Tous les articles par Jacqueline Collard

Un livre de référence : Jardiner dans les ruines

Bertille Darragon autrice de l’ouvrage « jardiner dans les ruines » ou

Quels potagers dans un monde toxique ?

Voici le livre de référence pour composer avec les assauts du monde industriel sur nos bouts de jardin, pour mettre les mains à la terre en connaissance de cause.

Cultiver son coin de jardin offre bien souvent une sorte de refuge, surtout dans un contexte de bouleversement écologique profond. Or, le potager n’est pas une oasis coupée du monde. Que ce soit par les airs, les eaux ou le sol, il subit les assauts toxiques de nos modes de vie industriels, qui ont introduit dans l’environnement toute une série d’entités nouvelles issues de la chimie, du « génie » génétique ou de l’extraction.

Jardiner dans les ruines est à la fois un essai sur les principaux contaminants de nos jardins et un manuel pour composer avec notre héritage toxique. Il expose les enjeux écologiques posés par chaque grande famille de contaminants (ozone, dépôts acides, métaux lourds, HAP, pesticides, OGM, plastiques, nanomatériaux, médicaments, radionucléides) et nous indique comment limiter les dégâts sur nos plantes légumières à travers une série de questions très concrètes : comment se passer de plastique ? faut-il essayer de modifier le pH de son sol ? tuer les limaces ?

Telle une voisine de parcelle puisant dans son expérience de terrain, Bertille Darragon fournit une mine d’informations qui nous invitent ultimement à l’action collective et politique. Elle offre un remède à la résignation et au repli sur soi que peut provoquer l’angoisse de l’effondrement écologique. Plus qu’un simple traité de jardinage, Jardiner dans les ruines est appelé à devenir l’ouvrage de référence pour composer avec les assauts du monde industriel sur nos bouts de jardin.

Pour son livre « Jardiner dans les ruines », Bertille Darragon est partie de sa pratique jardinière et de ses lectures sur les limites planétaires pour mener une enquête sur les « entités nouvelles » qui polluent les sols et menacent le vivant. Pesticides, hydrocarbures ou radioactivité, chacun des chapitres fait des allers-retours entre la vie concrète du potager et la littérature scientifique sur la question, entrecoupés de conversations avec son amie Marie où les deux jardinières exposent leurs dilemmes.

ouvrage paru en 2024 aux éditions Ecosociété

https://ecosociete.org/livres/jardiner-dans-les-ruines

Le décret sur la mise en place d’un registre national sur le cancer est paru

Un décret en Conseil d’État fixant les modalités de sa mise en œuvre a été publié.Six mois après le feu vert du Parlement, le projet de Registre national des cancers devient de plus en plus concret.

Le ministère de la Santé et l’Institut national du cancer (INCa) ont annoncé que les modalités de mise en œuvre du projet visant à améliorer les connaissances de l’épidémiologie de la maladie, ont été détaillées dans un décret publié dans le Journal officiel du 28 décembre 2025.

Jusqu’alors la France ne comptait que 33 registres locaux réunissant des données sur les patients atteints de certains cancers ce qui  représentait seulement 24 % de la population française .   Cette nouvelle base de données  a pour objectif de « recueillir les données concernant l’ensemble des cas de cancers sur le territoire afin d’améliorer la connaissance de la maladie, le suivi des trajectoires des patients et l’évaluation des actions de prévention, de dépistage, de prise en charge et de suivi après-cancer ». Nous l’attendions depuis des années.

La centralisation de ces informations permettra de « produire et de diffuser des indicateurs fiables d’incidence et de mortalité, avec des analyses aux niveaux national, régional et infra-régional, et de renforcer les outils de surveillance de l’état de santé des populations », selon le communiqué diffusé le 29 décembre.

Cette  base de données, est une « action majeure de la stratégie décennale de lutte contre les cancers 2021-2030 »,  pilotée par l’INCa. Son déploiement sera « progressif » et effectué en lien avec les différents acteurs de la santé et du numérique.

