Tous les articles par Jacqueline Collard

Des restrictions d’accès aux réseaux sociaux pour les enfants et adolescents

Un nouveau pays s’apprête à limiter l’usage des réseaux sociaux pour enfants et adolescents : il s’agit de l’Australie pour les moins de 16ans.

En France la Loi du 7 juillet 2023 vise à instaurer une majorité numérique à 15 ans  et à lutter contre la haine en ligne promeut des dispositions pour mieux prévenir et poursuivre les délits en ligne, comme le cyberharcèlement et crée le 3018, le numéro vert pour lutter contre ce cyberharcèlement ; 

Selon Surfshark, de nombreux pays tentent de s’attaquer à l’addiction aux réseaux sociaux des plus jeunes,  des restrictions sont actuellement  en vigueur dans 24 pays (en date du 11 mars 2024). En Chine, en Russie, en Corée du Nord, en Iran, au Myanmar et au Turkménistan, ce sont principalement les réseaux sociaux étrangers qui ont été bannis par les autorités, et dans les  pays de la péninsule Arabique – Émirats arabes unis, Qatar, Oman, Yemen, ils restreignent l’utilisation de certains réseaux. L’Agence espagnole de protection des données a également déclaré qu’elle travaillait sur un système d’identification pour bloquer l’accès aux mineurs qui tenteraient de contourner la loi.

Le gouvernement chinois a mis en place des mesures drastiques pour limiter l’addiction aux réseaux sociaux. Depuis 2023, les jeunes chinois de moins de 18 ans n’ont pas accès à Internet entre 22h et 6 heures du matin.

Le 1er ministre australien annonçant cette restriction en ajoutant que les réseaux sociaux étaient « une plateforme favorisant la pression sociale, une source d’anxiété, un canal pour les escrocs et, pire que tout, un outil pour les prédateurs en ligne ». Il a déclaré vouloir que les jeunes Australiens « lâchent leurs téléphones et aillent plutôt sur les terrains de foot et de cricket, de tennis, de volley et à la piscine ».Des enseignements incitant les enfants à réfléchir « de manière critique » à ce qu’ils voient en ligne devraient être adoptés, à l’instar de la Finlande,

La problématique de l’addiction aux réseaux sociaux chez les plus jeunes est de plus en plus prise en compte par les États. Une étude de l’OMS publiée le 25 septembre dernier, révélait qu’en 2022, 11 % des adolescents montraient des signes d’utilisation problématique des réseaux sociaux. Ils n’étaient que 7 % quatre ans plus tôt. Ces adolescents présentaient des symptômes similaires à ceux de l’addiction : incapacité à contrôler son utilisation excessive, sensation de manque et abandon d’autres activités au profit des médias sociaux et conséquences négatives d’une utilisation excessive dans la vie quotidienne.

Adopté le 23 avril 2022 et entré en vigueur le 17 février 2024, le Digital Services Act marque un tournant décisif dans la régulation juridique des réseaux sociaux. L’objet de cette proposition est de mettre fin au régime d’irresponsabilité des plateformes en les obligeant à être transparentes sur leur technique de modération des contenus.

Loi du 7 juillet 2023   https://www.legifrance.gouv.fr/eli/loi/2023/7/7/JUSX2306064L/jo/texte

Le traité sur le plastique est arrivé dans l’impasse

Depuis ce 25 novembre, les délégués de 175 pays négocient en Corée du Sud un traité contre la pollution plastique. La route s’annonce longue avant un réel recul de la contamination de nos écosystèmes.

Depuis le début des négociations à Pusan,(en Corée du Sud), qui devaient aboutir à un traité limitant cette production de plastiques,  l’inquiétude se faisait sentir et ce malgré la  nouvelle mouture du texte proposée , reprenant la proposition du Panama, soutenue par 104 pays, dont ceux de l’Union européenne. Mais un petit groupe d’Etats ( producteurs de pétrole)  militait  eux , pour que le traité se borne à la question de la gestion des déchets et du recyclage. Et c’est avec  pas moins de 220 représentants de l’industrie fossile et chimique qu’ils participaient aux négociations avec comme objectif de s’opposer à toute réduction de  production de plastiques.

Ce n’est pas faute de nécessités que ce traité avait un objectif à atteindre: puisque si l’on s’en tient au rythme actuel, la production devrait doubler d’ici à 2050, pour atteindre un milliard de tonnes par an et représenter 15 % des émissions globales de gaz à effets de serre.

