Tous les articles par Jacqueline Collard

L’exposition aux incendies grandit avec les effets du changement climatique avec des effets conjugués

Selon une étude publiée dans Science : entre 2002 et 2021, 440 millions d’habitants ont été menacés par un feu, ce chiffre démontre une hausse de 40 % en vingt ans, soit l’équivalent de la population de l’Union européenne.

Depuis le début de l’année, selon l’observatoire européen Copernicus, les incendies ont brûlé plus de 1 million d’hectares ( 1 015 731 hectares (10 000 kilomètres carrés, km2) dans l’Union européenne depuis début 2025, un chiffre jamais enregistré : les feux les plus dévastateurs ont atteint l’ Espagne, Le Portugal, la Gréce,  Chypre, l’Allemagne et la Slovaquie, et en France, ce sont 35 600 hectares de forêt qui ont été réduits en cendres, et surtout dans l’Aude.

D’après l’équipe internationale de scientifiques de l’étude ( essentiellement américains), qui a passé au crible près de 19 millions de feux (de plus de 30 hectares) , l’exposition humaine a progressé de 7,7 millions de personnes entre 2002 et 2021, soit 380 000 en plus chaque année en moyenne. La quasi-totalité de l’augmentation de l’exposition a été enregistrée en Afrique, qui a représenté plus de 85 % de l’ensemble des personnes directement exposées aux incendies de forêt au cours de la période d’étude.

Bien que les catastrophes d’incendies de forêt en Amérique du Nord, en Europe et en Océanie aient suscité le plus d’attention, 85 % des expositions mondiales se sont produites en Afrique. Les 0,01 % les plus intensifs des incendies représentaient respectivement 0,6 et 5 % des expositions mondiales et des zones brûlées, ce qui justifie des efforts accrus pour accroître la résilience aux incendies dans les régions sujettes aux catastrophes.

Rappelons nous qu’au printemps les fumées des méga feux canadiens avaient survolé la France et en Europe et pas très loin de la France les autorités en charge de la qualité de l’air sont inquiètes des feux espagnols « L’intensité des incendies de forêt qui ravagent entre autre la péninsule ibérique a augmenté à un rythme sans précédent selon les données du Service Copernicus de surveillance de l’atmosphère (CAMS), explique l’organisme de surveillance. Jusqu’au 14 août, alors que de nombreux grands incendies en Espagne et au Portugal étaient hors de contrôle, les données indiquaient des émissions relativement moyennes pour la période de l’année, malgré plusieurs incendies actifs importants. En une semaine seulement, les émissions de l’Espagne ont augmenté de façon spectaculaire, atteignant le niveau annuel total d’émissions dues aux incendies le plus élevé depuis 2003. »

Ces feux de forêt massifs ont également libéré des fumées chargées en particules fines, dangereuses pour la santé. Selon Copernicus, « les prévisions du CAMS concernant les particules fines PM2,5 montrent une augmentation des concentrations dans toute la péninsule ibérique, avec une qualité de l’air fortement dégradée jusqu’à plusieurs centaines de kilomètres des incendies, avec des concentrations bien supérieures aux recommandations de l’Organisation mondiale de la santé pour la qualité de l’air. »

Article de Science : Augmentation de l’exposition humaine mondiale aux incendies de forêt en dépit de la diminution des zones incendiées : Science 21 Aug 2025 Vol 389Issue 6762 pp. 826-829

Les mesures d’adaptation au changement climatique restent insuffisantes en France

C’est ce qui ressort des 2 rapports très instructifs sur les mesures d’adaptation au climat rendues d’autant plus nécessaires après l’été que nous connaissons. En effet depuis le début de l’année 2025, et encore plus cet été, la France assiste,  aux ravages provoqués par le dérèglement du climat. Les scientifiques nous alertent depuis des décennies. Sans une baisse importante des émissions de gaz à effet de serre, le monde se dirige vers un réchauffement global dont les impacts humains et sur la biodiversité sont incalculables.

Le rapport de l’Assemblée Nationale (1) porté à connaissance le 2 juillet corrobore celui du Haut conseil du climat ( HCC) ( 2) paru dans des dates voisines.

Le troisième Plan national d’adaptation au changement climatique (PNACC 3) publié en 2025 prend en compte une trajectoire de réchauffement à + 4 °C. Il devient de plus en plus urgent de se donner les moyens d’agir pour réellement préparer le pays au dérèglement climatique, et les 52 mesures du PNACC 3 auraient pu et dû faire l’objet d’un chiffrage et d’une programmation pluriannuelle : ce qui apparemment fait défaut.Or selon pour les mesures prioritaires l’Institut de l’Économie pour le Climat (I4CE). les estiment à 2,3 milliards d’euros supplémentaires par an .

