Tous les articles par Jacqueline Collard

La réduction de l’utilisation des smartphones a-t-elle un impact sur l’activité physique ?

C’est à cette question qu’une enquête épidémiologique a été conduite à Brest sur 490 personnes, l’étude portait sur  l’impact de la réduction de l’utilisation des smartphones d’une heure par jour pendant une semaine sur l’activité physique.

 Les participants ont été recrutés au moyen d’une campagne médiatique intitulée « Mettons fin au défi de nos smartphones », qui a été menée au CHU de Brest. Les questionnaires ont fait l’objet d’une large publicité et des candidats de toute la France ont pu y participer. Les données correspondant à l’activité physique ont été recueillies avant et après le défi, à une semaine d’intervalle, au moyen d’un questionnaire en ligne.

Actuellement,  de nombreuses études existent  avec des niveaux élevés de preuves qui mettent en évidence les dangers pour la santé associés à l’inactivité physique et au comportement sédentaire.Globalement, le comportement sédentaire affecte tous les pays. Le temps moyen consacré aux activités sédentaires dans de nombreux pays est estimé entre 8,5 heures et 10,5 heures par jour. Cette période sédentaire est directement liée à une augmentation de la mortalité toutes causes confondues . Ces comportements sont influencés par un certain nombre de facteurs environnementaux et culturels, tels que la dépendance à l’écran.

Les résultats sont les suivants :

Sur les 490 participants, 126 (25,7 %) ont réussi à relever le défi et ont réduit le temps passé sur leurs smartphones de plus de 60 minutes. Parmi ces 126 participants, 112 personnes (89%) ont augmenté leur activité physique. La proportion de patients atteignant une augmentation de 500 et 100 pas journaliers était statistiquement significative dans le groupe, atteignant une réduction de l’utilisation du smartphone de 60 minutes par rapport au reste. Ainsi , 75% des volontaires n’ont pas réussi ce défi, ce qui montre à quel point il est difficile pour beaucoup de décrocher de son smartphone, c’est une vraie addiction. Par contre, pour les 25% qui y sont parvenus, le nombre de pas quotidiens a été augmenté de plus de 800.

L’usage excessif du smartphone attaque les trois piliers de la santé que sont le sommeil, l’alimentation et l’activité physique,_ a affirmé le Dr Yannick Guillodo, médecin du sport, coauteur de cette étude, et cofondateur de l’Université citoyenne de prévention santé au CHU de Brest.

En bref une réduction du temps passé à utiliser des smartphones se traduit par une augmentation du nombre moyen de pas quotidiens. Limiter le temps libre passé sur les écrans est une stratégie potentielle pour traiter l’inactivité physique et un mode de vie sédentaire.

https://journals.plos.org/plosone/article?id=10.1371/journal.pone.0311248

Le Steunf A, Page E, Guillodo Y, Saraux A (2024) La réduction de l’utilisation des smartphones a-t-elle un impact sur l’activité physique? PLOS ONE 19(10): e0311248. https://doi.org/10.1371/journal.pone.0311248

Posons-nous les questions pertinentes à propos de l’I.A (intelligence artificielle générative)

Le numérique est de plus en plus présent dans nos vies personnelles et professionnelles sans que nous prenions conscience des impacts à court, moyen et long terme. Or que l’on soit citoyens actifs ou retraités, étudiants ou élèves nous sommes sollicités par l’engouement frénétique pour les nouvelles technologies numériques dont l’I A est le fer de lance. Mais alors comment ne pas songer aux data centers qui en sont le point crucial. Des chiffres éloquents pour alimenter nos réflexions dont les projections sur l’IA parlent d’ un avenir à 4 800 milliards de dollars.

92 % des données des pays occidentaux sont stockées aux États-Unis , même si dorénavant les grands acteurs du numérique et d’Internet cherchent donc à localiser en Europe les data centers relatifs à leur activité. On a déjà dans notre pays 43% des infrastructures qui sont en Ile-de-France, suivie par les régions Auvergne-Rhône-Alpes et PACA, et nous nous situons au 8ème rang mondial derrière les géants que sont  les USA (plus de 5000 data centers) et la Chine.

Depuis ces dernières années, les projets de data centers en France sont plus gros, plus nombreux (ils sont déjà plus de 300 sur le sol français) et ils demandent un raccordement direct sur le réseau de transport RTE. Le bilan prévisionnel de RTE publié en 2023 table sur un triplement de la consommation d’électricité des data centers d’ici à 2035, puisque entre les serveurs informatiques et les systèmes de refroidissement, les data centers sollicitent en continu d’énormes demandes électriques. De plus en plus certains soulèvent la question de l’empreinte énergétique des usages de l’intelligence artificielle, qui pourrait atteindre 10% de la production énergétique française. Mais dans ce cadre il ne faut pas oublier l’empreinte carbone du numérique attribuée à  46 % pour notre pays.

Ne pas omettre non plus l’empreinte eaux face à ce nécessaire refroidissement permanent. Elle est restée largement sous estimée alors que la demande mondiale d’IA devrait représenter 4,2 à 6,6 milliards de mètres cubes de prélèvements d’eau en 2027, soit plus que le prélèvement annuel total de 4 à 6 le Danemark ou la moitié du Royaume-Uni.

On assiste aussi à une demande exponentielle de câbles sous-marins, avec la consommation énergétique qui explose au niveau mondial et sans réelle régulation et d’informations transparentes. Notre vigilance s’impose.

Le plan interministériel sur les écrans mis en stand-by

Malgré de nombreuses alertes qui font suite à des enquêtes opinion et des groupes de réflexion émanant des instances gouvernementales pour certains, et face à une inquiétude, doublée d’une urgence sanitaire et une demande sociétale émanant de plus de 70% de la population, ce plan  d’action interministériel est suspendu.

