Tous les articles par Jacqueline Collard

Enquête sur la présence d’hexane utilisé dans l’agro-alimentaire

L’hexane est un solvant toxique issu de la pétrochimie massivement utilisé par les agro-industriels pour extraire, à partir de graines de colza, de soja et de tournesol, des huiles végétales qui sont ensuite vendues le plus souvent en supermarché. L’hexane est aujourd’hui classé comme un “auxiliaire technologique”, c’est pourquoi il n’est pas mentionné dans la liste des ingrédients sur l’étiquette de vos produits. 

Celui ci est reconnu comme toxique pour le système nerveux, comme potentiel perturbateur endocrinien et est suspecté d’être reprotoxique. Il est d’ailleurs classé comme substance CMR (cancérogène, mutagène, reprotoxique) par l’ECHA (Agence européenne des produits chimiques).

Pour mieux éclairer sur cette exposition ignorée , Greenpeace a fait réaliser par un laboratoire universitaire une série de tests sur plusieurs produits du quotidien : huiles de tournesol ou de colza, beurres, laits y compris infantiles, viande de poulet et tourteaux destinés à l’alimentation d’animaux d’élevage. Au total, sur 56 produits testés, de marques variées, 36 contenaient des résidus d’hexane :ainsi il  se retrouve dans de nombreux produits alimentaires , et cela fait peser des risques sur la santé des utilisateurs.

Le groupe Avril a le quasi-monopole dans la filière française des oléoprotéagineux : or plus de la moitié des graines oléo-protéagineuses triturées en France sont transformées par Avril.

D’ailleurs  l’Anses recommandait dés 2014 aux femmes enceintes d’éviter l’utilisation de produits de bricolage, d’entretien et de répulsifs contenant de l’hexane.

Rapport publié en septembre 2025 :

https://cdn.greenpeace.fr/site/uploads/2025/09/HEXANE_Rapport_Version-web-.pdf

La stratégie nationale alimentaire encore repoussée

Le Gouvernement devait présenter vendredi la Stratégie nationale pour l’alimentation, la nutrition et le climat (SNANC), une stratégie qui devait marquer une nouvelle étape vers un modèle alimentaire plus juste, plus sain et plus durable.

Issue des propositions de la Convention citoyenne pour le climat, la Stratégie nationale pour l’alimentation, la nutrition et le climat (SNANC) trouve son fondement dans la loi Climat et Résilience de 2021, qui associe désormais alimentation, nutrition et climat.  A la suite d’une consultation publique qui a réuni plus de 4 000 contributions et de la mobilisation de 4 instances consultatives, la SNANC a été renforcée sur plusieurs volets essentiels : encadrement du marketing alimentaire, meilleur partage de la valeur dans les filières et amélioration de la qualité nutritionnelle dans la grande distribution et la restauration.

 Pour la première fois, elle réunissait au sein d’un même cadre les politiques de nutrition, d’alimentation et de climat, avec un objectif clair à horizon 2030 : permettre à tous les Français d’accéder à une alimentation plus saine, plus durable et plus locale, tout en renforçant la souveraineté agricole et alimentaire du pays et en respectant nos engagements en terme de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Mais c’était sans compter l’intervention de la Ministre de l’Agriculture qui a demandé que soit expurgé l’ objectif visant à « limiter les aliments ultratransformés » – une suppression demandée de longue date par l’Association nationale des industries agroalimentaires (ANIA), alors que simultanément une vingtaine de chercheurs internationaux dans la série de The Lancet, enjoignaient les pouvoirs publics d’agir fermement contre l’alimentation ultratransformée, mise en cause dans «l’escalade du fardeau des maladies chroniques ».

A bien des égards, la non sortie de la Snanc est un cas d’école, guère différent d’autres situations décrites par Phillip Baker (université de Sydney, Australie) et ses coauteurs dans leur étude, montrant tout l’éventail des moyens par lesquels les industriels parviennent à éviter ou à retarder les réglementations, au désavantage de la santé des consommateurs.

Les approches climat et biodiversité ne doivent plus être disjointes

A partir du constat désolant de la Cop 30 qui n’a débouché que sur des éléments minimalistes, oubliant non seulement de déterminer la fin des énergies fossiles, on pouvait espérer que le thème de la déforestation si tangible en Amazonie fut mis au premier plan : il n’en a rien été !

Or le changement climatique et la perte de biodiversité ne sont pas deux crises séparées, mais les deux faces d’un même déséquilibre planétaire, les solutions fondées sur la nature démontrent que la meilleure technologie de capture du carbone reste un écosystème en bonne santé. C’est donc la restauration des sols, la reforestation raisonnée, la protection des zones humides ou encore l’agroécologie qui doivent être promues : ces pratiques stockent du carbone, préservent la biodiversité et réduisent la vulnérabilité des sociétés face aux aléas climatiques.

