Tous les articles par Jacqueline Collard

L’État propose d’atteindre en 2038 les valeurs limites du cadmium préconisées par l’ANSES

En mars dernier, l’Anses a publié une expertise scientifique documentant la sur imprégnation trés forte au Cadmium dans la population française , y compris infantile, alors que que cet élément métallique est classé CMR (cancérogène, mutagène et toxique pour la reproduction) par la voie quasi-exclusive de l’alimentation chez les non-fumeurs.

Le cadmium est largement utilisé par la biais d’engrais phosphatés fertilisants utilisés pour aider à la croissance des végétaux.

 Le règlement (UE) 2019/1009 fixe à 60mg/kg de P2O5 la teneur maximale en cadmium, la France tolère 90 mg/kg, en conventionnel, en bio on redescend à 60mg/kg.

Or l’Anses recommande 20mg, mais ce qui est susceptible d’impacter l’approvisionnement en engrais phosphatés et de complexifier l’épandage des boues tandis que la limitation des flux de cadmium à 2g/ha/an pourrait engendrer des carences en phosphore pour certaines cultures. L’agence sanitaire appelait l’État à appliquer les valeurs limites dans les fertilisants et les consommateurs à réduire la consommation de céréales du petit-déjeuner, gâteaux ou encore biscuits afin de réduire leur exposition.

Selon le rapport de l’IGEDD et du CGAAER, le seuil maxi de 20 mg/kg et le flux maxi 2 g/ha/an impliqueraient « des transformations majeures, tant des circuits commerciaux et des outils industriels de fabrication des engrais, que de la valorisation, voire du changement de traitement des boues », évoquant à ce propos la nécessité d’accroître les surfaces d’épandage, ou bien d’opter pour l’incinération, beaucoup plus coûteuse.

On doit donc abaisser les valeurs limites en cadmium dans les fertilisants. Les valeurs recommandées par l’Anses pour réduire l’exposition des Français à ce cancérogène seront atteintes en 2038. Si un rapport en confirme la faisabilité d’ici-là.

Douze ans: voilà ce qui est  proposé par les pouvoirs publics pour réduire la teneur maximale autorisée en cadmium dans les engrais et boues d’épuration aux niveaux recommandés par l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses). Un projet d’arrêté, mis en consultation par le ministère de l’Agriculture, propose de réduire en trois étapes étalées jusqu’en 2038 la teneur maximale en cadmium de certaines matières fertilisantes et les apports maximaux admissibles de ce contaminant lors de…

ANSES vaste étude d’imprégnation cadmium sur les facteurs d’exposition de la population.

Une pétition est en cours à l’Assemblée nationale pour réduire ces délais au plus vite.

Le Conseil constitutionnel rétablit ZFE et ZAN

Le Conseil constitutionnel a  fait le ménage dans le projet de loi de «simplification de la vie économique»,en rétablissant 2 mesures importantes parmi 25 articles sur 84, soit près d’un tiers du projet de loi, restent  partiellement censurés, «faute d’identifier un lien, même indirect, avec les dispositions du projet de loi initial»

Les «Sages» ont censuré un tiers du projet de loi controversé de «simplification de la vie économique». La suppression des zones à faibles émissions (ZFE) ou les dérogations au dispositif anti-artificialisation ZAN sont abrogées, de même que les mesures affaiblissant des instances de démocratie locale.

Instaurées en 2019 puis étendues en 2021, les ZFE visent à limiter la pollution de l’air en restreignant la circulation des véhicules les plus polluants selon leur vignette Crit’Air. Le dispositif reste toutefois contesté, y compris parmi ses soutiens, qui dénoncent un accompagnement insuffisant pour les ménages modestes contraints de changer de véhicule.Ce dispositif est donc revenu opérant.

Avec cette décision, le Conseil constitutionnel ouvre désormais la voie à la promulgation de la loi, amputée d’une partie de ses mesures les plus contestées.

https://www.publicsenat.fr/actualites/politique/loi-de-simplification-le-conseil-constitutionnel-censure-la-suppression-des-zfe-et-lassouplissement-du-zan

Le réchauffement de la planète s’intensifie : comme en témoigne le rapport ESOTC-2025

Le rapport ESOTC 2025 de Copernicus et de l’OMM met en lumière un réchauffement accéléré en Europe, plus rapide qu’ailleurs sur Terre. Selon ce rapport qui vient d’être publié par le service européen Copernicus (C3S) et l’Organisation météorologique mondiale (OMM), et portant sur l’état du climat en Europe, et intitulé ESOTC-2025, acronyme d’«European State of the Climate», l’Europe a ainsi cumulé les situations climatiques extrêmes, l’an dernier.  Alors que la Terre a déjà franchi le seuil de 1,2°C de réchauffement par rapport à l’ère préindustrielle en raison du dérèglement climatique, l’Europe se retrouve en première ligne, plus que toute autre zone mondiale.

«Les indicateurs climatiques sont assez inquiétants», a affirmé Mauro Facchini, chef de l’unité d’observation de la Terre à la Commission européenne, au cours d’un échange avec des journalistes, à l’occasion de la présentation du rapport ESOTC-2025.
En effet, le rapport note que les vagues de chaleur deviennent omniprésentes, touchant 95% du continent européen, de la mer Méditerranée au cercle arctique. La région de Fennoscandie (Finlande, Suède, Norvège) a enregistré sa plus longue canicule depuis que les relevés météorologiques systématiques existent.

Les océans poursuivent leur échauffement. La température de surface marine autour de l’Europe atteint un pic inédit, 86 % des eaux subissant des vagues de chaleur marines intenses ou extrêmes, accentuant la pression sur les écosystèmes océaniques.

