Tous les articles par Jacqueline Collard

Les entreprises doivent assurer la sécurité de leurs salariés

En matière de prévention des risques professionnels, les employeurs doivent prendre « les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs ( 1).

Tous les employeurs sont tenus de lister les risques – physiques ou psychosociaux – auxquels ils exposent leurs salariés et de les consigner dans un document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP), actualisé chaque année

En France, l’ampleur du problème en matière de santé et de sécurité est aujourd’hui telle que les salariés souffrent plus que leurs voisins européens de troubles musculo-squelettiques, de pathologies psychiques, et sont plus exposés aux risques. “Ce qui est frappant, c’est que les Français rapportent davantage d’exposition à la plupart des risques, mais ils disposent aussi de moins de ressources pour y faire face,” commente Agnès Parent-Thirion, directrice de recherche à la Fondation européenne pour l’amélioration des conditions de vie et de travail (Eurofound).

En matière d’accidents mortels liés au travail, la France affiche ainsi “un niveau deux fois supérieur à la moyenne européenne (1,7 accident mortel pour 100 000 personnes en emploi) et plus de quatre fois supérieur à celui de l’Allemagne (0,8) ou des Pays-Bas (0,5)” rappelle ainsi le baromètre annuel de l’Observatoire de la Santé au Travail.

Près de 600 000 personnes sont victimes chaque année d’un accident du travail, ou sont reconnus en situation de maladie d’origine professionnelle. Avec de tels chiffres, la France fait plutôt figure de mauvais élève en Europe. Pour les sociologues  Corinne Gaudart et Serge Volkoff  l’organisation du travail et le management sont souvent à la source du retard français sur le sujet.

 

1) https://dares.travail-emploi.gouv.fr/www.sante-et-travail.fr/quel-dialogue-social-prevention ( 2023)

https://dares.travail-emploi.gouv.fr/sites/default/files/51dff5761f980e4ca796c7767524b287/Dares_DA_Prevention_risques%20pro.pdf

Le rapport sur la surexposition des écrans pour les enfants a été transmis au gouvernement

Voilà le rapport tant attendu concernant le travail de ce comité d’experts concernant la sur’exposition  face à ces fameux écrans qu’ils soient sur des smartphones, des tablettes, des consoles ou des jeux connectés.

Ce rapport sur l’usage des écrans chez les enfants rendu en cette fin Avril conduit cette élue à s’exprimer ainsi : « Nous avons perdu six ans », déplore la sénatrice Catherine Morin-Desailly qui en avait demandé la mise en place dés 2018.

Les écrans sont devenus tellement omniprésents qu’on peut désormais les comparer à des prothèses robotiques, véritables extensions du corps humain. Si les adultes ont du mal à s’en servir correctement, on peut légitimement s’inquiéter sur l’utilisation qu’en font les enfants. Addiction, désinformation, dysmorphophobie, retard de langage… Les risques sont nombreux, et les conséquences des écrans encore mal compris.C’est l’objet de « ces conclusions d’une commission d’experts sur « l’impact de l’exposition des jeunes aux écrans » afin d’en réguler l’usage.

Les experts alertent sur les lourdes conséquences d’une « hyperconnexion subie des enfants », « pour leur santé, leur développement, leur avenir », mais aussi plus largement pour l’avenir « de notre société » et « de notre civilisation ». Leur rapport formule donc plusieurs propositions fortes : interdiction des écrans pour les moins de 3 ans, interdiction de l’usage du téléphone portable avant 11 ans et autorisation d’accès aux réseaux sociaux à partir de 15 ans, seulement sur les plateformes qualifiées d’« éthiques ».

Cette commission devra maintenant évaluer les dispositifs mis en place depuis 2017  comme l’interdiction du portable au collège ou encore l’obligation d’installer un dispositif de contrôle parental sur  les différents terminaux (smartphones, ordinateurs, télévisions et consoles de jeu) mis sur le marché français. Ce dernier dispositif doit être activé en juillet.

 

https://www.publicsenat.fr/actualites/societe/rapport-sur-lusage-des-ecrans-chez-les-enfants-nous-avons-perdu-six-ans-deplore-la-senatrice-catherine-morin-desailly

Rapport de la commission d’experts sur l’impact de l’exposition des jeunes aux écrans.

La cour de Justice de l’Europe se positionne sur l’évaluation des pesticides

La Cour de justice de l’UE a émis son jugement concernant l’évaluation des pesticides par les États membres de l’Union européenne. Elle a conclu que cette évaluation était illégale, mettant fin à la  pratique qui consistait à ignorer les avancées scientifiques récentes au profit d’études produites par les industriels datant de plusieurs décennies. Ainsi la Cour de justice européenne remet en cause les évaluations menées par les États.

