Tous les articles par Jacqueline Collard

Un livre d’investigation sur la sur-utilisation de l’eau par certains acteurs

Après l’intervention des forces de l’ordre à Sainte-Soline, les auteurs enquêtent afin de mettre en lumière avec quelle complicité cela se déroule.

Le livre de Nicolas Celnik et Fabien Benoit, Les Assoiffeurs nous éclaire  sur ces entreprises qui accaparent l’ eau: un bien commun.

Le 25 mars 2023, à Sainte-Soline, un déluge de grenades s’abat sur les manifestants. Plusieurs personnes restent à terre. Deux tombent dans le coma. Marqués par cet épisode, Fabien Benoit et Nicolas Celnik se lancent dans une vaste investigation et découvrent que les mégabassines ne sont que l’arbre qui cache la forêt.

Ils livrent ici les résultats de leur enquête, menée sur plus de deux ans, sur ces entreprises qui ont fait main basse sur l’eau, ces « assoiffeurs » qui ont privatisé ce bien commun et prévoient désormais de tirer profit de la pénurie qui s’annonce, avec le soutien de l’État.

Cet ouvrage entend mettre à jour les stratégies et plans pensés par ces entreprises pour accroître encore leur emprise en faisant appel au solutionnisme technologique, qui nous enserre collectivement et nous empêche d’enclencher une véritable discussion politique et démocratique sur le partage de l’eau.

Du lobbying en faveur des mégabassines aux efforts des grands acteurs du numérique pour masquer leur consommation d’eau, en passant par les manœuvres des producteurs de PFAS pour vendre des solutions dépolluantes à des prix exorbitants, ce livre-enquête révèle l’ampleur du dévoiement de la « démocratie de l’eau à la française », court-circuitée par des collusions politiques et jeux de pouvoir.

Fabien Benoit
Nicolas Celnik    

Date de parution : 08/04/2026
ISBN : 979-10-209-2369-1
272 pages

La banquise au plus bas particulièrement cet hiver

Les observations satellitaires récentes indiquent que la banquise arctique a atteint, cet hiver, une ampleur maximale exceptionnellement faible.

Selon des données du National Snow and Ice Data Center (NSIDC) reprises par l’Agence France-Presse (AFP) le mercredi 11 mars 2026, l’étendue maximale de la glace de mer arctique a été mesurée à 14,22 millions de kilomètres carrés le 10 mars 2026, contre 14,31 millions de kilomètres carrés atteints le 22 mars 2025.

La diminution de la banquise arctique est une manifestation visible du réchauffement climatique d’origine humaine. L’Arctique se réchauffe plus rapidement que la moyenne mondiale, phénomène qui réduit la formation et la persistance de la glace de mer. Toutefois, il est important de rappeler que l’étendue de la banquise varie naturellement d’une année sur l’autre en fonction de facteurs météorologiques et océaniques (températures, vents, courants, épisodes de chaleur ou de froid)

Les comparaisons montrent une diminution progressive de la réformation hivernale de la glace au fil des décennies, tendance cohérente avec le réchauffement planétaire.

En conclusion, les relevés actuels constituent un signal d’alarme sérieux : l’hiver 2025-2026 pourrait figurer parmi les plus bas en termes d’étendue de banquise arctique.

Les ravages du protoxyde d’azote touchent aussi les installations d’incinérateurs

Ce gaz le protoxyde d’azote  nous avions déjà dénoncé , utilisé par certains comme gaz euphorisant  alors qu’il avait comme utilisation primaire: en médecine pour ses effets anesthésiants et analgésiques, mais aussi en pâtisserie pour confectionner de la crème fouettée, de plus en plus détourné de ces usages.

En France, 6,7 % des adultes de 18 ans à 64 ans ont déjà expérimenté le « proto » en 2023, selon l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives. Vertiges, nausées, perte d’équilibre : les effets indésirables immédiats sont nombreux, et leur gravité s’accroît à mesure que l’usage augmente.

La vente de protoxyde d’azote est interdite aux mineurs depuis la loi du 1er juin 2021, mais souvent est-il acheté sur le web. En Ile-de-France, des arrêtés municipaux et préfectoraux ont été pris pour limiter la consommation dans l’espace public, souvent en vain.

Outre les risques sanitaires mentionnés, les bonbonnes peuvent devenir des bombes à retardement lorsqu’elles passent dans les fours des incinérateurs en n’étant pas complètement vides. Parmi elles, environ « 3 % explosent dans les fours », soit « une à deux explosions par jour »nous annonce un directeur de centre de valorisation de déchets.

