Tous les articles par Jacqueline Collard

Le registre national des cancers arrive après des années de demande

Sonia de La Provoté, sénatrice du Calvados, a proposé une loi le 21 avril 2023, pour la création d’un registre national des cancers de l’adulte. Celle-ci a été adoptée à l’unanimité lundi 23 juin 2025.  et pourtant c’est donc le 30 juin 2025  que cette loi n° 2025-596 du 30 juin 2025  a été publiée au Journal officiel du 1er juillet 2025, pour mettre en place un registre national des cancers.

En 2023, l’Institut national du cancer (INCa) estime qu’on dénombre en France 433 000 nouveaux cas de cancers. Leur nombre s’est accru en raison du vieillissement de la population, mais aussi de la hausse importante de certains cancers dits « de mauvais pronostic » (cancer du poumon, du foie…). l’Académie de médecine avait lancé un rapport pointant l’urgence d’un tel registre.

La loi crée un registre national général des cancers, afin d’améliorer la prévention, le dépistage et le diagnostic des cancers ainsi que la prise en charge des patients. Sa gestion est confiée à l’Institut national du cancer ( INCA). Jusqu’alors il n’existait  pour seulement 24% de la population que 33 registres généraux ou spécialisés, nationaux ou  régionaux, mais souvent  incomplets , d’où le besoin avéré d’une visée nationale. Parmi ceux là 19 registres généraux qui ne couvrent que 24 départements et 12 registres spécialisés sur des organes spécifiques (comme le registre des cancers digestifs), sans oublier les 2 registres pédiatriques qui sont nationaux.

Un décret d’application est prévu pour préciser notamment le rôle des entités et des organisations de recherche en cancérologie labellisées dans la collecte des données.

Avec ce registre, la France pourra s’inscrire dans un mouvement européen de création et d’harmonisation des registres des cancers, disponibles dans la plupart des autres pays européens.

Loi n° 2025-596 du 30 juin 2025 visant à mettre en place un registre national des cancers (version initiale)

Obligation est faite aux industriels de donner la formulation complète des pesticides

 En 2022, avec les eurodéputé·es Michèle Rivasi, Benoît Biteau et Claude Gruffat, Secrets Toxiques dont nous faisons partie, a  demandé à l’EFSA la liste des coformulants du Captane, un fongicide en passe d’être renouvelé. Depuis les années ont passé, et ce n’est que 3 ans après que nous obtenons la décision tant attendue.
Le 18 juin 2025, la Cour de justice de l’Union européenne a tranché : les industriels ne peuvent plus cacher la composition complète de leurs pesticides. Une décision qui donne raison à Secrets Toxiques et met fin à l’opacité toxique entretenue depuis trop longtemps.
Ces coformulants, bien que cachés derrière le mot « inertes », sont libérés dans l’environnement et participent à la toxicité réelle des produits. L’EFSA avait accepté de nous les transmettre, conformément à la Convention d’Aarhus, qui impose la transparence sur les émissions dans l’environnement.

Cependant il faut savoir que  la firme Arysta a tenté de bloquer cette avancée en saisissant le Tribunal pour défendre ses intérêts commerciaux.
Le Tribunal vient de trancher : les coformulants sont bien des substances émises dans l’environnement, et leur divulgation est dans l’intérêt du public.

Ce jugement ouvre la voie à la divulgation de la composition complète de tous les pesticides. Une étape essentielle pour que les formulations soient évaluées pour ce qu’elles sont réellement : des cocktails de substances dont la toxicité dépasse celle de la seule substance active.

Une avancée majeure pour la santé publique, pour l’environnement, et pour le droit à l’information.

Une étude sur l’électrohypersensibilité (EHS) par l’INSERM de Lyon

Etude DEMETER sur l’EHS – une avancée scientifique,  avec la récente publication issue de l’étude DEMETER sur l’électrosensibilité.
Intervenant : Nicolas FORAY, responsable de l’équipe coordinatrice de l’étude, Directeur de l’Unité UMR 1296 « Radiations : Défense, Santé, Environnement »

L’hypersensibilité électromagnétique (EHS) et son lien de causalité avec les radiofréquences soulèvent une question majeure de santé publique. Dans le cadre de l’étude clinique DEMETER, 26 volontaires adultes se sont auto-diagnostiqués comme EHS-positif ont accepté de répondre à un questionnaire d’auto-évaluation et de fournir un prélèvement de biopsie cutanée pour établir une lignée cellulaire fibroblastique primaire

Une toute récente publication française de l’UMR1296 Inserm Lyon : « Radiations : Défense, Santé, Environnement », financée par l’ANSES, apporte un autre éclairage. Basée sur des auto-questionnaires mais surtout sur la caractérisation biomoléculaire de cellules de peau de 26 volontaires recrutés par l’intermédiaire de PRIARTEM / Electrosensibles de France, cette étude clinique montre que les volontaires électrosensibles sont également faiblement mais significativement radiosensibles. En effet, ils présentent un retard de la réparation de leur ADN face à des agents connus pour occasionner des cassures double-brin comme les rayonnements ionisants ou l’eau oxygénée.

