Tous les articles par Jacqueline Collard

La perte de biodiversité pourrait affecter nos capacités alimentaires

Dans le vacarme de l’actualité mondiale n’oublions pas que nous sommes  témoins de crises tant économiques qu’écologiques doublées du changement climatique.

«Nous continuons à observer des pertes insoutenables chez les insectes et particulièrement les abeilles», confirme Christina Grozinger, professeure d’entomologie à l’Université d’État de Pennsylvanie.

Ces pertes ont un impact direct sur l’agriculture, la perte des insectes pollinisateurs fragilise le modèle économique  davantage, et c’est vers des répercussions sur  toute la chaine alimentaire qui risque de vaciller. Les méfaits s’accroissent par des  habitats détruits, les pesticides omniprésents, la floraison perturbée par le changement climatique: l’ensemble de ces facteurs érode les communautés naturelles de ces insectes mais aussi celles des oiseaux qui sont implicitement liées.

Car sans eux, une part immense de notre agriculture, et de nos écosystèmes, pourrait s’effondrer.

Des analyses de dépistage du Cadmium prévues mais peu opérationnelles

En juin 2025, l’ancien ministre de la santé Yannick Neuder avait fait la promesse du remboursement, dès l’automne, du dépistage des Français·es au cadmium. Ce métal lourd a contaminé 98% de la population par l’utilisation d’engrais qui impactent l’agriculture et donc notre alimentation et fait courir des risques graves sur les reins, les os, la reproduction et augmente la probabilité, sur le long terme, de développer certains cancers.

Qu’en est-il à ce jour?

Apparemment un accord tarifaire aurait été trouvé avec l’Assurance maladie, ouvrant la voie à un remboursement au cours des prochaines semaines. Le test a été fixé à 27,50 euros, avec une prise en charge à 60% par la Sécurité sociale et à 40% par les complémentaires santé. «Cet accord a été trouvé mi-mars, dans le cadre de la commission de hiérarchisation des actes de biologie médicale», a précisé François Blanchecotte, président du Syndicat des biologistes (SDBIO). Sa publication au Journal officiel devrait encore intervenir dans les prochaines semaines.

Or selon le projet d’arrêté , seules les «personnes potentiellement surexposées au cadmium du fait de leur lieu de résidence» seraient éligibles à ce remboursement.

Et la connaissance de ce sujet de santé publique ne fait qu’évoluer au profit de recherches de terrain. Selon l’étude Esteban, publiée en 2021, l’imprégnation des Français·es au cadmium a doublé en une décennie.Le cabinet de la ministre de la santé, Stéphanie Rist, interrogé, assure qu’il ne s’agira pas «d’un zonage national prédéfini (type liste de régions ou de départements) ouvrant automatiquement droit au dépistage», mais d’un dispositif fondé sur «l’identification de situations individuelles d’exposition», sans en préciser les critères.

Comme l’indique Jean-Claude Azoulay, président du Syndicat national des médecins biologistes (SNMB). «Il est essentiel de savoir où et pour qui ces tests seront proposés».

Une consultation publique sur les perturbateurs endocriniens est ouverte

Le gouvernement a ouvert une consultation publique sur les priorités d’actions et son plan dans la lutte contre les perturbateurs endocriniens (PE). Il se décline en 20 actions pour six thématiques; elle est ouverte  jusqu’au 8 mai 2026 inclus, visant à atteindre un objectif de zéro exposition aux PE.

La particularité de ces substances chimiques est leur mode d’action qui perturbe le fonctionnement hormonal « normal » d’un individu et/ou de ses descendants.

Priorité 1 : Agir au plus près des citoyens en accompagnant les acteurs locaux pour
favoriser des environnements plus sains vis à vis des PE

Priorité 2 : Former, informer, communiquer pour donner à chacun sa capacité d’agir

Priorité 3 : Protéger et prendre en charge les populations les plus exposées et les plus vulnérables

Priorité 4 : Actionner tous les leviers règlementaires pour protéger la population des PE

Priorité 5 : Surveiller l’impact des PE sur notre santé et notre environnement

Priorité 6 : Fédérer les acteurs de recherche et d’expertise sur les PE pour une approche une seule santé

Plus de précisions sur le site :

www.consultations-publiques.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/projet_plan_actions_pe_vconsultation.pdf

Pour une meilleure connaissance des pollutions PFAS dans les eaux et donc les sols

Depuis janvier 2026, l’analyse de 20 PFAS dans l’eau potable est obligatoire en France, en application d’une directive européenne.

