Tous les articles par Jacqueline Collard

1er décembre journée internationale contre le sida

1er décembre c’est la Journée mondiale de lutte contre le sida. La maladie et le virus ont été découverts dans les pays les plus développés : en 1981, aux États-Unis, quelques malades homosexuels sont signalés porteurs d’un syndrome d’immunodéficience massif ; en 1983, à Paris , l’équipe de l’Institut Pasteur identifie le virus, appelé par la suite « virus de l’immunodéficience humaine »

Dés  1996, les trithérapies, combinaisons de molécules développées pour certaines à une vitesse record, modifient le cours de l’infection et sauvent des vies sans pour autant les guérir. Cette innovation révèle une fracture profonde dans un monde où le VIH se répand comme une traînée de poudre en Afrique  et d’autres zones et l’accès aux trithérapies est trés variés.Le combat acharné des militants associatifs, le soutien de la communauté scientifique impliquée dans la lutte contre le VIH, l’engagement d’institutions com­me l’Onusida et d’autres nouvellement créées comme le Fonds mondial contre le sida, ont pu renverser la tendance.

D’énormes progrès ont été accomplis grâce à la mobilisation politique et financière internationale. Le Fonds mondial a calculé en 2017 que les programmes qu’il soutient ont sauvé 22 millions de vies. La concurrence des médicaments génériques avait fait chuter énormément le coût des traitements anti-VIH.Cependant les efforts ne doivent pas être relâcher!

Le dépistage reste conseillé

Cette année, le ministère des Solidarités et de la Santé et Santé publique France insistent sur l’importance du dépistage, d’autant plus que l’offre de dépistage est de plus en plus variée et ce afin de répondre aux besoins de chacun.En effet cette « épidémie cachée » est estimée à 25.000 personnes qui seraient infectées sans le savoir, soit 20% des 150.000 personnes séropositives en France.Chaque année en France, on découvre plus de 5.000 nouveaux cas de SIDA et les infections sexuellement transmissibles font un retour en force.

 Aujourd’hui, il existe 4 façons de se faire dépister.
  1. Le test dans un laboratoire d’analyses médicales. Il est remboursé sur ordonnance d’un médecin et on peut également y réaliser le dépistage des autres IST (sur prescription).
  2. Le test dans un CeGIDD (centre gratuit d’information, de dépistage et de diagnostic du VIH, des hépatites et des IST). Également gratuit, il est anonyme et sans rendez-vous. Ces centres proposent également le dépistage des autres IST.
  3. Le TROD (Test Rapide d’Orientation Diagnostique) est quant à lui proposé par les acteurs associatifs. Il est gratuit, anonyme, il permet d’avoir un résultat rapide et d’être accompagné par des chargés de prévention formés.
  4. L’autotest est lui en vente dans les pharmacies et permet de faire le test soi-même et d’obtenir un résultat rapide, quand on veut, où l’on veut.

Pour plus d’informations : https://www.sida-info-service.org/

Pour en savoir plus :

L’autorisation du glyphosate renouvelée pour 5 ans

Le glyphosate est l’herbicide le plus utilisé en France, en Europe et dans  le monde.

Composant phare du Roundup de Monsanto depuis 1974, il est aussi présent dans plusieurs centaines de désherbants.

Après de nombreux rebondissements les pays de l’Union européenne ont voté ce lundi en faveur du renouvellement pour cinq ans supplémentaires du glyphosate. La Commission européenne a indiqué dans un communiqué que 18 pays avaient voté pour ce renouvellement, que neuf avaient voté contre (dont la France) et qu’un autre s’était abstenu. Le principal syndicat d’agriculteurs européen, le Copa-Cogeca, s’est en revanche félicité du vote de Bruxelles pour 5 ans de plus.

Cette molécule fait l’objet d’un vif débat depuis mars 2015 lorsque le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), une agence spécialisée de l’OMS, l’a classée  comme « cancérogène probable ». Son usage massif rend la situation extrêmement préoccupante pour l’avenir : dangereux pour l’environnement, cancérigène pour les animaux, probablement pour l’Homme, perturbateur endocrinien… Une position que ne partage pas du tout l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) qui rend en novembre de la même année un avis contraire. Si l’ECHA a rendu un avis en mars 2017 en estimant lui aussi que le glyphosate ne serait pas cancérogène, les positions européennes n’en sont pas moins divisées.

