Tous les articles par Jacqueline Collard

Communiqué de presse sur le colloque ARTAC par l’AFP

Pollution environnementale: des scientifiques inquiets de l’impact sur les enfants

Publié par : AFP     le : 13/04/2011

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PARIS (AFP) – Des scientifiques accusent les autorités politiques de ne rien faire, en dépit « des preuves » qu’ils avancent, face à la menace que fait peser la pollution sur la santé des enfants et donc sur les générations à venir.

L’Association pour la recherche thérapeutique anti-cancéreuse (Artac) réunit mardi et mercredi à Paris le 3ème colloque de l’Appel de Paris, lancé en 2004 par le cancérologue Dominique Belpomme. Cet appel souligne le lien entre dégradation de l’environnement et maladies chroniques, relève l’impact de la pollution chimique, « menace grave pour l’enfant », craignant par voie de conséquence la mise en péril de l’espèce humaine.

Il a été signé par plusieurs milliers de scientifiques de différents pays, les conseils de l’ordre des pays de l’Union européenne, 1.500 ONG et près de 300.000 citoyens.

300 pédiatres, gynécologues, obstétriciens, chercheurs et professionnels de la santé participent à ce colloque réuni à la Maison de l’Unesco et centré sur l’impact de la pollution sur les enfants, particulièrement vulnérables. Il a été ouvert par des représentants de l’Organisation mondiale de la santé et de l’Agence européenne de l’environnement.

Bisphénol A, pesticides, alliages dentaires au mercure, phtalates, oxyde d’éthylène (dans des tétines de biberons), champs électromagnétiques, toutes les sources de pollution connues touchent directement ou indirectement le foetus et l’enfant, ont relevé plusieurs scientifiques devant la presse.

Ces pollutions sont selon eux à l’origine de la montée de maladies telles que cancers (1% de hausse des cas infantiles chaque année), diabète, obésité, allergies, autisme, maladies neuro-dégénératives.

« Il y a une programmation très précoce de ce qui va se passer à l’âge adulte« , a souligné le Pr Patrick Fenichel (Inserm), endocrinologue.

Parmi d’autres maladies, « les découvertes récentes sur des modèles animaux font pressentir que la première étape du cancer du sein intervient au stade foetal », a noté le Pr Belpomme.

En dépit de ces « preuves et arguments », « il n’y a pas de traduction politique de cette inquiétude que nous véhiculons », a fait valoir Charles Sultan, professeur de pédiatrie à Montpellier. « L’action politique est beaucoup trop lente », a renchéri Genon Jensen, directrice exécutive de l’Alliance pour la santé et l’environnement (Heal), pour qui « il faut des changements immédiats ».

Elle a suggéré d’interdire le BPA dans l’emballage des produits alimentaires, et de défendre la nécessité d’une réduction du risque environnemental, lors du sommet sur les maladies chroniques en septembre à New York.

« Beaucoup de résultats de recherches scientifiques ont été mis sur la table, aucun politique ne peut dire aujourd’hui «nous ne savions pas» », a relevé le député luxembourgeois Jean Huss, membre de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe. « Un jour cela va poser un problème à l’espèce, cela n’est pas anodin », a fait valoir Patrick Fenichel.

Plusieurs scientifiques ont évoqué des solutions comme le recours à des produits de substitution ou l’utilisation de nouvelles technologies. Pour le Pr Belpomme, il faudrait inclure la santé dans le principe de précaution qui ne concerne à ce jour que l’environnement. Cela donnerait un argument juridique aux victimes de pollution.

© AFP

6 substances seront interdites par Reach mais avec lenteur

D’ici trois à cinq ans, six substances seront « interdites » (des possibilités de dérogations subsisteront…) par l’Union européenne dans le cadre du règlement REACH.
Motifs : leur propriété cancérigène et/ou leur toxicité pour la reproduction et/ou leur capacité de persister dans l’environnement et de s’accumuler dans les organismes vivants. cette mesure permettra de réduire la toxicité du polystyrène utilisé dans la construction et la rénovation…
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La publication officielle de cette première liste prioritaire  marque une avancée notable cependant malgré les  différences d’opinion internes à la Commission sur des détails de la procédure d’autorisation – et notamment le fait d’imposer ou non un plan de substitution.
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Ces divergences ayant été réglées en début de cette année, plus rien ne s’opposait à la publication officielle des 6 premières substances bannies par REACH :

