Tous les articles par Jacqueline Collard

Le réchauffement général de la planète se poursuit et tout particulièrement en montagne

Selon un collectif de scientifiques, l’objectif fixé par l’accord de Paris en 2015 ne pourra pas être atteint en raison de l’incapacité des pays à diminuer les émissions de gaz à effet de serre.Il alerte que l’objectif de limiter le réchauffement climatique à 1,5 °C par rapport à l’ère préindustrielle, fixé lors de l’accord de Paris sur le climat il y a dix ans, « n’est désormais plus atteignable ».

Leur étude a été  publiée ce jeudi dans la revue Earth System Science Data et signée plus largement par 61 scientifiques de 17 pays différents.

En rappel le dernier rapport du Giec (le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat)  concluait en Aout 2021  que le dérèglement touche toutes les régions du monde, à un rythme très rapide, et qu’il s’intensifie de manière sans précédent.: celui ci concluait il pour  ce  qui nous attend : des catastrophes climatiques en cascade si nous continuons à brûler des combustibles fossiles à un rythme élevé, mais aussi de changements irréversibles, comme la montée des océans ou la fonte des glaces, quoi que nous fassions: des phénomènes que nous connaissons de plus en plus.

Dans notre région alpine, le réchauffement climatique est plus intense que partout en France , il transforme les Alpes de manière spectaculaire, avec ses paysages emblématiques, ses écosystèmes uniques et ses communautés résilientes, cette région est un témoin direct des bouleversements environnementaux causés par l’augmentation des températures avec des conséquences évidentes.

  • Depuis 1850, environ 60 % du volume total des glaciers alpins ont fondu (IPCC).
  • Si les émissions de gaz à effet de serre continuent au rythme actuel, plus de 90 % des glaciers alpins pourraient disparaître d’ici 2100.
  • Les Alpes subissent de fait une augmentation significative des risques naturels
  • D’ici 2050, près de 40 % des stations situées en dessous de 1500 m pourraient fermer (source : OCDE).

Rapport du Giec en 2021 rédigé par 234 scientifiques de 66 pays, à partir de l’analyse de plus de 14 000 études scientifiques : premier volet de son sixième rapport d’évaluation

Indicateurs du changement climatique mondial 2024: mise à jour annuelle des principaux indicateurs de l’état du système climatique et de l’influence humaine:

Document final révisé (publié le 19 juin 2025)

Clap de fin de l’UNOC, à Nice

La 3e Conférence des Nations unies sur l’océan débouche sur une déclaration politique non contraignante, l’interrogation persiste sur la mise en œuvre des pourparlers de la semaine, puisqu’il n’y a eu que des propositions sans traduction d’obligations fermes. Elle a été précédée  par trois événements spéciaux fort pertinents ,consacrés respectivement à la science, à l’économie et la finance, et aux villes et régions littorales( coalition).

« L’océan est fondamental pour la vie sur notre planète et pour notre avenir, et nous restons profondément alarmés par l’urgence mondiale à laquelle il est confronté », a déclaré le document final de la Conférence (A/CONF.230/2025/L.1), ajoutant également : « Les mesures ne progressent pas à la vitesse ou à l’échelle requises pour atteindre l’objectif 14 et réaliser le programme à l’horizon 2030 [pour le développement durable) ».

Donc un bilan mitigé, avec « des progrès significatifs » liés à la ratification du Traité sur la haute mer et une « déclaration forte » en faveur d’un traité sur les plastiques, cependant  « la stagnation des ambitions françaises sur ses propres aires marines protégées » qui laisse « un goût amer » aux ONG, de même que la mobilisation insuffisante contre l’exploitation des grands fonds marins enjeu politico-économique mondial.

« Dix ans après l’Accord de Paris, la France a de nouveau impulsé une dynamique décisive pour la sauvegarde de notre planète. Des avancées du Traité sur la haute mer à l’aire marine protégée de Polynésie française, l’Unoc a apporté la dernière preuve qu’en travaillant ensemble, de véritables progrès sont possibles. Mais soyons clairs : il reste un travail considérable à accomplir et beaucoup de problèmes restent en suspens », juge John Kerry, ancien secrétaire d’État américain et envoyé spécial pour le climat, qui pointe le chalutage de fond et la pollution due aux combustibles fossiles. La question de la pêche illégale, illicite et non déclarée (INN) n’a pas fait l’objet de grandes annonces durant l’Unoc et pour à l’Accord Fish 1 de l’OMC destiné à mettre fin aux subventions à la pêche illégale, 103 États l’ont aujourd’hui ratifié..

