Tous les articles par Jacqueline Collard

Un étude de l’Inserm fait le lien entre cancer du sein et exposition aux polluants persistants (POP)

Une étude publiée récemment dans la revue Environnemental International  suggère un lien entre la présence de certains POP dans le tissu adipeux environnant la tumeur et l’agressivité de la maladie.

2 millions de patientes diagnostiquées avec un cancer du sein dans le monde avec une mortalité annuelle de 600 000 morts annuelle a mobilisé une nouvelle équipe de chercheurs français de l’Inserm.

 Le questionnement des chercheurs et médecins français à propos de cancers du sein en   ajoute une autre, non moins importante : les substances POP, omniprésentes à bas bruit dans l’environnement et la chaîne alimentaire, favoriseraient-elles l’agressivité de ces cancers ? « Notre résultat majeur est une augmentation du risque d’atteinte ganglionnaire associée à la concentration de trois POP, avec un risque particulièrement marqué pour les patientes en surpoids, dont l’indice de masse corporel est supérieur à 25, dit Meriem Koual ((AP-HP)). Cette précision est importante car cela concerne environ 50 % de la population. » Un lien avec la taille de la tumeur et le risque de récidive est également suggéré par ces travaux.

Les POP sont des substances de natures et d’usages divers – pesticides organochlorés (DDT, lindane, chlordécone…), résidus de combustion, retardateurs de flamme, agents imperméabilisants, etc. – qui, une fois dans l’environnement, s’accumulent dans la chaîne alimentaire en se stockant dans les graisses. Très stables, ils peuvent rester en circulation pendant plusieurs siècles.Ces trois POP suspectés d’accroître l’agressivité du cancer du sein et identifiés par les chercheurs sont la dioxine dite « de Seveso » (TCDD 2,3,7,8) et deux membres de la grande famille des PCB (polychlorobyphényles). Ces trois substances augmenteraient le risque d’une propagation des cellules cancéreuses aux ganglions lymphatiques, particulièrement chez les patientes en surpoids.

www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0160412019314953?via%3Dihub

Environment International
Volume 132, November 2019, 105028

 

Le projet alimentaire interterritorial (PAIT) de la région alpine se finalise

Le PAIT de la région alpine en cours de construction et les Conseils de développement concernés nous l’ont présenté  avant qu’il ne soit  transmis au dispositif national.

Il s’agit de soutenir l’émergence de nouveaux projets alimentaires territoriaux, tels que définis aux articles L1 et L111-2-2 du Code rural et de la pêche maritime : « Les projets alimentaires territoriaux sont élaborés de manière concertée avec l’ensemble des acteurs d’un territoire et répondent à l’objectif de structuration de l’économie agricole et de mise en œuvre d’un système alimentaire territorial. Ils participent à la consolidation de filières
territorialisées à la lutte contre le gaspillage et la précarité alimentaires et au  développement de la consommation de produits issus de circuits courts, en particulier relevant de la production biologique. »

Le territoire concerné comprend 372 communes dont la commune centre, soit 750 000 habitants, comprenant les communautés d’agglomération du Grésivaudan, de Grenoble Alpes métropole, de celle du pays Voironnais,  du Trièves, des PNR de Chartreuse et du Vercors.

le PAIT est  un outil pour réussir une transition alimentaire avec  pour une gouvernance repensée et partagée intertérritoriale( SAAIT). Une gouvernance partagée a ainsi été mise en place avec des acteurs techniques des acteurs institutionnels, des communes et des EPCI, et enfin des associations

Ce projet est donc  porté par 7 partenaires publics, collectivités,et représentants de la société civile (à travers en particulier des conseils de développement) qui se sont associées pour porter une candidature unique pour des projets alimentaires territoriaux( PAT), conscients de l’importance et de l’urgence à agir. La priorité étant de lutter contre la pression foncière pour permettre une ré-territorialisation du système alimentaire en franchissant les limites administratives.

