Tous les articles par Jacqueline Collard

Rappel de produits laitiers contaminés par la listéria

Un communiqué de presse de Santé publique France nous alerte :

21 cas de listériose causés par des souches bactériennes présentant des caractéristiques similaires ont été identifiés par les autorités sanitaires, dont 18 cas depuis début juin 2025. Les cas sont âgés de 34 à 95 ans. Deux décès ont été rapportés (pathologies sous-jacentes indiquées pour un cas, information non renseignée pour le deuxième cas).

Par précaution, la société Chavegrand (FR 23.117.001 CE), en lien avec les autorités, sanitaires, procède au rappel de tous les lots de fromages produits avant le 23 juin 2025 soit une quarantaine vendus essentiellement en grande distribution). Ces produits, qui sont tous des fromages à pâte molle et à croûte fleurie au lait pasteurisé de vache (tels que des camemberts ou des crémeux) ou de chèvre (tels que des bûches), ont été commercialisés jusqu’au 9 août 2025 par la fromagerie sur l’ensemble du territoire national ainsi qu’à l’international, sous différentes marques commerciales.

Les produits concernés peuvent être identifiés d’après les fiches publiées sur Rappelconso portant la marque de salubrité FR 23.117.001 CE/UE ou auprès des points de vente. Le producteur a mis en place un numéro vert à destination des consommateurs : Tel : 0 800 00 91 80 (de 9h à 19h, 7 jours/7).

« Les investigations menées par Santé Publique France (…) ont conduit à identifier début août des éléments épidémiologiques et microbiologiques convergents, établissant un lien possible entre ces » 21 « cas de listériose », dont 18 depuis juin, « et la consommation de fromages au lait pasteurisé produits par la société Chavegrand », indique le communiqué.

Il est demandé aux personnes qui détiendraient ces produits de ne pas les consommer. La listériose est une maladie qui peut être grave et dont le délai d’incubation peut aller jusqu’à huit semaines.

https://sante.gouv.fr/actualites/presse/communiques-de-presse/article/cas-de-listeriose-retrait-rappel-de-fromages-au-lait-pasteurise-en-raison-d-une-433042

En cette période de canicules la solution est-elle la climatisation ?

Alors que l’on constate que la climatisation s’installe de plus en plus dans les foyers et que cette tendance s’accélère à mesure que les températures battent de nouveaux records. Or la climatisation fait partie du problème. « On a estimé dans une ville comme Paris que si la climatisation se généralise, on aurait une augmentation de 1 à 2°C en période de canicule et les périodes de canicule se multiplient. »  En ville, elle contribue largement à l’aggravation de l’effet d’îlot de chaleur, en rejetant de l’air chaud à l’extérieur, ces appareils augmentent la température de l’air ambiant.

Par ailleurs ce sont les fluides frigorigènes présents dans les équipements qui contribuent encore plus fortement aux émissions de gaz à effet de serre. Des émissions de gaz frigorigène sont possibles à diverses occasions : en fabrication, en maintenance, sous forme de fuites pendant la durée d’utilisation et en fin de vie. Ces gaz frigorigènes ont globalement des pouvoirs réchauffants élevés ( jusqu’à 2000 fois le Co2) et au final, les émissions de gaz à effet de serre relatifs aux fluides sont plus de 2 fois plus importantes que les émissions liées à la consommation d’électricité.Il est donc impératif de maîtriser cette évolution pour en limiter l’impact au maximum.

L’Ademe rappelle et préconise notamment que les protections solaires extérieures permettent de réduire la température intérieure jusqu’à 5°C, et 7°C si elles sont automatisées. Désormais, des solutions comme les screens sont par ailleurs développées afin de se protéger du soleil tout en bénéficiant de la lumière naturelle du jour.

Ces solutions sont à conjuguer avec une ventilation naturelle optimisée qui abaisse la température et améliore la qualité de l’air, des brasseurs d’air plafonniers qui réduisent la température ressentie jusqu’à 4°C, et ce pour une consommation très faible, et un pilotage de la climatisation par pièce.

