Tous les articles par Jacqueline Collard

5 juin : Journée mondiale de l’environnement: la pollution plastique en ligne de mire

La journée mondiale de l’environnement est consacrée cette année à la lutte contre la pollution plastique, qui contamine les sols, les cours d’eau, les océans et même l’air que nous respirons.

Et rappelons-nous  le fait que sur les 400 millions de tonnes de plastique produites chaque année, en France seuls 10 % sont recyclés. Les plastiques biodégradables restent faiblement biodégradés en conditions réelles (sols, compost domestique) et nécessitent un meilleur étiquetage pour adapter leur traitement selon leurs capacités réelles de biodégradation.

  • Dans le monde, l’équivalent d’un camion poubelle de plastique par minute se retrouve dans l’océan. (Source : L’Atlas du plastique, 2020, publié par le Mouvement Break Free From Plastic).
  • Environ 4,8 à 12,7 millions de tonnes de plastique se retrouvent dans les océans chaque année, ainsi on retrouve aujourd’hui plus de 150 millions de tonnes de plastique dans les océans (source : Service de recherche du Parlement européen).
  • Recycler 1 million de tonnes de plastique équivaut à retirer 1 million de voitures de la circulation, en termes d’émissions de CO2. (Source : Service de recherche du Parlement européen).
  • Alors que de nombreuses études diagnostiquent la présence de microplastiques dans les organes (dont le cerveau) vivants humains ou animaux, une vaste étude de l’INRAE et du CNRS dresse le bilan de l’utilisation généralisée du plastique dans les secteurs de l’agriculture et l’alimentation. Elle alarme sur les conséquences délétères d’une contamination massive. Du fait de leurs propriétés et de leur faible coût, les plastiques se sont largement répandus, notamment dans les systèmes agricole et alimentaire depuis les années 1950. Cette expertise scientifique collective sur l’utilisation des plastiques1 dans les systèmes agricole et alimentaire a mobilisé un comité de 30 experts français et européens qui ont travaillé sur un corpus de plus de 4 500 publications scientifiques internationales, tout en se référant aux chiffres et directives liés à la consommation des plastiques en Europe et en France. La cinquième session de négociations a eu lieu du 25 novembre au 1er décembre 2024 à Busan en Corée du Sud, sans qu’un véritable traité ne soit signé, et L’UNOC de Nice a relancé les négociations sans aboutissement réel à ce jour.
  • https://www.cnrs.fr/fr/nos-recherches/expertise-scientifique-collective/plastiques-utilises-en-agriculture-et-pour-lalimentation-inrae-cnrs

8 juin – Journée mondiale de l’océan : veille de l’ouverture de l’UNOC 3

Le 8 juin, nous célébrons la journée mondiale de l’océan, un écosystème aussi vital que menacé. L’océan régule notre climat, abrite une biodiversité exceptionnelle et absorbe une grande partie de nos émissions de CO₂. Pourtant, il n’a jamais été aussi mal en point. Pollution plastique, surpêche, extraction minière, réchauffement : les signaux d’alerte sont au rouge.

La veille une marche bleue avait été organisée à Nice sur la Promenade par la plateforme européenne Seas at risk, qui regroupe 35 associations de défense des océans, cette « marche bleue » qui s’est déroulée derrière une grande banderole colorée « Protect the ocean, protect life » (protégez l’océan, protégez la vie).

Chaque journée de l’océan nous rappelle que protéger les mers, ce n’est pas sauver un décor lointain, mais défendre une condition de vie sur Terre. Le 8 juin, faisons bloc, agissons et faisons entendre la voix de l’océan. Parce que l’inaction n’est plus une option. Parce que l’océan, c’est nous, c’est notre vie sur terre qui est en jeu.

Cette journée sera marquée par une parade nautique qui inaugurera la Conférence des Nations Unies sur l’Océan (UNOC), en  ce dimanche 8 juin 2025. Une trentaine de navires d’exception, nommés les « Merveilles de l’Océan » défileront dans la baie des Anges de Nice à  cette occasion .

« Les merveilles de l’océan : faire vivre ce qui nous fait vivre » est le thème de la Journée mondiale des océans 2025, une année marquée par la Décennie des Nations Unies pour les sciences océaniques au service du développement durable et la célébration de la Conférence mondiale sur les océans

Demain le 9 c’est l’ouverture de l’UNOC 3,  c’est le début à Nice la  3ème conférence des Nations Unies sur l’océan . Lors des précédentes éditions, les gouvernements du monde entier ont multiplié les promesses sans prendre de mesures concrètes. Le temps des constats est révolu. Désormais l’heure est venue de l’action.

Le corps médical propose une mobilisation à propos du cadmium

Les médecins libéraux  tirent la sonnette d’alarme sur ce qu’ils considèrent comme une « bombe sanitaire » : le cadmium. Moins médiatisé que le plomb, le mercure ou l’arsenic, le cadmium est un métal lourd classé cancérogène certain pour l’homme. Trés présent dans les engrais phosphatés utilisés en agriculture, il s’accumule dans les sols et contamine les aliments parmi les plus consommés : les céréales , le pain, les pâtes ou les pommes de terre.

