Tous les articles par Jacqueline Collard

Incertitude sur les nanopesticides

L’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) atteste de l’incertitude sur la caractérisation et les risques éventuellement posés par les nanopesticides et appelle à mettre à jour la réglementation européenne.

Des particules de taille inférieure à 100 nm présentes dans les produits phytosanitaires solides et liquides sous forme de suspension concentrée ainsi que dans les produits biocides solides, établit plusieurs recommandations qui tendent à les réduire le plus possible, telle  est la conclusion d’un avis de l’Anses, publié le 16 avril 2025

Bien que leur concentration soit jugée trop faible pour une analyse statistique précise, l’agence appelle à la prudence et recommande de limiter leur présence, faute de cadre réglementaire spécifique et de méthodologie d’évaluation adaptée aux risques nanométriques. L’Anses recommande de réduire « le plus possible » les nanoparticules susceptibles d’être présentes dans les produits, puisque l’exposition ne peut pas être considérée comme négligeable pour les personnes et les écosystèmes malgré l’application de mesures de gestion.

https://www.anses.fr/fr/content/analyse-des-resultats-de-lexpertise-collective-inserm

La Cop AURA développe la planification écologique de notre région

La COP a été lancée officiellement le 21 décembre 2023 par le ministre Christophe Béchu et le président de région Laurent Wauquiez à Lyon, en présence de la préfète de région Fabienne Buccio et du secrétaire général à la planification écologique Antoine Pellion.

L’évènement a réuni plus de 400 participants (élus et collectivités, parlementaires, entreprises et représentants du monde économique, agriculteurs, associations, organismes publics, étudiants et lycéens). Elle s’est déployée en 2024 à travers la mise en place de groupes de travail thématiques régionaux (3 sessions déjà organisées autour des 6 grands thèmes de la COP : Industrie/Produits Bois, Transport, Bâtiments, Energie et Déchets, Biodiversité et Ressources Naturelles, Forêts)qui seront rejoints cette année 2025 par l’agriculture et l’alimentation.

Enfin, les travaux de la COP régionale Auvergne-Rhône-Alpes ont été alimentés par les retours des questionnaires envoyés aux collectivités territoriales (départements, EPCI, Communes) : plus de 630 questionnaires ont été complétés et plus de 90 000 actions ont été identifiées.

La feuille de route 2030 a été restituée le 31 janvier 2025 aux parties prenantes. Plus de 430 participants étaient au rendez-vous, issus des différents collèges.

L’année 2025 marque aussi et surtout la mise en œuvre opérationnelle de la feuille de route, avec un engagement de tous les acteurs des territoires. Ils se réuniront de nouveau fin 2025 pour partager un premier bilan de leurs actions, de leurs initiatives locales, et de leurs résultats.

Un évènement de lancement sur le volet adaptation au changement climatique, animé par la DREAL, s’est tenu le 11 avril 2025 avec 450 participants.

Impacts environnementaux des smartphones

Le smartphone, objet indispensable par excellence pour de nombreux individus, nous accompagne partout, et tout le temps. À tel point que, selon l’Ademe, 61 % des Français font de leurs mobiles ou tablettes leurs premiers compagnons au réveil. Sommes-nous atteints de N-O-M-O-P-H-O-B-I-E, soit la peur d’être séparé de notre smartphone ?

Or n’oublions pas que la production de smartphones reste intrinsèquement liée à des processus énergivores et à l’extraction de ressources naturelles. L’Ademe rappelle que « jusqu’à 70 matériaux et 50 métaux différents sont présents dans un smartphone, dont des métaux précieux comme l’or et l’argent et des métaux rares et spéciaux comme le tantale. » Entre la conception, l‘extraction et la transformation des matières premières, la fabrication des principaux composants, l’assemblage ou encore la distribution, l’impact est lourd, très lourd. Pour la planète tout d’abord, puisque trois quarts de l’impact environnemental du smartphone est dû à sa fabrication. À cela s’ajoutent bon nombre de problèmes sociaux et éthiques responsables d’instabilités dans les zones où sont extraits les minerais (Congo, Chili, Argentine, etc.) nécessaires à sa fabrication.

