Tous les articles par Jacqueline Collard

Stop aux pesticides

Pour clore le salon de l’agriculture à Paris une centaine de personnes, dont une majorité de scientifiques en blouses blanches, ont participé samedi 4 mars à Paris au jardin des plantes puis devant Muséum national d’Histoire naturelle à une action visant à dénoncer les conséquences catastrophique du recours massif aux pesticides et promouvoir un autre modèle agricole.

En France, la consommation de pesticides représente plus de 70 000 t/an. Alors qu’un nouveau plan Ecophyto 2030 vient d’être annoncé par le gouvernement, aucun objectif de réduction des produits phytosanitaires n’est fixé. Notons que les plans Ecophyto antérieurs, bien qu’ayant visé une réduction de 50% des phytosanitaires pour 2018, ont purement et simplement échoué : malgré les centaines de millions d’euros investis, ils ont abouti à une hausse de plus de 20% de l’utilisation de pesticides, hausse épinglée par la Cour des Comptes en 2020.

Un cortège funèbre a ainsi  traversé le jardin le 4 mars sous la bannière « Printemps silencieux : les pesticides tuent », en référence au célèbre livre de la biologiste nord-américaine Rachel Carson, première lanceuse d’alerte en 1962 sur la dangerosité des pesticides de synthèse. Depuis cet ouvrage, les preuves scientifiques sur les ravages des pesticides s’accumulent, comme le rapportent notamment les expertises collectives menées par les instituts publics français : sur la santé humaine (INSERM 2013, 2021) et sur la biodiversité et les écosystèmes (INRAE-IFREMER, 2022).

Simultanément ,  mais à l’échelle européenne,  69 organisations ont envoyé une lettre aux eurodéputés pour leur demander de soutenir la proposition de Mme Sarah Wiener ( élue verte) qui vise à obtenir une règlementation sur les pesticides ambitieuse. L’objectif étant de préserver la biodiversité et la sécurité alimentaire à long terme et faire face aux impacts sanitaires liés à l’utilisation des #pesticides.

Le règlement pesticides attaqué

Dans un courrier adressé ce jour aux eurodéputés, 69 ONG dont Générations Futures, s’inquiètent de voir le futur règlement sur les pesticides (règlement SUR) édulcoré et affaibli par les nombreuses attaques du lobby agrochimique et de certains états membres.

Le rapport de Mme Weiner salué par nos ONG

Saluant la proposition de l’eurodéputée Mme Sarah Wiener, rapporteur de la proposition de la Commission environnement sur ce texte ( notamment sur la promotion de la protection intégrée des cultures et le maintien d’objectifs contraignants de réduction des pesticides ), les ONG rappellent que le règlement SUR est un élément important pour atteindre les objectifs du Green Deal européen. Depuis de nombreuses années, les citoyens demandent à plusieurs reprises de fortes réductions des pesticides dans l’ensemble de l’UE.

Les eurodéputés doivent porter un règlement pesticides ambitieux

Soutenir un règlement sur les pesticides qui soit ambitieuse est important pour maintenir la confiance des citoyens européens placés dans leurs représentants au Parlement européen.
Par conséquent, les ONG demandent aux eurodéputés de soutenir le rapport de la l’eurodéputée Wiener et de faire preuve d’une grande ambition en la matière.

https://www.generations-futures.fr/actualites/printemps-silencieux-pesticides-sia/

Lire la lettre en anglais : Letter of support for a strong SUR

 

Les substances perfluorées (PFAS) surveillées de près

Au regard des préoccupations grandissantes concernant l’impact des PFAS sur la santé humaine et celle des écosystèmes, une action ministérielle forte est mise en place  pour répondre aux aspirations des français.

Depuis l’émission qui a fait polémique sur les rejets perfluorés d’ARKEMA à Pierre Bénite le ministère de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires a mené en 2022 des travaux pour structurer son action au regard des inquiétudes de la population à propos des PFAS.

