Tous les articles par Jacqueline Collard

Une cartographie des risques d’inondations en France

L’Institut national de l’information géographique et forestière (IGN) vient de publier une cartographie du risque inondations : risque le plus probable en France.

Un Français sur quatre vit dans une zone exposée. « On a voulu montrer l’étendue de ce risque d’inondation, ce qu’il est devenu au fil du temps avec le changement climatique et comment on peut le combattre », explique Sébastien Soriano, directeur général de l’IGN.     « Cette cartographie 3D va être rentrée dans différents modèles comme Vigicrues pour prévoir les écoulements, les inondations et donc aménager le territoire en conséquence », précise Swann Lamarche, chargé de relations partenariales à l’IGN. Avec la hausse des températures, les nuages ont tendance à emmagasiner davantage d’humidité et leur pouvoir de précipitation s’accroît de 7% dès que la température de l’atmosphère augmente de 1°C, rappelle l’Institut.

C’est ainsi que L’IGN vient de publier cette nouvelle édition de son Atlas « Cartographier l’anthropocène » sur la thématique de la prévention des risques : en effet les données nous aident à comprendre, à anticiper et à renforcer notre résilience collective face au risque inondation, utilisant  la fiabilité des systèmes de vigilance  pour modéliser le risque et construire les scénarii les plus réalistes, afin d’accompagner les populations et les décideurs.

https://www.ign.fr/atlas-cartographier-anthropocene-2025-risque-inondation

Une enquête parlementaire révèle les effets perturbants de la plateforme Tik Tok chez les jeunes

6 mois de travaux de la commission d’enquête parlementaire ont permis de mettre en évidence les effets psychologiques de TikTok sur les mineurs qui sont accablants. 

 178 experts, acteurs et témoins, ont été auditionnés  pour un recueil de plus de 30 000 réponses dans le cadre d’une consultation citoyenne. Les propos des parlementaires sont édifiants :

« C’est une entreprise qui se fiche de la santé mentale de nos jeunes, déclare la députée d’Ensemble pour la République Laure Miller. Ils ont beau dire, chez TikTok, qu’ils y attachent beaucoup d’importance, ils ne font pas les efforts qu’ils pourraient facilement faire. » Dans son avant-propos, le président de la commission, Arthur Delaporte (Parti socialiste), abonde : « Le verdict est sans appel : cette plateforme expose en toute connaissance de cause nos enfants, nos jeunes, à des contenus toxiques, dangereux, addictifs. »

L’algorithme de TikTok, propriété du groupe chinois ByteDance, ne se base pas sur ce que l’utilisateur aime, mais ce sur quoi il « reste le plus longtemps », ce qui aboutit à mettre en avant « les contenus les plus trash »,  le « modèle économique et algorithmique » du réseau social est « construit pour capter l’attention à tout prix, notamment celle du jeune public », écrivent les députés.« La motivation première de TikTok n’est pas le bien-être de ses utilisateurs, elle a pour finalité unique le profit ».

Une loi française sur la majorité numérique, adoptée à l’été 2023, exige déjà une autorisation parentale pour l’accès des moins de 15 ans aux réseaux sociaux, mais elle n’est jamais entrée en application jusqu’à présent faute de certitude sur sa conformité au droit européen.

De ces faits, les rapporteurs demandent l’interdiction des réseaux sociaux, hors messageries, aux moins de 15 ans et un « couvre-feu numérique » pour les 15-18 ans. Telles sont les principales recommandations de la commission d’enquête parlementaire, en mettant l’accent sur les répercussions psychologiques .

https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/organes/autres-commissions/commissions-enquete/tiktok

La croissance de l’emploi du protoxyde d’azote (« le proto ») inquiète les soignants

Après le cannabis et les poppers, des vasodilatateurs utilisés comme drogues récréatives, le « proto » est, en France, le troisième psychotrope le plus consommé par les jeunes. En 2022, 13,7 % des 18-24 ans l’avaient déjà testé au moins une fois, et 3,2 % disaient en avoir pris dans l’année, selon les chiffres de Santé publique France. Sa dangerosité est largement sous estimé par les jeunes.

Néanmoins jusqu’à ce recours détourné le protoxyde d’azote connaissait un usage médical réduit en temps qu’antalgique et anesthésiant.

