Tous les articles par Jacqueline Collard

Une mission parlementaire demande un plan d’urgence pour les perturbateurs endocriniens

« L’exposition généralisée de la population aux perturbateurs endocriniens (PE) présents dans les contenants en plastique –alimentaires, cosmétiques et pharmaceutiques- s’avère très préoccupante», affirme le rapport des députées LREM Claire Pitollat (Bouches-du-Rhône) et Laurianne Rossi (Hauts-de-Seine), quatre ans après l’interdiction en France du bisphénol A (BPA) dans ces produits. Un rapport important alors que plusieurs substituts au BPA, dont le bisphénol S, seraient  des perturbateurs tout aussi nocifs. «La substitution mise en œuvre pour le BPA est qualifiée de regrettable par les scientifiques», a glissé la rapporteuse Laurianne Rossi, lors de la présentation du rapport à l’Assemblée.

L’exposition aux perturbateurs endocriniens présents dans les contenants en plastique présente un «enjeu majeur de santé publique», tel que le précise le rapport parlementaire présenté ce 4 décembre à l’Assemblée. Leurs auteurs demandent des mesures concrètes, dont des interdictions d’usages.

Ces parlementaires qui notent que «la 2ème stratégie nationale sur les PE présente une avancée», demandent que celle-ci soit «traduite en actes», avec des mesures concrètes pour réduire l’exposition des personnes à risques (femmes enceintes et allaitantes, bébés et enfants en bas âge), harmoniser et compléter la réglementation européenne et accentuer les efforts de recherche sur les effets des PE sur la santé. Ils avancent pour cela 50 recommandations.

Alors que l’Union européenne traite séparément les PE présents dans les pesticides et dans les contenants en plastique, la mission parlementaire demande une harmonisation des mesures, ainsi qu’une prise en compte accrue du principe de précaution via l’instauration d’une troisième catégorie de PE : les PE «présumés», aux côtés des PE «avérés» et «suspectés». L’objectif : compléter les mesures de prévention.

Rapport N° 2483 de l’ASSEMBLÉE NATIONALE décembre 2019 sur les perturbateurs endocriniens présents dans les contenants en plastique (1)

Présenté par Mmes Claire Pitollat et Laurianne Rossi,   Rapporteures,  Députées :

https://www.vie-publique.fr/rapport/272218-pertubateurs-endocriniens-dans-les-contenants-plastiques-rapport

Le nucléaire, énergie d’avenir ? « Trop cher et trop lent pour sauver le climat »

L’édition 2019 du World Nuclear Industry Status Report (WNISR) a été publié , ce nouveau rapport alerte sur le coût et la lenteur de l’atome, souvent présenté comme alternative ,  face au défi du réchauffement climatique. Ce rapport met surtout en évidence la concurrence des nouveaux générateurs éoliens et solaires face à une énergie nucléaire trop coûteuse et à l’essor trop lent.

Pour Mycle Schneider, le coordinateur de cet épais rapport annuel, auquel ont contribué huit experts interdisciplinaires, investir dans de nouvelles centrales n’est pas une bonne idée. Ce serait même « la pire chose à faire si l’on veut lutter efficacement contre le réchauffement climatique »,« L’urgence climatique est telle que les investissements doivent être consacrés en priorité aux solutions énergétiques les plus efficaces, les plus économiques et les plus rapides. »

« Il est urgent de stabiliser le climat, le nucléaire est lent », a déclaré Mycle Schneider, principal auteur du rapport. « Il ne répond à aucun besoin technique ou opérationnel que les concurrents sobres en carbone ne puissent satisfaire mieux, moins cher et plus rapidement. »Le nucléaire coûte également beaucoup plus cher, selon le rapport WNISR. Le coût de la production d’énergie solaire varie de 36 à 44 dollars par mégawattheure (MWh), a indiqué le WNISR, tandis que l’énergie éolienne terrestre coûtait entre 29 et 56 dollars par MWh. L’énergie nucléaire coûte entre 112 et 189 dollars.

En exemple à l’international en 2018, la Chine a investi 91 milliards de dollars dans les énergies renouvelables, mais seulement 6,5 milliards de dollars dans le nucléaire. La Chine, qui reste le constructeur nucléaire le plus actif au monde, a ajouté près de 40 réacteurs à son réseau au cours de la dernière décennie, mais sa production nucléaire était toujours inférieure d’un tiers à sa production éolienne. Bien que plusieurs nouvelles centrales nucléaires soient en construction, aucun nouveau projet n’a démarré en Chine depuis 2016, alors que dans notre pays cette perspective est toute autre et les messages concernant les énergies renouvelables peu lisibles.

 » Le Tic-tac de l’horloge climatique  » par Christian de Perthuis

Christian de Perthuis est professeur d’Economie à l’université Paris-Dauphine, en charge de la Chaire économie du climat, une initiative commune lancée par l’université Paris-Dauphine et CDC-Climat. Il est membre du Conseil des Economistes de l’Environnement et du Développement Durable. Après avoir travaillé pendant 10 ans dans le développement agricole, il a occupé des fonctions de direction dans deux instituts de prévisions macroéconomiques et sectoriels : Rexecode et le BIPE. Il a ensuite rejoint la Caisse des Dépôts où il a animé la Mission climat de 2004 à 2008.

