Tous les articles par Jacqueline Collard

Une transformation radicale des usages de l’eau est nécessaire estime le Haut commissariat au plan

Les prélèvements en eau et plus encore les consommations devraient fortement croître entre 2020 et 2050 sauf transformation radicale des usage. Due pour l’essentiel à la hausse de la demande en eau d’irrigation, l’augmentation des consommations devrait se concentrer en période printanière et estivale. Les prélèvements humains viendront accroître cette pression sur les milieux ; un effort de sobriété s’impose.

Enfin, la situation hydrique devrait être amenée à se dégrader entre les horizons 2020 et 2050, non seulement en été, mais aussi en hiver, dans la très grande majorité de la France hexagonale. Il faut voir là l’effet combiné d’une diminution de la ressource en eau et d’une augmentation de la demande en prélèvements et surtout en consommations. Ces constats appellent à planifier dès aujourd’hui les transformations des pratiques qui permettront de limiter les pressions sur les écosystèmes et les conflits entre les différents usages de l’eau.

En témoignent récemment les mobilisations contre les retenues de substitution agricoles, le projet d’extension d’une usine de microprocesseurs dans la banlieue de Grenoble ou encore les prélèvements en nappe pour produire de l’eau en bouteille dans les Vosges.

La seule connaissance de la demande en eau et de ses évolutions potentielles ne suffit pas pour identifier les territoires où des tensions pourraient se faire jour ou s’intensifier. Encore faut-il pouvoir confronter cette demande à la ressource qui sera disponible dans le futur. Un tel exercice est notamment rendu possible grâce aux résultats de l’étude Explore2 de l’INRAE et de l’Office international de l’eau (OiEau)

https://www.strategie-plan.gouv.fr/publications/leau-en-2050-graves-tensions-sur-les-ecosystemes-et-les-usages

Arambourou H. et Ferrière S. (2025), La demande en eau. Prospective territorialisée à l’horizon 2050, France Stratégie, rapport, janvier ; Arambourou H. et Ferrière S. (2025), « Quelle évolution de la demande en eau d’ici 2050 ? », France Stratégie, La Note d’analyse, n° 148, janvier.

Sauquet É., Strohmenger L., Thirel G. et Le Lay M. (2025), Quelles évolutions des régimes hydrologiques en France hexagonale ?, rapport technique Explore2, janvier.

Outre cette note, voir le document associé Arambourou H., Ferrière S. et Gaillot A. (2025), « Confrontation entre la ressource en eau et la demande à l’horizon 2050 », HCSP, Document de travail, n° 2025-03, juin.

Marson P., Corre L., Soubeyroux J.-M., Sauquet É., Robin Y., Vrac M. et Dubois C. (2024), Explore2 – Rapport de synthèse sur les projections climatiques régionalisées, Météo France, INRAE, Institut Pierre-Simon Laplace.

Les données proviennent du portail DRIAS eau

Création du collectif écocitoyen du territoire lyonnais

Nous sommes heureux de vous informer de la validation( en cette fin 2025 ) en préfecture du Rhône de l’institut écocitoyen auquel nous  sommes partie prenante : l’objet vous définira clairement les enjeux à éclaircir

  • Numéro RNA : W691112208
  • N° de parution : 20250051
    N° d’annonce : 1841
  • Titre : INSTITUT ÉCOCITOYEN DU TERRITOIRE LYONNAIS
  • Objet : produire, mutualiser et diffuser des connaissances scientifiques sur les polluants, les contaminations qu’ils génèrent, ainsi que leurs impacts sur la santé humaine, animale et les écosystèmes ; rendre ces connaissances accessibles et actionnables par les parties prenantes, favoriser leur prise en compte aux niveaux politique, législatif et réglementaire, afin de prévenir les risques liés aux pollutions, d’assurer la protection de la population et de contribuer à l’amélioration de la qualité des milieux ; associer les citoyens à toutes les étapes du processus de recherche scientifique, notamment l’identification des signaux faibles et des problématiques en prenant en compte leurs perceptions, et l’interprétation des résultats ; favoriser le dialogue entre les acteurs concernés afin d’être alertés et répondre aux préoccupations légitimes des populations face aux risques environnementaux, sociaux et sanitaires, dans une démarche de transparence, de partage et d’utilisation des savoirs ;
  • l’association mène ses activités en toute indépendance, au service des habitants de la Métropole de Lyon et des collectivités adjacentes, dite « zone d’activité » de l’Institut, mais pourra également utiliser ses connaissances et son expertise pour répondre à des problématiques d’autres territoires
  • Siège social : 14 avenue Tony Garnier Maison de l’Environnement 69007 Lyon 7
  • Date de déclaration : Le 10 décembre 2025
  • Lieu de déclaration : Préfecture Rhône
  • Domaines d’activités :
    • recherche / recherche sur l’environnement et le climat

