Tous les articles par Jacqueline Collard

L’Hypersensibilité électromagnétique (EHS) débattue au Parlement européen

L’hypersensibilité électromagnétique (EHS), également appelée intolérance environnementale idiopathique attribuée aux champs électromagnétiques (IEI-EMF), est une condition définie par l’attribution de divers symptômes non spécifiques à l’exposition à des champs électromagnétiques d’origine humaine.

Les recherches et les publications d’une douzaine de scientifiques, venant de toute l’Europe, ont été présentées suivies d’un  débat sur les options politiques. Une grande partie de la controverse scientifique et médicale sur la causalité de l’EHS réside dans l’absence de critères cliniques et biologiques reconnus pour le diagnostic. Les hypothèses explicatives vont de l’effet psychologique « nocebo » à la sensibilité individuelle, les réponses individuelles aux CEM dépendant des propriétés génétiques et épigénétiques de chacun. D’autres experts universitaires préconisent d’envisager une « déficience fonctionnelle » ou un syndrome neurologique, ou encore des systèmes de désintoxication perturbés par le stress qui sont saturés par un stress oxydatif excessif.

Quelles options de santé publique et de politique inclusive peuvent être privilégiées pour soutenir les personnes EHS et améliorer leur qualité de vie ?

Un lien peut vous permettre de revoir ces échanges variés et structurés : https://youtu.be/_NcIgFPQ 

https://youtu.be/_NcIiUHgFPQ

Le nouveau plan déchets (PNPD) 2021-2027 est relancé

Aujourd’hui, nos modes de production et de consommation génèrent plus de 320 millions de tonnes de déchets en France par an et seulement un million de tonnes de produits et de déchets font à ce jour l’objet de réemploi ou de réutilisation.

Le plan national de prévention des déchets (PNPD), prévu à l’article L. 541-11 du code de l’environnement, vise à fournir une vision d’ensemble des orientations stratégiques de la politique publique de prévention des déchets, et décline les actions à mettre en œuvre pour y parvenir.Il répond en outre aux dispositions des articles 29 et 30 de la directive européenne 2008/98/CE relative aux déchets qui prévoient que chaque État membre établisse, tous les 6 ans, un programme de prévention des déchets.

Le PNPD, publié en 2014 et couvrant la période 2014-2020, étant arrivé à son terme, un nouveau plan ( le 3ème) est destiné à traduire les objectifs et les mesures de prévention pour la période 2021-2027 est ainsi proposé.Il intègre  les nombreuses réformes engagées en matière d’économie circulaire depuis 2017 dans différents textes législatifs, réglementaires ou programmatiques, notamment les textes suivants :

  •  la feuille de route économie circulaire publiée en avril 2018 ;
  •  la loi du 30 octobre 2018 pour l’équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et alimentaire et une alimentation saine, durable et accessible à tous ; en particulier pour ce qui concerne les dispositions relatives à la lutte contre le gaspillage alimentaire (loi EGAlim) ;
  •  la loi du 10 février 2020 relative à la lutte contre le gaspillage et à l’économie circulaire (loi anti-gaspillage) ;
  •  la loi du 22 août 2021 portant lutte contre le dérèglement climatique et le renforcement de la résilience face à ses effets (loi climat et résilience).
  • Le présent projet de PNPD est structuré en 5 axes, et contient 47 mesures qui visent à réduire l’ensemble des flux de déchets ménagers, et les déchets des entreprises.

https://www.vie-publique.fr/consultations/287764-projet-darrete-plan-national-de-prevention-des-dechets-2021-2027

Le rapport sur les PFAS (perfluorés) publié

Le ministre de l’Écologie, Christophe Béchu, a récemment présenté un plan PFAS, censé reprendre les recommandations du rapport de l’IGEDD et répondre aux problèmes posés par ces polluants reconnus comme polluants éternels!

Rappelons que ces milliers de substances chimiques très prisées des industriels,  posent de graves questions d’un point de vue sanitaire et environnemental et sont utilisés dans de nombreux produits de la vie courante, polluant tout à la fois l’air et les eaux et même dans les rejets industriels comme il a été souligné depuis quelques mois.

De nombreuses études soulignent cette présence de ce type de polluants et c’est plus de 17 000 sites dans toute l’Europe qui sont contaminés par les « produits chimiques éternels » PFAS et même 21 000 sites supplémentaires de contamination présumée due à une activité industrielle actuelle ou passée. La contamination révélée par ce projet s’étend donc à minima à toute l’Europe. L’enquête met en lumière plus de 900 sites contaminés en France.Les chercheurs précisent qu’ : « une partie importante de ces localisations, soit 108, sont des « hot spots de contamination », c’est-à-dire des échantillons où les concentrations de PFAS sont si élevées (plus de 100 nanogrammes par litre [ng/l]) qu’elles sont jugées dangereuses pour la santé par les experts compétents. »

Des équipes de journalistes européens ont rassemblé dans Forever Pollution Project, ce projet permettant de représenter, à l’aide de la mise en commun de plus de 100 bases de données qui  ont analysé plus de 1200 documents confidentiels provenant de la Commission Européenne et de l’ECHA, Agence européenne des produits chimiques . Ces documents témoignent que des géants de l’industrie chimique comme Chemours, 3M ou Solvay qui tentent de s’exempter des interdictions. 

Plusieurs rapports complètent ces informations :

le rapport de Générations Futures publié en mai 2022 sur la pollution des PFAS dans notre région

et le  Rapport de l’ PFAS IGEDD :  rapport-pfas-igedd.pdf

Les espèces invasives doivent être plus étudiées

Un rapport du CNRS Saclay conclut : les invasions biologiques, aussi coûteuses que des catastrophes naturelles. Une partie des espèces exotiques peuvent devenir envahissantes et causer de gros dégâts, aussi bien sur les écosystèmes que sur les infrastructures, en provoquant des allergies ou en transportant des virus comme le fait le moustique tigre, ou bien en provoquant des baisses de rendements agricoles.