C’est ainsi qu’est née une initiative européenne citoyenne réunissant plus d’un million de signatures qui demandait en juillet l’interdiction du glyphosate en Europe. La décision a provoqué la colère des ONG qui se sont battues farouchement contre une réautorisation. « Cinq années de glyphosate supplémentaires mettront notre santé et l’environnement en danger, et c’est un revers majeur pour les méthodes agricoles plus durables », a tempêté Adrian Bebb de Friends of the Earth Europe( Amis de la terre Europe).

En France, il a déjà été retiré du marché depuis le début de l’année 2017 pour les collectivités. L’herbicide composant du célèbre Roundup devrait même être interdit aux particuliers au 1er janvier 2019. Il pourrait  concrètement disparaître du marché français en 2022 comme l’ont indiqué Le Président Macron comme le 1er ministre  face à ce vote insatisfaisant pour des milliers de personnes.

 

Rapport sur l’ air intérieur dans des ERP de villes santé OMS

Un rapport finalisé avant l’été rassemble de nombreux indicateurs et retours d’expériences sur la qualité de l’air dans les ERP de villes françaises faisant parties du Réseau des villes OMS comme : Aix les Bains, Lyon, Grenoble, Marseille, Paris, Rennes, la Rochelle, et Besançon avant l’obligation de surveillance au 1er Janvier 2018 concernant les Établissements en charge de la petite enfance.

Accompagnement à l’entrée en vigueur de la surveillance de la qualité de l’air intérieur dans les ERP recevant des enfants.

Retours d’expériences de Villes-Santé  Réseau français des villes santé de l’OMS – 2017
http://www.villes-sante.com/wp-content/uploads/Rapport_surveillance_QAI_juin2017.pdf

Nouvelle étude chinoise : La pollution atmosphérique altérerait la qualité du sperme

Une étude publiée mardi 21 novembre dans la revue Occupational & Environmental Medecine suggère désormais qu’elle pourrait également expliquer l’infertilité d’un « nombre significatif de couples » qui s »accroit d’années en années. Le déclin du sperme et de sa  qualité dans le monde n’est pas nouveau mais ce qui alarme les auteurs de ces nouveaux travaux, publiés dans Human reproduction, est que cette tendance continue à s’accentuer, principalement aux États-Unis, en Australie, en Nouvelle-Zélande et en Europe.

La concentration en spermatozoïdes du sperme a baissé de 52,4 % entre 1973 et 2011 chez les hommes occidentaux tandis que la quantité totale de sperme a chuté de 59,3 %, selon une méta-analyse  scrutant 50 pays.

Cette nouvelle  étude menée à Taẅan sur un nombre conséquent d’hommes: (6 457 hommes âgés de 15 à 49 ans) , conclut à un « lien fort » entre l’exposition aux particules fines PM 2,5 (de diamètre inférieur à 2,5 µm) et une dégradation de la qualité du sperme. Plus précisément, sur une période d’observation de deux ans, à chaque augmentation de 5 µg/m³ de PM 2,5 est associée une baisse de 1,29 % du nombre de spermatozoïdes à la morphologie (taille et forme) normale et à une augmentation de 26 % du risque d’avoir un taux de spermatozoïdes normal limité à 10 %. Les mêmes effets sont observés qu’il s’agisse d’une exposition à long ou à court terme (trois mois) aux PM 2,5.

Rappelons que l’OMS propose une limitation de l’exposition des PM2, 5 à 10 µg/m3 alors que les recommandations de l’Union Européenne ne sont que de 25 µg/m3

Jusqu’à maintenant, la littérature scientifique avait mis en évidence que l’exposition à des produits chimiques avait un effet délétère sur la qualité du sperme mais ne s’était jamais intéressée au rôle que pouvait jouer la pollution de l’air. Les auteurs de l’étude recommandent que d’autres recherches soient menées sur ce thème pour mieux comprendre comment la pollution de l’air peut interférer sur le  développement des spermatozoïdes. Ils relèvent cependant que des études expérimentales avaient déjà montré que de nombreux composants des particules fines, comme les métaux lourds et les hydrocarbures aromatiques polycycliques, étaient associés à une détérioration de la qualité du sperme.