Connaître pour mieux prévenir, mieux soigner et mieux accompagner. C’est dans cet objectif que la création du registre national des cancers constitue une avancée majeure pour notre pays », expliquent le Pr Norbert Ifrah, président de l’Institut national du cancer et Nicolas Scotté, directeur général de l’INCA.

Décret n° 2025-1366 du 26 décembre 2025 portant création du traitement dénommé « registre national des cancers » prévu à l’article L. 1415-2-1 du code de la santé publique JORF n°0304 du 28 décembre 2025

NOR : SFHP2527473D

Une transformation radicale des usages de l’eau est nécessaire estime le Haut commissariat au plan

Les prélèvements en eau et plus encore les consommations devraient fortement croître entre 2020 et 2050 sauf transformation radicale des usage. Due pour l’essentiel à la hausse de la demande en eau d’irrigation, l’augmentation des consommations devrait se concentrer en période printanière et estivale. Les prélèvements humains viendront accroître cette pression sur les milieux ; un effort de sobriété s’impose.

Enfin, la situation hydrique devrait être amenée à se dégrader entre les horizons 2020 et 2050, non seulement en été, mais aussi en hiver, dans la très grande majorité de la France hexagonale. Il faut voir là l’effet combiné d’une diminution de la ressource en eau et d’une augmentation de la demande en prélèvements et surtout en consommations. Ces constats appellent à planifier dès aujourd’hui les transformations des pratiques qui permettront de limiter les pressions sur les écosystèmes et les conflits entre les différents usages de l’eau.

En témoignent récemment les mobilisations contre les retenues de substitution agricoles, le projet d’extension d’une usine de microprocesseurs dans la banlieue de Grenoble ou encore les prélèvements en nappe pour produire de l’eau en bouteille dans les Vosges.

La seule connaissance de la demande en eau et de ses évolutions potentielles ne suffit pas pour identifier les territoires où des tensions pourraient se faire jour ou s’intensifier. Encore faut-il pouvoir confronter cette demande à la ressource qui sera disponible dans le futur. Un tel exercice est notamment rendu possible grâce aux résultats de l’étude Explore2 de l’INRAE et de l’Office international de l’eau (OiEau)

https://www.strategie-plan.gouv.fr/publications/leau-en-2050-graves-tensions-sur-les-ecosystemes-et-les-usages

Arambourou H. et Ferrière S. (2025), La demande en eau. Prospective territorialisée à l’horizon 2050, France Stratégie, rapport, janvier ; Arambourou H. et Ferrière S. (2025), « Quelle évolution de la demande en eau d’ici 2050 ? », France Stratégie, La Note d’analyse, n° 148, janvier.

Sauquet É., Strohmenger L., Thirel G. et Le Lay M. (2025), Quelles évolutions des régimes hydrologiques en France hexagonale ?, rapport technique Explore2, janvier.

Outre cette note, voir le document associé Arambourou H., Ferrière S. et Gaillot A. (2025), « Confrontation entre la ressource en eau et la demande à l’horizon 2050 », HCSP, Document de travail, n° 2025-03, juin.

Marson P., Corre L., Soubeyroux J.-M., Sauquet É., Robin Y., Vrac M. et Dubois C. (2024), Explore2 – Rapport de synthèse sur les projections climatiques régionalisées, Météo France, INRAE, Institut Pierre-Simon Laplace.

Les données proviennent du portail DRIAS eau

Création du collectif écocitoyen du territoire lyonnais

Nous sommes heureux de vous informer de la validation( en cette fin 2025 ) en préfecture du Rhône de l’institut écocitoyen auquel nous  sommes partie prenante : l’objet vous définira clairement les enjeux à éclaircir

