Tous les articles par Jacqueline Collard

Les qualités des eaux de baignade sont disponibles

Chaque année, depuis la révision en 2006 de la directive relative à cette question (2006/7), un bilan de la saison précédente est réalisé sur la base d’évaluation statistique de la qualité (ainsi que l’établissement d’études de vulnérabilité des sites, les profils de baignade), avec un suivi de deux germes : Escherichia coli et les entérocoques intestinaux.

Chaque année, juste avant le mois de juillet, les Agences Régionales de Santé (ARS) publient la carte des sites de baignades naturelles où leurs techniciens vérifient la qualité des eaux . En période estivale, des prélèvements ont lieu tous les quinze jours pour vérifier l’état sanitaire des eaux. Pour connaître la qualité des eaux au moment où vous avez envie d’aller vous baigner, vous pouvez consulter les résultats des contrôles sanitaires sur les panneaux d’affichage de la mairie du site naturel. C’est obligatoire.

Le rapport *2023 sur la qualité des eaux de baignade en Europe en 2022 vient de paraître. Selon celui-ci , 85,7 % des sites de baignade européens étaient d’excellente qualité en 2022, et 95,9 % d’entre eux répondaient aux normes minimales.

En 2021, la Commission a lancé une procédure d’évaluation de la directive. « La révision de la directive sur la qualité des eaux de baignade stagne, regrette toutefois l’association Surfrider. Alors que la Commission européenne s’était engagée d’ici à 2023 à évaluer le besoin de prendre en compte de nouveaux paramètres pour mesurer la qualité des eaux de baignade, il a finalement été annoncé, il y a quelques mois, qu’une proposition de révision ne verrait finalement pas le jour avant les élections européennes de 2024. »

 

*https://www.eea.europa.eu/publications/european-bathing-water-quality-in-2022/

Textes réglementaires français (décrets, arrêtés)

Décret n° 2006-608 du 26 mai 2006 relatif aux concessions de plage
Décret n° 2007-983 du 15 mai 2007 relatif au premier recensement des eaux de baignade par les communes

Décret n° 2011-1239 du 4 octobre 2011 relatif à la gestion de la qualité des eaux de baignade
Arrêté du 19 octobre 2017 modifié relatif aux méthodes d’analyse utilisées dans le cadre du contrôle sanitaire des eaux

Textes européens

Directive 2006/7/CE du Parlement européen et du Conseil du 15 février 2006 concernant la gestion de la qualité des eaux de baignade et abrogeant la directive 76/160/CEE

Décision d’exécution de la Commission du 27 mai 2011 établissant, en application de la directive 2006/7/CE du Parlement européen et du Conseil, un symbole pour l’information du public sur le classement des eaux de baignade ainsi que sur tout avis interdisant ou déconseillant la baignade
Décision (UE) 2017/1583 de la Commission du 1er septembre 2017 désignant, en application de la directive 2006/7/CE du Parlement européen et du Conseil, la norme EN ISO 17994:2014 en tant que norme pour l’équivalence des méthodes microbiologiques (concerne les eaux de baignade).

Les nuages de fumées des feux canadiens arrivent jusqu’à nous

Un immense nuage de cendres traverse l’Atlantique. Cela fait plus d’un mois que les incendies font rage au Canada, de l’Alberta au Québec. New York a battu des records mondiaux de pollution de l’air dés le 7 juin, en raison de la vague d’incendies qui frappe le Canada, et notamment le Québec. Un tiers de la population américaine était alors concernée par une alerte à la pollution de l’air. Les écoles, le trafic aérien, les événements sportifs et culturels, les entreprises, c’est toute la société américaine qui tourne au ralenti.

Or cet impressionnant nuage de fumée a atteint l’Europe ce lundi 26 juin. La fumée devrait se propager en Europe dans les prochains jours selon les projections du programme européen Copernicus, Les fumées sont visibles par image satellite. La pollution en temps réel peut être suivie avec la carte* des aérosols générée par Windy sur la base des données de Copernicus.

Conséquence dramatique du dérèglement climatique, de nombreux feux sont encore hors de contrôle ( 470 feux actifs, dont 244 hors de contrôle) . Une étude publiée le 11 mai dans la revue scientifique Environmental Research Letters soulève la question de la responsabilité des entreprises les plus émettrices de carbone. Celle-ci évalue que près d’un tiers des feux de forêt brûlés depuis quarante ans dans l’ouest de l’Amérique du Nord sont causés par la hausse de température liée aux émissions de CO2 des 88 entreprises les plus carbonées. Autres causes de la gravité sans précédent des incendies, la fin des pratiques traditionnelles de régulation des forêts par des peuples autochtones et l’urbanisation galopante.