Les objectifs étant de favoriser la transmission du foncier agricole, de l’emploi agricole en augmentant ainsi les productions locales pour une meilleure qualité alimentaire. Les différents territoires de la région grenobloise (on comprend ceci au sens large associant la Métropole de Grenoble du Voironnais, du Grésivaudan, du Trièves et des 2 PNR limitrophes) ont engagé de longue date, des actions en faveur du développement de l’agriculture, de sa diversification, et de la mise en place de circuits courts de proximité.

http://rnpat.fr/wp-content/uploads/2019/07/rnpat-conf25juin19-obj3pait.pdf

Manque d’activité physique préjudiciable aux adolescents

Une étude parue dans la revue médicale The Lancet Child & Adolescent Health. porte sur 1,6 million d’adolescents dans 146 pays, les chercheurs ont constaté que plus de 80 % d’entre eux ne pratique même pas une heure d’exercice par jour, alors qu’ils passent plus de 4 heures sur un écran. Dans leur vie quotidienne, de nombreux adolescents ne fournissent que très peu d’efforts physiques et tout particulièrement les filles.

Pour parvenir à cette estimation, les chercheurs ont compilé des données recueillies dans le cadre scolaire auprès d’un grand nombre d’adolescents âgés de 11 à 17 ans et résidant dans 146 pays différents. « Ces jeunes ont répondu à des questionnaires sur leurs dépenses physiques au sens large, comprenant le sport mais aussi les déplacements actifs comme la marche ou les tâches domestiques », explique Regina Guthold, de l’OMS, auteure principale de l’étude.

A titre d’exemple, en 2016, la prévalence de l’inactivité physique des jeunes était de 78,4 % en Moldavie, 84,7 % au Pérou, 87 % en France. 87,5 % en Egypte, 93,4 % aux Philippines. De même, selon le dernier­­­­ ­rapport de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), « à 15 ans, seulement 14 % des garçons et 6 % des filles exercent une activité physique quotidienne en France ». Or ce manque d’activités  met en danger la santé des adolescents : « Le manque d’activité physique entraîne un risque accru de surpoids et de maladies chroniques comme le diabète ou les douleurs de dos », détaille Chiara Testera, de la fondation Promotion Santé Suisse. « Pratiquer de l’exercice régulièrement est favorable au développement cognitif et donc à la capacité à apprendre, explique Regina Guthold. C’est aussi propice à l’établissement de liens sociaux. » Enfin, les études suggèrent que les ados actifs ont tendance à le rester à l’âge adulte.

L’Observatoire national de l’activité physique et de la sédentarité (Onaps) a réalisé en 2018 un état des lieux de l’activité physique et de la sédentarité des enfants et adolescents français, le Report Card. « Rarement la littérature scientifique a autant fait la promotion d’un mode de vie sain à tout âge. Pourtant, les statistiques n’ont de cesse de nous alerter sur une diminution de la pratique physique de nos enfants et adolescents, parallèlement à un accroissement toujours plus important de leurs comportements sédentaires », alertait ce document.

Le DAS des équipements radioélectriques sera affiché à partir de juillet 2020

Tablettes, montres connectées, jouets radiocommandés, pour lesquels le DAS  n’était pas transmis aux utilisateurs, ce le sera dans quelques mois!

 Nous nous en réjouissons d’autant que les effets des ondes, les modes de transmissions  de ces appareils sont semblables à ceux des portables trop  souvent oubliés..

À partir du 1er juillet 2020, le débit d’absorption spécifique (DAS) sera affiché sur tous les équipements radioélectriques susceptibles d’être utilisés à proximité du corps humain (jusqu’à 20 centimètres). À ce jour, cette obligation d’affichage ne concerne que les appareils de téléphonie mobile.

Un décret et un arrêté ont été publiés en ce sens au Journal officiel du 17 novembre 2019.

Les valeurs limites autorisées de DAS sont de :

  • 2 W/kg (watt par kilogramme) pour la tête et le tronc ;
  • 4 W/kg pour les membres.

Rappel : l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) a été saisie afin d’évaluer si ces appareils portés près du corps ont des effets sur la santé. et a produit un avis du 21 octobre 2019, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) indique que certaines expertises mettent en évidence des effets biologiques sur l’activité cérébrale en cas d’exposition à un niveau de DAS supérieur à 2 W/kg.

Compléments :

Cancers du cerveau : 4 fois plus de glioblastomes, confirmés en 30 ans

Le Dr Marc Arazi et le Dr Annie  J. Sasco réagissent pour Alerte Phonegate et demandent aux pouvoirs publics une protection de la santé des enfants, des jeunes et des millions d’utilisateurs de téléphones portables.

