Tous les articles par Jacqueline Collard

Les changements climatiques affectent déjà la santé humaine

Un rapport publié le 30 octobre par la revue scientifique Lancet démontrent que les changements climatiques représentent d’ores et déjà une menace pour la santé humaine,  L’étude a été réalisée conjointement par 24 institutions académiques et organisations intergouvernementales qui représentent un grand nombre  de disciplines.Elle s’intitule « Le compte à rebours du Lancet » (The Lancet Countdown on health and climate change),elle fait suite à une première évaluation réalisée en 2015 par la commission Santé et changements climatiques de la revue scientifique.

Après « 25 ans d’inaction », les auteurs appellent à lutter contre les changements climatiques et à transformer les politiques de santé pour répondre aux nouveaux enjeux.l’urgence nous l’impose!Cette année, la nouvelle évaluation franchit un pas de plus : « Aujourd’hui, les symptômes des changements climatiques sur la santé humaine sont sans équivoque [et] ils affectent la santé des populations du monde entier. » Dorénavant, les scientifiques jugent que ces symptômes sont « potentiellement irréversibles ». Au-delà des habituelles recommandations visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES), l’étude recommande de consacrer plus d’efforts à l’adaptation des politiques de santé aux impacts des changements climatiques. Aujourd’hui, seulement 4,33% des dépenses mondiales consacrées à l’adaptation sont dédiées à la résilience des systèmes de santé, déplorent les auteurs.

Le diagnostic des scientifiques se base sur une quarantaine d’indicateurs climatiques et sanitaires. L’exposition plus fréquente aux canicules est maintenant un fait reconnu, explique l’étude qui évalue à 125 millions le nombre de personnes supplémentaires exposées à des vagues de chaleur entre 2000 et 2016. Ces canicules plus nombreuses et intenses aggravent les risques sanitaires associés à la déshydratation, aux « coups de chaleur » ou aux problèmes cardiaques. Sur la période, les vagues de chaleur et les risques sanitaires associés ont déjà engendré une baisse de l’ordre de 5,3% de la productivité des travailleurs en extérieur.

De même, l’étude évalue à 46% la progression de la fréquence des catastrophes climatiques en 17 ans. Elles ont causé des pertes évaluées à 129 milliards de dollars pour l’année 2016, expliquent les scientifiques qui alertent sur le fait que 99% des dégâts occasionnés dans les pays à bas revenus ne sont pas assurés. Sans surprise, les populations les plus vulnérables et aux revenus les plus bas sont affectées de façon « disproportionnées », car les changements climatiques sapent les bases sociales et environnementales nécessaires à une bonne santé climatique, explique l’étude. Cette dégradation exacerbe les inégalités sociales, économiques et démographiques, et les impacts sont finalement ressentis par toutes les populations.

Pour plus de détails; Lancet Countdown on Health and Climate Change – 2017 report

http://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(17)32464-9/abstract

 

Les salariés des maisons de retraites alertent de leurs conditions de travail

Une mission parlementaire sur les Ehpad dénonce une situation grave pour les aides-soignantes. Elle a mis  en lumière les  conditions de travail  difficiles dans ces établissements d’accueil et de soins des personnes âgées, c’est ainsi que la commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale a présenté les premières conclusions sur le sujet.

La profession connaît un taux d’absentéisme moyen de 10 % et un taux d’accident du travail de deux fois supérieur à la moyenne nationale, plus important que dans le secteur du BTP. La médicalisation des établissements, poursuit le rapport, est « insuffisante », un tiers des établissements sont dépourvus de médecin coordonnateur, tandis qu’une grande majorité des Ehpad n’ont pas d’infirmier de nuit, ce qui est « souvent la cause d’hospitalisations en urgences qui auraient pu être évitées »

La concrétisation du travail de cette analyse n’est toutefois pas encore acquise. Une première série de recommandations est aujourd’hui sur le bureau de la ministre de la santé, Agnès Buzyn, à qui les députés demandent la mise en place à court terme d’un groupe de travail sur l’évolution des missions des aides-soignants et la revalorisation de leur statut. Ils invitent également la ministre à  prendre des mesures afin d’imposer la présence d’infirmiers de nuit dans les Ehpad mais aussi que le secteur fasse partie de ceux qui seront « prioritaires » dans l’allocation des derniers contrats aidés.