Fibroblastes de la peau d’individus auto-diagnostiqués comme électrosensibles Deux sous-ensembles distincts avec nucléoshuticol retardé de la protéine ATM en commun::

https://www.mdpi.com/1422-0067/26/10/4792

Un décret pour les travailleurs en période caniculaire

En anticipation aux chaleurs intenses que nous connaissons depuis une semaine, un nouveau décret relatif à la protection des travailleurs contre les risques liés à la chaleur a été publié le 27 mai dernier, il renforce les obligations des employeurs: aménagement des postes, équipements, eau à disposition.. Ce décret du 27 mai 2025 introduit de nouvelles obligations en matière de prévention pour l’employeur. Ces dispositions s’appliqueront dès le 1er juillet 2025.

Des détails : Cet arrêté du 27 mai 2025 définit plusieurs seuils de vigilance météorologique fixés par Météo-France :

  • vigilance verte : veille saisonnière sans vigilance particulière ;
  • vigilance jaune : pic de chaleur (exposition sur une période de 1 à 2 jours à une chaleur intense présentant un risque pour la santé humaine en raison des conditions de travail ou de leur activité physique) ;
  • vigilance orange : période de canicule (chaleur intense et durable susceptible de constituer un risque sanitaire pour l’ensemble de la population exposée) ;
  • vigilance rouge : période de canicule extrême (canicule exceptionnelle par sa durée, son intensité, son ampleur géographique qui présente un fort impact sanitaire pour l’ensemble de la population ou qui pourrait entraîner l’apparition d’effets collatéraux de continuité d’activité).

Un « épisode de chaleur intense » correspond à l’atteinte du seuil des niveaux de vigilance jaune, orange ou rouge.

Les « périodes de canicule », qui ouvrent droit au bénéfice de l’indemnisation des arrêts de travail dans les entreprises du BTP, se caractérisent par l’atteinte du seuil des niveaux de vigilance orange ou rouge.

Afin d’assurer la santé et la sécurité des salariés en cas de fortes chaleurs, l’employeur doit intégrer le risque de fortes chaleurs dans le document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP). toutes les informations sur le site du ministère du Travail

l’arrêté est pris en application de l’article 3 du décret n° 2025-482 du 27 mai 2025 relatif à la protection des travailleurs contre les risques liés à la chaleur.

https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000051676145?isSuggest=true

PFAS dans l’alimentation : il est urgent que des mesures soient prises

Notre partenaire Générations futures alerte dans un nouveau rapport sur la présence de PFAS dans les aliments et met en évidence les lacunes de la surveillance et la faiblesse des seuils réglementaires.

L’association considère que les seuils maximaux actuels semblent ne pas suivre que des impératifs sanitaires. « L’Efsa [l’Agence européenne de sécurité des aliments] a établi, en 2020, une dose hebdomadaire tolérable (DHT) pour quatre PFAS [PFOS, PFOA, PFNA et PFHxS], a rappelé à l’occasion de la présentation de l’étude, jeudi 19 juin, Kildine Le Proux de la Rivière, docteur en pharmacie, chargée de ce dossier pour l’association. Les limites ont été mises en place, mais elles ne permettent pas de respecter la DHT. »“ Sur les milliers de substances que regroupe la famille des PFAS, la réglementation européenne ne prévoit la surveillance que de trois d’entre eux ” Générations futures.

« Hormis pour les viandes de bovins, porcs et volailles, les teneurs maximales autorisées pour le PFOS sont largement supérieures à celles fixées pour les trois autres PFAS, regrette Générations futures. Le PFOS serait-il beaucoup moins toxique que les trois autres ? Ce n’est pas l’hypothèse prise par l’Efsa en 2020, lors de l’établissement de la dose tolérable hebdomadaire, qui a alors considéré que les quatre PFAS avaient des niveaux de toxicité équivalents. » Par ailleurs, le règlement de 2023 ne fixe pas de seuil pour les aliments pour bébé, les laits, les fruits et légumes, les céréales ou les boissons (jus, vins, bières).

Dés 2023 dans un rapport, le Bureau européen de l’environnement appelait  à la réduction progressive des PFAS dans les produits de consommation d’ici à 2025 et à interdire leur production d’ici à 2030.

Générations futures appelle également à élargir la liste des PFAS surveillés. « Sur les milliers de substances que regroupe la famille des PFAS, la réglementation européenne ne prévoit la surveillance que de trois d’entre eux (PFOS, PFOA et PFHxS). Il est nécessaire d’élargir la liste des PFAS à contrôler dans l’alimentation sachant que plus de 20 autres PFAS ont été recommandées par la Commission européenne en 2022, souligne-t-elle. Il est notamment urgent de surveiller la présence de l’acide trifluoroacétique (TFA), un très petit PFAS extrêmement présent dans l’eau, ainsi que celle du PFDA, qui est retrouvé de manière significative dans les échantillons analysés. » Elle souhaite également qu’un plus grand nombre de substances disposent de limites réglementaires.

https://www.generations-futures.fr/publications/pfas-alimentation/

https://www.generations-futures.fr/wp-content/uploads/2025/06/rapport-pfas-alimentation-vf.pdf

https://www.generations-futures.fr/publications/tfa-pesticides-vin/

https://www.generations-futures.fr/wp-content/uploads/2025/04/message-dans-la-bouteille_vf.pdf