L’agence Santé Publique France, avec les registres des cancers Francim, des Hospices Civils de Lyon et de l’Institut National du Cancer a publié en juillet 2019 (mise à jour en septembre 2019) les estimations nationales de l’incidence et de la mortalité par cancer en France métropolitaine entre 1990 et 2018. Celles-ci reposent sur la modélisation des données d’incidence observées (nouveaux cas) jusqu’en 2015 par les registres de cancers, complétées par des projections jusqu’en 2018.

Le volume 1 du rapport est consacré aux tumeurs solides (27 tumeurs et 22 sous-types). Entre 1990 et 2018, le taux d’incidence global des tumeurs solides reste relativement stable chez l’homme et continue d’augmenter chez la femme. Dans le même temps, le nombre annuel de nouveaux cas de glioblastomes avec confirmation histologique (un des types de cancer du cerveau les plus agressifs) a été multiplié par quatre et plus pour les deux sexes.

Source Santé publique France 2019

En 20 ans multiplication par 4 des glioblastomes qui touchent tous les âges

Santé publique France estime à 3 481 le nombre de nouveaux cas de ces glioblastomes en France métropolitaine en 2018, dont 58 % chez l’homme. Ils n’étaient que de 823 en 1990.

Source Santé publique France 2019

Les tendances par âge montrent une augmentation de l’incidence quel que soit l’âge et quel que soit le sexe entre 1990 et 2018.

Sources Santé Publique France 2019

Selon Santé Publique France des observations similaires sont constatées aux Etats-Unis où une augmentation de l’incidence des glioblastomes a également été observée dans les années 1980‑1990 en lien avec les progrès diagnostiques. Par ailleurs, une étude australienne rapporte une incidence croissante des glioblastomes confirmés histologiquement sur la période 2000‑2008.

L’exposition aux ondes parmi les facteurs possibles évoqués par Santé publique France

En conclusion de son analyse, Santé Publique France considère que les facteurs extrinsèques qui peuvent jouer un rôle dans l’augmentation de l’incidence du glioblastome pourraient être :

« la radiothérapie cérébrale et peut‑être une exposition intense et prolongée aux pesticides (agriculteurs)[14].
Les dernières études épidémiologiques et les expérimentations animales seraient en faveur du rôle carcinogène des expositions aux champs électromagnétiques [15]«

Devoir absolu de protéger les enfants et les jeunes

Pour le Dr Annie Sasco, médecin épidémiologiste du cancer, ancienne Directrice d’Unité de Recherche au CIRC-OMS:

« L’évolution des taux d’incidence et de mortalité des tumeurs du système nerveux central dans leur ensemble et surtout des glioblastomes au cours des trente dernières années est particulièrement préoccupante. Bien sûr les conduites diagnostiques ont évolué et jouent un rôle surtout pour les personnes les plus âgées. Il n’en reste pas moins une augmentation réelle y compris chez les plus jeunes pour lesquels il est vraisemblable que les modalités diagnostiques ont moins changé que chez les personnes âgées et qui donc peut être liée à des facteurs environnementaux et en premier lieu à l’usage des téléphones portables ou sans fil. Informer le public devrait permettre de ne pas continuer sur cette trajectoire d’augmentation notamment chez les sujets jeunes, avec le devoir absolu de protéger les enfants en ne leur permettant pas d’utiliser un téléphone cellulaire et de façon générale en les protégeant de l’exposition aux champs électromagnétiques»

Urgence pour les pouvoirs publics d’agir face à des dizaines de milliers de morts 

Pour le Dr Marc Arazi, Président d’Alerte Phonegate :

« Durant les 2 dernières décennies ce sont près de 50 000 personnes qui ont été atteintes en France par cette tumeur du cerveau extrêmement agressive et dont la mortalité est très importante. C’est aussi pendant cette période que la téléphonie mobile a explosée et que les industriels nous ont sciemment surexposés aux ondes de nos téléphones portables. Ce scandale industriel et sanitaire porte un nom, le « Phonegate » ! Les pouvoirs publics ne peuvent plus nier les évidences et doivent de toute urgence protéger la santé des dizaines de millions d’utilisateurs.

L’ensemble des éléments sont disponibles en français de la page 316 à 322 du rapport.

[14] Almairac F, Paquis P. L’encyclopédie neurochirurgicale. Glioblastomes. Janv 2015.

[15] Anthony B. Miller, L. Lloyd Morgan, Iris Udasin, Devra Lee Davis. Cancer epidemiology update, following the 2011 IARC evaluation of radiofrequency electromagnetic fields (Monograph 102) Environmental Research. 2018. 167:673-683.