Tous les articles par Jacqueline Collard

Les bioplastiques sont-ils si bio ? Zero Waste explique

L’association  partenaire Zero Waste  France fait le point sur les appellations utilisées pour ces plastiques opportunément qualifiés de “bio” ou de “végétal” et sur leur signification exacte.

Le terme “bioplastique” ne dispose pas à ce jour de définition normée. Il peut donc désigner des matières aux caractéristiques bien différentes : certaines tiennent à la composition de ces plastiques, qui peuvent être fabriqués à partir de matières dites “biosourcées” (des matières issues de la biomasse, considérées comme renouvelables par opposition aux matières fossiles). D’autres caractéristiques tiennent au devenir de ces déchets, qui peuvent être qualifiés de “biodégradables” ou “compostables”. La composition et le devenir du plastique sont deux caractéristiques indépendantes l’une de l’autre,. Autrement dit, un plastique biosourcé ne sera pas nécessairement plus facilement biodégradable, et inversement. Tout dépendra de la structure chimique du matériau

Le terme biodégradable désigne l’aptitude d’un produit à se décomposer et à être effectivement “bio-assimilé” par l’environnement sous l’action de micro-organismes et de facteurs tels que l’humidité, la chaleur ou la présence d’eau. Cependant, l’usage du terme “biodégradable” sur un produit ne dit rien de la vitesse de cette dégradation, ni des conditions particulières, pas toujours réunies, dans lesquelles telle ou telle matière pourra effectivement se “bio”-dégrader. Ainsi, il ne signifie en aucun cas que le produit peut être jeté dans la nature sans conséquences. Fuyez donc plutôt ce terme, qui est souvent surtout la marque d’une démarche marketing de la part de l’entreprise. La loi anti-gaspillage du 10 février 2020 prévoit d’ailleurs d’interdire l’apposition du terme “biodégradable” sur un produit ou un emballage au même titre que l’expression “respectueux de l’environnement”, tout aussi floue !

Le terme biosourcé se rapporte à une autre catégorie de bioplastiques, qui traite cette fois de la composition de la matière et non du devenir du déchet produit. “Biosourcé” signifie que la matière a été en partie ou complètement fabriquée à partir de ressources issues de la biomasse (résidus de cultures agricoles, canne à sucre, pomme de terre…). Cette caractéristique ne présume en rien du devenir du déchet en fin de vie, qui pourra très bien ne pas être biodégradable.

Ainsi la vigilance est de mise sur les alternatives “bio”, “végétales” ou “dégradables” aux plastiques conventionnels. La solution à la pollution plastique se situe bien sûr avant tout du côté de la réduction de notre consommation et du développement d’alternatives réutilisables aux produits et emballages à usage unique. Les bioplastiques sont à ce titre bien loin de constituer une solution “miracle”.

Une association suisse souhaite faire du fleuve Rhône une entité morale pour le préserver

L’association suisse ID-Eau demande de donner la personnalité juridique au Rhône en reconnaissant nos liens d’interdépendance avec le reste du vivant.

Sortir d’une vision du monde trop centrée sur l’homme, nous permettrait d’accepter des innovations juridiques, et de créer des passerelles entre différentes disciplines pour aborder les problèmes de la crise écologique et climatique. Accepter de donner une personnalité juridique à des éléments non humains et de les représenter en justice permettrait de prévenir les dommages que les humains généralement lui font subir.

Plusieurs États dont l’Equateur ou certaines collectivités ont mis en œuvre la personnalité juridique de la nature à travers leur Constitution, la loi ou la jurisprudence.Cela pourrait  se faire en France, l’intérêt à agir existe dans notre droit et le  fonctionnement du droit, et des politiques publiques qui en découlent, n’est pas en mesure aujourd’hui de répondre à des dommages graves infligés à des écosystèmes pour leur valeur intrinsèque. On n’a pas en France l’expertise scientifique mobilisée pour déterminer en quoi les activités humaines menacent l’habitabilité de notre territoire. Cela pourrait donc s’envisager avec une volonté citoyenne et législative.Restons vigilants nous en serions tous avantagés.

L’ECHA publie des informations sur les 400 additifs les plus utilisés dans les plastiques

Plastiques : l’Echa publie des données sur les 400 additifs les plus utilisés

l’Agence européenne des produits chimiques (Echa) annonce avoir cartographié plus de 400 substances utilisées comme des additifs dans les plastiques.

« La liste des informations publiées sur le site Internet de l’Agence est basée sur les fonctions techniques des additifs et les données fournies par l’industrie sur les substances fabriquées ou importées à plus de 100 tonnes par an. »

Ces additifs sont utilisés comme des antioxydants, antistatiques, retardateurs de flamme, plastifiants, pigments, ou encore stabilisants thermiques. La base de données de l’Echa, constituée avec l’aide de 21 industriels, précise notamment les polymères dans lesquels les additifs sont le plus souvent trouvés ainsi que les taux de concentration habituels.