L’Europe du Sud n’a  pas été épargnée : en Turquie, la barre des 50 °C a été franchie, tandis qu’en Grèce, 85% de la population a subi des températures dépassant 40 °C. L’Espagne, le Portugal et la France ont également été durement affectés, durant l’été 2025 : ces températures extrêmes étant corrélés à de vastes incendies: plus d’un million d’hectares sont partis en fumée en 2025, record absolu pour l’Europe.

Selon les prévisions, les glaciers continueront de fondre, quel que soit le scénario d’émissions, menaçant l’accès à l’eau de 2 milliards de personnes qui dépendent de l’eau des montagnes. Le Groenland a, quant à lui, perdu 139 gigatonnes de glaces, contribuant directement à l’élévation du niveau des mers de l’ordre de 4 millimètres.

La sécheresse s’est intensifiée. Environ 70 % des fleuves européens ont vu leurs débits inférieurs à la moyenne, l’un des millésimes les plus arides des dernières décennies.

Cet état des lieux pour l’année 2025 n’est pas sans conséquence. Le changement climatique est bel et bien en place et ne cesse de faire parler de lui. Il s’agit d’une des causes majeures responsables de la dégradation de la biodiversité qui est essentielle pour avoir un avenir durable. De nombreuses politiques prennent conscience de cette relation très étroite entre le climat et la biodiversité et proposent des solutions pour limiter cet impact néfaste du changement climatique : cela fait partie de nos actions de terrain fort nécessaires comme on le voit.

La Fondation des hôpitaux lyonnais alerte sur les phtalates

Les phtalates sont des composés chimiques formés à partir de la réaction entre l’acide phtalique et divers alcools. Leur structure chimique leur permet de se lier facilement aux polymères plastiques, leur conférant cette capacité à ramollir les matériaux, une excellente flexibilité au PVC et une bonne résistance aux basses températures..

Ce sont des perturbateurs endocriniens, ils peuvent interférer dans le fonctionnement du système hormonal. Ces substances chimiques peuvent imiter, bloquer ou modifier l’action de certaines hormones dans le corps, entraînant des effets néfastes sur la santé. en se fixant sur les récepteurs des cellules à la place des vraies hormones.

Une étude internationale publiée le 30 mars 2026 dans la revue publiée dans la revue spécialisée The Lancet Planetary Health vient de mettre des chiffres sur ce que les scientifiques suspectent depuis des années : Les phtalates passent dans le corps des bébés et des enfants. En une année, l’exposition aux phtalates a été associée à près de 2 millions de naissances prématurées dans le monde.et à environ 74 000 décès de nouveau-nés.

Des études ont montré un lien entre une forte exposition prénatale (dans le ventre de la mère) et une baisse du quotient intellectuel, ainsi que des troubles de l’attention, troubles respiratoires, difficultés d’alimentation, paralysie cérébrale, retards de développement, troubles de la vue ou de l’audition.

Mais où sont-ils?  Les phtalates sont présents dans de nombreux produits de consommation courante :

  • Les produits en PVC souple : revêtements de sol, rideaux de douche, jouets ;
  • Les emballages alimentaires : films plastiques, contenants ;
  • Les produits cosmétiques : parfums, vernis à ongles, lotions ;
  • Les dispositifs médicaux : poches de perfusion, tubulures, gants médicaux ;
  • Les produits automobiles : tableaux de bord, garnitures intérieures ;
  • Les câbles électriques et les fils isolés ;
  • Les vêtements et chaussures : impressions plastifiées, semelles ;
  • Les produits d’entretien : détergents, désodorisants ;
  • etc.

À l’heure actuelle, plusieurs phtalates  (  Benzyle Butyle Phtalate (BBP) ; le Di (2-EthylHexyl) Phtalate (DEHP) ; le DiButyle Phtalate (DBP) ; le DiIsoButyle Phtalate (DIBP), sont classés comme substances extrêmement préoccupantes (SVHC) et sont inscrits à l’Annexe XIV du règlement REACH,

L’information de la présence de ces produits est totalement insuffisante pour protéger en particulier les jeunes enfants.

Les phtalates : Définition, risques et alternatives

1) The Lancet Planetary Health – Global burden of preterm births and neonatal deaths attributable to phthalate exposure

[2] anses.fr – Les phtalates

Des rapporteurs des droits sociaux de l’ONU interpellent le gouvernement sur les PFAS

Les médias nous informent : quatre rapporteurs spéciaux des Nations unies interpellent le gouvernement sur des « violations présumées des droits humains » liées à la pollution aux PFAS (substances per- et polyfluoroalkylées) dans la « vallée de la chimie », au sud de Lyon, et lui demandent de « prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer la protection des droits et des libertés des populations concernées ».

Rappelons que  près de 200 riverains de la plateforme chimique d’Oullins-Pierre-Bénite (Métropole de Lyon), avaient procédé à des analyses sanguines des riverains, qui démontrent des niveaux élevés de concentration en polluant éternels, et « renforcent leurs inquiétudes » en soulignant l’impact négatif que la consommation d’eau et d’aliments (fruits et légumes, œufs) contaminés peut avoir sur « les droits des habitants de la région à bénéficier du meilleur état de santé possible ». Ils  avaient assigné le Tribunal de Lyon à propos des Entreprises Arkema, et Daikin de la plate-forme du Sud lyonnais  suspectés d’être à l’origine de la plus importante zone de pollution aux PFAS identifiée à ce jour en France et où résident plus de 200 000 personnes.

Ces rapporteurs de l’ONU renchérissent donc des conséquences sanitaires occasionnées par ces expositions inquiétantes et  alertent de la nécessité de faire appliquer le droit  à un environnement sain,  le droit à l’alimentation,  les droits à l’eau potable et d’interdictions de substances toxiques.