Tous les articles par Jacqueline Collard

La COP 30 réitère la nécessité de réduire les émissions de méthane

Après avoir été déjà évoqué lors de la Cop 26 de Glascow en 2021, comme à la Cop 28 en 2023 à Dubaï,  le méthane se retrouve une nouvelle fois en pleine lumière, brandi comme un levier incontournable et prioritaire.

Il est depuis mis en avant afin de « réduire à presque zéro » les émissions de méthane liées aux énergies fossiles. Une décision soutenue par la Coalition pour le climat et l’air pur (CCAC), une initiative internationale au sein du programme de l’ONU pour l’environnement et saluée par l’Agence internationale de l’énergie comme « une étape essentielle vers une action mondiale coordonnée pour le climat« .

« Les concentrations de méthane dans l’atmosphère ont augmenté plus rapidement que jamais au cours des cinq dernières années« , une vitesse « plus rapide que celles prévues par les scénarios du Giec [Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat] », relève l’Institut Pierre-Simon Laplace,( spécialisé dans la recherche en sciences de l’environnement) et « à ce jour, nous n’avons pas encore réalisé de décroissance des émissions de méthane à l’échelle mondiale », souligne l’institut.

Quelles sont les caractéristiques du méthane (CH4) :  il est incolore et inodore mais l’un des gaz à effets de serre parmi les plus réchauffants 84 fois plus que le dioxyde de carbone (CO2) et d’une durée de vie de 20 ans.  A ce jour, il aurait contribué à environ 30% du réchauffement climatique depuis l’ère préindustrielle, selon les Nations unies.

Quelle en serait la provenance ?  On le connait plus souvent comme son émission lors des pets des ruminants mais il a d’autres provenances moins médiatisées. Les activités humaines sont responsables de la pollution au méthane avec d’autres secteurs : en 2022, 36% étaient liées à l’agriculture (élevage et riziculture), 33,7% à l’énergie (compagnies pétrogazières), 17,9% aux déchets et 2,5% à la combustion de biomasse, selon l’Agence internationale de l’énergie. 

Or depuis 2023 il devient plus aisé de diagnostiquer à distance les fuites de méthane puisque mesurées par satellite et par avion : en effet c’est 3 029 fuites qui ont été recensées dans 49 pays différents. Les six pays présentant le plus grand nombre de fuites sont les Etats-Unis (840), le Turkménistan (358), l’Inde (307), la Chine (246), la Russie (197) et le Pakistan (190). En conséquence, cela  devrait faciliter la réduction impérative de fuites de méthane.

L’Anses met l’accent sur la sinistralité des agents de nettoyage

Agents du nettoyage : faire évoluer leurs conditions de travail pour mieux protéger leur santé

 L’Anses met l’accent sur une  forte sinistralité  observée dans la filière du nettoyage : les accidents du travail et le taux de maladies professionnelles reconnues sont plus fréquents et d’une gravité plus importante que dans tous les autres secteurs. Les maladies professionnelles sont principalement des troubles musculosquelettiques, près de deux fois plus fréquents que chez l’ensemble des salariés en France. Les licenciements pour inaptitude sont également deux fois plus fréquents. Ces constats sont corroborés par différentes enquêtes nationales ou études qui documentent un mauvais état de santé général plus fréquent de ces travailleurs par rapport à d’autres secteurs.

Avec un travail essentiel mais souvent invisibilisé, celui des agents du nettoyage les expose à de multiples risques professionnels : intensité physique du travail, horaires décalés, travail isolé, produits chimiques, agents biologiques.

En plein coeur de la Cop 30

Dix ans après l’Accord de Paris, la conférence de Belém doit mesurer l’écart entre promesses et réalité, dans un contexte géopolitique tendu et face à une planète qui franchit le seuil symbolique de +1,5 °C. Quinze jours de négociations internationales sur le climat ont débuté  à Belém le 10 novembre, aux portes de l’Amazonie brésilienne. Cette année, les États signataires de l’Accord de Paris étaient tenus, comme tous les cinq ans, de renforcer leurs engagements nationaux de réduction des émissions — appelés contributions déterminées au niveau national (NDC) dans le jargon diplomatique. Objectif : maintenir le réchauffement planétaire en dessous de 1,5 °C par rapport aux niveaux préindustriels.

Or les émissions de CO2 dues spécifiquement aux énergies fossiles devraient établir un nouveau record en 2025, révèle le 20ème bilan du consortium de scientifiques Global Carbon Project, (le rapport) Dix ans après l’Accord de Paris, l’objectif de limiter le réchauffement à 1,5 °C est désormais inatteignable. « Nous avons échoué », a même déploré le secrétaire général de l’ONU,  Antonio Guterres.

Et de plus c’est 1 600 lobbyistes des énergies fossiles qui ont été autorisés à participer à la COP30 : ce chiffre témoigne une nouvelle fois du poids écrasant de l’industrie des hydrocarbures dans les négociations climatiques internationales. Ces émissaires « sont nettement plus nombreux que presque toutes les délégations nationales », excepté celle du Brésil: pays hôte , déplore la coalition d’ONG Kick Big Polluters Out à l’origine du décompte. Parmi les multinationales représentées à la COP30 figurent des géants pétroliers et gaziers comme ExxonMobil, BP et TotalEnergies. Du côté du pays hôte, c’est la présence de Petrobras qui interpelle. D’autres lobbies que ceux des fossiles ont envahi les couloirs de la COP30,  notamment, celui de l’agro-industrie.

