Cet ouvrage insiste sur comment le dérèglement climatique impacte déjà aujourd’hui notre quotidien, partout dans le monde, avec des pays à l’arrêt, des écoles fermées, des premiers réfugiés climatiques. Malgré ce constat, ils alertent sur le déni qui persiste.
Or, une étude d’I4CE montre que les efforts d’adaptation à l’heure actuelle sont très largement orientés vers le maintien des modèles existants plutôt que vers leur transformation profonde. « L’adaptation, ce sera surtout une question d’arbitrage, une question politique,… Ce qu’on dit, c’est qu’il faut regarder le réel en face. L’une des priorités sera de regarder les foyers de tension qui sont naissants sur un territoire : le trop plein d’eau par rapport aux fortes pluies, les sécheresses, les incendies, etc… et comprendre ce qui frotte. Ensuite, il faut créer les espaces de dialogue pour faire se parler les différents acteurs. …………. On appelle à prendre en compte les sciences sociales. Par exemple, quand une alerte est lancée, il faut aussi chercher à vérifier si celle-ci va être bien suivie par les populations…Il y a un rapport de la Cour des comptes qui dit noir sur blanc que le système d’alerte est une innovation technique, mais qu’il doit devenir une innovation sociale. Il va falloir qu’on innove socialement pour comprendre comment on s’adresse aux différentes personnes……………C’est effectivement un sujet qui doit d’abord être vu comme un enjeu de sécurité. C’est une question de protection civile et de sécurité nationale, qui dépasse largement le seul ministère de l’Ecologie et doit faire partie des priorités d’autres ministères : Intérieur, Défense, Transports, Santé… L’adaptation fait peur, mais elle peut aussi être source de beaucoup d’opportunités, en renforçant les liens sociaux, les liens de solidarité et en reconnectant les entreprises aux territoires et aux citoyens. «
« Gérer l’inévitable : repères face à la dérive climatique », Antoine Poincaré, Clément Jeanneau, Editions de l’Aube, Terre à terres, janvier 2026