Tous les articles par Jacqueline Collard

Même les champignons sont concernés par la perte de la biodiversité

L’Union internationale pour la conservation de la nature (UCIN) vient de publier sa liste rouge mondiale des espèces menacées qui compte désormais 1 300 espèces de champignons, dont au moins 411 sont menacées d’extinction, selon les chiffres dévoilés.

Ce déclin des champignons pourrait avoir des répercussions importantes sur les écosystèmes. « Ils sous-tendent tous les écosystèmes, explique l’UICN : la plupart des plantes s’associent à des fonges pour absorber les nutriments et ne peuvent donc pas exister sans eux, et les fonges rendent également possible la décomposition. Beaucoup sont comestibles, utilisés dans la production d’aliments et de boissons, y compris la fermentation, constituent la base de médicaments et soutiennent les efforts de biorestauration visant à nettoyer les sites contaminés. »

En France hexagonale et en Corse, la liste rouge s’étend à 79 espèces qui sont menacées et 39 espèces sous le statut de « quasi menacées ». Cette liste inclut des lichens, dont Buellia asterella, classée en danger critique, qui n’a pas été repérée sur le territoire depuis 1960.

La protection des champignons reste très faible. « Contrairement à la faune et à la flore, il n’existe pas de plan de conservation pour les espèces fongiques, les connaissances sur ces organismes étant trop limitées pour qu’ils fassent partie des lois environnementales quand celles-ci ont émergé, ils ont été les grands oubliés des projets de conservation. Actuellement, le seul rempart de protection pour ces espèces est la protection et la conservation des habitats, par des directives telles que le réseau Natura 2000 dans l’Union européenne. »

Consulter la liste rouge mondiale des espèces menacées
https://www.iucnredlist.org/2. Consulter l’étude publiée dans la revue Microbiology Spectrum

Rapport sénatorial sur les eaux minérales et eaux de source

Le rapport de la commission d’enquête parlementaire sénatoriale sur les pratiques des industriels de l’eau en bouteille a été rendu public ce 14 mai : il prend appui sur  73 auditions de ministres, de membres de cabinets ministériels, de directeurs d’administration, de dirigeants d’entreprises, de préfets et services de l’État au niveau local, de directeurs d’Agences régionales de santé ou encore de chercheurs et d’associations qui se sont déroulés entre décembre 2024 et mai 2025,

La commission d’enquête du Sénat vise à faire toute la lumière sur ce dossier, sous réserve des éventuelle procédures judiciaires en cours. Son objet est ainsi :

  • de s’assurer que la santé et la correcte information des consommateurs d’eaux minérales et eaux de source soient bien garanties et que les errements passés ont bien cessé ;
  • d’établir les responsabilités politiques dans la poursuite de certaines pratiques interdites sans que les consommateurs n’en aient été informés ;
  • de contribuer, le cas échéant, à restaurer la confiance dans un secteur industriel au poids économique crucial.

Cette commission  formule 28 propositions destinées à sécuriser la qualité des eaux minérale et de source. Parmi lesquelles:

Il est nécessaire de repenser le suivi qualitatif de la ressource en eau afin de mieux protéger les zones sensibles à la pollution que sont l’impluvium, qui correspond à la zone de surface . Il s’agit de puits contenant des instruments permettant de mesurer le niveau de l’eau dans laquelle l’eau s’infiltre dans les nappes, et la zone d’émergence sur laquelle se situent les captages d’eau.

La commission propose de renforcer la transparence sur le suivi de la ressource en eau
et les contrôles réalisés par les autorités locales. Les différents épisodes de contamination recensés par la commission ont donné lieu à des décisions de suspension de certains forages qui n’ont pas été rendues publiques. L’amélioration du suivi quantitatif et qualitatif de l’eau contenue dans les nappes pourrait également donner lieu à une publicité accrue afin de sensibiliser le grand public à leur vulnérabilité.

La commission d’enquête soutient la volonté exprimée par la DGS de demander aux ARS de vérifier au cours de l’année 2025 la qualité des eaux brutes des eaux minérales naturelles et des eaux de source afin de s’assurer que celle-ci ne contiennent pas de PFAS ou à des quantités inférieures au seuil de 0,1 ng/l pour les 20 PFAS listés par la directive de 2020 sur les eaux destinées à la consommation humaine.

https://www.senat.fr/rap/r24-628-1/r24-628-1-syn.pdf

Vidange du Rhône à la frontière franco-suisse du 15 au 27 Mai dans la retenue de Verbois afin d’éviter des inondations

Afin de prévenir les risques d’inondation des bas quartiers de Genève, les Services Industriels de Genève (SIG) doivent surveiller les niveaux de sédiments (argile, limon, sable…) qui s’accumulent avec le temps au pied des barrages.

Ils réalisent donc régulièrement des opérations d’extractions de ces sédiments et assurent l’accompagnement des crues de l’Arve, un affluent qui se jette dans le Rhône juste en aval de Genève pour maintenir un transport sédimentaire efficace.