La COP30 risque  on le perçoit bien, une fois encore  faire l’impasse sur une question cruciale de la lutte contre la crise climatique : l’abandon des énergies fossiles: du greenwashing assuré,  d’autant  que certaines souvent accusées de déforestation illégale, ont  sponsorisé la couverture de la COP.

Cependant  et c’est une  première , la question de l’intégrité de l’information figure à l’ordre du jour officiel d’une COP. Guilherme Canela, directeur à l’UNESCO pour l’inclusion et la transformation numériques, y voit une étape majeure. Le Fonds mondial pour l’intégrité de l’information sur le changement climatique, créé dans le cadre de l’initiative, a déjà reçu 447 propositions provenant d’une centaine de pays. Doté d’un financement initial d’un million de dollars versé par le Brésil, il soutient une première série de projets – dont près des deux tiers dans les pays en développement.

Pour la 1ère fois aussi, des milliers de militants et d’indigènes se sont rassemblés pour une grande marche à Belem même, afin de demander aux négociateurs de la Cop , réunis dans cette ville d’Amazonie brésilienne jusqu’au 21 novembre, d’écouter leurs revendications pour la défense du climat.Leurs revendications: « Nous sommes venus ici pour défendre le climat. Aujourd’hui, nous vivons un massacre avec notre forêt qui est en train d’être détruite ». »Nous espérons que les dirigeants mondiaux réunis à la COP30 prendront en considération notre existence et respecteront nos droits, en tant que véritables gardiens de la forêt, car il n’y a pas de solution à la crise climatique sans les peuples de la forêt. »

Une fois encore l’espoir de cette Cop est pourtant réduit,  et comme le déclare Cyril Dion dans un entretien avec l’AFP, la diplomatie climatique qui réunit les dirigeants mondiaux, lors des COP, évite « le fond du problème » qui est nos modes de vie.

Le potentiel oxydant : nouvel indicateur de la pollution de l’air

La pollution atmosphérique est un problème invisible, mais bien réel, mais dont les connaissances s’affinent. Et pour s’attaquer à ce problème, il faut  mesurer ses divers composants.

C’est le travail de Cécile Tassel, doctorante à l’Université Grenoble-Alpes, et Gaëlle Uzu, directrice de recherche à l’Institut de recherche pour le développement (IRD). Ces géochimistes de l’atmosphère sont à l’origine d’une étude inédite tout juste parue dans la revue« Nature ». Elles y présentent un indicateur pour mesurer les dommages causés par les particules fines jusqu’ici peu utilisé : le potentiel oxydant.. En réunissant des données issues de 43 sites répartis dans toute l’Europe, les chercheuses ont constitué la base de données la plus complète jamais réalisée sur le sujet.

En 1996, en France, la loi sur l’air et l’utilisation rationnelle de l’énergie (dite loi Laure) a rendu obligatoire la mesure des particules fines, et l’indicateur réglementaire de référence a depuis lors été la concentration massique des particules en fonction de leur diamètre. La France était à l’époque pionnière, et l’UE s’est beaucoup inspirée de cette loi pour élaborer la directive européenne. Ces données sont bien sûr capitales, car nos poumons sont censés ne voir entrer et sortir que des flux de gaz lors de la respiration. Mais ces particules fines, de par leur taille, peuvent entrer dans les poumons et perturber le fonctionnement de ces organes. La taille est donc bien sûr très importante, comme la fréquence répétée d’exposition à ces particules.

Pour avoir donc plus d’informations sur les caractéristiques physiques et chimiques des particules et leur dangerosité pour la santé, elles ont utilisé un autre indicateur : le potentiel oxydant.Cet indicateur permet de mesurer le stress oxydatif dans les poumons.Les deux principales sources de stress oxydatif sont le trafic routier et le chauffage au bois.

Du côté des institutions, ce nouvel indicateur a été recommandé dans la nouvelle directive européenne sur la qualité de l’air, fin 2024.

L’étude parue dans Nature https://www.nature.com/articles/s41586-025-09666-9

l’Institut des géosciences de l’environnement (UGA Isère)

Des associations dénoncent un rapport entaché de reformulations

Plusieurs ONG dénoncent, dans une lettre ouverte adressée le 6 novembre au Premier ministre Sébastien Lecornu, les agissements du Ministère de l’Agriculture dévoilés le 30 octobre dans le journal du Monde.

En effet selon des sources sures, le rapport du Haut-Commissariat au plan défavorable aux pesticides, aurait été revu et corrigé avant d’être publié,  par ce ministère,  dans des conditions qui font scandale. Des pressions hiérarchiques sur les auteurs (menace de sanction, signalement aux ressources humaines), «demandes d’ajout ou de suppression de certains passages, reformulations» auraient été  commises.

« Ces interventions sont extrêmement préoccupantes. Elles portent atteinte à la crédibilité des institutions publiques, au droit des citoyens à une information indépendante et à la sécurité sanitaire nationale. C’est un signal d’alerte politique », écrivent les cosignataires, parmi lesquels figurent Générations futures, Secrets toxiques et Alerte des médecins sur les pesticides.

Le dit rapport : strategie-plan.gouv.fr/publications/les-politiques-publiques-de-sante-environnementale