Tous les articles par Jacqueline Collard

S’éduquer à la nature plutôt que de s’y « reconnecter »

L’auteur de cette tribune parue dans « Reporterre »: Dimitri de Boissieu est écologue de formation et éducateur à la nature et à l’environnement. Selon lui, c’est déjà l’enjeu de l’éducation à la nature, qui, par son approche globale, porte aussi un véritable projet de transformation sociale et écologique.

Affirmer qu’il est nécessaire de « se reconnecter à la nature », c’est aussi faire le constat implicite que nous en sommes tous déconnectés. L’objectif recherché derrière l’expression est de combler un déficit, d’alerter sur une dérive, celle qui voit nos existences se dérouler essentiellement entre quatre murs, de moins en moins en contact avec le dehors.

L’idée à laquelle nombre d’éducateurs-trices à l’environnement sont attaché.e.s, c’est l’alternance des approches pédagogiques : sensorielle, physique, scientifique, ludique, artistique, imaginaire… L’éducation nature valorise aussi la connaissance. Observer avec précision, savoir décrire les choses, acquérir une culture naturaliste, comprendre les cycles du vivant… Ces acquisitions de savoirs nécessitent de s’inscrire dans la durée.

Cette diversité permet de toucher chaque être dans sa propre sensibilité. L’objectif éducatif ultime est de permettre l’émancipation des personnes, de les rendre débrouillardes, autonomes, capables d’esprit critique, en mesure de vivre en société et de prendre en compte la fragilité de notre monde. C’est rendre les humains à même de faire des choix, de s’engager et d’influer sur notre destin collectif.

L’éducation à l’environnement s’est construite sur l’idée que l’établissement d’une solide relation affective des femmes et des hommes avec la nature est une condition préalable indispensable à tout changement social et environnemental significatif. Parler de connexion à la nature permet d’acquérir plus d’audience pour sensibiliser aux effets néfastes du manque de nature. Mais ne perdons pas de vue que l’éducation nature, par son approche globale, va bien au-delà d’un sentiment retrouvé de lien au vivant et aux éléments. Elle porte un véritable projet de transformation sociale

Le nageur infatigable a fait la chasse aux microplastiques

Benoît Lecomte, nageur qui a traversé pour la première fois l’Atlantique à la nage en 1998, s’est confronté en juin 2019 au “continent de plastique” du Pacifique avec un périple de plus de 500 kilomètres. Il en a étudié le comportement et a ouvert les yeux sur un problème largement insidieux voire nocif.
Au cœur de cette zone de plusieurs millions de kilomètres carrés qui n’a de “continent” que le nom, la densité en morceaux de plastique de toute taille y est particulièrement élevée, du fait des courants marins tourbillonnants. On estime ainsi qu’ils s’y concentrent 1800 milliards de déchets à 99% de microplastiques. Ces microplastiques agrémentés des microfibres (issues de nos vêtements), sont des fragments de moins de 5 millimètres de longueur, qui sont bien entendu l’enjeu majeur de ce travail de sensibilisation.
“Le plastique a cette propriété d’être comme une éponge, pour les produits chimiques par exemple”, explique-t-il. « Or la nature, reprenant toujours ses droits, finit tôt ou tard par coloniser le moindre déchet flottant dans la mer, l’utilisant comme un récif » et c’est le cas en particulier de la faune et flore présentes.
Ainsi ces microparticules imprègnent les coquillages et les poissons et c’est de cette manière qu’ils sont intégrés dans la chaine alimentaire qui est la nôtre : les humains en étant au sommet.
Nous voyons que l’expérience de notre nageur nous en dit long, de la prolifération des plastiques qui envahissent nos océans et c’est sans compter les microparticules qui tapissent de plus en plus les fonds marins, que seuls les observateurs des grands fonds sont en mesure de nous rapporter.

Consultation sur la révision de la directive de l’air ambiant

La Commission européenne lance jusqu’au 14 janvier 2021 une consultation sur la révision de la réglementation de l’UE relative à la qualité de l’air ambiant en se fondant sur une évaluation réalisée en 2019. Cette règlementation est constituée de la directive du 15 décembre 2004, concernant l’arsenic, le cadmium, le mercure, le nickel et les hydrocarbures aromatiques polycycliques dans l’air ambiant et de la directive du 21 mai 2008 concernant la qualité de l’air ambiant.