Et pour cela on peut s’appuyer sur le dernier rapport de l’IPBES, dit « Nexus », qui élargit encore la perspective. Il montre que les liens entre climat et biodiversité s’étendent à d’autres dimensions : alimentation, eau, santé humaine. Ces systèmes sont intimement liés : détruire des écosystèmes pour intensifier la production alimentaire nuit à la qualité de l’eau ; la pollution des milieux aquatiques affecte la santé ; les zoonoses émergent des déséquilibres entre humains et faune sauvage, ainsi il faudrait envisager une approche intégrée – croisant climat, nature, agriculture et santé – permettant  d’identifier des co-bénéfices et d’éviter les effets rebonds.

L’IPBES souligne l’importance de la création de mécanismes permanents de dialogue entre décideurs publics, chercheurs et acteurs économiques. Une gouvernance décloisonnée ne signifie pas la dilution des responsabilités, mais au contraire leur mise en cohérence.

Rapport de l’IPBES, dit « Nexus » :

https://www.agenda-2030.fr/IMG/pdf/20241216_media_release_nexus_french_embargoed_final_1_.pdf

Le rapport des maladies professionnelles est rendu public

Les statistiques de l’Assurance Maladie pour 2024 montrent une hausse de 6,7 % des maladies professionnelles.Ce rapport annuel présente les chiffres de la sinistralité pour les risques accidents du travail, accidents de trajet et maladies professionnelles, ainsi que les éléments d’équilibre financier de la branche et les prestations versées pour l’année 2024.

Où se situent les plus fortes hausses ? Elles sont constatées parmi les cancers hors amiante (+ 18,6 %), dont les cancers de la prostate provoqués par les pesticides (+ 125,9 %), les affections psychiques (+ 9 %), les pathologies liées à l’amiante (+ 8,5 %) et les troubles musculosquelettiques (TMS, + 6,6 %). Mais l’augmentation globale des maladies professionnelles est essentiellement due à cette dernière hausse car les TMS représentent près de 90 % des maladies professionnelles.

Les secteurs d’activités connaissant l’indice de fréquence de maladies professionnelles le plus élevé sont le secteur « Bois, ameublement, papier-carton, textile, vêtement, etc. » (5,4), suivi par les secteurs « Services, commerces, industries de l’alimentation » (3,5) et « Chimie, caoutchouc, plasturgie » (3,4).

« Le nombre de maladies professionnelles psychiques a plus que doublé par rapport à 2020, passant de 840 à 1 805 en 2024 », met en évidence ce rapport.

https://www.assurance-maladie.ameli.fr/etudes-et-donnees/2024-rapport-annuel-assurance-maladie-risques-professionnels

Décret n° 2025-236 du 12 mars 2025 révisant et complétant le tableau de maladie … https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000051325046?init=true&page=1&searchField=ALL&tab_selection=lawarticledecree

La convention citoyenne sur les droits de l’enfant aborde sa dernière journée

Les 140 membres de la convention citoyenne sur les temps de l’enfant (tirés au sort, comme pour les autres conventions climat et fin de vie) ont travaillé, pendant six mois, sous l’égide du Conseil économique social et environnemental (CESE) et viennent de rendre leur rapport final.

La Convention citoyenne permet un débat nécessaire sur un sujet fondamental : les besoins de l’enfant avec pour objectif de formuler des propositions réalistes pour améliorer les temps de la vie quotidienne des enfants.

Elle faisait suite au rapport de la Cour des Comptes de mai ayant comme intitulé : L’enseignement primaire – Une organisation en décalage avec les besoins de l’élève.

Un panel de 20 enfants et adolescents contribue aux travaux de la Convention citoyenne. Car ils sont les premiers concernés, il est essentiel de leur donner la parole, de recueillir leurs expériences et de partir de leurs besoins et usages. En savoir plus sur le panel d’enfants et d’adolescents.

Des ateliers dans les territoires ont été menés pour illustrer la diversité des lieux de vie et son impact sur les temps de la vie quotidienne de l’enfant. En savoir plus sur les ateliers dans les territoires .

Il s’en suit plusieurs pistes d’actions que nous évoquons brièvement :

  • Constat des temps de l’enfant fragmentés et inadaptés sans articulations
  • Repenser un modèle de société  pour le bien-être des enfants
  • Transformation globale des temps de l’enfant (retour à la semaine de 5 jours, 2 semaines de vacances et 7 semaines de cours, socle commun d’apprentissages élargi)
  • Assurer une meilleure coordination  nationale cohérente entre école, périscolaire, éducation populaire, santé, culture, familles etc.
  • Mettre en place un plan de mobilité jeunes
  • Écrans et numérique : appliquer et renforcer la législation
  • la parentalité doit être pensée comme le pilier d’une politique de l’enfance globale

Lire le rapport de la Convention citoyenne

https://conventioncitoyennetempsenfant.lecese.fr/    Présentation et vote du rapport final