Tous les articles par Jacqueline Collard

La croissance de l’emploi du protoxyde d’azote (« le proto ») inquiète les soignants

Après le cannabis et les poppers, des vasodilatateurs utilisés comme drogues récréatives, le « proto » est, en France, le troisième psychotrope le plus consommé par les jeunes. En 2022, 13,7 % des 18-24 ans l’avaient déjà testé au moins une fois, et 3,2 % disaient en avoir pris dans l’année, selon les chiffres de Santé publique France. Sa dangerosité est largement sous estimé par les jeunes.

Néanmoins jusqu’à ce recours détourné le protoxyde d’azote connaissait un usage médical réduit en temps qu’antalgique et anesthésiant.

Dans les hôpitaux, ces dernières années, les équipes médicales ont vu arriver aux urgences de plus en plus de jeunes patients sévèrement touchés par le « proto » avec comme symptômes: perte d’équilibre, sensation de picotements, membres inférieurs paralysés ou très diminués, troubles cognitifs ou cérébraux…

«Les conséquences neurologiques, qui sont graves laissent potentiellement des séquelles dans 35 % des cas, qui interviennent en moyenne après onze ou douze mois de consommation, avec un effet très rapide, beaucoup plus qu’ avec l’alcool ou d’autres drogues, c’est ce qui nous inquiète énormément souligne Florian Hubben neurologue.De plus « Chaque mois, chez nos patients, il insiste : il  a tous les codes de l’addiction  le manque, la dépendance, le craving [pulsions de consommation]… »

La létalité du gaz, directe ou indirecte, reste sous-évaluée car la science peine encore à attribuer de manière formelle certaines morts dues à des overdoses de protoxyde.On partage des constats, des doutes et des questions sur des traitements possibles alors que , ces dernières années, malgré les alertes sur les dégâts du « proto », la consommation reste forte,  d’autant plus visible par l’abandon des cartouches tout particulièrement dans les parcs urbains. C’est ainsi qu’on note la multiplication des arrêtés municipaux, pour en interdire la consommation sur la voie publique, mais qui semble sans grand effet.

En France, contrairement aux Pays-Bas et au Royaume-Uni, qui l’ont interdite, la vente de
protoxyde d’azote aux particuliers reste encore légale. Une loi, votée en 2021, l’interdit pourtant  aux mineurs, ce qui n’est visiblement pas suffisant aussi est-il prévu un projet de loi interdisant la vente aux particuliers et le restreindre aux activités médicales.

Généralisation de la pause numérique au collège après l’expérimentation 2024

Le dispositif Portable en pause est généralisé dès la rentrée 2025. Chaque collège définira la modalité de mise à l’écart des téléphones (ou tout objet connecté) qu’il souhaite adopter, en concertation avec les membres de la communauté éducative, notamment les collectivités territoriales et les parents d’élèves.

Pour toutes ces raisons, l’utilisation du téléphone portable et de tout autre équipement terminal de communications électroniques est interdite dans l’enceinte des écoles et des collèges. 

L’article L. 511-5 du Code de l’éducation pose le principe de l’interdiction de l’utilisation des téléphones portables et de tout autre équipement terminal de communications électroniques (tablette ou montre connectée, par exemple) à l’école et au collège.

Au cours de l’année scolaire 2024-2025, plus de 32 000 collégiens ont expérimenté la mise à l’écart du téléphone portable, à travers des dispositifs variés choisis localement –boîtes collectives, pochettes individuelles, casiers. Cette expérimentation a produit des effets positifs sur le climat scolaire, la concentration des élèves et le bien-être général dans les établissements l’ayant mise en place. Une diminution des signalements de cyberharcèlement et d’incidents liés aux réseaux sociaux a également été constatée.

Dans les lycées, une réflexion sera menée avec les élèves et la communauté éducative sur le numérique et notamment sur la place du téléphone portable et des objets connectés. Cette réflexion doit être construite au sein des instances de démocratie scolaire et a vocation à nourrir le projet d’établissement.

https://www.education.gouv.fr/interdiction-du-telephone-portable-dans-les-ecoles-et-les-colleges-et-pause-numerique-7334

La DGCCRF alerte sur des fournitures scolaires non conformes

Une enquête de la direction Générale de la Répression des fraudes (DGCCRF) aboutie  le mois dernier, démontre que de nombreuses fournitures scolaires ne sont pas conformes aux réglementations.