Cette cartographie des additifs les plus utilisés en Europe permettra à l’Echa d’identifier les substances prioritaires pour une évaluation plus approfondie. L’Agence a développé une méthode pour comparer le potentiel de libération des additifs contenus dans les articles en plastique lors de leur utilisation. « Parallèlement aux informations sur les dangers potentiels, les informations sur l’utilisation et les rejets seront utilisées par l’Echa et les Etats membres pour hiérarchiser les groupes de substances en vue d’une évaluation approfondie dans le cadre de Reach. »

L’objectif de ces travaux est d’identifier les informations pertinentes pour déterminer l’usage sûr des additifs dans les articles en plastique, afin de mettre à jour les dossiers d’enregistrement des substances concernées. Les informations collectées pourront aussi aboutir à des  substitutions d’additifs pour réduire les risques.

https://echa.europa.eu/fr/mapping-exercise-plastic-additives-initiative

Les cosmétiques vus par l’INC à la loupe

Le magazine 60 Millions de consommateurs, édité par l’Institut national de la consommation (INC), a publié le 27 août 2020 une étude sur 86 produits de plusieurs catégories d’utilisation, dentifrices, crèmes et gels de douche, vernis à ongle, crèmes hydratantes, fonds de teint, mousses à raser, l’accompagnant d’une évaluation. Difficile de s’y retrouver dans les listes d’ingrédients de ces produits cosmétiques qui garnissent nos étagères et nos trousses de toilette.

Et même si les professionnels considèrent que « Tous les produits cosmétiques mis sur le marché en France sont sûrs, autorisés et contrôlés« , martèle le président de la FEBEA, Patrick O’Quin,, ajoutant que les industriels « réalisent aussi en permanence des efforts considérables de recherche & développement pour développer des produits toujours mieux tolérés, plus efficaces et respectueux de l’environnement« .

L’étude portait sur l’impact potentiel sur la santé et l’environnement de ces substances, au nom souvent imprononçables, entrant dans la composition des produits cosmétiques, du typeButylcarbamate d’iodopropynyl, coumarine, butylphényl méthylpropional, dioxyde de titane…  Cette étude portait sur des  produits de plusieurs catégories , dentifrices, crèmes et gels de douche, vernis à ongle, crèmes hydratantes, fonds de teint, mousses à raser, l’accompagnait d’un « Cosméto’score »  les évaluant d’une échelle de A à E, de « sans réserve d’utilisation » à « utilisation fortement déconseillée, produit contenant trop de substances problématiques« . En fonction des ingrédients indiqués sur l’emballage et de leur impact sur la santé (70% de la note) et sur l’environnement (30%). « Les surprises n’ont pas manqué.

Emmanuel Chevalier, ingénieur à l’INC.a déclaré  « Il s’agit d’une évaluation des risques, et quand on parle d’un produit noté E, cela signifie que l’utiliser va augmenter la probabilité de développer une problématique pour la santé, ou que cela ait un impact sur l’environnement« . Mais « en cas de risque avéré et immédiat pour la santé, on n’aurait pas ces produits sur le marché« , avait expliqué un peu plus tôt à l’AFP la chef de la rubrique Santé – Cosmétique du journal mensuel 60 millions des consommateurs Adelaïde Robert.

https://www.60millions-mag.com/cosmetiques

Le gel hydroalcoolique n’est pas si anodin

Dans les magasins, dans les transports en commun, des distributeurs de gel ou de solution hydro-alcoolique sont mis à disposition du public. Problème, ils sont souvent à hauteur des yeux des jeunes enfants, et il est fréquent de les voir s’amuser avec leur emploi.

Dans ce contexte, l’Agence de sécurité des médicaments (ANSM)a analysé les données disponibles sur l’efficacité des produits hydro-alcooliques (PHA) pour les mains (solutions et gels hydro-alcooliques) et considéré leur place dans les mesures d’hygiène, afin d’orienter le consommateur dans son choix.

L’ANSM recommande l’utilisation de solutions et gels hydro-alcooliques en l’absence de point d’eau disponible.

Après évaluation, elle recommande de privilégier :

  • les produits hydro-alcooliques présentés sous forme de solutions ou de gels testés selon la norme NF EN 14476
  • ou testés sur un virus de la grippe selon la méthodologie de cette norme.

Ces informations doivent figurer explicitement sur l’étiquetage.En l’absence de référence à cette norme sont également recommandés les produits à base: d’alcool éthylique  (ou éthanol)

  • ou d’alcool propylique  (propane-1-ol ou n-propanol)
  • ou d’alcool isopropylique  (propane-2-ol ou isopropanol)

L’Anses alerte sur le risque de projections accidentelles et potentiellement graves.

« Plus d’une dizaine d’enfants ont dû être pris en charge dans différents services d’ophtalmologie français pour des lésions oculaires sévères avec difficulté de cicatrisation », alerte l’Agence nationale de Sécurité sanitaire (Anses). « Au moins 2 d’entre eux ont nécessité une chirurgie sous anesthésie générale. »

Même si cet usage est largement proposé sans beaucoup de discernement, il est préférable que l’usage pour les enfants en soit mesuré et que le recours à un bon lavage des mains au savon de Marseille soit majoritairement conseillé.