Porter un nouveau regard sur la mer pour mieux la comprendre et profiter de ses immenses ressources devient nécessaire afin de sauver les humains.
L’océan recouvre plus de 72 % de la planète ; il régule le climat, préserve la biodiversité et soutient les économies et les cultures du monde entier. Il constitue le fondement de la vie sur Terre, et cette année a été atteint la température moyenne journalière jamais atteinte de 21°1. L’observatoire Copernicus européen attribue cette nouvelle hausse au réchauffement climatique et au développement d’El Niño, qui réchauffe les eaux de surface du Pacifique équatorial.
Dans certaines zones de l’océan, les plages ont disparu, on exploite de façon démesurée le sable, la mer est montée ( la chaleur de l’eau dilate le volume) , certaines iles du Pacifique sont menacées et ce n’est pas un phénomène nouveau, il est juste croissant . Sous l’impact du réchauffement climatique, les mers sont plus chaudes, ce qui explique en plus une partie de l’érosion marine et une modification de la faune et de la flore. Pour y remédier, il faut produire moins de CO2. Sans l’océan mondial, nous ne pourrions pas vivre: L’océan nous rend des services extraordinaires : il produit 50 % de l’oxygène que nous respirons.
Il ne s’agit pas seulement de protéger nos océans, il faut surtout émettre moins de CO2. La mer en absorbe 30 %, et le stocke du carbone en profondeur, là où il n’est plus du tout en contact avec l’atmosphère. Il est donc davantage capable d’absorber du dioxyde de carbone (CO2) si l’eau transportée en profondeur est froide et si le courant l’emmène bien profond.Par ailleurs la menace majeure est l’acidification des océans qui émane de ces émissions, ce qui amplifie aussi les perturbations climatiques. sans compter l’ensemble des pollutions qui récupèrent les déchets de nos activités humaines. Ainsi avec moins de brassage d’eaux aux températures différentes, l’océan pourrait dans le cas de chaleurs trop importantes de stocker moins de CO2, et ce sont des questions qui restent ouvertes.
Il est donc nécessaire de mener une transition énergétique et agricole ainsi que d’enrayer la déforestation, car les forêts elles aussi stockent du carbone.
Début juillet, l’Ifremer alertait ainsi sur une possible « hécatombe invisible sous l’eau », notamment chez les jeunes poissons, les crustacés et les coquillages. Leur petite taille et leur décomposition rapide rendent en effet une partie de ces mortalités presque impossible à observer, expliquait Nathaniel Bensoussan, chercheur au Laboratoire d’océanographie physique et spatiale, lors d’une conférence de presse de l’institut. Quelques degrés supplémentaires peuvent suffire à bouleverser profondément les conditions de vie sous-marines. Les poissons étant des animaux à sang froid, leur température corporelle dépend directement de celle du milieu dans lequel ils évoluent. Lorsque l’eau se réchauffe, leur métabolisme s’accélère. Ils ont alors besoin de davantage d’énergie, de nourriture et d’oxygène pour assurer leurs fonctions vitales.
L’humanité est confrontée à cette urgence océanique avec l’exploitation des ressources de la mer et son impact sur la biodiversité. Provoquer une rupture d’équilibre au niveau de l’océan par l’acidification, c’est détruire un univers dont on ne connaît pas plus de 3 %. La biodiversité marine représente 80 % de la biodiversité terrestre, non pas parce que les océans forment 72 % de la surface du globe, mais parce que les eaux marines sont beaucoup plus anciennes que les terres émergées.
Cent pays s’engagent à atteindre au moins 30 % d’aires marines protégées d’ici à 2030.
Quelque 550 experts issus de 86 pays ont consacré près de cinq ans à l’élaboration d’un rapport d’évaluation de 1 600 pages détaillant les défis auxquels l’océan est confronté. Ce document scientifique fournit les connaissances nécessaires à l’humanité pour protéger et préserver la planète.Baptisé « World Ocean Assessment » (Évaluation mondiale des océans), ce rapport révèle les éléments suivants.
Rapport ONU : https://news.un.org/fr/story/2026/06/1158944
UNRIC – La communauté internationale se mobilise pour les océans
Sabrina Speich professeure au département de Géosciences de l’École Normale Supérieure (ENS-PSL) et chercheuse au Laboratoire de météorologie dynamique. Elle étudie la dynamique des océans et leur rôle dans le réchauffement climatique et précise « Je cherche à comprendre comment les océans digèrent le surplus de chaleur et de carbone ».