Lors d’une  campagne Vigieplastic Méditerranée menée pendant cet été, l’organisation Expédition MED a en effet mesuré des taux de microparticules de plastique pouvant atteindre les deux millions par kilomètre carré dans certaines zones, soit près du double de ce qui était encore observé en 2018-2019. Et rappeler qu’ un rapport de référence publié en 2020, l’UICN avait évalué qu’environ 229 000 tonnes de plastique étaient déversées chaque année dans les eaux méditerranéennes soit l’équivalent de plus 500 conteneurs par jour, principalement du fait d’une mauvaise gestion des déchets. Sans « intervention significative », ce chiffre pourrait atteindre les 500 000 tonnes par an à l’horizon 2040, selon l’organisation internationale.

Envisager la prolongation de ce processus de négociations s’impose donc, désormais!

 

 

Un rapport sur la présence de pesticides dans l’eau de consommation

Présentation du rapport de l’IGEDD, l’IGAS et le CGAAER :

objet: Prévenir et maîtriser les risques liés à la présence de pesticides et de leurs métabolites dans l’eau destinée à la consommation humaine

Résumé:  La présente mission conjointe s’inscrit dans un contexte nouvellement identifié de dépassements des seuils de qualité pour certains métabolites de pesticides observés dans les eaux destinées à la consommation humaine (EDCH). Cette situation conduit à réinterroger les méthodes de gestion des risques sanitaires en cas de présence de pesticides et de leurs produits de dégradation dans les EDCH, à des seuils dépassant les valeurs réglementaires en vigueur et sur une large échelle.

La mission recommande l’élaboration d’une méthodologie unique d’évaluation de la pertinence d’un métabolite au niveau européen et que la détermination des valeurs toxicologiques de référence soit répartie entre les États-membres sous l’égide de l’Autorité européenne de sécurité des aliments.

Elle préconise que la direction générale de la Santé (DGS) propose aux ARS des règles de gestion communes et s’appuie sur l’avis à venir du Haut conseil de la santé publique s’agissant de la présence simultanée de plusieurs substances. L’ergonomie du site du ministère de la Santé et de la Prévention doit être améliorée, afin que soit publiée sur ce site et chacun des ARS la liste des molécules recherchées avec proposition d’un modèle unique d’info facture détaillé.

Les ARS devront en outre veiller à ce que les PRPDE respectent leurs obligations d’information envers les consommateurs et la mise en œuvre à court terme de mesures curatives. Une réflexion sur le financement et la charge pour le consommateur doit être mes en place. La mission estime que la politique de protection des captages est à refonder grâce à une coordination renforcée entre les services de l’État et que la reconquête de la qualité des EDCH passe par des mesures préventives ambitieuses, à mettre en place d’urgence.

Conclusions
Les résultats du contrôle sanitaire révèlent un nombre croissant de non-conformités des eaux distribuées. En 2022, 61 molécules à l’origine des situations de dépassements récurrents des limites de qualité ou de restrictions d’usages sont récapitulées dans le tableau ci-dessous. Les cinq substances retrouvées le plus fréquemment dans les unités de distribution en situation NC1 et NC2 sont les métabolites de pesticides suivants :

Chloridazone désphényl ;
Métolachlore ESA ;
Chloridazone méthyl désphényl ;
Atrazine déséthyl déisopropyl ;
Atrazine déséthyl

Le rapport :

1- Synthèse (79 pages)

2- Annexes (507 pages)

https://igedd.documentation.developpement-durable.gouv.fr/documents/Affaires-0013548/015411-01_rapport_publie.pdf

 

 

Les foyers de cheminées ouverts mis en accusation et partiellement interdits

Notre pays n’est pas épargné par les restrictions en matière de feu de cheminée, mais elles sont encore partielles.

L’utilisation dans certaines villes est prohibée depuis le 1er octobre 2024. En Île-de-France, il est simplement interdit de se servir d’une cheminée à foyer ouvert comme chauffage principal de son logement. Il en est de même à Lyon ou dans L’Isère, Grenoble et ses alentours, dans le cadre du Plan de Protection de l’Atmosphère, pour 123 communes de l’Isère, dont 49 communes de la Métropole de Grenoble, y compris Échirolles, Saint-Martin-d’Hères et Seyssins, puis ce sera le tour dès le mois d’avril 2025 de la métropole de Saint-Étienne et de cinq communes de Loire Forez, soit 53 communes au total.

En France, le ministère de la Transition écologique avait dressé le même constat dans son rapport de 2021  : la combustion du bois libère divers polluants dans l’air (monoxyde de carbone, oxydes d’azote…), ainsi que des particules fines lorsqu’elles émanent du chauffage domestique, et peuvent provoquer des cancers, des maladies respiratoires et cardiaques, et ce même si le taux de concentration des particules fines est très faible. Et dans le cas de cheminées ouvertes vous êtes en prise directe avec ces polluants. C’est pourquoi afin de profiter de votre cheminée vous devez faire installer un insert aux normes actuelles (flamme verte **) et ainsi bénéficier du spectacle tout en ne polluant pas votre intérieur, ni l’extérieur !