- le musk xylene, substances chimiques très persistances et bioaccumulables mais dont la prise en compte ne sera effective qu’en Aout 2014
- le diaminodiphenylmethane (MDA), substance cancérigène de même en  2014
- 3 phtalates (le DEHP, le BBP et le DBP), toxiques pour la reproduction en février 2015
- le retardateur de flamme hexabromocyclododecane (HBCDD), persistant, bioaccumulable et toxique. en Aout  2015

Ce retardateur de flamme bromé est notamment utilisé dans le polystyrène utilisé pour l’isolation des bâtiments – tant dans le polystyrène extrudé qu’expansé. Des études de l’université de Birmingham publiés à la fin 2010 confirment la nécessité de restreindre l’exposition des consommateurs à cette substance : des mesures de contamination de lait maternel ont montré une contamination systématique par le HBCDD. Des substituts moins dangereux seront plus que certainement d’ores et déjà disponibles lors de l’interdiction du HBCDD, fixée au 21 juillet 2015. L’enjeu sera de s’assurer qu’une substances toxique n’est pas remplacée par une autre – et d’éviter donc que la substitution ne soit pas faite avec un autre retardateur de flamme halogéné (contenant du brome ou du chlore).

Mais  cette interdiction n’est ni définitive ni totale : les opérateurs qui souhaiteront vendre ou utiliser ces substances pourront le faire, sous preuve que les mesures de sécurité requises ont été prises pour contrôler efficacement les risques ou que les avantages pour l’économie et la société l’emportent sur ces risques. Dans le cas où des substances ou techniques de remplacement viables existent, un calendrier de substitution devra être remis.

On aurait espérer aller plus loin avec la révision du règlement RoHS (RoHS signifie Restriction of the use of certain Hazardous Substances in electrical and electronic equipment, c’est-à-dire « restriction de l’utilisation de certaines substances dangereuses dans les équipements électriques et électroniques »).ce qui aurait constitué une belle opportunité de revoir les utilisations des retardateurs de flamme,  il s’est surtout s’agit d’une belle occasion manquée.

Alors que les parlementaires souhaitaient y inclure les retardateurs de flamme et les PVCs, les Etats-Membres ont tout fait pour affaiblir la proposition – et y sont finalement parvenus ce lundi soir. Un récent état des lieux, signé par 145 scientifiques de 22 pays, tendait pourtant à donner raison aux premiers…

Sources :

-  CHEMICALS HEALTH MONITOR

-  Flame Retardant Used in Polystyrene to be Banned by EU

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Réduire la pollution atmosphérique: une urgence de santé publique

Habiter à proximité du trafic routier augmente sensiblement la morbidité attribuable à la pollution atmosphérique. Diminuer encore les niveaux de particules fines dans l’air des villes européennes entraînerait un bénéfice non négligeable en termes d’ augmentation de l’espérance de vie et de réduction des coûts pour la santé. Ce sont les 2 principales conclusions du projet Aphekom mené par l’Institut de veille sanitaire (InVS) dans 12 pays européens et par plus de 60 scientifiques . C’est aussi un tout nouvel éclairage sur les effets sanitaires et économiques de la pollution urbaine en Europe.

Réduire la pollution permet des gains importants d’espérance de vie

Depuis la fin des années 1990, les études témoignant de l’impact de la pollution sur la santé et sur la mortalité s’accumulent. Selon l’Organisation Mondiale de la Santé, « trois millions de personnes meurent chaque année sous l’effet de la pollution atmosphérique, soit 5 % des 55 millions de décès annuels dans le monde. Vu la marge d’incertitude des estimations, le nombre réel des décès annuels pourrait se situer entre 1,4 et 6 millions ».
Plus récemment, ce sont les particules fines qui ont attiré l’attention des scientifiques, en raison de leur devenir dans l’organisme.