Il vient d’écrire ce livre très pédagogique ,alors que la COP 25 va se terminer sans grand éclat dans l’objectif de rendre plus accessibles et intelligibles les nombreuses données disponibles sur le réchauffement climatique .

 Livre. L’urgence climatique est devenue évidence. Les dernières années, les plus chaudes que l’humanité ait connues depuis les débuts de l’ère industrielle, n’ont fait que renforcer la conscience de la nécessité d’agir. Pour autant, les politiques publiques de la plupart des Etats, comme la très lente transformation du modèle économique – quand celle-ci s’opère – ne sont pas de nature à inverser le cours des choses et à accélérer des décisions pourtant nécessaires.

La publicité des objets connectés et portables en utilisant des enfants n’est pas acceptable

En cette période de Noël les catalogues de jouets et articles de convivialité fleurissent sans respecter les obligations en cours. Or le code la santé publique est clair sur le sujet et ce depuis 2010 :« Toute publicité, quel qu’en soit le moyen ou le support, ayant pour but direct de promouvoir la vente, la mise à disposition, l’utilisation ou l’usage d’un téléphone mobile par des enfants de moins de quatorze ans, est interdite. » art. L5131-3 du Code de Santé publique (Partie Législative, 5e partie, Livre II, Titre III, Chapitre 1er – objet concernant les nourrissons et les enfants) – Loi du 12 juillet 2010.

Nous constatons pourtant que nous  avons affaire à des publicités promotionnelles pour de la téléphonie mobile, à de nombreuses reprises, avec comme personnages principaux, des enfants de moins de 14 ans, dont le contenu latent, voire le but clairement affiché, est  de « promouvoir la mise à disposition, l’utilisation ou l’usage d’un téléphone mobile par des enfants de moins de quatorze ans », ce qui est interdit par le Code de santé publique.

A l’heure où Santé publique france souligne les liens entre glioblastomes et champs électromagnétiques, où l’ANSES (Agence Nationale de Sécurité Sanitaire) publie son rapport sur les téléphones portables après avoir publié en 2016 son rapport « Exposition des enfants aux radiofréquences : pour un usage modéré et encadré des technologies sans fil », très clair sur les effets, notamment sur les fonctions cognitives, où de plus en plus de personnes deviennent électrohypersensibles, gravement atteintes et socialement exclues, où de très nombreuses voix scientifiques s’élèvent,il est nécessaire de combattre ces pratiques.
C’est que fait notre partenaire Robin des toits qui a rappellé la régle auprés du CSA et de L’ARPP ( au Conseil Supérieur de l’Audiovisuel  et  à l’Autorité de Régulation Professionnelle de la Publicité ), en leur demandant  expressément de jouer leur rôle pour un retrait immédiat de ces publicités, en charge des programme et publicités.
Communiqué de presse de Robin des toits :
Une remarque additionnelle est celle de la promotion actuelle pour des montres connectées, ce qui n’est pas anodin : afin de contourner l’interdiction des téléphones portables dans les écoles, certains se tournent vers d’autres gadgets comme les montres connectées. L’INC indique et nous le relayons :  « Appliquez le principe de précaution concernant les ondes émises par l’appareil ! En effet, les fabricants des montres connectées ne communiquent aucune information sur le débit d’absorption spécifique, le DAS, un indice qui spécifie la quantité d’énergie véhiculée par les ondes radioélectriques auxquelles s’expose l’usager et donc pour tous, grands et petits. Veillez donc à éteindre la montre lorsque vous ne vous en servez pas !»

L’Afrique ne deviendrait-elle pas le déversoir des pesticides interdits dans nos territoires ?

Alors que l’Afrique était une continent dominé par des modèles de subsistances locaux, exemptée d’intrants chimiques, elle connaît de plus en plus la multiplication de  grandes exploitations tournées vers l’exportation avec des principes d’agricultures intensives.

 Ce changement d’orientation fait craindre de voir s’exporter les modèles que la France comme l’Europe essaient  de restreindre tant les conséquences d’utilisation effrénée de pesticides ont contaminé la biodiversité, les eaux et les sols.

Ainsi  deux des trois molécules interdites – imidaclopride et thiaméthoxame – sont parmi les plus utilisées en Afrique. Au Cameroun, 35 formulations différentes contenant de l’imidaclopride sont enregistrées. En Afrique du Sud, 130. Les principales cultures sont concernées et le rapport relève aussi que la pulvérisation de ces insecticides s’étend de plus en plus aux semences en appliquant « des doses inappropriées ». Les réglementations lorsqu’elles existent ne sont bien souvent pas appliquées. En Tanzanie, un audit conduit par le ministère de l’agriculture a aussi montré que de nombreux produits utilisés n’étaient pas homologués et importés frauduleusement.

Cette menace est clairement identifiée dans le rapport sur L’utilisation et les effets des insecticides néonicotinoïdes sur l’agriculture africaine, publié mardi 12 novembre par le réseau des Académies des sciences africaines (Nasac). Lancé fin 2018, quelques mois après la décision européenne, ce travail, qui a rassemblé des scientifiques de dix-sept pays africains et passé en revue la littérature scientifique disponible, fournit l’état des lieux le plus complet à ce jour.Même si, à l’heure actuelle les conséquences de ces pratiques ne sont encore appréhendées que de façon parcellaire d’autant que la moitié des pays ne disposent d’aucune donnée.