L’équipe de recherche internationale dirigée par des scientifiques du laboratoire Écologie, systématique et évolution (CNRS/Université Paris-Saclay/AgroParisTech) révèle par une nouvelle étude un ordre de grandeur évocateur et souhaite transmettre le message suivant : « il vaut mieux prévenir que guérir pour la suite », rappelle Franck Courchamp, chercheur au CNRS et l’un des auteurs de ces travaux, « car ce coût des invasions biologiques augmente actuellement plus rapidement que celui induit par les catastrophes naturelles ». 

Depuis 40 ans, les invasions biologiques ont été aussi coûteuses que toutes les tempêtes, ou que tous les tremblements de terre, ou encore que toutes les inondations. Elles ont aussi été plus coûteuses que toutes les sécheresses sur terre depuis 1980.

On compte déjà en France plus de 2 700 espèces exotiques introduites, et en moyenne six nouvelles espèces envahissantes débarquent dans chaque département, tous les dix ans selon l’Office Français pour la Biodiversité. Or les investissements dédiés à la prévention et à la gestion des invasions biologiques sont dix fois moins élevés que les pertes financières engendrées par ce phénomène. De 1980 à 2019, les pertes financières dues aux espèces exotiques envahissantes s’élèvent à 1208 milliards de dollars (US), contre près de 1914 milliards de dollars de pertes causées par les tempêtes, 1139 milliards de dollars attribués aux tremblements de terre ou encore 1120 milliards de dollars dus aux inondations.

Ces résultats ont été obtenus grâce à la base de données Invacost, qui recense à ce jour plus de 13 500 coûts dus aux invasions biologiques dans le monde. Les coûts des catastrophes naturelles à l’échelle mondiale ont quant à eux été établis avec la base de données internationale sur les catastrophes (International Disaster Database) et aux données de l’Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique (NOAA).

https://www.cnrs.fr/fr/les-invasions-biologiques-aussi-couteuses-que-des-catastrophes-naturelles

Leurs résultats, obtenus avec le soutien du Fonds AXA pour la Recherche, sont publiés dans le numéro d’avril-mai 2023 de Perspectives in Ecology and Conservation.

Biological invasions are as costly as natural hazards. Anna J. Turbelin, Ross N. Cuthbert, Franz Essl, Phillip J. Haubrock, Anthony Ricciardi et Franck Courchamp. Perspectives in Ecology and Conservation, avril-mai 2023. DOI : https://doi.org/10.1016/j.pecon.2023.03.002

 

DRIAS-Eau : un portail de données hydrologiques fourni par Météo-France

Drias: les futurs de l’eau, projections climatiques pour l’adaptation de nos sociétés.

La sécheresse continue d’inquiéter en France. En raison du manque de précipitations, le niveau des nappes phréatiques est extrêmement bas. Déjà 75% des niveaux des nappes phréatiques restent sous les normales mensuelles. des initiatives telles que des collaborations scientifiques sont donc les bienvenues afin d’anticiper les problèmes.

En partenariat avec l’Inrae et l’Office international de l’eau (OiEau) et dans le cadre du projet européen Life Eau et Climat et du projet Explore2, Météo France lance cet accés ouvert à tous. Driasles futurs du climat a pour vocation de mettre à disposition des projections climatiques régionalisées réalisées dans les laboratoires français de modélisation du climat (IPSL, CERFACS, CNRM). Les informations climatiques sont délivrées sous différentes formes graphiques ou numériques.

Cette base de données vise une meilleure gestion des ressources en eau entre les différents secteurs avec la prise en compte des effets du changement climatique sur les bassins versants. Ce portail « permet de visualiser, sous forme de cartes, l’évolution de la ressource en eau au plus près des territoires, à court, moyen et long terme » et selon les scénarios du Giec. Il regroupe ainsi de nombreuses données concernant six variables : le débit des cours d’eau, l’évapotranspiration, l’humidité des sols, l’équivalent en eau du manteau neigeux, le drainage et le ruissellement.

Les données concernant les eaux souterraines seront mises en ligne en 2024.

http://www.drias-climat.fr/document/rapport-DRIAS-2020-red3-2.pdf

Carte de France de la situation des nappes d’eau souterraine au 1er avril 2023.

https://www.gesteau.fr/

Il y avait déjà des outils de connaissance des ressources en eau qui,  sans couvrir tout le territoire, permettaient déjà une prise en compte  locale des divers acteurs de l’eau et des différents usages de celle ci : le SAGE

Elaboration d’un SAGE: Sources des données : Gest’eau (Office International de l’Eau, d’après animateurs de SAGE, Agences de l’eau et Ministère de la Transition écologique et de la Cohésion des Territoires). Le schéma d’aménagement et de gestion de l’eau (SAGE) est un outil de planification locale, institué par la loi sur l’eau de 1992, visant la gestion équilibrée et durable de la ressource en eau. L’objectif n’est pas de couvrir l’ensemble du territoire, mais de recourir localement à un SAGE lorsque l’état des eaux et les pressions qui pèsent sur les milieux aquatiques (pollutions, prélèvements d’eau, dégradations morphologiques) le justifient.
Les services de l’État identifient les unités hydrographiques susceptibles d’être couvertes
par un SAGE.
Le SAGE est élaboré collectivement par les acteurs de l’eau du territoire regroupés au sein d’une assemblée délibérante, la commission locale de l’eau (CLE).

https://www.gesteau.fr/sites/default/files/gesteau/content_files/document/infographie_sage_2023_FR.pdf

https://www.drias-eau.fr/