Dès 1997, le Comité de la prévention et la précaution, qui dépend du ministère de l’Aménagement du territoire et de l’Environnement, précisait que « ce sont les particules fines (diamètre inférieur à 2,5 µm) émises principalement par les moteurs diesel qui atteignent en plus grand nombre les alvéoles des poumons ; les particules de plus grande taille étant précipitées sur la muqueuse des voies aériennes, puis dégluties ». Au-delà de l’impact respiratoire (asthme, bronchite…), des conséquences cardiovasculaires et des décès sont directement liés à ces fines particules.
Et les résultats du projet européen Aphekom confirment ces données alarmistes. Les évaluations de l’impact sanitaire dans 25 grandes villes européennes montrent que l’espérance de vie pourrait augmenter de 22 mois supplémentaires pour les personnes âgées de 30 ans et plus (en fonction de la ville et du niveau moyen de pollution), si les niveaux moyens annuels de particules fines PM2,5 étaient ramenés au seuil de 10 microgrammes par mètre-cube, valeur guide préconisée par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS).

Le gain moyen en espérance de vie serait ainsi de 7,5 mois pour Marseille ; 5,8 mois pour Lille et Paris ; 5,7 mois pour Lyon et Strasbourg…
Le respect de la norme préconisée par l’OMS se traduirait par une économie d’environ 31,5 milliards d’euros (diminution des dépenses de santé, de l’absentéisme, et des coûts associés à la perte de bien-être, de qualité et d’espérance de vie).

Habiter à proximité du trafic routier augmente asthme, maladie cardio et respiratoire

Utilisant une modélisation inédite d’évaluation de l’impact de la pollution atmosphérique, le projet Aphekom démontre qu’habiter à proximité du trafic routier est un facteur majorant dans le développement de pathologies chroniques.
Il a été estimé notamment que, dans 10 villes européennes, le fait d’habiter à proximité du trafic routier pourrait être responsable d’environ 15 à 30 % des asthmes de l’enfant. On pourrait retrouver des proportions similaires ou plus élevées de pathologies chroniques respiratoires et cardiovasculaires fréquentes chez les adultes de 65 ans et plus habitant à proximité du trafic.
Là encore, le coût associé à ces effets délétères n’est pas négligeable : il s’élèverait à 300 millions d’euros par an.

Pollution, il est urgent d’agir au niveau légal

Les législations ont-elles un impact sur la pollution atmosphérique et ses conséquences ? Oui, si l’on prend l’exemple de la réduction des niveaux de soufre dans les carburants décidée par la législation européenne. Elle s’est traduite par une diminution marquée et pérenne des niveaux de dioxyde de soufre (SO2) dans l’air ambiant. Une amélioration à l’origine de la prévention de près de 2 200 décès prématurés, dont le coût est estimé à 192 millions d’euros dans les 20 villes étudiées.
A la lumière de ces résultats, le rapport Aphekom souligne que « la promulgation et la mise en oeuvre de réglementations efficaces dans le domaine de la pollution atmosphérique se concrétisent par des bénéfices sanitaires et monétaires importants. Ils montrent du même coup l’intérêt qu’il y aurait à réguler les niveaux de pollution atmosphérique à proximité du trafic routier »… en particulier concernant les particules fines principalement issues des moteurs diesel.

Sachant que depuis 2005, différents pays de l’Union européenne dépassent les valeurs limites réglementaires pour les niveaux de particules dans l’air ambiant, l’urgence d’une action législative apparaît réelle. La mise en oeuvre des réglementations actuelles est à l’ordre du jour aux niveaux européen et national et l’Union européenne prépare pour 2013 une révision de la réglementation actuelle.

APHEKOM

 Aphekom apporte un nouvel éclairage sur les effets sanitaires et
économiques de la pollution urbaine en Europe

Premières Assises nationales de la qualité de l’air 6-7 avril 2011, Paris

Les Organisateurs étaient : Le ministère de l’Ecologie, du Développement durable, des Transports et du Logement (MEDDTL) et l’ADEM, le ministère de l’Ecologie, du Développement durable, des Transports et du Logement (MEDDTL) et l’ADEME (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie)

Etaient invités : Elus locaux, régionaux, nationaux, représentants de l’administration, de l’Etat et des collectivités territoriales, partenaires européens, syndicats et fédérations professionnels, entreprises, monde agricole, bureaux d’études, associations, chercheurs, universitaires

Selon les récents travaux de l’Organisation Mondiale de la Santé, la pollution de l’air fait partie des principaux problèmes de santé environnementale en Europe. En France, en dépit des différentes actions mises en œuvre par les Collectivités, l’Etat et les Entreprises, les valeurs limites réglementaires de qualité de l’air sont actuellement dépassées dans plusieurs agglomérations.