Résultat : 66.000 surligneurs, 18.000 stylos correcteurs et 6.000 stylos ont été rappelés. « L’examen et les analyses réalisés sur ces produits ont en effet révélé 14 produits non conformes, dont 9 considérés comme dangereux », rapporte la DGCCRF. Matières plastiques, caoutchouc, métal, substances chimiques… Les fournitures scolaires (stylos, marqueurs, correcteurs, gommes, colles) sont composées de matériaux divers et de substances pouvant être nocives pour la santé.

Au total, 39 avertissements ont été dressés pour rappeler la réglementation, 15 injonctions et trois procès-verbaux ont été rédigés pour faire corriger ou sanctionner les manquements les plus graves.

Problème supplémentaire : de nombreux produits présentaient des défauts d’étiquetage, absence d’adresse ou de numéro de fournisseur sur l’emballage comme l’absence de pictogrammes obligatoires ou de mentions de danger, laissant les consommateurs dans l’ignorance des risques.

La DGCCRF appelle les acheteurs à la prudence : vérifier les pictogrammes, lire les mentions de danger et se méfier des allégations trop vagues comme « écologique » ou « sans danger ». L’enjeu est d’autant plus important que ces fournitures sont destinées à des enfants, particulièrement exposés par des usages répétés et souvent non conformes, comme le fait de porter un stylo à la bouche.

Les agents ont également profité de leurs visites pour vérifier la loyauté des allégations, notamment environnementales associées aux fournitures scolaires. Les allégations environnementales sont en effet de plus en plus présentes et font écho aux préoccupations croissantes des consommateurs en la matière.

https://www.economie.gouv.fr/dgccrf/laction-de-la-dgccrf/les-enquetes-et-les-controles/securite-et-allegations-environnementales

Interdiction de produits dangereux dans les jouets, mais à quand la publication ?

L’Union européenne a trouvé un accord pour interdire les produits dangereux dans les jouets mais n’a toujours pas publié le réglement.

Bien que le marché européen soit parmi les plus sûrs au monde, des jouets dangereux se retrouvent toujours entre les mains des consommateurs. Selon le EU Safety Gate (le système européen d’alerte rapide pour les produits non alimentaires dangereux), les jouets constituaient la catégorie de produits la plus notifiée, représentant 23 % de l’ensemble des notifications en 2022 et 20 % en 2021.

Avant de mettre un jouet sur le marché, le fabricant doit procéder à une analyse des dangers que le jouet peut présenter en matière chimique, physique, mécanique, électrique, d’inflammabilité, de radioactivité et d’hygiène. Il doit évaluer l’exposition potentielle à ces dangers. Le texte prévoit la refonte des règles européennes en matière de sécurité des jouets afin de mieux protéger la santé et le développement des enfants. 

Le rôle des opérateurs économiques dans l’amélioration de la sécurité des jouets est renforcé, les exigences relatives au passeport numérique des produits et aux avertissements de sécurité sont clarifiées, et la liste des substances interdites dans les jouets est étendue.

Le texte élargit cette interdiction :

  • aux produits chimiques qui présentent des risques particuliers pour les enfants, tels que les perturbateurs endocriniens, les substances nocives pour le système respiratoire, les produits chimiques toxiques pour la peau, …
  • aux PFAS,
  • aux catégories les plus dangereuses de bisphénols.

Les parfums allergènes dans les jouets qui peuvent aller à la bouche des enfants de moins de 36 mois seront également interdits.

La rapporteure Marion Walsmann (PPE, Allemagne) a déclaré: « Bien que l’Union européenne dispose déjà des jouets les plus sûrs au monde, un produit sur cinq classé comme dangereux et retiré du marché dans l’UE était  un jouet. Il était donc très important de réviser la directive de 2009 sur la sécurité des jouets » . Les nouvelles règles, particulièrement orientées vers les produits chimiques dangereux, viseront à réduire les risques liés aux jouets, notamment ceux qui sont achetés en ligne.

Le Parlement européen, la Commission européenne et les Etats membres avait  trouvé un accord, jeudi 10 avril 2023, pour interdire à l’horizon 2030 les  polluants éternels (PFAS) et les perturbateurs endocriniens dans les jouets. Après ce compromis, ce nouveau règlement devait faire l’objet d’une adoption formelle soi disant dans les semaines qui venaient. Le règlement entrerait en vigueur 20 jours après sa publication au Journal officiel de l’UE. Les États membres disposeront alors de 54 mois pour se conformer aux dispositions.Et pourtant de commissions en relectures nous attendons toujours la publication de ce réglement.