En effet par deux décisions préjudicielles, la juridiction communautaire interprète le règlement qui régit la mise sur le marché des produits phytopharmaceutiques dans l’EU dans un sens beaucoup plus strict.

Ce jugement découle de plaintes déposées par PAN Europe devant un tribunal néerlandais en 2019, contestant la réautorisation de certains pesticides tels que le Closer (sulfoxaflor), le Dagonis (difénoconazole) et le Pitcher (fludioxonil). Dans toutes ces affaires, l’agence néerlandaise d’autorisation des pesticides (CTGB) n’avait pas pris en compte les données scientifiques les plus récentes dans son évaluation des risques liés à ces produits.La Cour précise également que les autorités réglementaires doivent utiliser les données scientifiques les plus récentes en l’absence de lignes directrices harmonisées.

La Cour a souligné que les critères de sécurité applicables aux substances actives des pesticides devaient également s’appliquer aux formulations commerciales de ces produits. De plus, elle a rappelé que chaque État membre était responsable de ses propres autorisations nationales et ne pouvait pas simplement se fier à l’évaluation scientifique d’autres États membres.Les États membres doivent prendre en compte les connaissances scientifiques et techniques les plus récentes pour protéger efficacement la santé publique et l’environnement.

Ces positionnements interrogent quant à la ré autorisation du Glyphosate , ce qui corrobore le recours déposé contre cette ré autorisation récente.

https://master.juricaf.org/arret/CJUE-COURDEJUSTICEDELUNIONEUROPEENNE-20240425-C30922

L’hiver a rechargé majoritairement les nappes phréatiques

Le dernier bulletin national de situation hydrologique du BRGM d’avril 2024 donne une première idée des tendances plutôt rassurantes avec 58% des niveaux au-dessus des normales.

Premier constat : la pluviométrie a été excédentaire de plus de 25 % en moyenne sur la France, durant la période de recharge des nappes de septembre à mars excepté certaines régions peu nombreuses encore en déficit . Ainsi, le manque de pluies de plus de 20 % dans l’Aude, l’Ariège, la Corse-du-Sud, l’Hérault et de 50 % dans les Pyrénées-Orientales, s’avère préoccupant. De même la situation reste  défavorable, avec des niveaux bas à très bas, sur la nappe inertielle du Sundgau (sud Alsace) et sur les nappes du littoral du Languedoc et du Roussillon.

La recharge 2023-2024 a été nettement excédentaire sur la quasi-totalité du territoire, ce qui se traduit par des niveaux actuels très majoritairement proches des normales mensuelles voire  très hauts.

https://www.brgm.fr/fr/actualite/communique-presse/nappes-eau-souterraine-au-1er-avril-2024

A l’Université de Grenoble en collaboration avec Atmo AURA un nouveau projet: Prédict’Air

Sur une station de mesures de Grenoble est ajouté un nouvel appareil prototype européen : un projet innovant afin d’examiner la composition chimique des particules fines.

Alors que la nouvelle directive européenne sur la qualité de l’air est attendue dans les prochains mois, abaissant les seuils d’acceptabilité de concentrations de métaux et de particules fines dans l’air, la chaire grenobloise Predict’Air, portée par l’Institut des Géosciences de l’Environnement, propose une approche complémentaire : elle travaille sur le déploiement d’une station de mesure capable de mesurer et analyser en temps réel la composition des pollutions atmosphériques, leur toxicité et la source des émissions. Objectif : fournir aux pouvoirs publics des indicateurs plus pertinents que les mesures actuelles.

Ce nouvel équipement vient ainsi renforcer un dispositif déjà très complet de mesures des polluants atmosphériques, ayant pour objectif de mieux comprendre et analyser la composition chimique ainsi que la provenance des particules, qu’il s’agisse du chauffage au bois, du trafic routier, de l’industrie ou des particules naturelles de sable, entre autres.

L’acquisition de cet appareil a été rendue possible grâce à une collaboration de longue date avec l’Institut des Géosciences de l’Environnement (IGE), qui en est le propriétaire, dans le cadre de la Chaire PREDICT’AIR soutenue par la Fondation Université Grenoble Alpes. PREDIC’TAIR a pour ambition, en combinant les expertises de l’IGE et d’Atmo Auvergne-Rhône-Alpes, de constituer une « super-station » pour mieux comprendre la composition et l’évolution de la qualité de l’air dans la capitale des Alpes.

Le projet vise également à étudier les effets sanitaires des particules grâce à l’analyse de leur potentiel oxydant, un indicateur prometteur des effets sanitaires déjà inclus dans le projet de nouvelle directive européenne sur l’air. Le potentiel oxydant, sujet de prédilection de l’IGE, pourra être analysé en continu dans cette même station dans les mois à venir, grâce à un prototype conçu par le laboratoire.