Et la Métropole de Lyon a depuis des années anticipé cette demande de froid, comme  dans  le quartier d’affaires de la gare de la Part dieu  à proximité du centre commercial. A l’instar des réseaux de chaleur, qui se développent dans de nombreuses villes françaises pour chauffer les bâtiments de tout un quartier a été réalisé sur cet espace un réseau de froid en lien avec la nappe phréatique souterraine: Avec cette technologie de pointe, le réseau de froid urbain permet ainsi de rafraîchir des milliers de bureaux et de magasins du quartier de la Part-Dieu, en consommant deux fois moins d’énergie que les systèmes de climatisation classiques, et surtout sans réchauffer l’atmosphère.

43 centrales de production et distribution de froid urbaines étaient répertoriées en 2023 en France, de Paris à Montpellier, en passant par Lyon, selon les chiffres de la Fédération des services énergie environnement, alimentant plus de 1 600 bâtiments, ce qui représente 5 % de raccordements supplémentaires en un an, (les réseaux de froid satisfont 5 % seulement du besoin de refroidissement, mais préférentiellement des bâtiments tertiaires). Pour exemple la France compte  1 000 réseaux de chaleur.

Face à l’urgence climatique et aux défis croissants posés par le réchauffement global, la France se mobilise pour adapter son territoire et protéger sa population. Le 10 mars 2025, le gouvernement a dévoilé le 3ème Plan National d’Adaptation au Changement Climatique (PNACC), un document stratégique qui trace la voie pour préparer le pays à un scénario de hausse des températures de +4°C d’ici 2100. Dans ce contexte, les réseaux de froid urbains émergent comme une solution innovante et durable pour répondre aux besoins croissants de rafraîchissement, tout en limitant l’impact environnemental. 

A titre individuel adopter des comportements de « bon sens », aérer à une heure appropriée, fermer les fenêtres et volets au bon moment, brasser l’air efficacement… sont autant de gestes qui peuvent être efficaces dans la majorité des cas.

https://librairie.ademe.fr/batiment/5182-la-climatisation-dans-le-batiment.html#

https://www.ademe.fr/presse/communique-national/la-climatisation-vers-une-utilisation-raisonnee-pour-limiter-limpact-sur-lenvironnement/

Le CSTB se positionne pour étudier les PFAS présents dans l’air intérieur

Lors de sa 3ème journée annuelle de la recherche consacrée, pour cette édition 2025 , à la thématique du bien être et de la santé dans les espaces habités, l’établissement public a convié plusieurs chercheurs qui travaillent sur les enjeux du bâtiment sain.

Alors que les données disponibles actuellement sont peu nombreuses concernant les PFAS présents dans les environnements intérieurs, il est pertinent que le CSTB conscient que les voies d’exposition non négligeables aux PFAS, ou polluants éternels, sont présentes dans les bâtiments engage des travaux de recherche sur le sujet.

Les PFAS sont retrouvés dans de nombreux produits de construction et biens de consommation, comme les revêtements (sols, peintures, revêtements métalliques ou plastiques), le verre (fenêtres, portes…), le bois composite ou encore les matériaux isolants. Les produits utilisés dans le secteur du bâtiment comme les fils, les câbles, les rubans, les cires ou encore les vernis contiennent également des PFAS. Ils sont également présents dans certains nettoyants de surface (notamment pour les moquettes) et produits imperméabilisants. D’autres produits de consommation tels que les textiles ou les accessoires de cuisine participent également à l’exposition des occupants aux PFAS.

Commercialisés depuis les années 1940, les PFAS sont très utilisés dans les secteurs industriels en raison de leurs propriétés antiadhésives, imperméabilisantes, antitaches ou leur haute résistance à la chaleur. Plus de 200 catégories d’utilisation différentes ont été recensées.

La contamination de l’air et des poussières est donc une accumulation des sources intérieures et des potentielles sources exogènes (air extérieur, alimentation…).

Avec l’adoption législative visant à restreindre l’utilisation de certains PFAS d’ici le 1er janvier 2026, l’urgence de détecter et de gérer efficacement ces composés est devenue plus pressante.

Le projet PARC  (partenariat européen pour l’évaluation des risques liés aux substances chimiques) s’intéresse à l’exposition aux PFAS dans différents compartiments environnementaux dans le but de mieux protéger la santé et l’environnement. 