C’est pourquoi, la mobilisation de tous les acteurs, du plan local au plan national est requise, autour de l’objectif commun d’améliorer la qualité de l’air, en particulier dans les agglomérations et dans les zones sensibles à la qualité de l’air.

L’objectif de ces assises est de créer des dynamiques d’actions pour améliorer la qualité de l’air, et permettre aux décideurs locaux d’inscrire des objectifs ambitieux de gestion de la qualité de l’air dans les politiques territoriales.

Ces Assises sont organisées autour d’échanges d’expérience et de bonnes pratiques en matière de gestion de la qualité de l’air : présentations de solutions performantes et concrètes pour améliorer de la qualité de l’air, tables rondes pour partager les points de vue.

A cette occasion, Nathalie KOSCIUSKO-MORIZET ministre de l’écologie a présenté  le mercredi 6 avril les résultats de la qualité de l’air pour l’année 2010, et annoncé plusieurs avancées sur ce chantier et en particulier la mise en place des »ZAPA »dans plusieurs villes de France dont Lyon et Grenoble.

« Les zones d’actions prioritaires pour l’air (ZAPA) doivent être des moyens de redynamiser  les centres-villes et de favoriser l’émergence de nouveaux  modèles d’organisation de l’espace urbain et de services, tels que  les plates-formes d’éco-logistique pour la livraison de  marchandises en ville. A l’instar du bonus malus pour le CO2, les ZAPA doivent également inciter les constructeurs à concevoir des véhicules de moins en moins émetteurs de particules, c’est avant tout un enjeu de santé publique.», a rappelé Nathalie KOSCIUSKO-MORIZET.

•    Bilan de la qualité de l’air en 2010 et premiers résultats pour 2011:Le bilan 2010 fait état d’améliorations pour certains polluants avec une tendance à la baisse pour le dioxyde de soufre, le monoxyde de carbone et pour les particules PM10, particules fines de diamètre inférieur à 10 micromètres, même si les valeurs limites restent en dépassement sur une partie du territoire. La ministre a rappelé que ces efforts étaient encore insuffisants. Les premières données de 2011 font d’ores et déjà état de plusieurs dépassements journaliers de particules PM10.

Pour reconquérir la qualité de l’air, le plan Particules fixe, à l’horizon 2015 dans le cadre du Grenelle de l’environnement, un objectif ambitieux de réduction de 30 % des particules fines de diamètre inférieur à 2,5 micromètres dans tous les secteurs : traitement des particules et des oxydes d’azote dans les usines, couverture de fosse pour l’agriculture, filtres sur les cheminées individuelles à bois,…

Les actes et vidéos sont en ligne sur : premières Assises de la qualité de l’Air

rappel: dans notre Région vous pouvez consulter le site de atmo rhonealpes qui vous donne en continu l’état de la qualité de l’air de notre Région

Série noire au Japon avec séisme, tsunami et catastrophes industrielles

Vous pouvez trouver des renseignements plus précis sur le site de la CRIIRAD (dont nous sommes adhérents) qui analyse la situation radiologique en continu : CRIIRAD          

Série noire au Japon 18 Mars 2011

Alors que nous vivons depuis le 11 Mars un enchainement extrêmement grave au Japon : à partir d’un séisme, suivi d’un tsunami, engendrant catastrophes technologique, industrielle, et nucléaire, entraînant fatalement des difficultés tant humaines, sociales et qu’économiques, la distance qui nous en sépare nous demande d’agir en observateur , mais surtout en citoyen du monde à l’écoute de ce que les médias veulent bien nous en dire.

Cependant pour l’instant il est très difficile de faire un bilan réaliste de la situation, tant elle est exceptionnelle, tant un sinistre de cette ampleur n’avait même jamais été envisagé.

Les médias locales ont à plusieurs reprises signalé que des rejets radioactifs avaient été émis: Iode 131, Krypton, Césium 137, Strontium, tritium, gaz rares, etc.. mais leur importance en est jusqu’alors inconnue. Par ailleurs la grosse inquiétude provenait tout autant des multiples incendies, que des défauts d’approvisionnement en eau des circuits de refroidissement et tout particulièrement des piscines qui contiennent les barres d’Uranium « usagé » (2000 tonnes dans le réacteur n°2). Nous entrevoyons à cette occasion encore  la complexité à gérer les déchets fortement radioactifs et ce pour des durées très longues.

