Tous les articles par Jacqueline Collard

Les approches climat et biodiversité ne doivent plus être disjointes

A partir du constat désolant de la Cop 30 qui n’a débouché que sur des éléments minimalistes, oubliant non seulement de déterminer la fin des énergies fossiles, on pouvait espérer que le thème de la déforestation si tangible en Amazonie fut mis au premier plan : il n’en a rien été !

Or le changement climatique et la perte de biodiversité ne sont pas deux crises séparées, mais les deux faces d’un même déséquilibre planétaire, les solutions fondées sur la nature démontrent que la meilleure technologie de capture du carbone reste un écosystème en bonne santé. C’est donc la restauration des sols, la reforestation raisonnée, la protection des zones humides ou encore l’agroécologie qui doivent être promues : ces pratiques stockent du carbone, préservent la biodiversité et réduisent la vulnérabilité des sociétés face aux aléas climatiques.

Et pour cela on peut s’appuyer sur le dernier rapport de l’IPBES, dit « Nexus », qui élargit encore la perspective. Il montre que les liens entre climat et biodiversité s’étendent à d’autres dimensions : alimentation, eau, santé humaine. Ces systèmes sont intimement liés : détruire des écosystèmes pour intensifier la production alimentaire nuit à la qualité de l’eau ; la pollution des milieux aquatiques affecte la santé ; les zoonoses émergent des déséquilibres entre humains et faune sauvage, ainsi il faudrait envisager une approche intégrée – croisant climat, nature, agriculture et santé – permettant  d’identifier des co-bénéfices et d’éviter les effets rebonds.

L’IPBES souligne l’importance de la création de mécanismes permanents de dialogue entre décideurs publics, chercheurs et acteurs économiques. Une gouvernance décloisonnée ne signifie pas la dilution des responsabilités, mais au contraire leur mise en cohérence.

Rapport de l’IPBES, dit « Nexus » :

https://www.agenda-2030.fr/IMG/pdf/20241216_media_release_nexus_french_embargoed_final_1_.pdf

Le rapport des maladies professionnelles est rendu public

Les statistiques de l’Assurance Maladie pour 2024 montrent une hausse de 6,7 % des maladies professionnelles.Ce rapport annuel présente les chiffres de la sinistralité pour les risques accidents du travail, accidents de trajet et maladies professionnelles, ainsi que les éléments d’équilibre financier de la branche et les prestations versées pour l’année 2024.

Où se situent les plus fortes hausses ? Elles sont constatées parmi les cancers hors amiante (+ 18,6 %), dont les cancers de la prostate provoqués par les pesticides (+ 125,9 %), les affections psychiques (+ 9 %), les pathologies liées à l’amiante (+ 8,5 %) et les troubles musculosquelettiques (TMS, + 6,6 %). Mais l’augmentation globale des maladies professionnelles est essentiellement due à cette dernière hausse car les TMS représentent près de 90 % des maladies professionnelles.

Les secteurs d’activités connaissant l’indice de fréquence de maladies professionnelles le plus élevé sont le secteur « Bois, ameublement, papier-carton, textile, vêtement, etc. » (5,4), suivi par les secteurs « Services, commerces, industries de l’alimentation » (3,5) et « Chimie, caoutchouc, plasturgie » (3,4).

« Le nombre de maladies professionnelles psychiques a plus que doublé par rapport à 2020, passant de 840 à 1 805 en 2024 », met en évidence ce rapport.

https://www.assurance-maladie.ameli.fr/etudes-et-donnees/2024-rapport-annuel-assurance-maladie-risques-professionnels

Décret n° 2025-236 du 12 mars 2025 révisant et complétant le tableau de maladie … https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000051325046?init=true&page=1&searchField=ALL&tab_selection=lawarticledecree

La convention citoyenne sur les droits de l’enfant aborde sa dernière journée

Les 140 membres de la convention citoyenne sur les temps de l’enfant (tirés au sort, comme pour les autres conventions climat et fin de vie) ont travaillé, pendant six mois, sous l’égide du Conseil économique social et environnemental (CESE) et viennent de rendre leur rapport final.

La Convention citoyenne permet un débat nécessaire sur un sujet fondamental : les besoins de l’enfant avec pour objectif de formuler des propositions réalistes pour améliorer les temps de la vie quotidienne des enfants.

Elle faisait suite au rapport de la Cour des Comptes de mai ayant comme intitulé : L’enseignement primaire – Une organisation en décalage avec les besoins de l’élève.