Concernant le Traité sur la haute mer, dit « BBNJ », qui offre un cadre juridique pour les deux tiers des océans qui ne se trouvent pas sous souveraineté nationale, « 56 PAYS l’ont ratifié et 14  ( Il est nécessaire d’obtenir la validation par 60 pays) s’apprêtent à le faire avant le 23 septembre, date d’une cérémonie officielle à New York », s’est félicité Olivier Poivre d’Arvor envoyé spécial du président de la République. Ce qui laisse augurer une entrée en vigueur du traité en janvier 2026 et la convocation d’une première COP Océan à l’automne 2026 à New York. Celle-ci déterminera le secrétariat de la convention, pour lequel Bruxelles mais aussi Valparaiso (Chili) se sont portées candidates.

Durant cet événement  96 États ont présenté  une déclaration commune en faveur d’un traité ambitieux sur les plastiques, à l’approche du nouveau round de négociations, qui doit se tenir en août prochain à Genève, quant aux représentants des États membres de la Convention de Barcelone sur la protection de la Méditerranée ils ont également signé une déclaration  par laquelle ils soutiennent l’adoption du traité et sa mise en œuvre à l’échelle du bassin méditerranéen.« La pollution plastique est un fléau et l’océan en est la première victime. La Mer Méditerranée en particulier étouffe sous le poids de cette pollution. La science nous alerte sur son impact sur le climat, la biodiversité et la santé humaine et nous exhorte à agir.

Déclaration finale : https://press.un.org/en/2025/sea2231.doc.htm

https://www.ecologie.gouv.fr/presse/unoc-3-96-pays-signent-lappel-nice-traite-ambitieux-plastiques

Vigilance avec des niveaux élevés de concentrations d’ozone et de particules fines dans l’air

Sous l’effet d’un ensoleillement important, doublé de fortes chaleurs les capteurs d’ATMO AURA ont mis en évidence une  grande présence d’ozone  , accentuée par  le passage de masses d’air chargées en fumées* en provenance des feux de forêt canadiens (transportées par les vents en altitude)  avec des hausses des concentrations de particules fines PM10 et PM2.5. La qualité de l’air a été dégradée à mauvaise et les seuils d’information recommandation ont été dépassé en PM10 et ozone dans plusieurs départements. La qualité de l’air a été  majoritairement dégradée et localement mauvaise. Des vigilances ont été prononcées

En effet c’est  plus de 200 feux actifs au Canada, principalement dans le centre et l’Ouest, et la moitié d’entre eux sont considérés hors de contrôle, selon le Centre interservices des feux de forêts du Canada (CIFFC). « Cette saison des incendies a commencé plus rapidement, et elle est plus forte, plus intense » que la moyenne, a ajouté la ministre et comme le vent était orienté à l’ouest sur l’océan Atlantique, cet immense panache de fumée est arrivé jusqu’en Europe de l’Ouest et jusqu’en France.

  • Les niveaux de particules fines PM10 demeurent élevés sur tout le quart Sud Est, sous les effets cumulés d’un panache de poussières désertiques en provenance du Sahara et du panache des feux de forêt qui sévissent au Canada ;
  • La situation devrait s’améliorer avec une prévision de pluie

*une fumée composée de particules fines, de composés organiques volatils, de gaz, notamment du dioxyde de soufre, du dioxyde d’azote et du monoxyde de carbone.

https://www.atmo-auvergnerhonealpes.fr/

https://www.atmo-auvergnerhonealpes.fr/actualite/comment-les-fumees-des-incendies-canadiens-impactent-la-qualite-de-lair

La France profite du sommet de l’UNOC pour présenter un plan plastique

L’Europe a fixé un objectif de recyclage du plastique de 50% en 2025 et 55% en 2030, mais « la France n’est actuellement qu’à 26% et ce taux progresse trop lentement » (+1% en moyenne chaque année), a expliqué le ministère de la Transition écologique en présentant son « plan plastique 2025-2030 ».

Sur le plan international néanmoins, la France fait partie des 95 pays qui ont appelé mardi à l’adoption d’un traité international ambitieux qui restreigne la production mondiale de plastique, à l’approche de nouvelles négociations prévues en août sous l’égide de l’Onu

« la France doit chaque année verser à l’Europe plus de 1,6 milliard d’euros pour les 1,9 million de tonnes d’emballages plastiques non recyclés ». Au total, notre  pays produit 4,5 millions de tonnes de déchets plastique chaque année, soit 70 kg par an et par habitant. De 2 millions de tonnes en 1950 la production a gonflé à 413,8 millions en 2023, les plastiques représentant plus de 80% des déchets aquatiques identifiés, selon le baromètre sur l’état de l’océan Starfish.

Pour inverser la tendance, l’État français entend d’abord montrer l’exemple avec la mise en place de la consigne: il « mettra fin à l’achat de bouteilles et d’emballage pour boisson contenant du plastique d’ici 2026 ».