Dans les hôpitaux, ces dernières années, les équipes médicales ont vu arriver aux urgences de plus en plus de jeunes patients sévèrement touchés par le « proto » avec comme symptômes: perte d’équilibre, sensation de picotements, membres inférieurs paralysés ou très diminués, troubles cognitifs ou cérébraux…

«Les conséquences neurologiques, qui sont graves laissent potentiellement des séquelles dans 35 % des cas, qui interviennent en moyenne après onze ou douze mois de consommation, avec un effet très rapide, beaucoup plus qu’ avec l’alcool ou d’autres drogues, c’est ce qui nous inquiète énormément souligne Florian Hubben neurologue.De plus « Chaque mois, chez nos patients, il insiste : il  a tous les codes de l’addiction  le manque, la dépendance, le craving [pulsions de consommation]… »

La létalité du gaz, directe ou indirecte, reste sous-évaluée car la science peine encore à attribuer de manière formelle certaines morts dues à des overdoses de protoxyde.On partage des constats, des doutes et des questions sur des traitements possibles alors que , ces dernières années, malgré les alertes sur les dégâts du « proto », la consommation reste forte,  d’autant plus visible par l’abandon des cartouches tout particulièrement dans les parcs urbains. C’est ainsi qu’on note la multiplication des arrêtés municipaux, pour en interdire la consommation sur la voie publique, mais qui semble sans grand effet.

En France, contrairement aux Pays-Bas et au Royaume-Uni, qui l’ont interdite, la vente de
protoxyde d’azote aux particuliers reste encore légale. Une loi, votée en 2021, l’interdit pourtant  aux mineurs, ce qui n’est visiblement pas suffisant aussi est-il prévu un projet de loi interdisant la vente aux particuliers et le restreindre aux activités médicales.

Généralisation de la pause numérique au collège après l’expérimentation 2024

Le dispositif Portable en pause est généralisé dès la rentrée 2025. Chaque collège définira la modalité de mise à l’écart des téléphones (ou tout objet connecté) qu’il souhaite adopter, en concertation avec les membres de la communauté éducative, notamment les collectivités territoriales et les parents d’élèves.

Pour toutes ces raisons, l’utilisation du téléphone portable et de tout autre équipement terminal de communications électroniques est interdite dans l’enceinte des écoles et des collèges. 

L’article L. 511-5 du Code de l’éducation pose le principe de l’interdiction de l’utilisation des téléphones portables et de tout autre équipement terminal de communications électroniques (tablette ou montre connectée, par exemple) à l’école et au collège.

Au cours de l’année scolaire 2024-2025, plus de 32 000 collégiens ont expérimenté la mise à l’écart du téléphone portable, à travers des dispositifs variés choisis localement –boîtes collectives, pochettes individuelles, casiers. Cette expérimentation a produit des effets positifs sur le climat scolaire, la concentration des élèves et le bien-être général dans les établissements l’ayant mise en place. Une diminution des signalements de cyberharcèlement et d’incidents liés aux réseaux sociaux a également été constatée.

Dans les lycées, une réflexion sera menée avec les élèves et la communauté éducative sur le numérique et notamment sur la place du téléphone portable et des objets connectés. Cette réflexion doit être construite au sein des instances de démocratie scolaire et a vocation à nourrir le projet d’établissement.

https://www.education.gouv.fr/interdiction-du-telephone-portable-dans-les-ecoles-et-les-colleges-et-pause-numerique-7334

La DGCCRF alerte sur des fournitures scolaires non conformes

Une enquête de la direction Générale de la Répression des fraudes (DGCCRF) aboutie  le mois dernier, démontre que de nombreuses fournitures scolaires ne sont pas conformes aux réglementations.

Résultat : 66.000 surligneurs, 18.000 stylos correcteurs et 6.000 stylos ont été rappelés. « L’examen et les analyses réalisés sur ces produits ont en effet révélé 14 produits non conformes, dont 9 considérés comme dangereux », rapporte la DGCCRF. Matières plastiques, caoutchouc, métal, substances chimiques… Les fournitures scolaires (stylos, marqueurs, correcteurs, gommes, colles) sont composées de matériaux divers et de substances pouvant être nocives pour la santé.

Au total, 39 avertissements ont été dressés pour rappeler la réglementation, 15 injonctions et trois procès-verbaux ont été rédigés pour faire corriger ou sanctionner les manquements les plus graves.

Problème supplémentaire : de nombreux produits présentaient des défauts d’étiquetage, absence d’adresse ou de numéro de fournisseur sur l’emballage comme l’absence de pictogrammes obligatoires ou de mentions de danger, laissant les consommateurs dans l’ignorance des risques.

La DGCCRF appelle les acheteurs à la prudence : vérifier les pictogrammes, lire les mentions de danger et se méfier des allégations trop vagues comme « écologique » ou « sans danger ». L’enjeu est d’autant plus important que ces fournitures sont destinées à des enfants, particulièrement exposés par des usages répétés et souvent non conformes, comme le fait de porter un stylo à la bouche.

Les agents ont également profité de leurs visites pour vérifier la loyauté des allégations, notamment environnementales associées aux fournitures scolaires. Les allégations environnementales sont en effet de plus en plus présentes et font écho aux préoccupations croissantes des consommateurs en la matière.

https://www.economie.gouv.fr/dgccrf/laction-de-la-dgccrf/les-enquetes-et-les-controles/securite-et-allegations-environnementales