Cette consultation a pour objectif de recueillir l’avis des parties intéressées concernant :

  • le degré de sensibilisation aux problèmes liés à la qualité de l’air en général et plus particulièrement, la connaissance des dispositions des directives sur la qualité de l’air ambiant
  • la question de savoir, si et comment, les directives sur la qualité de l’air ambiant ont contribué à améliorer la qualité de l’air en Europe
  • la question de savoir si les dispositions des directives sur la qualité de l’air ambiant restent pertinentes, efficaces, efficientes et cohérentes avec les autres politiques nationales et de l’UE et quelle est leur valeur ajoutée européenne.

Vous pouvez participer à cette consultation publique en remplissant le questionnaire en ligne disponible sur le site EU Survey.

L’Union européenne a déposé ses nouveaux engagements climat pour 2030 et 2050

L’Accord de Paris de 2015 visait à maintenir le réchauffement sous les +2°C, si possible +1,5°C par rapport à l’ère pré-industrielle et donc nécessitait que chaque signataire doive déposer avant fin 2020 une version révisée de ses engagements en matière de lutte contre les dérèglements climatiques, appelés « contribution déterminée au niveau national » (NDC).

Or en ce 31 décembre, moins de la moitié des Etats ont soumis leurs nouveaux engagements avant la date limite sur le site de l’ONU qui les enregistre. Au 1er janvier 2020 environ 70 Etats sur près de 200 ont déposé leurs nouveaux engagements climatiques et surtout, ce ne sont  pas forcément ceux qui sont  les plus émetteurs de gaz à effet de serre.

Ainsi, selon la dernière évaluation du groupe Climate Action Tracker (CAT), les 49 Etats, dont les 27 de l’Union européenne, qui avaient déjà déposé leur nouvelle contribution mi-décembre ne représentaient que 23,7% des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Le 18 décembre, l’Union européenne et les 27 États-membres avaient eux, soumis à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (Ccnucc), leurs nouveaux plans d’action climatique.  Faire de l’Europe le premier continent climatiquement neutre d’ici à 2050, tout en stimulant l’économie, en améliorant la santé et la qualité de vie des citoyens, en préservant la nature et en ne laissant personne de côté. » tels sont les objectifs très ambitieux poursuivis par le  « Pacte vert pour l’Europe » qui ont été proposés  par la Commission européenne dès le 11 décembre.

Face aux catastrophes climatiques qui se multiplient, le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a encore plaidé dans son message du Nouvel An pour plus d’ambition climatique. « Construire une coalition pour la neutralité carbone d’ici 2050 sera au coeur de l’ambition des Nations unies en 2021″, a-t-il déclaré.

La DGCCRF a enquêté sur la conformité des jouets

La Direction générale de la concurrence, de la consommation et des fraudes (DGCCRF) vient de rendre une vaste enquête sur de nombreux jouets vendus en France. En tout, 760 jouets ont été analysés en laboratoire.

Les vérifications ont été faites à toutes les étapes de la chaîne de commercialisation.Un certain nombre de dangers ont été relevés comme la présence de petits éléments dans les jouets destinés aux enfants de moins de 3 ans,  l’accessibilité des piles-boutons ou bien encore l’inflammabilité des costumes de déguisement… « Les résultats d’analyses concluant à la non-conformité et à la dangerosité des jouets prélevés atteignent un taux de 16% », explique la DGCCRF. Dans son enquête, celle ci met en garde contre les petits fabricants artisanaux, auto-entrepreneurs, discounteurs et leur méconnaissance de la réglementation obligatoire en matière de sécurité, tout comme l’absence de traçabilité des jouets qu’ils commercialisent.

L’enquête menée l’an dernier a donné lieu à plus de 10 000 actions de contrôles dans 3 254 magasins. Les anomalies constatées sont très diverses, du simple problème d’étiquetages à des manquements qui peuvent s’avérer beaucoup plus dangereux. Certaines des anomalies relevées ne présentent pas de risque réel pour les enfants, parfois il s’agit de seuls problèmes d’étiquetage ou d’utilisation abusive de certaines mentions.

À la suite de ces contrôles, plus de 117 000 produits ont été détruits. Parmi eux, 32 962 peintures aux doigts, 20 270 slimes, 14 363 peluches, ou encore 9 700 déguisements. La DGCCRF a également fait part de manquements de sécurité pour les trampolines à usage familial.

Il faut également se méfier de la vente en ligne: les jouets ont tendance à être moins conformes en ligne que ceux vendus en magasin, alerte -t-elle. “Nous avons constaté, pour certains jouets, des taux de non-conformités qui pouvaient atteindre plus de 75%”, averti Romain Roussel, directeur de cabinet à la DGCCRF.

Communiqué de presse