« Il y a une urgence sanitaire, il est de notre devoir d’interpeller la puissance publique afin de protéger les citoyens. L’Etat ne peut plus ignorer ce fléau de santé publique ! » affirment-ils .  Ils réactualisent ainsi  la problématique identifiée par les organismes sanitaires officiels depuis plusieurs années, depuis 2019 l’ANSES avait  revu les doses maximales acceptables à ce sujet . En 2021, Santé publique France révélait à travers l’étude Estéban une hausse de la contamination des Français, et surtout des niveaux d’imprégnation supérieurs à ceux constatés ailleurs en Europe. La  première voie d’exposition reste l’alimentation : 14 % des enfants dépassent la dose journalière tolérable , selon l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses).

En effet la liste des troubles potentiels sur la santé est longue : maladies rénales, atteintes osseuses de type ostéoporose, troubles de la reproduction, risque accru de cancer de la prostate et du sein, suspicion concernant le cancer du pancréas…

Pour réduire l’exposition des Français, les principaux leviers ne sont pas du ressort des individus, mais surtout des pratiques agricoles.

Si le ministre de la Santé, Yannick Neuder, a annoncé un prochain assouplissement des remboursements de dépistages du cadmium, la vraie question est celle de la prévention.

Un colloque scientifique sur l’océan du 3 au 6 juin à Nice avec 2000 scientifiques

Le CNRS et l’IFREMER ont été chargés d’organiser à Nice en ce début Juin 2025 le One Ocean Science Congress (OOSC), un événement spécial de l’UNOC3 consacré à la science, et de fournir ainsi aux chefs d’État et de gouvernement, ainsi qu’à la société dans son ensemble, des informations scientifiques complètes sur la santé de l’océan et sa trajectoire future. Plus de 2 000 scientifiques internationaux sont rassemblés cette semaine à Nice. À partir de ce mardi 3 juin et jusqu’au vendredi 6 juin, les acteurs du monde scientifique ont leur propre rendez-vous et  lancent un appel fort aux États : agir, et agir vite, en s’appuyant sur la science.

C’est la première fois qu’un congrès scientifique sera adossé à une conférence des Nations unies (du 3 au 6 juin pour l’OOSC puis du 9 au 13 juin pour l’Unoc). C’est effectivement une volonté politique affirmée par la France et le Costa Rica, les deux États qui organisent la troisième Conférence des Nations unies sur l’océan. Ils ont exprimé le fait que, pour élaborer des politiques publiques nationales ou internationales sur l’océan, on a besoin de la connaissance des scientifiques afin de connaître l’état de l’océan.

L’océan couvre plus de 70 % de la planète. C’est notre source de vie, soutenant la subsistance de l’humanité entière et celle de tous les autres organismes sur terre.

L’océan produit au moins 50 % de l’oxygène de la planète et abrite la majeure partie de la biodiversité terrestre. Elle est notamment la principale source de protéines pour plus d’un milliard de personnes dans le monde. L’océan est aussi la clé de notre économie, avec environ 40 millions de personnes employées par les industries océaniques d’ici à 2030.

Les paroles de François Houllier, Directeur général de l’Ifremer sont  claires :

« Nous avons souhaité emporter l’ensemble de la communauté scientifique française, de telle manière qu’elle soit connectée à l’ensemble de la communauté scientifique mondiale qui s’intéresse à l’océan » .

https://one-ocean-science-2025.org/oos2025_concept_note_fr.pdf

https://www.ifremer.fr/sites/default/files/2025-06/oosc_communique-de-presse_fr_0.pdf
Les recommandations scientifiques détaillées sont disponibles sur le site internet du Congrès:ÉCOUTER LA SCIENCE, AGIR POUR L’OCÉAN : 10 RECOMMANDATIONS SCIENTIFIQUES POUR L’OCÉAN

https://one-ocean-science-2025.org/media.html

L’Impact environnemental du numérique s’accroît sans fin

Le numérique représente 4,4% de l’empreinte carbone en France

L’étude ADEME-ARCEP publiée en 2020 indiquait que le numérique représentait 2,5% de l’empreinte carbone de la France, soit l’équivalent du secteur des déchets. La mise à jour de cette étude par l’ADEME en 2024 montre que le numérique représente désormais 4,4% de l’empreinte carbone nationale, dont

  • 50 % de cet impact carbone du numérique  lié à la fabrication et au fonctionnement des terminaux (téléviseurs, ordinateurs, smartphones…).
  • 46% aux centres de données (contre 16% estimé en 2022).
  • 4% aux réseaux.
    L’impact des data centers est en forte hausse tout comme,  la montée en puissance de l’IA

. Cette hausse s’explique principalement par un biais méthodologique : la prise en compte des impacts des data centers à l’étranger, utilisés pour des usages en France, ainsi que par l’augmentation de leur nombre et de leur puissance. Cette hausse va très probablement se poursuivre – en particulier du fait de l’IA générative.

Et c’est sans compter l’impact énergétique : 11 % de la consommation électrique française est liée au numérique.

Les algorithmes requis pour le bon fonctionnement des IA nécessitent des millions d’heures de calculs informatiques. Cela implique la consommation de grandes quantités d’électricité, plus ou moins renouvelable en fonction des pays, mais également d’eau pour refroidir les milliers de centres de données à travers le monde.

Selon l’Ademe et l’Arcep (l’Autorité de régulation des communications électroniques, des postes et de la distribution de la presse), en 2050 l’empreinte carbone du numérique en France pourrait atteindre , soit trois fois plus qu’en 2020.

https://ecoresponsable.numerique.gouv.fr/docs/2024/etude-ademe-impacts-environnementaux-numerique.pdf