Selon les résultats de l’enquête menée par Radio France auprès de 1000 personnes, l’inquiétude et la demande de mesures d’interdictions pour protéger les enfants des écrans semblent partagées par l’ensemble de la population : jeunes comme seniors, hommes comme femmes, cadres comme ouvriers.

En avril soit un an après la remise du  rapport commandité par l’Elysée pourtant édifiant, une feuille de route avait été définie, avec comme première étape le lancement d’une grande campagne de sensibilisation et de formation à destination des parents, du grand public, et des acteurs du secteur de l’enfance. Le nom de la Haut-commissaire à l’enfance, ancienne ministre déléguée chargée de l’enfance, de la jeunesse et des familles, Sarah El Haïry, avait été évoqué pour piloter le plan interministériel, pour s’arrêter brutalement.

Contactée, la coprésidente de la commission d’experts, la neurologue Servane Mouton, évoque une situation de blocage « incompréhensible » : « Après la réunion début avril j’ai pensé que la mise en application de nos préconisations était vraiment à l’ordre du jour. Malheureusement, il n’y a pas eu de suite à la mesure de l’ampleur des enjeux sanitaires et sociétaux, que nous avons pourtant largement documentés ». Même son de cloche du côté du professeur Amine Benyamina : « C’est la rentrée. Il y a une demande forte des familles et c’est vrai qu’il y a de la frustration de voir que nos préconisations ne sont toujours pas mises en œuvre alors que nous savons exactement ce qu’il faut faire ».

Autre contradiction majeure : Alors que, selon de nombreux experts, les écrans constituent un problème de santé publique majeur, l’industrie du numérique bénéficie de subventions publiques importantes et développe des partenariats avec la recherche pour faire rentrer les écrans à l’école.

Restons donc vigilants !

Extrait du rapport d’avril 2025 réalisé par Harris interactive sur “Les Français et l’interdiction des écrans aux enfants”

rapport d’experts sur l’impact sanitaire commandité par l’Elysée : https://www.elysee.fr/admin/upload/default/0001/16/06a9854b34d98bb3e4fbf72b2b28ed3b0dd601a1.pdf

Une cartographie des risques d’inondations en France

L’Institut national de l’information géographique et forestière (IGN) vient de publier une cartographie du risque inondations : risque le plus probable en France.

Un Français sur quatre vit dans une zone exposée. « On a voulu montrer l’étendue de ce risque d’inondation, ce qu’il est devenu au fil du temps avec le changement climatique et comment on peut le combattre », explique Sébastien Soriano, directeur général de l’IGN.     « Cette cartographie 3D va être rentrée dans différents modèles comme Vigicrues pour prévoir les écoulements, les inondations et donc aménager le territoire en conséquence », précise Swann Lamarche, chargé de relations partenariales à l’IGN. Avec la hausse des températures, les nuages ont tendance à emmagasiner davantage d’humidité et leur pouvoir de précipitation s’accroît de 7% dès que la température de l’atmosphère augmente de 1°C, rappelle l’Institut.

C’est ainsi que L’IGN vient de publier cette nouvelle édition de son Atlas « Cartographier l’anthropocène » sur la thématique de la prévention des risques : en effet les données nous aident à comprendre, à anticiper et à renforcer notre résilience collective face au risque inondation, utilisant  la fiabilité des systèmes de vigilance  pour modéliser le risque et construire les scénarii les plus réalistes, afin d’accompagner les populations et les décideurs.

https://www.ign.fr/atlas-cartographier-anthropocene-2025-risque-inondation

Une enquête parlementaire révèle les effets perturbants de la plateforme Tik Tok chez les jeunes

6 mois de travaux de la commission d’enquête parlementaire ont permis de mettre en évidence les effets psychologiques de TikTok sur les mineurs qui sont accablants. 

 178 experts, acteurs et témoins, ont été auditionnés  pour un recueil de plus de 30 000 réponses dans le cadre d’une consultation citoyenne. Les propos des parlementaires sont édifiants :

« C’est une entreprise qui se fiche de la santé mentale de nos jeunes, déclare la députée d’Ensemble pour la République Laure Miller. Ils ont beau dire, chez TikTok, qu’ils y attachent beaucoup d’importance, ils ne font pas les efforts qu’ils pourraient facilement faire. » Dans son avant-propos, le président de la commission, Arthur Delaporte (Parti socialiste), abonde : « Le verdict est sans appel : cette plateforme expose en toute connaissance de cause nos enfants, nos jeunes, à des contenus toxiques, dangereux, addictifs. »

L’algorithme de TikTok, propriété du groupe chinois ByteDance, ne se base pas sur ce que l’utilisateur aime, mais ce sur quoi il « reste le plus longtemps », ce qui aboutit à mettre en avant « les contenus les plus trash »,  le « modèle économique et algorithmique » du réseau social est « construit pour capter l’attention à tout prix, notamment celle du jeune public », écrivent les députés.« La motivation première de TikTok n’est pas le bien-être de ses utilisateurs, elle a pour finalité unique le profit ».

Une loi française sur la majorité numérique, adoptée à l’été 2023, exige déjà une autorisation parentale pour l’accès des moins de 15 ans aux réseaux sociaux, mais elle n’est jamais entrée en application jusqu’à présent faute de certitude sur sa conformité au droit européen.

De ces faits, les rapporteurs demandent l’interdiction des réseaux sociaux, hors messageries, aux moins de 15 ans et un « couvre-feu numérique » pour les 15-18 ans. Telles sont les principales recommandations de la commission d’enquête parlementaire, en mettant l’accent sur les répercussions psychologiques .

https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/organes/autres-commissions/commissions-enquete/tiktok