Mais qui sont-ils ?  Les substances per- et polyfluoroalkylées, également connues sous le nom de PFAS, sont une large famille de plus de 4 000 composés chimiques aux propriétés très diverses. Antiadhésives, imperméabilisantes, résistantes aux fortes chaleurs, les substances PFAS sont largement utilisées depuis les années 1950 dans divers domaines industriels et produits de consommation courante : textiles, emballages alimentaires, mousses anti-incendie, revêtements antiadhésifs, cosmétiques, produits phytosanitaires, etc.

Deux des sous-familles les plus connues sont le PFOA (acide perfluorooctanoïque) et le PFOS (sulfonate de perfluorooctane), qui font déjà l’objet de réglementations européennes particulières.
Les PFAS étant des molécules très persistantes (on parle de « polluant éternel »), celles-ci se retrouvent dans les déchets générés en fin de vie par les produits de consommation, et donc potentiellement dans certaines filières de traitement des déchets. Elles peuvent également se retrouver dans les rejets dans l’air, les sols et l’eau, par exemple en raison de certaines fabrications qui génèrent des impuretés à l’origine de rejets difficiles à identifier, ou de rejets domestiques.

Les PFAS ont été définies comme étant des substances prioritaires dans le cadre de la stratégie nationale de biosurveillance. La surveillance de l’imprégnation au sein de la population française sera ainsi poursuivie avec le lancement en 2023 de la nouvelle enquête nationale de biosurveillance ALBANE.
Au niveau européen, le partenariat PARC (European Partnership for the Assessment of Risks from Chemicals) lancé en mai 2022 permettra de poursuivre le suivi de l’imprégnation des populations européennes aux PFAS.

Ces travaux ont abouti au présent plan, qui s’appuie sur 6 axes d’actions :

disposer de normes pour guider l’action publique ;
porter au niveau européen une interdiction large pour supprimer les risques liés à  l’utilisation ou la mise sur le marché des PFAS ;
améliorer la connaissance des rejets, ainsi que l’imprégnation des milieux pour réduire l’exposition des populations ;
réduire les émissions des industriels de façon significative ;
assurer une transparence complète sur les informations disponibles ;
intégrer les actions sur les PFAS dans le plan micropolluants.

https://www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/22261_Plan-PFAS.pdf

Le temps aurait-il un effet sur notre santé ?

Deux phénomènes influencent le moral : la lumière du soleil et les températures. C’est un fait : nous avons besoin de lumière pour vivre.

Virginie Hilssone, journaliste présentatrice météo, explique dans son livre “Mieux vivre avec le temps” (ed. Flammarion) les conséquences du temps sur notre santé et notre moral.

C’est notamment grâce à la lumière naturelle que se synchronise notre horloge biologique, ce chef d’orchestre de notre organisme. Elle contribue à la production de vitamine D, essentielle aux os et au cœur. La lumière stimule également la production de sérotonine, l’hormone du bonheur. C’est pour cette raison que l’on se sent mieux quand il y a du soleil. Dès qu’il y a du soleil, on a envie d’en profiter tout de suite, de sortir, de le vivre intensément. Par contre en hiver, on a tendance à rester chez soi, alors qu’il y a toujours plus de lumière dehors sous un ciel gris que chez nous à l’intérieur.

Ce livre nous apprend par ailleurs l’intérêt de la pluie pour notre corps :  elle vient  d’un nuage d’orage qui s’accompagne souvent d’ éclairs lumineux. Des études ont montré que l’eau stimulée par ces éclairs subit des modifications et devient électriquement chargée, c’est-à-dire dynamique. La pluie libère des ions négatifs, des fines particules également chargées électriquement que l’on appelle les “vitamines de l’air”. Elles sont bénéfiques pour le corps : on est de meilleure humeur, on dort mieux, on se sent plus dynamique. Elle est capable de nourrir les cellules en profondeur et de renforcer le système immunitaire.

On est de plus en plus détachés de la nature à cause de notre confort quotidien (chauffage, ventilation…), mais aussi parce que de nombreux métiers nous incitent à rester à l’intérieur. Mais il est essentiel de s’ adapter au temps du dehors pour vivre mieux vivre, nous dépendons du temps, nous sommes majoritairement météo-sensibles.