La directive prévoit 100 nanogrammes maximum par litre d’eau du robinet pour la somme des concentrations de 20 polluants éternels. Le Haut Conseil de la santé publique recommandait en 2024 de retenir un « seuil de 20 ng/L pour la somme des concentrations de quatre PFAS (PFOA, PFOS, PFNA et PFHxS) », dont la surveillance est considérée comme prioritaire.

Mais dés cet été il deviendra obligatoire de mesurer les teneurs en PFAS dans les stations d’épuration et leurs boues utilisées pour l’épandage agricole, qui permettent  de fertiliser les sols, et  ces rejets sont parfois contaminés par les polluants éternels.

Les 1 100 stations qui devront réaliser ces tests représentent 6% des stations d’épuration dans le pays, mais produisent 85% des boues épandues en France. Le Haut Conseil de la santé publique (HCSP), instance qui conseille le ministère de la Santé, travaille actuellement pour définir les normes de teneurs en PFAS dans les boues d’épurations, car il n’en existe pas pour l’instant.

Un arrêté ministériel du 3 septembre 2025 impose aux stations de traitement des eaux usées urbaines (STEU) de plus de 10 000 équivalents-habitants de réaliser, d’ici fin 2026, une campagne de mesure des substances per- et polyfluoroalkylées (PFAS) dans leurs eaux d’entrée et de sortie. Un pas décisif pour mieux comprendre l’ampleur de cette pollution émergente et renforcer la protection sanitaire.

Une suite du plan d’actions interministériel sur les PFAS (avril 2024) et de la loi du 27 février 2025 visant à protéger la population des risques liés aux PFAS, l’arrêté du 3 septembre 2025 détaille les modalités de surveillance des PFAS dans les eaux traitées par les STEU.

Sont concernées toutes les stations de plus de 10 000 équivalents-habitants, soit environ 1 300 installations en France. Ces dernières devront réaliser, avant le 31 décembre 2026, trois campagnes de prélèvements et d’analyses, espacées d’un mois, sur des prélèvements moyens 24 heures.

Les limites de quantification imposées sont strictes :

  • 50 ng/L pour chaque PFAS en entrée de station ;
  • 20 ng/L pour chaque PFAS en sortie ;
  • 2 µg/L pour le fluor organique adsorbable (AOF), indicateur de la charge globale en PFAS.

À notre santé ! ouvrage sur les bénéfices sanitaires de l’action écologique

L’épidémiologiste Kévin Jean, chercheur à l’École normale supérieure de Paris, liste les bienfaits scientifiquement prouvés de l’action en faveur de l’environnement pour augmenter l’espérance de vie, le bien-être, et limiter les maladies.

Le livre « À notre santé ! » de Kévin Jean explore comment les actions écologiques améliorent notre santé et qualité de vie dès maintenant, en se basant sur des travaux scientifiques récents.

La lutte contre le changement climatique n’est pas celle que vous croyez : Le changement climatique ne parvient pas à mobiliser les gens : trop loin dans le temps et dans l’espace, il semble que le public ne voit pas l’urgence de la lutte pour laquelle les scientifiques ne cessent d’alerter.

Alors que le climat se réchauffe, et l’inaction climatique entraîne un coût humain et sanitaire déjà lourd et qui ne peut qu’augmenter. C’est un consensus scientifique documenté depuis des années, et pourtant, personne ne bouge. De fait, être écolo ne fait pas envie : des efforts colossaux pour des améliorations futures ou lointaines.
Et si, au contraire, on pouvait démontrer que les mesures écologiques améliorent notre santé et notre qualité de vie, ici et maintenant ?

Collection:  Essais Payot   ISBN:   978-2-228-94119-8    EAN:    9782228941198
Parution:  mars, 2026  224 pages   Prix:    19,90€