Dans cette tragédie japonaise, dans la gestion de cette crise majeure  on pourra noter le manque de lisibilité des autorités, des messages et le manque d’informations scientifiques, pourtant bien accepté semble-t-il des populations autochtones.

Alors que faire en France?

Notre pays 3ème puissance nucléaire avec ses 58 réacteurs, n’est pour l’instant pas concerné compte tenu de la distance qui nous sépare du Japon, cependant nous devons rester vigilants.

Les populations vivant dans un périmètre de 5 km autour des installations nucléaires ont été depuis plusieurs années fournis en pastilles d’iode ( Iodure de Potassium) en prévision d’une incident toujours prévisible. En dehors de ceux là ces médicaments sont sous contrôle des services de la Pharmacie des Armées.

Pourquoi l’iode ?

Lors d’une exposition à l’iode 131 radioactif (passage d’un nuage en contenant) la glande thyroïde a tendance à le capter dans l’air, aussi faut-il  saturer cette glande par une prise d’iode stable contenu par exemple dans les pastilles d’iode.

Les personnes les plus exposées sont les enfants, les femmes enceintes et les jeunes adultes. L’ingestion des ces pastilles doit avoir lieu dans les 2 heures précédent l’exposition jusqu’à 6 heures après. Tant que l’exposition persiste la prise la prise doit être renouvelée toutes les 48 h.

En France pour l’instant, notre éloignement géographique ne justifie pas de mesures particulières et en particulier pas de prise d’iode,( qui peut d’ailleurs occasionné des risques suivant les personnes), cependant cela ne signifie pas de ne pas  rester vigilants tant la situation est complexe et les scénarii inconnus.

Annonce de l’arrivée au dessus de la France de la masse d’air contaminée en provenance de la centrale de Fukushima : Article du 23 Mars 2011

D’abord dénommé « panache radioactif, au fil et à mesure de son parcours il a changé de nom, après, il est vrai, au fil des 10 000 kms perdu de son importance, de par sa dilution dans l’atmosphère. Cependant on peut noter surtout qu’il est toujours aussi peu explicite de savoir quelle en était la nature exacte, sa composition, la quantité des radioéléments émis.

Même les autorités en charge de cette connaissance, sur le terrain, ou au niveau international ne semblent pas être en mesure de se prononcer. Depuis le début de cette catastrophe, où d’ailleurs la situation reste précaire et instabilisée, des voix s’élèvent pour dénoncer le manque d’informations disponibles.

Cependant onze jours après l’accident il est clairement démontré que l’eau de mer comme l’eau potable a des taux d’iode radioactif importants, que les légumes à feuilles pour certains sont interdits à la commercialisation et que des doutes de plus en plus évidents persistent sur  les poissons et surtout ceux d’élevage pour ceux qui subsistent. Devant une situation aussi fragilisée il est évident que les produits alimentaires doivent être vivement surveillés, d’ailleurs l’Italie a suspendu les importations en provenance du Japon, quant à la France le Secrétaire d’Etat à la consommation a demandé un renforcement de la surveillance en Douanes.

Quels risques pour la santé des Français?

Devant un nombre aussi important de méconnaissances des quantités, des éléments il est impossible de se prononcer. Néanmoins notre éloignement du Japon nous protège, mais néanmoins nous sensibilise à cette sous-information qui quelque soit le lieu fait planer au dessus des populations des risques plus ou moins importants.

Ce qui reste évidant c’est que désormais le risque «  Tchernobyl » soit reconnu, qu’il soit l’élément de référence alors que 25 ans plus tôt il était «  illusoire » en France. On voit d’ailleurs quotidiennement dans les médias depuis cet accident les autorités françaises ( ASN, IRSN) nous convaincre qu’aucun danger ne nous guette, mais ils ont des difficultés évidentes à convaincre tant les mêmes personnes dans des structures analogues ont en 1986 détourné les informations, pour rassurer les Français.

Reste alors les effets des faibles doses, qui suivant les personnes, leur âge(les enfants sont les plus sensibles), leur exposition peut donner des cancers dus à la radioactivité, mais ceux-ci se déclarent longtemps après l’exposition ce qui permet de ne pas pouvoir faire le lien avec certitude.