Occupational and Environmental Medicine : http://oem.bmj.com/content/early/2017/10/21/oemed-2017-104529

Les mesures de Ruthénium dans l’air européen restent assez floues

En effet les divers organismes en charge de mesures ne s’accordent pas.

Notre partenaire la CRIIRAD avait depuis fin septembre demandé des éclaircissements aux autorités nationales et mondiales sans avoir eu beaucoup d’informations probantes: elle a renouvelé la semaine dernière des demandes d’informations complémentaires à l’OMS, à L’EIEA sans réponses pour l’instant.

Cet article complète celui précédemment posté du 9 novembre 2017.

Détection de ruthénium 106 dans l’atmosphère en Europe avéré début Octobre

En date du 5 octobre : »Les organismes de surveillance de la radioactivité en Europe insistent sur l’absence de risques. Effectivement, si cette contamination reste limitée dans le temps, les doses subies par inhalation du ruthénium 106 à des concentrations de quelques mBq/m3 peuvent être considérées comme négligeables.

Il est cependant important que l’origine de ces rejets de ruthénium 106 soit recherchée. De ce point de vue l’absence d’information est inquiétante. Si l’installation à l’origine des rejets n’en est pas consciente, elle n’a pas pu mettre en place de mesures de radioprotection alors que les doses subies par les riverains ou les travailleurs concernés pourraient ne pas être négligeables. S’il s’agit de dissimulation, la situation est encore plus problématique.

Voir le  communiqué de la Criirad du 5 Octobre: ici

En ce 22 Novembre des informations erronées sont diffusées,  encore, par de grands médias : les niveaux de contamination mesurés en Russie seraient « très élevés », les résultats publiés par l’agence météorologique russe confirmeraient les conclusions des modélisations de l’IRSN et du BfS. cependant il n’en est rien.
Certains médias ont titré sur les aveux de la Russie qui aurait admis être à l’origine de la fuite radioactive de ruthénium-106 ». Un communiqué de l’agence de météorologie Rosguidromet ferait état de la détection fin septembre, de concentrations de ruthénium 106 « extrêmement élevées » dans plusieurs régions de Russie.

En fait, les chiffres mentionnés dans ce communiqué figuraient déjà dans un document d’HYDROMET que la CRIIRAD avait  étudié . Loin d’apporter des réponses, les résultats de mesures posent question :

1/ les concentrations mesurées dans l’air sont du même ordre de grandeur que celles mesurées en Roumanie ;

2/ les niveaux de dépôt au sol mesurés dans des stations situées à moins de 40 km au nord et au sud de Mayak n’atteignent que quelques centaines de becquerels de ruthénium 106 par mètre carré de sol (maximum de 330 Bq/m2 à Metlino) soit de l’ordre de 100 fois à 1 000 fois inférieurs à ceux annoncés par la modélisation de l’IRSN dans son communiqué du 9/11/2017.

À ce jour, nous sommes donc toujours dans l’incertitude la plus totale. La CRIIRAD a interpellé l’OMS et l’AIEA pour dénoncer leur silence et leur demander d’intervenir. Une totale transparence est par ailleurs indispensable, tant du côté des gouvernements, et notamment de la Fédération de Russie, que des organismes d’expertise.

Les responsables se soucient enfin de l’importance des rejets du ruthénium 106 intervenus, fin septembre 2017, et des risques encourus au plus près du terme source ! Dans un premier temps, les communiqués officiels se sont contentés de souligner l’absence de risque en France et en Europe. La CRIIRAD avait alerté dès le 5 octobre, mais en vain, sur les risques encourus par les populations locales. On sait pourtant depuis Tchernobyl qu’il faut agir très vite car l’exposition est majeure dans les premiers jours et les premières semaines.
Voir le communiqué de la Criirad du   10 novembre    ici
Lire le communiqué de presse : http://www.criirad.org/accident-et-pollutions/2017-11-21_cp_oms-aiea-irsn.pdf
Lire la lettre à l’OMS : http://www.criirad.org/accident-et-pollutions/2017-11-17_lo_oms_ru-106.pdf
Lire la lettre à l’AIEA : http://www.criirad.org/accident-et-pollutions/2017-11-17_lo_aiea_ru-106.pdf

Précision dans le communiqué CRIIRAD du 22/11/2017 : http://www.criirad.org/accident-et-pollutions/2017-11-22_cp_mise%20au%20point_2.pdf