En fait ces cheminées sont inefficaces et polluantes, avec de mauvais rendements dus à une combustion incomplète, et sont responsables de 62 % des émissions de particules fines PM2,5 en France, selon l’ADEME. Selon cette dernière, le rendement énergétique de ce type de chauffage au bois ne dépasse pas 15 %, car la majorité de l’énergie générée par les cheminées ouvertes s’échappe dans l’atmosphère sous forme de fumée et de polluants.

** Le label Flamme Verte https://www.flammeverte.org/flamme-verte/le-label-flamme-verte

Lancé par l’Agence de la transition écologique (ADEME) et les professionnels de la filière du chauffage en bois en 2000, le label Flamme Verte labellise les appareils indépendants : foyers fermés / inserts, poêles, cuisinières et chaudières domestiques fonctionnant au bois bûche, à la plaquette forestière et aux granulés de bois. Le label rassemble aujourd’hui 115 marques et regroupe plus de 6 500 modèles différents. Il représente en France environ 75 % des ventes de ces équipements. Ces produits correspondent à des performances énergétiques et environnementales qui sont contrôlées dans des laboratoires accrédités selon la norme ISO/CEI 17025 et notifiés par la Commission Européenne, dont les essais donnent par ailleurs, accès au marquage CE.

Les COP en échec ? COP 16 sur la biodiversité et COP 29 sur le climat

La COP16 biodiversité s’est terminée à Cali en Colombie, échouant à obtenir un accord sur le financement de la feuille de route que l’humanité s’est fixée pour stopper la destruction de la nature d’ici 2030.

Et c’est maintenant  la COP 29 qui s’achève à Bakou : “Rarement il y a eu si peu d’avancées à une COP, mais on savait que celle-ci serait particulièrement difficile”, note Marta Torres Gunfaus, directrice climat du think tank IDDRI (Institut du développement durable et des relations internationales).

Quant à Gaïa Febvre, du Réseau Action Climat (RAC), elle fait  un constat difficile : « [Continuer] de retarder les négociations internationales visant à enrayer le réchauffement de la planète. Et pour cause, leur modèle économique est en conflit direct avec les objectifs de l’Accord de Paris. » En effet plus de 1 770 lobbyistes des énergies fossiles sont accrédités à la COP29 en Azerbaïdjan, comme  a dévoilé une coalition d’ONG et ils  parasitent  les débats »

Face à des impossibilités d’avancer concrètement et devant la réalité d’un système arrivé à bout de souffle. « Sa structure actuelle ne permet tout simplement pas de réaliser le changement à une vitesse et à une échelle exponentielles, écrivent-ils. Nous devons passer de la négociation à la mise en œuvre. Une vingtaine de leaders climatiques ont appelé à réformer le processus des COP, » En effet sont envisagées sept propositions de refonte  ainsi traduites. La première étant la mise en place de « critères d’éligibilité stricts pour exclure les pays ne soutenant pas la transition vers l’abandon progressif des énergies fossiles ».

Par ailleurs la  voix d’une représentante des pays autochtones s’est fait entendre: «Aujourd’hui, une autre menace pèse sur les quelques milliers d’âmes de notre  communauté : l’extraction d’énergies fossiles. Cette industrie des hydrocarbures détruit la terre, l’air et l’eau, déplore Casey Camp-Horinek, élue autochtone. Et comme nous en dépendons, elle nous tue avec.»

L’un des piliers fondateurs de l’Accord de Paris est la solidarité financière entre les pays développés et les pays en développement, a rappelé Laurence Tubiana, co-responsable du secrétariat du groupe de travail sur les taxes de solidarité et directrice générale de la Fondation européenne pour le climat. D’ici la COP30 à Belém, nous voulons proposer des options concrètes pour que les prélèvements de solidarité mondiaux fournissent de nouvelles sources de financement prévisibles, stables et concessionnelles”.

Et pourtant les États présents à la conférence sur le climat à Bakou se sont engagés, lors de la dernière journée, à verser 300 milliards de dollars par an pour aider les pays en développement à s’adapter au changement climatique à l’horizon 2035. Au bout de la nuit, cet accord sur la finance climatique a certes été obtenu à l’arraché, mais avec une somme bien inférieure à ce qu’il était souhaitable sachant que 7000 milliards servent les énergies fossiles.

Malgré les alertes et les chocs climatiques qui marquent  l’actualité, les pays les plus riches ont choisi une enveloppe minimale pour aider les pays les plus défavorisés, en clôture de la COP29 à Bakou. En conclusion cette COP29 a permis de trouver des accords, certes  décriés, sur les financements et les marchés carbone, les autres sujets concernant la réduction des émissions de gaz à effet de serre (atténuation), le bilan mondial ou les droits humains ont peu progressé voire reculé.