Un projet de recherche SPIRIT (lauréat du programme national de recherche Environnement-Santé-Travail de l’ANSES et co-financé par l’ADEME) a été lancé début novembre 2024. Grâce à ce projet, le CSTB, en collaboration avec le Laboratoire Chimie Environnement de l’Université d’Aix-Marseille, proposera une caractérisation individuelle des sources de PFAS dans les espaces clos.

Le Conseil Constitutionnel a censuré l’article 2 de la loi Duplomb

Ce jeudi 7 aout le droit à vivre dans un environnement sain, au cœur de la Charte de l’environnement, a été invoqué par le Conseil  pour censurer l’article le plus emblématique sur les néonicotinoïdes.

En effet, cette décision du Conseil constitutionnel est en fait cohérente « au regard des exigences de la charte de l’environnement »elle a censuré les dispositions de l’article 2 autorisant à déroger à l’interdiction d’utiliser des produits phytopharmaceutiques contenant « des néonicotinoïdes ou autres substances assimilées, ainsi que des semences traitées avec ces produits ». Parmi eux, l’acétamipride, banni en France depuis 2020, comme tous les produits de cette famille, en raison de leur impact délétère sur les insectes pollinisateurs, devait être à nouveau autorisé pour certaines cultures (betterave à sucre, noisette…)

Les Sages ont rendu ce jeudi leurs conclusions très attendues (après une pétition qui avait rassemblée plus de 2 millions de  signatures) selon lesquelles ils bloquent le retour de l’acétamipride, mais valident, en revanche, les simplifications administratives accordées aux plus gros élevages,comme à la construction d’ouvrages de stockage d’eau à des fins agricoles, tout en émettant quelques réserves sur cette deuxième mesure.

Une lecture attentive de l’avis suggère que le Conseil constitutionnel a ainsi voulu établir le cadre nécessaire pour que les futures demandes de dérogation soient bel et bien conformes à l’article 1er de la Charte de l’environnement. Mais comme s’exprime Marine Tondelier : « c’est une occasion de se réjouir, mais à moitié seulement, car cette loi Duplomb, ce n’était pas seulement la réintroduction de l’acétamipride ».

https://www.conseil-constitutionnel.fr/decision/2025/2025891DC.htm

https://www.senat.fr/petite-loi-ameli/2024-2025/800.html

Rebondissement inattendu pour le TiO2 (E171) : un vrai recul !

Il y a quelques semaines des scientifiques d’INRAE, de l’AP-HP, du synchrotron SOLEIL et du CNRS ont détecté des particules de dioxyde de titane dans des laits humains, animaux et infantiles, notamment sous forme de nanoparticules, alors que ce dioxyde de titane était détecté, et ce malgré l’interdiction du E171 depuis 2020  et son classement  cancérigène potentiel chez l’être humain par inhalation depuis 2006.

Or un arrêt vient d’être rendu ce vendredi 1er août de  la Cour de justice de l’Union européenne basée à Luxembourg a jugé en appel que la Commission européenne avait eu tort d’adopter en 2019 un règlement classant le dioxyde de titane (TiO2) comme substance cancérogène pour l’homme « par inhalation, sous forme de poudre contenant au moins 1% de particules ≤ 10 micromètres ». Cette décision est un revers pour la France et la Commission européenne qui s’étaient pourvues en appel fin 2022, et une victoire pour les fabricants et importateurs du dioxyde de titane, qui contestaient cette classification, fondée sur un avis du comité d’évaluation des risques de l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA) de 2017 et proposée l’année précédente par l’ agence de  sécurité sanitaire française, l’Anses.

« C’est un revers plus que regrettable en termes d’information et de protection des travailleurs « , car cette décision « supprime l’obligation d’étiquetage de danger sur les poudres de TiO2 », réagit auprès de l’AFP Mathilde Detcheverry, de l’association Avicenn, dédiée à la veille et l’information sur les nanoparticules.

La justice européenne a confirmé l’annulation de la classification « cancérogène » du dioxyde de titane, utilisé dans les peintures, médicaments et jouets, une décision saluée par les industriels mais dénoncée par les associations. Les associations dont nous faisons partie estiment que cette décision est une victoire pour les industriels du secteur, au détriment des travailleurs et des consommateurs.