D’après le Syndicat national du traitement et de la valorisation des déchets (SVDU), au moins un tiers des incinérateurs français sont désormais concernés par le problème. La perte atteint « entre 35 [millions] et 40 millions d’euros par an pour la filière », révèle Gabriel Volcovschi, secrétaire général du SVDU, qui avait déjà produit un rapport à ce sujet, en 2024. Ainsi la facture s’alourdit rapidement, chaque incident pouvant causer jusqu’à 200 000 euros de dommages. Cette substance cause des arrêts prolongés des incinérateurs et des pertes financières importantes.

Autre problématique à ne pas négliger : Les rejets de ce gaz toxique sont surveillés par les directions régionales de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dreal). « Nous ne pouvons pas dépasser soixante heures d’émissions de monoxyde de carbone par an », rappelle Mme Kuhler. « Mais, à cause des explosions, nous avons atteint cinquante-six heures d’émission dès juillet 2025, et jusqu’à soixante-quatorze heures en décembre », ajoute-t-elle.

Une période de particules fines est annoncée sur l’Europe

Un épisode  de pollution de l’air aux particules fines est attendu sur une partie de l’Europe, dont la France,  particulièrement notable  sur le Nord et l’Ouest. Ce pic de pollution combiné à une forte pollinisation, est un cocktail explosif pour les personnes fragiles.

Selon le service européen Copernicus, la qualité de l’air devrait se dégrader dans les prochains jours sur l’Europe occidentale, en raison des particules fines. L’Allemagne, la Belgique, la France, l’Irlande, les Pays-Bas et le Royaume-Uni sont particulièrement concernés, notamment en lien avec des émissions agricoles multiples. Cette situation intervient dans un contexte printanier habituel.

« Les particules fines ont plusieurs origines : les particules primaires qui viennent du chauffage résidentiel, les activités industrielles, le trafic routier et l’agriculture » on est typiquement sur un épisode qu’on qualifie de printanier, c’est-à-dire à un moment où les niveaux en particules fines augmentent, à cause de la formation du nitrate d’ammonium: nitrate qui se forme à partir des émissions agricoles d’ammoniac, émissions liées aux épandages d’engrais en cours à cette période de l’année, et aux émissions d’oxyde d’azote qui proviennent, elles, du trafic routier, et des activités industrielles. »

En France « l’exposition chronique aux particules fines PM2,5 est responsable d’environ 7 % des décès annuels ». Ils rappellent aussi que « les particules fines et les oxydes d’azote sont impliqués dans de nombreuses pathologies : maladies cardiovasculaires, cancers (poumon, sein…), asthme ou infections respiratoires. De plus n’oublions pas les coûts induits par cette pollution de l’air pour la société, en matière de pertes de production pour les entreprises et en surcroît de dépenses pour l’Assurance-maladie. « Au total, les seules particules fines (PM₁₀) représentent un coût annuel d’environ 13 milliards d’euros pour la collectivité, auxquels s’ajoutent près de 4 milliards d’euros pour le dioxyde d’azote (NO₂) »

plus de précisions sur  le site : http://www2.prevair.org/

Prev’Air est une plateforme nationale de prévision de la qualité de l’air. Elle a été créée en 2004,Ses prévisions sont le fruit du travail d’un consortium réunissant l’INERIS, le CNRS, Météo France et le LCSQA (Laboratoire Central de Surveillance de la Qualité de l’Air), en liaison directe avec les informations fournies par les réseaux de mesure et d’observation gérés par les Associations Agréées de Surveillance de la Qualité de l’air (AASQA)

Le Cirad met en évidence les stocks de carbone des sols et la nécessité de les préserver

Une étude (1) menée par des scientifiques du Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad), parue l’an dernier en juin dans la revue Nature Communications, analyse l’impact des activités humaines sur les stocks de carbone dans les sols avec 230 méta-analyses, représentant 25 000 expérimentations.

Cette étude démontre plusieurs enseignements sur les effets de l’usage des terres, des pratiques agricoles et les effets du changement climatique sur les sols, et qu’il faille préserver les milieux dont les sols riches en carbone, en optimisant les zones agricoles pour augmenter leur potentiel de stockage et obtenir une mobilisation évitant l’artificialisation des sols.

– elle identifie des pratiques agricoles efficaces de gestion des terres pour restaurer le carbone des sols, telles que l’agroforesterie et l’utilisation d’amendements organiques.: ces pratiques limitant les pertes liées au changement d’usage des sols. La conversion d’une forêt en terre agricole entraîne une chute moyenne de 32 % du carbone organique des sols si des cultures annuelles y sont implantées.

Elle identifie des pratiques agricoles efficaces de gestion des terres pour restaurer le carbone des sols, telles que l’agroforesterie et l’utilisation d’amendements organiques.

Référence (1)

Beillouin, D., Corbeels, M., Demenois, J., Berre, J., Boyer, A., Fallot, A., Feder, F., Cardinael, R., 2023. A Global Meta-analysis of Soil Organic Carbon in the Anthropocene. Nature Communications.