 Des représentants des salariés précisent: « Malgré les évolutions du secteur (…), la situation reste extrêmement tendue au regard des besoins et attentes des personnes âgées, écrivent-ils. Ces dernières entrent en établissement avec des handicaps physiques et psychiques de plus en plus importants, auxquels s’ajoutent parfois des pathologies psychiatriques pour lesquelles les personnels ne sont pas préparés ; les personnes âgées sont insuffisamment accompagnées dans les actes de la vie quotidienne, les familles s’épuisent et les professionnels sont au bord de la rupture. » « La qualité de vie au travail des salariés a une influence directe sur la qualité de séjour…

Un appel au secours est officiellement lancé par ces équipes en difficultés.

 

 

 

 

 

Nouveau rapport Lancet sur les décès dus à la pollution

Un décès sur six survenu en 2015 dans le monde était lié à la pollution, essentiellement à la contamination de l’air, mais aussi de l’eau et des lieux de travail, estime un rapport publié le 20 octobre 2017 dans la revue The Lancet.

« On estime que les maladies causées par la pollution ont été responsables de 9 millions de morts prématurées en 2015 – soit 16% de l’ensemble des décès dans le monde« , évalue ce rapport, issu de deux ans de travail d’une commission associant la revue médicale britannique, plusieurs organismes internationaux, des ONG et une quarantaine de chercheurs spécialisés dans les questions de santé et d’environnement.

Ce bilan représente « trois fois plus de morts que le Sida, la tuberculose et le paludisme réunis, et 15 fois plus que ceux causés par les guerres et toutes les autres formes de violence », soulignent ses auteurs.

La pollution sur le lieu de travail en causerait environ 800.000, via l’exposition à des substances toxiques ou cancérigènes. Et cette évaluation est « probablement sous-estimée », ajoute The Lancet, compte tenu « des nombreux polluants chimiques émergents qui restent encore à identifier ».

Le phénomène touche en premier lieu « les populations pauvres et vulnérables », note le rapport. 92% de ces décès surviennent en effet dans des pays à revenu faible ou moyen et, dans chaque pays, ils concernent davantage les minorités et les populations marginalisées. Dans les pays en voie d’industrialisation rapide comme l’Inde, le Pakistan, la Chine, Madagascar ou le Kenya, jusqu’à un décès sur quatre pourrait être lié à la pollution.

Au-delà du coût humain, la commision « pollution et santé » du Lancet a également tenté d’évaluer le coût économique. Là aussi, les pays les plus pauvres sont ceux qui paient la plus lourde facture. Ainsi, dans les pays en voie de développement, le rapport estime que les maladies et les décès liés à la pollution représentent en termes de perte de productivité 1,3 % du produit intérieur brut, contre 0,5 % pour les pays industrialisés. Ce pourcentage passe à 8,3 % (contre 4,5 % pour les pays les plus développés) si on prend en compte les dépenses de santé pour un coût total de l’ordre de 4 600 milliards de dollars (3 900 milliards d’euros) par an pour l’économie mondiale, soit 6,2 % de la croissance mondiale.

The Lancet : http://www.thelancet.com/commissions/pollution-and-health :

Air pollution and health:  Philip J Landrigan  The Lancet Public Health, Vol. 2, No. 1

  • Commission on pollution and health
  • Pollution, health, and the planet: time for decisive action
  • Towards a healthier and safer environment
  • Implications for the science of air pollution and health
  • In control of ambient and household air pollution — how low should we go ?

Ouvrir les fenêtres : la solution majeure pour la pollution intérieure

Parallèlement aux inquiétudes sur les conséquences sanitaires de la pollution intérieure où nous passons 80% de notre temps, un marché de l’épuration domestique a vu le jour, qui génère aujourd’hui un chiffre d’affaires annuel de 170 millions d’euros. En quelques années, trois familles ont émergé: les dispositifs qui détruisent ou piègent les polluants, les matériaux de construction ou de décoration qui revendiquent des propriétés dépolluantes et les sprays qui vantent leurs propriétés assainissantes.