Le changement climatique avec tout ce qu’il engendre comme situations inattendues,  est lui aussi facteur de stress : le stress thermique déclenche des réponses physiologiques dans le corps humain, des premiers signes d’éruption cutanée aux crampes musculaires en passant par un effet sur le système nerveux central, le système circulatoire et de larges incidences sur de nombreux systèmes organiques, si bien que même la santé mentale peut en être affectée. Selon plusieurs études, des températures élevées ont été associées à une baisse de la natalité et à une mortalité accrue. Une augmentation des températures entraîne donc une détérioration de la santé mentale avec un nombre plus élevé de dépression ou encore de suicide.

Palinkas LA, Wong M, Global climate change and mental health, Current Opinion in Psychology (2019)

La qualité de l’air visible pour tous, à Grenoble

Les lumières de la qualité de l’air brillent à la Bastille de Grenoble.

Atmo Auvergne-Rhône-Alpes, la Régie du téléphérique de la Bastille, Grenoble-Alpes Métropole et la ville de Grenoble s’associent pour proposer un nouvel affichage de la qualité de l’air dans l’espace public grenoblois.

Chaque soir, le pylône intermédiaire des emblématiques «Bulles» de Grenoble se parera aux couleurs de la qualité de l’air du lendemain !
Ce dispositif d’information pérenne permet de faciliter l’accès à l’information afin d’encourager le changement des comportements en faveur de l’amélioration de la qualité de l’air du territoire.

La Bastille et ses « bulles », symbole historique et touristique de ville, deviennent aujourd’hui également un phare de la qualité de l’air pour les grenoblois.

Depuis le  mois de février, de 19h à 23h ou minuit (les vendredi et samedi), le pylône intermédiaires du téléphérique se parera des 6 couleurs de l’indice ATMO (bleu à magenta) pour indiquer aux habitants la qualité de l’air prévue le lendemain sur la ville (de bon à extrêmement mauvais).

Consulter le dossier de presse.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’explosion des maladies infectieuses de ces 50 dernières années : des explications ??

Les scientifiques, comme les écologues de la santé, pointent les activités anthropiques qui détruisent la biodiversité et menacent la santé des écosystèmes, des animaux et des humains. C’est bien ce que souligne le concept One Health.

Le film de Marie-Monique Robin « La fabrique des pandémies » est un formidable panorama qui met en évidence cette approche globale dont nous devons nous inspirer: LE FILM À RETROUVER ICI

Or la biodiversité rend de nombreux services écosystémiques à l’humanité, y compris dans le domaine de la santé. La sixième extinction des espèces due aux activités humaines perturbe l’équilibre du système Terre et menace la santé planétaire. Aujourd’hui le taux d’extinction des espèces, 100 à 1 000 fois plus rapide que le taux naturel d’extinction, marque l’entrée dans la sixième extinction de masse de la biodiversité. Cette extinction menace l’équilibre de nombreux systèmes naturels dont les humains dépendent pour vivre. Elle affecte les services écosystémiques, dont leur rôle de régulation des maladies.

Dans le film « La fabrique des pandémies » Rodolphe Gozlan, parasitologue et écologue de la santé (IRD), explique à Juliette Binoche la communauté de destin entre les humains et les animaux, qui sont « tous dans le même bateau » et pourquoi il faut protéger les forêts tropicales. La mondialisation des échanges favorise de plus en plus  la diffusion des agents pathogènes sur l’ensemble du globe. Ces agents pathogènes peuvent conquérir le monde entier grâce aux liaisons aériennes, aux déplacements des humains comme des marchandises, ce qui peut expliquer la diffusion rapide du Sars-CoV-2 qui a provoqué la pandémie de COVID-19.

Face aux crises environnementale et sanitaire, des ponts étroits entre l’écologie et la santé, jusqu’alors éloignées, sont désormais incontournables.