides, les tirs de loups, les importations et un plan d’urgence de plus de 300 M€ pour soutenir les agriculteurs français.

Nous assistons malgré des plaidoyers significatifs à une dernière salve  d’un modèle productiviste et intensif qui n’est plus possible.Il est encore très puissant, mais il va droit dans le mur ceci par le changement climatique, les pollutions environnementales, les impacts sur de la santé , et même des rendements, qui ne progressent plus malgré les pesticides et les autres soi-disant innovations.

Face aux cataclysmes des incendies démesurés, l’urgence d’agir s’impose

Depuis 30 ans, on parle de changements climatiques et désormais face aux ravages des incendies dus à des sécheresses intenses, l’urgence se fait sentir plus que jamais.

Depuis le 19e siècle et en seulement 150 ans, les activités humaines ont beaucoup augmenté la quantité de gaz à effet de serre dans l’atmosphère avec pour conséquence : l’équilibre naturel du climat qui se modifie et la surface de la Terre se réchauffe très rapidement partout dans le Monde. Les effets de ce réchauffement sont déjà observés au niveau mondial, il est donc nécessaire d’agir pour limiter effets du changement climatique, mais aussi pour s’adapter aux changements en cours et à venir qui risquent donc de se perpétuer. Car tous les scientifiques l’affirment : les catastrophes qui scandent l’été 2026 sont amenées à se répéter et à s’intensifier.

Des connaissances scientifiques s’accroissent et  permettent de mieux comprendre ces phénomènes inédits en France: comme l’explique Jean-Baptiste Filippi, chercheur du CNRS (Laboratoire des sciences pour l’environnement CNRS-Université Corse-Pasquale-Paoli), expert en modélisation numérique des incendies de végétation et des interactions entre un feu et l’atmosphère,  l’un des meilleurs spécialistes de la pyroconvection, ce mouvement d’air chaud ascendant qui se crée au-dessus d’un incendie jusqu’à former un « nuage de feu » (pyrocumulus ou pyrocumulonimbus), à l’origine du fameux « orage de feu » décrit en Gironde, « Ce qui se passe en ce moment est très très très exceptionnel. Voir un nuage aussi énorme et aussi haut au-dessus d’un incendie est rarissime, commente le chercheur. Le spécialiste décrit la formation de ces « orages de feu » qu’il compare de façon simplifiée au fonctionnement d’une chaudière à condensation.« Le feu génère son propre vent avec une force et une vitesse trois à quatre fois supérieure, poursuit Jean-Baptiste Filippi.

 Néanmoins des dispositifs  opérationnels se sont mis en place , mais ils ne sont pas encore assez connus : tel les données satellitaires Effis  transmises par Copernicus *

Mais dans ces cas semblables on voit combien la prévention des risques majeurs doit s’imposer à tous et dans un premier temps prendre les précautions d’usages:

Lorsqu’un incendie se déclare en forêt, sa combustion libère de grandes quantités de monoxyde de carbone, d’oxyde d’azote, de composés chimiques toxiques, mais aussi de particules fines, parmi lesquelles les PM2,5. De par leur petite dimension, inférieures à quelques microns, ces particules peuvent entrer par les voies respiratoires et passer dans le sang. « Leur composition particulière rend ces fumées spécialement toxiques », avertit Matteo Redaelli, coordinateur de l’expertise au sein de l’unité d’évaluation des risques liés à l’air à l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses). Selon l’analyse de plusieurs études scientifiques réalisée par l’Anses, la pollution de l’air par les feux de forêts peut être deux à dix fois plus dangereuse que la pollution atmosphérique habituelle. Le rejet de particules fines – le seuil d’alerte est dépassé dans plusieurs départements – menace les plus vulnérables, nourrissons, personnes âgées et personnes présentant des pathologies respiratoires.Il est donc recommandé de rester vigilant à l’orientation du panache de fumée et aux différents indicateurs de qualité de l’air dans sa région. Le site du réseau de surveillance Atmo France, comme celui de Prévair (https://www.prevair.org) permettent de suivre l’évolution de plusieurs indicateurs.

Parmi les populations à surveiller en priorité, du fait de l’augmentation des risques cardiovasculaires et respiratoires, on retrouve : -Les nourrissons et les enfants ; Les femmes enceintes ;Les personnes âgées, au-delà de 65 ans ;Les personnes souffrant de maladies respiratoires (asthme ou autres maladies respiratoires chroniques) ;Les personnes souffrant de maladies cardiovasculaires, diabétiques, immunodéprimées, dialysées, atteintes de maladies chroniques ou d’affections oculaires.

En cas d’exposition à des fumées issues de feux de forêts ou de végétation à proximité de son domicile, les recommandations d’usage sont de :

  • Limiter les déplacements et le temps passé à l’extérieur ;

Mettre en pause toute activité physique ;

Garder les portes et fenêtres fermées et n’aérer que lorsque les conditions le permettent ;

Occulter les aérations avec des linges humides afin d’éviter les appels d’air et l’entrée de fumées ;

Arrêter les ventilations mécaniques contrôlées (VMC) lorsque celles-ci ne sont pas filtrées

Nous sommes fortement impliqués dans notre région Auvergne Rhône-Alpes, sur la prévention et la sensibilisation pour tous concernant les risques majeurs, et nous voyons que  plus que jamais,  devoir renforcer nos actions dans ce sens.

*https://forest-fire.emergency.copernicus.eu/

La politique lyonnaise en faveur de la petite enfance s’affirme

Grandir dehors, les bienfaits du plein-air : une transition naturelle pour les crèches lyonnaises

Dans le sillage de la crèche associative de plein air « Une souris en herbe », ouverte à l’automne dernier à Lyon 3e, la crèche municipale Jeanne Barret illustre bien la politique volontariste de la Ville en faveur de la petite enfance. « C’est la première crèche municipale de plein air de France gérée par une municipalité, appuie le maire, Grégory Doucet. « Reconnecter les enfants à la nature, c’est fondamental ».

Témoignage : un enthousiasme partagé sur le terrain par les 8 agentes volontaires, toutes intimement convaincues des bienfaits de la nature. « Je me suis initiée à la pédagogie de plein air dans mon ancienne crèche, avec une psychomotricienne, confie Sylvie. J’ai tout de suite attrapé le virus ! »