Un livre collectif : « Humanité et numérique » codirigé par une neurologue

De nombreuses études publiées dans les revues scientifiques spécialisées soulignent pourtant les effets délétères potentiels de l’usage récréatif de ces outils sur la santé de l’homme : neuro-développement et fonctionnement cognitif de l’enfant et de l’adolescent, sommeil, sédentarité, santé psychologique et sociale… Des liaisons pour le moins dangereuses au vu de l’essor parallèle de l’économie de l’attention, devenue une ressource à exploiter.

Le Dr Servane Mouton, la neurologue et directrice de l’ouvrage collectif « Humanité et numérique », Docteure en médecine et spécialiste en psychopathologie des apprentissages, titulaire d’un Master 2 en Neurosciences, la neurologue et neurophysiologiste Servane Mouton s’intéresse particulièrement au neuro-développement, et aux liens entre santé et environnement.

Depuis la commercialisation des premiers smartphones en 2007, leur diffusion dans notre société s’est faite exponentielle, de même que l’utilisation des nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC) au sens large. 

Enfants et Ecrans : liaisons dangereuses ?

L’attention est la première étape de tout processus d’apprentissage : car pour intégrer une information, il est nécessaire que l’attention soit dirigée, puis maintenue vers l’objectif. Or l’usage récréatif des outils numériques tel qu’il est observé aujourd’hui compromet sévèrement les capacités attentionnelles de l’être humain. Si ceci est particulièrement préoccupant pour les plus jeunes, dont le cerveau en développement n’arrivera à maturation qu’à 25 ans, les adultes sont également concernés.

Un atlas des pesticides vient bouleverser la communication : restons vigilants !

Voilà une version française inédite de l’Atlas des pesticides que viennent de publier la Fondation Heinrich Böll, Friends of the Earth Europe, BUND, le Pesticide Action Network Europe et La Fabrique écologique.

Depuis 1990, la quantité de pesticides utilisés dans le monde a augmenté de 80 % avec quatre géants de l’agrochimie, à savoir Bayer, Syngenta, Corteva et BASF. Ces quatre entreprises contrôlent aujourd’hui 70 % du marché mondial des pesticides alors que ce chiffre s’élevait seulement à 29 % en 1994. Bayer s’appuie sur les 841 millions de dollars générés par les ventes du célèbre glyphosate, classé « probablement cancérogène » par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), Syngenta sur les 242 millions réalisés par le thiaméthoxame, un néonicotinoïde interdit dans les champs européens en raison de sa toxicité pour les abeilles et BASF sur les 272 millions générés par le glufosinate, néfastes sur « la fonction sexuelle et la fertilité ».

Cet atlas affirme que la France est le premier pays européen en termes de production issue de l’agriculture biologique. L’Hexagone est par exemple le premier pays à l’échelle mondiale avec 20 % de son vignoble en bio et de nombreuses communes privilégient désormais les produits bio. Mais « la France reste championne des pesticides : selon l’ONG Générations Futures, elle est dans le top 3 des pays européens qui autorisent le plus de pesticides ». En termes de volume, la France est aussi le pays de l’UE qui vend le plus de pesticides, ce qui s’explique en partie par sa surface agricole.

Rappelons que la France s’était  engagée avec le Plan Ecophyto II+ : ce n’est pas ce que l’on constate malheureusement.

Le plan Écophyto II+ matérialisait les engagements pris par le Gouvernement français en apportant une nouvelle impulsion pour atteindre l’objectif de réduire les usages de produits phytopharmaceutiques de 50% d’ici 2025 et de sortir du glyphosate d’ici fin 2020 pour les principaux usages et au plus tard d’ici 2022 pour l’ensemble des usages.

Pour la version globale de l’ATLAS , publiée conjointement par : Heinrich-Böll-Stiftung, Berlin, Germany – Friends of the Earth Europe, Brussels, Belgium – Bund für Umwelt und Naturschutz, Berlin, Germany –PAN Europe, Brussels, Belgium
Rédactrices en chef : Lisa Tostado, Heinrich-Böll-Stiftung European Union (project management) et Dr. Silke Bollmohr, EcoTrac Consulting
Editeur et recherches de données : Martin Eimermacher