Eh bien une nouvelle étude de l’ANSES publie un avis qui va permettre de faire un choix en connaissance de cause. Selon elle «Pour prévenir des risques liés à une mauvaise qualité de l’air intérieur, il convient en premier lieu de limiter toutes les sources de pollution pouvant affecter la qualité de l’air intérieur [et de] ventiler et aérer.» Pire, certains dispositifs rajoutent des polluants à un air déjà fort chargé (voir encadré), prévient l’Anses, qui préconise d’informer la population des risques potentiels d’une dégradation de la qualité de l’air intérieur lors de l’utilisation de certains appareils d’épuration. Avis aux asthmatiques, friands de dispositifs utilisant des huiles essentielles ou pouvant générer de l’ozone.

Les revendications d’efficacité sont assez hétérogènes et peuvent cibler une substance spécifique ou un mélange de polluants. Elles portent principalement sur les composés organiques volatils (COV) (75%), les virus, bactéries et moisissures (68%), les particules (58%) et les allergènes (pollens, acariens) (54%). Certaines concernent plus génériquement la fumée de cigarette, les odeurs, ou «les polluants de l’air».

Conclusion : non contents d’être peu efficaces contre les polluants qu’ils prétendent éliminer, certains dispositifs rajoutent des molécules à une ambiance intérieure déjà très toxique.

https://www.anses.fr/fr/system/files/AIR2012SA0236Ra.pdf

Film De MMonique Robin, le juge et l’herbicide

« Le Juge et l’Herbicide » (devenu « Le Roundup face à ses Juges », à la demande des chaînes qui le diffusent) : plus que la production d’un film, apporte un message d’alerte, et d’espérance: tel le précise sa réalisatrice Marie-Monique Robin.

En effet, « probablement cancérigène » pour l’OMS, le glyphosate est un poison à bien d’autres titres, qui dans le monde entier tue ou rend malades, hommes, sols, cultures et animaux d’élevage – ce dont la vidéo jointe livre un des aspects les moins connus.

Pourtant, ce scandale débouche sur le rassemblement de tous ceux – victimes ou experts, avocats ou activistes – qui n’acceptent pas d’être trompés et empoisonnés. Un mouvement d’indignation et de refus dont l’intensité augmente au moment même où l’Union Européenne décide si le glyphosate peut être à nouveau autorisé – ou non.

Presque 10 ans après « Le Monde selon Monsanto », pourquoi y revenir ?

Parce que dans ce film uniquement consacré au Roundup®, on verra qu’il n’est pas un simple poison, mais un produit à effets multiples : cancérigène, perturbateur endocrinien, mutagène et chélateur de métaux, il prépare un scandale sanitaire dont la magnitude pourrait être supérieure à ce qu’a produit l’amiante, car le glyphosate (la substance active de l’herbicide) est partout : dans l’eau, l’air, la pluie, les sols et les aliments. Du Nord au Sud de la planète, on verra que l’herbicide-qui-tue-tout (son surnom en espagnol) rend malades ou tue les sols, les plantes, les animaux et les humains. Il détruit durablement les écosystèmes en affectant les organismes vivants, avec des conséquences en chaîne jusqu’aux êtres humains, ce qui est la définition même du crime d’écocide.

Parce qu’il ne s’agit pas seulement de dénoncer : alors qu’agences internationales et gouvernements s’avèrent inopérants, l’initiative du Tribunal International Monsanto montre que témoins, victimes, experts, ou simples citoyens… ont su s’emparer de cette question, jusqu’à obtenir un avis juridique qui pourrait infléchir le droit international : faire reconnaître le crime d’écocide afin de pouvoir poursuivre au pénal les dirigeants des firmes dont les activités à grande échelle menacent la sûreté de la planète.

Derrière des produits bénins qui se trouvent encore dans les rayons des jardineries : un scandale sanitaire majeur… mais un début de condamnation devant la justice des hommes : pour en savoir plus, et pour le faire savoir autour de vous, soutenez ce film.

Avec le film « Le Roundup face à ses Juges », sur Arte le 17 octobre 2017 à 20h 55 (et pendant 20 jours en replay)