Le 11 avril 2025, le Parlement et le Conseil ont conclu un accord en deuxième lecture anticipée.  À présent, le Conseil doit adopter formellement cet accord.   (la négociation a eu lieu après l’adoption de la première lecture du Parlement en plénière). Le Conseil doit à présent adopter formellement cet accord et le Parlement devra ensuite approuver le texte en plénière, en deuxième lecture.

La directive 2009/48/CE relative à la sécurité des jouets

Proposition de règlement relatif à la sécurité des jouets

guide n°11 de la Commission européenne (2023)

La fascination pour l’IA conduit nos cerveaux à penser différemment

L’intelligence artificielle (IA) est devenue un sujet de débat intense, suscitant des questions sur son impact potentiel sur notre cerveau et notre société. Les smartphones et l’intelligence artificielle ont indéniablement transformé notre société et notre manière de vivre. Aujourd’hui, nos vies sont rythmées par les écrans : smartphone, ordinateur, télévision, tablette, qui nous informent, nous divertissent, et nous relient aux autres et surtout apporter une base de l’intelligence artificielle. Les écrans sollicitent en permanence notre système de récompense cérébral, influençant durablement les circuits neuronaux liés à l’attention, à  la gestion des émotions et à la prise de décision  en atteignant assurément notre santé mentale.

Or, l’utilisation exagérée d’outils d’IA altère les capacités cognitives humaines.  L’intelligence artificielle simplifie nos tâches, mais affaiblit-elle notre esprit  en réduisant la pensée autonome ? En particulier, les recherches suggèrent qu’une dépendance excessive à l’IA peut entraîner une atrophie cognitive, une diminution des capacités d’analyse et une altération des capacités de prise de décision, ce qui soulève des questions sur les conséquences à long terme pour la santé mentale et la résilience cognitive.La facilité d’accès à l’information grâce à l’IA peut modifier notre manière d’apprendre et de mémoriser. L’incorporation de l’IA à l’intelligence humaine réside dans sa capacité d’influencer la neuroplasticité du cerveau humain. L’IA pourrait nous permettre de nous concentrer sur des activités qui nécessitent une pensée critique et une innovation, plutôt que de nous enliser dans des tâches répétitives et routinières.

Les smartphones et l’intelligence artificielle ont indéniablement transformé notre société et notre manière de vivre. Des recherches ont suggéré que l’utilisation excessive des smartphones pourrait être associée à des modifications structurelles du cerveau.

L’exposition prolongée à la lumière bleue émise par les écrans de smartphones perturbe la production de mélatonine, l’hormone régulant le sommeil. Une étude a montré que deux heures d’exposition à la lumière d’un écran rétroéclairé peuvent diminuer la sécrétion de mélatonine d’environ 22 %, retardant ainsi l’endormissement et affectant la qualité du sommeil.

Une étude de 2011 a révélé une diminution locale du volume de matière grise chez les individus présentant une dépendance à Internet, bien que ces résultats doivent être interprétés avec prudence en raison de la plasticité cérébrale et de la nécessité de recherches supplémentaires pour établir une causalité directe.​Cependant, il est essentiel de rester vigilants quant à leur impact sur notre cerveau et notre santé mentale. Néanmoins quelques études font état de conséquences surprenantes à prendre avec attention.

En bref il serait bon d’encourager des moments de déconnexion, comme des périodes sans écran ou des activités en plein air, ce qui pourrait  aider à réduire la dépendance et à favoriser le bien-être mental.​ Cela passe par une éducation numérique adaptée, une régulation personnelle de notre usage des écrans?

Publiée: 06 août 2025 https://newsroom.heart.org/news/excessive-screen-time-among-youth-may-pose-heart-health-risks

https://www.iana-data.org/ethique-et-societe/843-lutilisation-exageree-doutils-dia-altere-les-capacites-cognitives-humaines.html

Espoirs et hypes pour l’intelligence artificielle dans le dépistage du cancer colorectal
Gastro-entérologie. 2021; 161161:774-777

Dahmani, L. et Bohbot, V.D. (2020). Habitual use of GPS negatively impacts spatial memory during self-guided navigation. Scientific Reports, 10(6310) https://doi.org/10.1038/s41598-020-62877-0

Devaram, S. (2020). Empathetic Chatbot: Emotional Intelligence for Mental Health Well-being. arXiv preprint. https://arxiv.org/ftp/arxiv/papers/2012/2012.09130.pdf

Tayebi, H., Azadnajafabad, S., Maroufi, S. F. et al. (2023). Applications of brain-computer interfaces in neurodegenerative diseases. Neurological Review, 46(131). https://link.springer.com/article/10.1007/s10143-023-02038-9