  • Numéro RNA : W691112208
  • N° de parution : 20250051
    N° d’annonce : 1841
  • Titre : INSTITUT ÉCOCITOYEN DU TERRITOIRE LYONNAIS
  • Objet : produire, mutualiser et diffuser des connaissances scientifiques sur les polluants, les contaminations qu’ils génèrent, ainsi que leurs impacts sur la santé humaine, animale et les écosystèmes ; rendre ces connaissances accessibles et actionnables par les parties prenantes, favoriser leur prise en compte aux niveaux politique, législatif et réglementaire, afin de prévenir les risques liés aux pollutions, d’assurer la protection de la population et de contribuer à l’amélioration de la qualité des milieux ; associer les citoyens à toutes les étapes du processus de recherche scientifique, notamment l’identification des signaux faibles et des problématiques en prenant en compte leurs perceptions, et l’interprétation des résultats ; favoriser le dialogue entre les acteurs concernés afin d’être alertés et répondre aux préoccupations légitimes des populations face aux risques environnementaux, sociaux et sanitaires, dans une démarche de transparence, de partage et d’utilisation des savoirs ;
  • l’association mène ses activités en toute indépendance, au service des habitants de la Métropole de Lyon et des collectivités adjacentes, dite « zone d’activité » de l’Institut, mais pourra également utiliser ses connaissances et son expertise pour répondre à des problématiques d’autres territoires
  • Siège social : 14 avenue Tony Garnier Maison de l’Environnement 69007 Lyon 7
  • Date de déclaration : Le 10 décembre 2025
  • Lieu de déclaration : Préfecture Rhône
  • Domaines d’activités :
    • recherche / recherche sur l’environnement et le climat

Un nouveau décret impose de mesurer les PFAS dans l’eau potable

Les PFAS, surnommés « polluants éternels » en raison de leur grande persistance dans l’environnement, sont utilisés depuis les années 1950 dans de nombreux produits du quotidien. Leur présence dans l’eau potable doit être strictement contrôlée, les seuils abaissés et les rejets de PFAS dans l’eau sanctionnés.

Rappelons  que ces molécules chimiques font parties d’une famille de plusieurs milliers de molécules utilisées depuis des décennies dans une large gamme de produits – ustensiles de cuisine, vêtements, cuirs, farts de ski, mousses anti-incendie, pesticides, etc. – pour leurs propriétés antiadhésives, imperméabilisantes, déperlantes. Ils ont progressivement contaminé à des concentrations diverses l’environnement, les organismes vivants et toute la chaîne alimentaire.

Depuis le 1er janvier, les substances per- et polyfluoroalkylées (PFAS), souvent désignées comme « polluants éternels » en raison de leur persistance dans l’environnement, sont interdites en France tout particulièrement dans les vêtements, chaussures, cosmétiques et farts pour les skis. En outre, la recherche dans l’eau potable de 20 de ces molécules est désormais rendue obligatoire dans l’Union européenne – la France a ajouté à cette liste l’acide trifluoroacétique (TFA), le plus répandu des PFAS.

    Le décret n° 2025-1287 du 22 décembre 2025 relatif à la sécurité sanitaire des eaux destinées à la consommation humaine a été publié. Ce décret ajoute deux nouveaux PFAS (substances perfluoroalkylées et polyfluoroalkylées) à la liste de surveillance européenne prévue par la Directive (UE) 2020/2184. Les deux nouveaux PFAS ajoutés sont :

  • L’Acide trifluoroacétique (TFA) : Un PFAS à chaîne courte.
  • Un autre PFAS : le 6-2 FTSA acide 6-2 fluorotelomère sulfonique perfluoré ( C8 H5 F13O3S)

    (moins persistant et bioaccumulable que le PFOS, utilisé comme surfactant et dans les mousses anti-incendies, mais potentiellement immunotoxique.)

  • Objectifs et mesures

    • Surveillance généralisée : À partir de janvier 2026, la surveillance des PFAS dans l’eau potable deviendra généralisée en France, conformément à la directive européenne transposée en droit français.
    • Réduction des rejets industriels : La France vise une diminution de 70% des rejets industriels de PFAS dans l’eau d’ici fin février 2028, avec un objectif ultime de tendre vers la fin des rejets d’ici le 27 février 2030.
    • Seuils ambitieux : La ministre retient le principe de seuils ambitieux, issus du projet d’interdiction des PFAS en cours d’examen au niveau européen, afin de protéger au mieux les Français.
    • Trajectoire nationale de réduction : Un projet de décret définit cette trajectoire nationale de réduction des rejets de PFAS dans l’eau, qui doit tendre vers zéro d’ici 5 ans.

    https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000053158687