Un nouveau décret impose de mesurer les PFAS dans l’eau potable

Les PFAS, surnommés « polluants éternels » en raison de leur grande persistance dans l’environnement, sont utilisés depuis les années 1950 dans de nombreux produits du quotidien. Leur présence dans l’eau potable doit être strictement contrôlée, les seuils abaissés et les rejets de PFAS dans l’eau sanctionnés.

Rappelons  que ces molécules chimiques font parties d’une famille de plusieurs milliers de molécules utilisées depuis des décennies dans une large gamme de produits – ustensiles de cuisine, vêtements, cuirs, farts de ski, mousses anti-incendie, pesticides, etc. – pour leurs propriétés antiadhésives, imperméabilisantes, déperlantes. Ils ont progressivement contaminé à des concentrations diverses l’environnement, les organismes vivants et toute la chaîne alimentaire.

Depuis le 1er janvier, les substances per- et polyfluoroalkylées (PFAS), souvent désignées comme « polluants éternels » en raison de leur persistance dans l’environnement, sont interdites en France tout particulièrement dans les vêtements, chaussures, cosmétiques et farts pour les skis. En outre, la recherche dans l’eau potable de 20 de ces molécules est désormais rendue obligatoire dans l’Union européenne – la France a ajouté à cette liste l’acide trifluoroacétique (TFA), le plus répandu des PFAS.

    Le décret n° 2025-1287 du 22 décembre 2025 relatif à la sécurité sanitaire des eaux destinées à la consommation humaine a été publié. Ce décret ajoute deux nouveaux PFAS (substances perfluoroalkylées et polyfluoroalkylées) à la liste de surveillance européenne prévue par la Directive (UE) 2020/2184. Les deux nouveaux PFAS ajoutés sont :

  • L’Acide trifluoroacétique (TFA) : Un PFAS à chaîne courte.
  • Un autre PFAS : le 6-2 FTSA acide 6-2 fluorotelomère sulfonique perfluoré ( C8 H5 F13O3S)

    (moins persistant et bioaccumulable que le PFOS, utilisé comme surfactant et dans les mousses anti-incendies, mais potentiellement immunotoxique.)

  • Objectifs et mesures

    • Surveillance généralisée : À partir de janvier 2026, la surveillance des PFAS dans l’eau potable deviendra généralisée en France, conformément à la directive européenne transposée en droit français.
    • Réduction des rejets industriels : La France vise une diminution de 70% des rejets industriels de PFAS dans l’eau d’ici fin février 2028, avec un objectif ultime de tendre vers la fin des rejets d’ici le 27 février 2030.
    • Seuils ambitieux : La ministre retient le principe de seuils ambitieux, issus du projet d’interdiction des PFAS en cours d’examen au niveau européen, afin de protéger au mieux les Français.
    • Trajectoire nationale de réduction : Un projet de décret définit cette trajectoire nationale de réduction des rejets de PFAS dans l’eau, qui doit tendre vers zéro d’ici 5 ans.

    https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000053158687

La liste des substances soumises à la redevance pour 2026 concernant des pollutions diffuses est publiée

La nouvelle liste des substances soumises à la redevance pour pollutions diffuses pour 2026 est publiée . Elle prend en compte la révision de la classification harmonisée des substances figurant dans l’annexe IV du règlement CLP, les avis de classification des substances non harmonisées publiées par l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), ainsi que ceux de l’Efsa (Autorité européenne de sécurité des aliments), ou de l’Agence européenne des produits chimiques (Echa).