Les terminaux (écrans, télévision, smartphones…) sont à l’origine de « 64 % à 92 % » de l’empreinte environnementale du numérique en France, selon les critères étudiés, indique un rapport de l’agence de la transition écologique (Ademe) et du régulateur des télécoms qu’est l’Arcep qui alerte sur les impacts environnementaux négatifs du numérique et appelle à identifier les leviers pour les réduire.

Évaluation de l’impact environnemental du numérique en France et analyse prospective:

https://librairie.ademe.fr/consommer-autrement/5226-evaluation-de-l-impact-environnemental-du-numerique-en-france-et-analyse-prospective.html#

L’intelligence artificielle (IA) au cœur des interrogations

Alors que le développement de l’intelligence artificielle donne un coup d’accélérateur à l’économie numérique, la Cnuced, l’agence de l’ONU pour le commerce et développement, a appelé à mettre en œuvre « des politiques solides pour renforcer la durabilité de la croissance numérique », soulignant que les pays en développement supportent une part « disproportionnée » des dommages environnementaux.

L’intelligence artificielle est souvent saluée comme la technologie du futur, promettant des avancées révolutionnaires dans divers domaines allant de la médecine à la finance, en passant par les transports. Cependant, derrière cette façade innovante se cache une réalité moins reluisante : l’IA consomme une quantité astronomique d’énergie, en contradiction avec les objectifs de durabilité.

Ainsi l’ONU souligne les conséquences prévisibles de l’économie numérique de  « plus en plus graves » sur l’environnement, entre la consommation d’eau et d’électricité des centres de données et l’épuisement des matières premières comme les minéraux nécessaires à la numérisation, tels que le graphite, le lithium et le cobalt, dont la demande pourrait augmenter de 500 % d’ici à 2050. En 2022, les centres de données ( Data Centers) ont consommé 460 térawattheures d’électricité, et leur consommation devrait encore doubler d’ici 2026.

L’essor de l’IA impose un besoin croissant en infrastructures et en énergie. Les centres de données (datacenters) sont au cœur de cette révolution, mais aussi de cette crise écologique. Microsoft et Google ont vu leurs émissions de gaz à effet de serre bondir de 29 % (2020-2023) et 48 % (2019-2023), principalement en raison des infrastructures IA. Pourtant, ces entreprises visent une décarbonation d’ici 2030, un objectif ambitieux face à la hausse de la demande.

À mesure que les data centers se multiplient, il devient urgent de concilier les ambitions technologiques avec les limites planétaires.

https://unctad.org/fr/press-material/ia-un-avenir-4-800-milliards-de-dollars-la-cnuced-alerte-contre-de-nouvelles

Obligations réelles environnementales (ORE)

La loi pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages a créé un nouvel outil juridique, codifiée à l’article L. 132-3 du code de l’environnement,permet aux propriétaires fonciers de faire naître sur leur terrain des obligations durables de protection de l’environnement : l’obligation réelle environnementale (ORE). Les obligations réelles environnementales (ORE) sont un dispositif foncier de protection de l’environnement.
Ce dispositif permet à tout propriétaire d’un bien immobilier de mettre en place, s’il le souhaite, une protection environnementale attachée à ce bien.Cette protection volontaire vise à mettre en place des actions en faveur de la biodiversité, ses éléments et ses fonctions,qui passe par la signature d’un contrat entre au moins 2 parties  et requiert des conditions de forme  comme un contenu minimal.

La mise en place d’une obligation réelle environnementale nécessite que le propriétaire signe un contrat avec un cocontractant qui peut être :

  • une collectivité publique ;
  • un établissement public ;
  • ou une personne morale de droit privé agissant pour la protection de l’environnement.

Le propriétaire qui a signé ce contrat reste propriétaire du bien.Les cocontractants font naître à leur charge les obligations réelles « que bon leur semble » pourvu que celles-ci aient pour finalité le maintien, la conservation, la gestion ou la restauration d’éléments de la biodiversité ou de services écosystémique.Les obligations environnementales auxquelles est tenu le propriétaire du bien immobilier, suite au contrat « ORE », peuvent porter sur une longue durée, jusqu’à 99 ans

Pour plus de détails : https://www.cerema.fr/fr/actualites/decouvrir-obligations-reelles-environnementales-ore