De plus, les mesures financières s’avèrent notoirement insuffisantes tout comme  les moyens humains . Les rapporteurs relèvent d’ailleurs une baisse significative des effectifs du pôle ministériel en charge de l’écologie et de l’aménagement du territoire ainsi que des opérateurs.

Alors que l’exposition accrue de la population, des écosystèmes, des infrastructures et des activités économiques aux conséquences du changement climatique cause des risques majeurs, il devient crucial que l’action climatique protège efficacement les personnes et les entreprises.L’année 2024 est la plus chaude enregistrée depuis le début des mesures instrumentales, dépassant le précédent record établi en 2023. Il s’agit de la première année dépassant les 1,5 °C de réchauffement par rapport à la période préindustrielle 1850-1900.

1) Rapport d’information déposé en application de l’article 146 du règlement, par la commission des finances, de l’éconmie générale et du contrôle budgétaire sur les moyens consacrés à l’adaptation au changement climatique (M. Tristan Lahais et Mme Eva Sas), n° 1666 : https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/rapports/cion_fin/l17b1666_rapport-information#

2) 7ème rapport annuel sur l’action climatique de la France, l’efficacité de ses politiques et leur cohérence avec la trajectoire de baisse des émissions de gaz à effet de serre : https://www.hautconseilclimat.fr/wp-content/uploads/2025/07/HCC_RA_2025-18.07_web.pdf

Rapport Pisani 2023 :  https://www.strategie-plan.gouv.fr/files/files/Publications/Rapport/2023-incidences-economiques-rapport-pisani-5juin.pdf

Échec des négociations à Genève pour le traité sur le plastique

Aprés 10 jours de négociations les pays échouent à sceller un traité mondial: le dernier round officiel des négociations onusiennes qui avaient déjà fini dans l’impasse il y a huit mois, les délégués de 184 pays ont de nouveau échoué à s’entendre sur un texte «juridiquement contraignant» face au fléau que représente ce matériau synthétique,  et surtout le constat marquée par la fracture de deux camps irréconciliables: les pays impactés fort nombreux et le monde des pétroliers. En fait les négociations sont bloquées par de profondes divisions sur la question de savoir si la production de plastique doit être incluse dans le traité final, et de se concentrer principalement sur la gestion des déchets.

Or si rien n’est fait, après avoir doublé entre 2000 et 2019,  la production actuelle de 450 millions de tonnes par an, devrait continuer à augmenter et devrait tripler d’ici 2060, selon les prévisions de l’OCDE. Or moins de 10% est recyclé : l’urgence est cependant donc bien présente. Et en complément, n’oublions pas les granulés de plastique industriels (GPI), produits et transportés à travers les continents, également appelés « larmes de sirènes », qui constituent la deuxième source de pollution microplastique au monde.

Poussés par une résolution des Nations unies de 2022, cela fait près de trois ans qu’ils tentent de forger un texte « juridiquement contraignant » pour les États qui s’attaque à la pollution plastique, y compris en milieu marin, mais ils avaient déjà échoué  à produire un texte commun lors de l’avant dernière séquence de négociations, à Busan en Corée du Sud fin 2024.

Rappel de produits laitiers contaminés par la listéria

Un communiqué de presse de Santé publique France nous alerte :

21 cas de listériose causés par des souches bactériennes présentant des caractéristiques similaires ont été identifiés par les autorités sanitaires, dont 18 cas depuis début juin 2025. Les cas sont âgés de 34 à 95 ans. Deux décès ont été rapportés (pathologies sous-jacentes indiquées pour un cas, information non renseignée pour le deuxième cas).

Par précaution, la société Chavegrand (FR 23.117.001 CE), en lien avec les autorités, sanitaires, procède au rappel de tous les lots de fromages produits avant le 23 juin 2025 soit une quarantaine vendus essentiellement en grande distribution). Ces produits, qui sont tous des fromages à pâte molle et à croûte fleurie au lait pasteurisé de vache (tels que des camemberts ou des crémeux) ou de chèvre (tels que des bûches), ont été commercialisés jusqu’au 9 août 2025 par la fromagerie sur l’ensemble du territoire national ainsi qu’à l’international, sous différentes marques commerciales.

Les produits concernés peuvent être identifiés d’après les fiches publiées sur Rappelconso portant la marque de salubrité FR 23.117.001 CE/UE ou auprès des points de vente. Le producteur a mis en place un numéro vert à destination des consommateurs : Tel : 0 800 00 91 80 (de 9h à 19h, 7 jours/7).