Le présent arrêté (Arrêté du 17 décembre 2025 établissant la liste des substances définies à l’article L. 213-10-8 du code de l’environnement relatif à la redevance pour pollutions diffuse) entrera en vigueur dés le 1er janvier 2026.  Il  est pris pour application de la loi n° 2006-1772 sur l’eau et les milieux aquatiques du 30 décembre 2006 (article 84).

la loi n°2006-1772 sur l’eau et les milieux aquatiques,avait Instauré la redevance pour pollutions diffuses (RPD) qui était  perçue par les agences et offices de l’eau lors de l’achat de produits phytopharmaceutiques. La redevance vise les substances dangereuses contenues dans les produits phytopharmaceutiques et a pour objectif d’inciter à une diminution de la pollution des milieux et une diminution de l’exposition des personnes aux dangers qui sont associés aux substances.
L’article L.213-10-8 du code de l’environnement définit l’assiette de la redevance qui repose sur la quantité de substances contenues dans les produits et dont le taux de taxation appliqué dépend du niveau de danger attribué aux substances conformément aux critères de classification définis
dans le règlement (CE) n°1272/2008 du Parlement européen et du Conseil du 16 décembre 2008 relatif à la classification, à l’étiquetage et à l’emballage des substances et des mélanges, modifiant et abrogeant les directives 67/548/ CEE et 1999/45/ CE et modifiant le règlement (CE) n° 1907/2006, dit règlement CLP, ainsi que sur des critères de préoccupation (substance candidate à la substitution, substance présentant un critère d’exclusion) définis dans le règlement (CE) n°1107/2009 du Parlement européen et du Conseil du 21 octobre 2009 concernant la mise sur le marché de produits  phytopharmaceutiques.

https://www.consultations-publiques.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/rpd2026_n-consultationdupublic-3.pdf

Les biocarburants représentent de plus en plus une alternative agricole

D’ici 2030, les biocarburants représenteront la sixième puissance agricole en nombre d’hectares.Les cultures destinées aux biocarburants continuent de s’étendre dans le monde, alors que leur production mondiale émet 16 % de CO2 en plus par rapport aux carburants fossiles qu’ils sont censés remplacer (1 et 2).  D’ici 2030, les cultures agricoles consacrées aux biocarburants occuperont une surface équivalente à la France.

En moyenne, 3000 litres d’eau sont nécessaires pour conduire 100 km avec une voiture alimentée aux biocarburants. Souvent présentés comme une bonne solution environnementale pour les voitures, les poids-lourds et les bateaux, ils profitent d’avantages fiscaux et réglementaires alors qu’ils n’entraînent aucun bénéfice au niveau mondial.

En 2024, en France les biocarburants représentent 10 % de la  consommation primaire d’énergies renouvelables.Les biocarburants consommés dans notre pays  sont principalement issus de cultures pouvant être en concurrence avec l’alimentation (dits biocarburants « conventionnels ») : 78 % pour le biodiesel, en majorité du colza, et 69 % des bioessences, provenant pour moitié du maïs. La consommation de bioessences s’est développée plus progressivement, représentant environ un quart de la consommation de biocarburants. En 2024, elle stagne, la hausse de consommation des bioessences (+ 8 %) compensant la baisse de la consommation des biodiesels (- 3 %). Les mécanismes d’incitation, notamment la taxe incitative relative à l’utilisation d’énergie renouvelable dans le transport, ainsi que le niveau élevé des cours du pétrole jusqu’à l’été 2015, puis de nouveau à partir de l’automne 2021, ont accompagné le développement des biocarburants.

La France est importatrice nette d’esters méthyliques d’acides gras (EMAG) d’origine végétale, animale ou issus d’huiles usagées, qui représentent 88 % de la consommation française de biodiesel et 65 % de celle de biocarburants.

1)https://www.transportenvironment.org/te-france/articles/les-biocarburants-emettent-globalement-plus-de-co2-que-les-carburants-fossiles-quils-remplacent

2)https://www.transportenvironment.org/articles/crop30-why-burning-food-for-land-hungry-biofuels-is-fueling-the-climate-crisis