La version française de l’ATLAS DES PESTICIDES est publiée conjointement par :
Le bureau de Paris de la Fondation Heinrich Böll et La Fabrique Écologique (en coopération avec PAN Europe et le collectif Nourrir)
Directeur de publication : Marc Berthold (Heinrich-Böll-Stiftung Paris).
Direction et coordination du projet : Mathilde Boitias (La Fabrique Ecologique), Jules Hebert (Heinrich-Böll-Stiftung Paris) et Jill Madelenat (La Fabrique Écologique).
Traduction : Agnès El Kaim
Auteurs et autrices des chapitres ajoutés à la version française : Jill Madelenat et Mathilde Boitias (La Fabrique Écologique), Aurélien Chayre et Caroline Gibert (Solagro), Camille Bouko-Levy, Erwan Molinié et Malcom Ferdinand (Observatoire Terre-Monde), Christophe Alliot et Sylvain Ly (le Basic), Maureen Jorand (Collectif Nourrir), Laurent Delière (INRAE), Jules Hebert (Heinrich-Böll-Stiftung Paris)

Pour citer l’atlas : “Atlas des Pesticides 2023, Heinrich-Böll-Stiftung Paris & La Fabrique écologique”
Friends of the Earth Europe remercient la Commission européenne pour son aide financière (Programme LIFE). Les Amis de la Terre Europe sont seuls responsables du contenu de ce document. 

TÉLÉCHARGEMENTS : Heinrich-Böll-Stiftung, https://fr.boell.org/fr/atlas-des-pesticides

Rassemblement en Wallonie des électrohypersensibles (EHS)

Une centaine de personnes électro-sensibles se sont retrouvées à la frontière belge  dans  une des dernières zones préservées des ondes en Wallonie. Leur objectif est aussi de susciter une prise de conscience collective autour du danger sanitaire des technologies sans fil, qui concerne tout le monde, et d’organiser une meilleure inclusion quant à l’ handicap que les ondes électromagnétiques suscitent.

Les EHS donnent l’alerte, mais sommes-nous tous concernés ?

Pourquoi ? Toutes et tous, développent des symptômes à proximité d’appareils et d’antennes de télécommunications sans fil : wifi, 4G, oreillettes Bluetooth, téléphone fixe sans fil DECT, antennes téléphoniques à proximité du domicile, etc. Or l’ambiance générale est à la multiplication des technologies sans fil, ainsi nous voilà baignés dans un électro-smog permanent, alors même que le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), une agence de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), classe les rayonnements électromagnétiques des réseaux mobiles en « catégorie 2B, cancérogènes possibles » depuis 2011.

Pour beaucoup d’entre eux , les premiers symptômes n’ont pu être diagnostiqués à temps car confondus avec d’autres pathologies, cela a entraîné une évolution très handicapante des symptômes : maux de tête, oreilles qui brûlent, problèmes de concentration, picotements dans les membres, acouphènes, troubles du sommeil, nausées et impression de cerveau qui brûle, fatigue extrême, mémoire à court et à long terme défaillante…

Pour survivre, les EHS cherchent des zones blanches que le gouvernement a décidé de supprimer dans le cadre du New Deal, pour réduire la fracture numérique. Pourtant 5% de la population française, soit environ 3,3 millions de personnes, souffrent, à des degrés variables, de sensibilité exacerbée aux ondes électromagnétiques, selon les dernières estimations réalisées par l’ANSES en 2018( 2).

Malheureusement, sur le terrain, les professionnels de la santé ne sont pas suffisamment et/ou correctement (in)formés pour détecter ce trouble de santé environnemental émergent, alors même qu’il incommode une personne sur vingt en Suisse (1) et en France (2).

Tout cela pose la question de la place qu’on nous réserve dans un monde du tout-aux-ondes. Plus largement, puisque prévenir vaut mieux que guérir, nous demandons des campagnes d’information adressées au grand public sur les risques réels et sur des gestes de précaution minimaux à adopter face à ces technologies sans fil ; il est impératif de mettre en place des mesures de prévention sanitaire dans tous les lieux accessibles au public, à l’instar de ce qui a été fait pour le tabagisme.

(1) N. Schreier, A. Huss, M. Röösli, The prevalence of symptoms attributed to electromagnetic field exposure: a cross-sectional representative survey in Switzerland, Soz Praventivmed 51(4) (2006) 202-209.

(2) ANSES, Hypersensibilité électromagnétique ou intolérance environnementale idiopathique attribuée aux champs électromagnétiques.

  Une étude réalisée sur une période de dix ans dans le cadre du National Toxicology Program, à la demande du Département de la Santé des États-Unis (Wyde et al, 2018). Une autre étude italienne publiée par l’institut Ramazzini (Falcioni et al, 2018).

  Belpomme & Irigaray, Electrohypersensitivity as a Newly Identified and Characterized Neurologic Pathological Disorder: How to Diagnose, Treat, and Prevent It, 2020.

Klaus Buchner & Michèle Rivasi, « La Commission internationale de protection contre les rayonnements non ionisants (ICNIRP) : Conflits d’intérêts, 5G et Capture réglementaire », Bruxelles, juin 2020. »