Quant à la stratégie des 3R engagée en 2022 pour « réduire, réemployer et recycler » les emballages à usage unique, « ses ambitions seront renforcées » dans un décret fin 2025, a déclaré le ministère.

Le Plan plastique 2025-2030
Le Plan plastique 2025-2030 vise à prévenir la pollution par les plastiques en étant
créateur d’emplois et facteur de souveraineté de notre pays :
• En travaillant sur tout le cycle de vie, c’est-à-dire les modes de consommation,
l’éco-conception, le geste de tri et le recyclage ;
• En renforçant nos actions sur les emballages ménagers et sur les emballages
professionnels, qui représentent 40% de la consommation de plastique en France ;
• En tenant compte des spécificités des territoires (notamment ultramarins) et en
privilégiant les partenariats et les engagements volontaires pour mobiliser l’ensemble des acteurs ;
• En définissant des trajectoires de performance qui seront mises à jour régulièrement pour tenir compte des évolutions de la conjoncture et donner une meilleure visibilité aux acteurs

En même temps le ministère de la Transition écologique, de la Biodiversité, de la Forêt, de la Mer et de la Pêche, invite les communes côtières engagées à signer la charte « Plages sans déchet plastique ». 111 collectivités ont déjà adhéré à la charte « Plages sans déchets plastique pour des communes littorales éco-exemplaires »

Télécharger Dossier de presse plan plastique 2025-2030

Un sommet décisif à Nice : l’UNOC3

Au fil de la semaine, 10 thématiques seront au cœur du programme. Parmi elles, la lutte contre la pollution plastique, la décarbonation du transport maritime ou encore la coopération scientifique. Selon la Ministre de la Transition écologique, Agnès Pannier-Runacher « L’Unoc constitue une opportunité unique pour affirmer et consolider les engagements que nous avons pris au niveau international », explique le communiqué. Cette troisième édition de la conférence de l’ONU, après New York en 2017 et Lisbonne en 2022, vise aussi à diffuser davantage les connaissances scientifiques auprès des décideurs, selon le gouvernement.Pour agir en faveur de la protection des océans, il faut écouter la science. C’est le message que souhaite faire passer les scientifiques réunis dans le cadre du One Ocean Science Congress (1) (OOSC). Cet événement spécial, co-organisé par le CNRS et l’Ifremer, rassemble quelque 2 300 participants à Nice et précède le segment officiel de la Conférence des Nations unies (Unoc) sur l’océan, (2) qui s’ouvre ce lundi 9 juin. « L’océan est un bien commun de l’humanité,

« Le Pacte européen pour les océans n’est pas un message dans une bouteille à la mer : c’est un plan d’action concret », avait  assuré Costas Kadis, commissaire chargé de la Pêche et des Océans lors de la feuille de route  proposée par l’Union européenne en la matière.

Océans : les dix recommandations de la communauté scientifique proposées aux décideurs politiques : https://one-ocean-science-2025.org/oos2025-recommendations-en.pdf

Janine Adams, Nelson Mandela University (South Africa)
Diva Amon, SpeSeas (Trinidad and Tobago)
Tamatoa Bambridge, Centre National de la Recherche Scientifique (French Polynesia)
William Cheung, University of British Columbia (Canada)
Sanae Chiba, North Pacific Marine Science Organization (Canada/Japan)
Jorge Cortes, University of Costa Rica (Costa Rica)
Carlos Duarte, King Abdullah University of Science and Technology (Saudi Arabia)
Thomas Frölicher, University of Bern (Switzerland)
Jean-Pierre Gattuso, Centre National de la Recherche Scientifique, co-chair (France)
Stefan Gelcich, Pontificia Universidad Católica (Chile)
Jessica Gephart, University of Washington (USA)
Kristina Gjerde, International Union for the Conservation of Nature (USA)
Deborah Greaves, University of Plymouth (UK)
Peter Haugan, Institute of Marine Research (Norway)
François Houllier, Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer, co-chair (France)
Daoji Li, East China Normal University (China)
Mere Takoko, Pacific Whale Fund (New Zealand)
Arthur Tuda, Western Indian Ocean Marine Science Association (Tanzania)
Gattuso J.-P., Houllier F., Adams J., Amon D., Bambridge T., Cheung W., Chiba S., Cortes J.,
Duarte C., Frölicher T. L., Gelcich S., Gephart J., Gjerde K., Greaves D., Haugan P., Li D., Takoko
M., Tuda A., 2025. Recommendations to Heads of State and Government from the Internatio-
nal Scientific Committee of the One Ocean Science Congress, Nice, 3-6 June 2025.
https://doi.org/10.5281/zenodo.14361191
Contact : oosc@one-ocean-science-2025.org

■ Le ministre des Affaires étrangères a alerté lors de l’ouverture du sommet de son inquiétude, Jean-Noël Barrot : « Évitons que l’océan devienne notre pire ennemi »