Un panel de 20 enfants et adolescents contribue aux travaux de la Convention citoyenne. Car ils sont les premiers concernés, il est essentiel de leur donner la parole, de recueillir leurs expériences et de partir de leurs besoins et usages. En savoir plus sur le panel d’enfants et d’adolescents.

Des ateliers dans les territoires ont été menés pour illustrer la diversité des lieux de vie et son impact sur les temps de la vie quotidienne de l’enfant. En savoir plus sur les ateliers dans les territoires .

Il s’en suit plusieurs pistes d’actions que nous évoquons brièvement :

  • Constat des temps de l’enfant fragmentés et inadaptés sans articulations
  • Repenser un modèle de société  pour le bien-être des enfants
  • Transformation globale des temps de l’enfant (retour à la semaine de 5 jours, 2 semaines de vacances et 7 semaines de cours, socle commun d’apprentissages élargi)
  • Assurer une meilleure coordination  nationale cohérente entre école, périscolaire, éducation populaire, santé, culture, familles etc.
  • Mettre en place un plan de mobilité jeunes
  • Écrans et numérique : appliquer et renforcer la législation
  • la parentalité doit être pensée comme le pilier d’une politique de l’enfance globale

Lire le rapport de la Convention citoyenne

https://conventioncitoyennetempsenfant.lecese.fr/    Présentation et vote du rapport final

Ciqual : une nouvelle version de la composition nutritionnelle des aliments

La table Ciqual, qui fait référence à la composition nutritionnelle des aliments en France, vient d’être mise à jour. Laure Du Chaffaut et Marine Oseredczuk, chargées de la table Ciqual à l’Anses, nous présentent les principales nouveautés et les coulisses de cette actualisation d’envergure.

Gérée par l’Anses, la table Ciqual est en libre accès et sert au quotidien à de nombreux utilisateurs dont :

  • les diététiciens et nutritionnistes, pour établir des régimes adaptés, par exemple pour orienter les personnes souffrant d’anémie vers des aliments riches en fer ;
  • les industriels de l’agroalimentaire, pour élaborer l’étiquetage nutritionnel de leurs produits ;
  • les particuliers ayant des carences ou des régimes spécifiques à suivre.
  • La table Ciqual compte désormais 3 484 aliments et 74 constituants. Cette actualisation reflète mieux la diversité des aliments disponibles en France.
  • Au total, plus de 113 000 nouvelles données de qualité ont été intégrées. Il s’agit d’une mise à jour massive et particulièrement robuste.
  • Marine Oseredczuk : » Ces données sont très utiles pour connaître les apports nutritionnels de la population française, en les combinant aux enquêtes de consommation, comme Albane par exemple ».

Météo France publie une carte des îlots de chaleur urbains (ICU)

Début octobre, Météo-France a publié une carte des îlots de chaleur urbains (ICU) pour 47 agglomérations françaises.Le phénomène d’îlot de chaleur urbain (ICU) se manifeste par des températures nocturnes plus élevées en milieu urbain que dans les zones rurales voisines. C’est une mesure relative, exprimée en degrés : on parle par exemple d’un îlot de chaleur de +3 °C

Ces cartes révèlent ainsi les différences de températures entre les centre-villes et les périphéries plus rurales.La carte interactive présente les villes étudiées dans le projet MApUCE (2015-2019), coordonné par Météo-France, qui a modélisé numériquement l’îlot de chaleur urbain en calculant la température de l’air à une résolution de 250 mètres, selon les caractéristiques urbaines locales. Il s’agit d’une approche complémentaire à la cartographie par zone climatique locale (LCZ) qui se limite à localiser les formes urbaines les plus sensibles à l’ICU, sans quantification du phénomène.

« Ces valeurs correspondent à l’îlot de chaleur urbain maximal observé après une journée d’été fortement ensoleillée », souligne Météo-France qui précise aussi que ces données peuvent être « encore amplifiées lors des épisodes caniculaires ».

En France, les villes concentrent plus de 80 % de la population et une grande partie des activités socio-économiques. Elles sont particulièrement vulnérables aux effets du changement climatique, avec des impacts conséquents sur les conditions de vie, la santé des populations, les infrastructures et les inégalités territoriales.L’existence de ces cartographies anticipatrices du changement climatique permet aux décideurs et acteurs locaux d’avoir des éléments importants en matière de prospective et d’aménagement du territoire.

https://meteofrance.com/le-changement-climatique/quel-climat-futur/changement-climatique-quel-impact-sur-les-vagues-de