Nouvelle étude chinoise: La pollution atmosphérique altérerait la qualité du sperme

Une étude publiée mardi 21 novembre dans la revue Occupational & Environmental Medecine suggère désormais qu’elle pourrait également expliquer l’infertilité d’un « nombre significatif de couples » qui s”accroit d’années en années. Le déclin du sperme et de sa  qualité dans le monde n’est pas nouveau mais ce qui alarme les auteurs de ces nouveaux travaux, publiés dans Human reproduction, est que cette tendance continue à s’accentuer, principalement aux États-Unis, en Australie, en Nouvelle-Zélande et en Europe.

La concentration en spermatozoïdes du sperme a baissé de 52,4 % entre 1973 et 2011 chez les hommes occidentaux tandis que la quantité totale de sperme a chuté de 59,3 %, selon une méta-analyse  scrutant 50 pays.

Cette nouvelle  étude menée à Taẅan sur un nombre conséquent d’hommes: (6 457 hommes âgés de 15 à 49 ans) , conclut à un « lien fort » entre l’exposition aux particules fines PM 2,5 (de diamètre inférieur à 2,5 µm) et une dégradation de la qualité du sperme. Plus précisément, sur une période d’observation de deux ans, à chaque augmentation de 5 µg/m³ de PM 2,5 est associée une baisse de 1,29 % du nombre de spermatozoïdes à la morphologie (taille et forme) normale et à une augmentation de 26 % du risque d’avoir un taux de spermatozoïdes normal limité à 10 %. Les mêmes effets sont observés qu’il s’agisse d’une exposition à long ou à court terme (trois mois) aux PM 2,5.

Rappelons que l’OMS propose une limitation de l’exposition des PM2, 5 à 10 µg/m3 alors que les recommandations de l’Union Européenne ne sont que de 25 µg/m3

Jusqu’à maintenant, la littérature scientifique avait mis en évidence que l’exposition à des produits chimiques avait un effet délétère sur la qualité du sperme mais ne s’était jamais intéressée au rôle que pouvait jouer la pollution de l’air. Les auteurs de l’étude recommandent que d’autres recherches soient menées sur ce thème pour mieux comprendre comment la pollution de l’air peut interférer sur le  développement des spermatozoïdes. Ils relèvent cependant que des études expérimentales avaient déjà montré que de nombreux composants des particules fines, comme les métaux lourds et les hydrocarbures aromatiques polycycliques, étaient associés à une détérioration de la qualité du sperme.

Occupational and Environmental Medicine: http://oem.bmj.com/content/early/2017/10/21/oemed-2017-104529