« Les investigations menées par Santé Publique France (…) ont conduit à identifier début août des éléments épidémiologiques et microbiologiques convergents, établissant un lien possible entre ces » 21 « cas de listériose », dont 18 depuis juin, « et la consommation de fromages au lait pasteurisé produits par la société Chavegrand », indique le communiqué.

Il est demandé aux personnes qui détiendraient ces produits de ne pas les consommer. La listériose est une maladie qui peut être grave et dont le délai d’incubation peut aller jusqu’à huit semaines.

https://sante.gouv.fr/actualites/presse/communiques-de-presse/article/cas-de-listeriose-retrait-rappel-de-fromages-au-lait-pasteurise-en-raison-d-une-433042

En cette période de canicules la solution est-elle la climatisation ?

Alors que l’on constate que la climatisation s’installe de plus en plus dans les foyers et que cette tendance s’accélère à mesure que les températures battent de nouveaux records. Or la climatisation fait partie du problème. « On a estimé dans une ville comme Paris que si la climatisation se généralise, on aurait une augmentation de 1 à 2°C en période de canicule et les périodes de canicule se multiplient. »  En ville, elle contribue largement à l’aggravation de l’effet d’îlot de chaleur, en rejetant de l’air chaud à l’extérieur, ces appareils augmentent la température de l’air ambiant.

Par ailleurs ce sont les fluides frigorigènes présents dans les équipements qui contribuent encore plus fortement aux émissions de gaz à effet de serre. Des émissions de gaz frigorigène sont possibles à diverses occasions : en fabrication, en maintenance, sous forme de fuites pendant la durée d’utilisation et en fin de vie. Ces gaz frigorigènes ont globalement des pouvoirs réchauffants élevés ( jusqu’à 2000 fois le Co2) et au final, les émissions de gaz à effet de serre relatifs aux fluides sont plus de 2 fois plus importantes que les émissions liées à la consommation d’électricité.Il est donc impératif de maîtriser cette évolution pour en limiter l’impact au maximum.

L’Ademe rappelle et préconise notamment que les protections solaires extérieures permettent de réduire la température intérieure jusqu’à 5°C, et 7°C si elles sont automatisées. Désormais, des solutions comme les screens sont par ailleurs développées afin de se protéger du soleil tout en bénéficiant de la lumière naturelle du jour.

Ces solutions sont à conjuguer avec une ventilation naturelle optimisée qui abaisse la température et améliore la qualité de l’air, des brasseurs d’air plafonniers qui réduisent la température ressentie jusqu’à 4°C, et ce pour une consommation très faible, et un pilotage de la climatisation par pièce.

Et la Métropole de Lyon a depuis des années anticipé cette demande de froid, comme  dans  le quartier d’affaires de la gare de la Part dieu  à proximité du centre commercial. A l’instar des réseaux de chaleur, qui se développent dans de nombreuses villes françaises pour chauffer les bâtiments de tout un quartier a été réalisé sur cet espace un réseau de froid en lien avec la nappe phréatique souterraine: Avec cette technologie de pointe, le réseau de froid urbain permet ainsi de rafraîchir des milliers de bureaux et de magasins du quartier de la Part-Dieu, en consommant deux fois moins d’énergie que les systèmes de climatisation classiques, et surtout sans réchauffer l’atmosphère.

43 centrales de production et distribution de froid urbaines étaient répertoriées en 2023 en France, de Paris à Montpellier, en passant par Lyon, selon les chiffres de la Fédération des services énergie environnement, alimentant plus de 1 600 bâtiments, ce qui représente 5 % de raccordements supplémentaires en un an, (les réseaux de froid satisfont 5 % seulement du besoin de refroidissement, mais préférentiellement des bâtiments tertiaires). Pour exemple la France compte  1 000 réseaux de chaleur.

Face à l’urgence climatique et aux défis croissants posés par le réchauffement global, la France se mobilise pour adapter son territoire et protéger sa population. Le 10 mars 2025, le gouvernement a dévoilé le 3ème Plan National d’Adaptation au Changement Climatique (PNACC), un document stratégique qui trace la voie pour préparer le pays à un scénario de hausse des températures de +4°C d’ici 2100. Dans ce contexte, les réseaux de froid urbains émergent comme une solution innovante et durable pour répondre aux besoins croissants de rafraîchissement, tout en limitant l’impact environnemental. 

A titre individuel adopter des comportements de « bon sens », aérer à une heure appropriée, fermer les fenêtres et volets au bon moment, brasser l’air efficacement… sont autant de gestes qui peuvent être efficaces dans la majorité des cas.

https://librairie.ademe.fr/batiment/5182-la-climatisation-dans-le-batiment.html#

https://www.ademe.fr/presse/communique-national/la-climatisation-vers-une-utilisation-raisonnee-pour-limiter-limpact-sur-lenvironnement/