La principale opération a lieu tous les 3 à 4 ans, c’est l’abaissement partiel de la retenue du barrage hydroélectrique de Verbois. Menée par les SIG, elle est accompagnée par des mesures mises en œuvre par l’exploitant du barrage de Chancy-Pougny et CNR. Cette gestion franco-suisse a pour objectif de faire transiter un maximum de sédiments (dans la limite de 1,5 millions de m3) jusqu’à la mer Méditerranée tout en préservant l’environnement et la biodiversité du fleuve.

La gestion sédimentaire, qu’est-ce que c’est ?

Il s’agit d’opérations telles que des dragages, des lâchers d’eau etc. permettant de s’assurer que la quantité de sédiments présents dans un cours d’eau ou un fleuve reste compatible avec l’environnement (impacts sur la faune et la flore etc.).

Pour mener à bien cette opération, CNR mobilise des moyens humains et techniques exceptionnels. CNR agit en étroite concertation avec les Services industriels de Genève (SIG), et sous le contrôle des autorités administratives suisses et françaises, dans le respect de plusieurs arrêtés inter-préfectoraux.

Une étude sur la consommation des produits alimentaires importés et de leurs impacts sociaux économiques

L’étude « Consommation française de produits agricoles importés : quels impacts, quelles solutions ?

Cette étude a été commandée par Greenpeace France, Max Havelaar France et l’Institut Veblen, et  démontre l’urgence d’un changement de modèle et la nécessité de régulation. L’étude est menée par BASIC qui une SCIC  coopérative (SCIC) spécialisée dans l’analyse des impacts des modes de production et de consommation sur la société et l’environnement, en particulier dans l’alimentation et l’agriculture.
Ses activités reposent sur trois leviers d’action complémentaires :
– développer un cadre et des outils d’analyse innovants ;
contribuer à la sensibilisation des citoyens et des décideurs sur les enjeux sociétaux ;
– outiller les institutions et les acteurs des territoires et des filières

Que révèle t-elle? Derrière des produits alimentaires du quotidien comme le cacao, le café, le riz, la banane, l’huile de palme ou encore la vanille, se cachent des réalités préoccupantes pour les populations, les écosystèmes des pays producteurs et le climat.

L’attention est portée sur les impacts liés aux filières d’importation qui sont souvent moins visibles pour les consommateurs et plus difficilement traçables. Il n’en demeure pas moins que la consommation de produits importés en France génère des impacts dans les pays de production.

Sont particulièrement ciblés, les 2 impacts socioéconomiques que sont :
– Les violations des droits humains au travail, via le travail des enfants et le travail forcé ;
– La non-atteinte d’un niveau de vie décent par les agriculteurs et travailleurs.
tout comme trois impacts écologiques :
– Le climat, via les émissions de gaz à effet de serre ;
– L’eau, via l’empreinte eau bleue et eau grise ;
– La biodiversité, via les surfaces déforestées.

Ont été analysées dans cette étude  les 3 législations du Pacte vert que sont le RDUE, la CS3D et le règlement sur le travail forcé qui  démontrent bien de leur potentiel d’amélioration systémique sur la durabilité socioéconomique et écologique des filières d’importation.

https://cdn.greenpeace.fr/site/uploads/2025/04/2025_04_Rapport-BASIC_La-face-cachee-de-nos-aliments-importespdf.pdf

Le Roquelaure de l’air annonce l’état d’urgence par la Ministre elle même

« Je veux déclarer un état d’urgence sanitaire lié à la pollution de l’air », a annoncé la ministre de la Transition écologique, Agnès Pannier-Runacher, à l’occasion du Roquelaure de la qualité de l’air organisé ce lundi 12 mai : en ajoutant que l’air que l’on respire c’est comme l’eau que l’on boit : nul ne peut accepter que les niveaux de pollution soient au-dessus des normes en vigueur.

« Nous sonnons la mobilisation générale à l’heure où la tentation est forte de nier les faits scientifiques et de prendre des décisions soi-disant sociales, mais qui agissent contre les plus précaires », a-t-elle indiqué. Elle mise également sur les collectivités les plus engagées pour pousser à l’action. Elle a pour cela confié à Éric Fournier, maire de Chamonix, Président d’ATMO Aura, une mission pour un partage des bonnes pratiques locales. Par ailleurs, les intercommunalités dotées d’un plan climat air énergie territorial (PCAET) se partageront une enveloppe financière de 150 millions d’euros en 2025 pour concrétiser sa mise en œuvre.

La ministre a ainsi annoncé une mise à jour de plusieurs études pour « partager des données récentes ».

Quant au Ministre de la santé Yannick Neuder, il renforce les objectifs précédemment énoncés :  Améliorer la qualité de l’air est un enjeu fondamental pour la santé de nos concitoyens. La pollution atmosphérique et en particulier les niveaux élevés de dioxyde d’azote et de particules fines, continue d’être responsable de milliers de décès prématurés chaque année et d’un grand nombre de maladies graves.

Cette journée fut l’occasion de réaffirmer l’engagement de l’État pour réduire ces pollutions et protéger nos populations, en particulier les plus vulnérables

Concernant les ZFE, le Gouvernement défendra une adaptation du dispositif, mais pas leur suppression et compte laisser le choix aux collectivités qui respectent les seuils réglementaires des polluants atmosphériques.

https://www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/documents/12052025_Roquelaure-QA_DP.pdf