Tous les articles par Jacqueline Collard

La santé-environnementale oubliée dans le plan cancer

Communiqué de presse  de la part de Michèle Rivasi députée européenne, vice -Présidente de la commission santé

Strasbourg, le 4 février 2014

Plan cancer : quid de la prévention environnementale?

 Le président François Hollande vient de présenter le troisième plan cancer 2014-2018 au cours des « Rencontres de l’Institut national du cancer ».  L’objectif est de lutter contre la première cause de décès en France, avec près de 150 000 morts par an.

 Pour Michèle Rivasi, députée européenne EELV, « ce plan met surtout l’accent sur la lutte contre les inégalités sociales et territoriales face à la maladie, avec notamment la question des frais non remboursés entraînés par la maladie et les prix trop élevés des nouveaux traitements contre les cancers. C’est évidemment très important, tout comme la lutte contre le tabagisme (1), mais il ne faut pas s’arrêter là. Face à l’explosion des cancers hormonodépendants, il faut accentuer la prévention environnementale et cesser de nier le lien entre cancers et pollutions (chimique, atmosphérique, exposition des travailleurs, amiante etc) ».

 « Sur la lutte contre les inégalités, rappelons que la politique d’austérité imposée par la Troïka se traduit par une catastrophe sanitaire (2). Nos systèmes de santé sont menacés par la crise, et par conséquent, c’est la santé de toutes et tous qui en pâtit: il faut mettre un garrot sur l’hémorragie sanitaire provoquée par la crise, elle n’apporte que détresses médicale et sociale.

 « Il est urgent que les responsables politiques européens, que ce soit au niveau de la Commission européenne ou des Etats membres, fassent montre d’une véritable ambition en matière de prévention des maladies liées aux comportements et à l’environnement. Et ce, quelles que soient les pressions exercées par des lobbies puissants comme les industries du tabac, de l’alcool, de la téléphonie mobile (ondes électromagnétiques), ou encore les industries chimiques et singulièrement celle de l’agro-alimentaire (pesticides) et des emballages (perturbateurs endocriniens comme le bisphénol A). C’est pourquoi nous venons d’interpeller le premier ministre sur les avancées de la Stratégie nationale perturbateurs endocriniens, qui est devrait être au cœur du plan cancer« . Continue reading

Campagne de sensibilisation d’AIR Rhône-Alpes sur le bon usage du chauffage au bois

Depuis l’arrivée de l’hiver, nombreux sont ceux qui trouvent chaleur et réconfort devant un bon feu de cheminée. Pourtant, lorsque le chauffage au bois est utilisé dans de mauvaises conditions ou avec des appareils peu performants (foyers ouverts, appareils vétustes), il peut fortement contribuer à la pollution de l’air et à la surconsommation de combustible. Or, des solutions alternatives et des bonnes pratiques existent pour remédier à cette situation.

 Air Rhône-Alpes a souhaité sensibiliser les rhônalpins à cette problématique et les inciter à devenir acteurs d’une meilleure qualité de l’air en relayant les bonnes pratiques permettant de concilier qualité de l’air et chauffage au bois. Cette initiative est soutenue par la Direction régionale Rhône-Alpes  de l’ADEME et le réseau IERA.

Ainsi sont  à votre disposition un panel d’outils de communication :

                       –        film court

          spot radio

          affiche

          flyer

          encart presse

Air Rhône-AlpesCes éléments de communication sont disponibles sur le mini-site web dédié à cette campagne : delair.air-rhonealpes.fr  mis en place par le service communication d’Air Rhône-Alpes

et pour l’ensemble des informations concernant la qualité de l’air en Rhône-Alpes http://www.air-rhonealpes.fr

Association phtalates et prématurité

Etude : les phtalates et le risque d’accouchement prématuré

De notre association partenaire l’ASEF:

prete à accoucherChaque année, 15 millions de bébés dans le monde naissent prématurément, c’est-à-dire avant 37 semaines de grossesse. Les causes de ces événements de plus en plus fréquents sont encore mal connues mais une étude vient de montrer que l’exposition aux phtalates pendant la grossesse pourrait jouer un rôle dans la prématurité.

Les phtalates sont des substances chimiques rajoutées au polychlorure de vinyle (PVC) lors de la fabrication d’objets en plastique pour les rendre plus souples et faciliter ainsi leur mise en forme. On les retrouve donc dans pratiquement tous les articles en PVC : adhésifs, ballons, nappes, tuyaux, rideaux de douche, emballages alimentaires, cosmétiques, colles, matériel médical, jouets, etc. En d’autres termes, ces polluants produits à hauteur de 3 millions de tonnes par an, sont omniprésents dans notre vie quotidienne.

De nombreuses études ont déjà montré que ces substances pouvaient entrainer des troubles de la reproduction, favoriser la puberté précoce, le diabète ou encore l’hypertension artérielle chez les enfants. En savoir plus sur les effets sanitaires des phtalates.

Les chercheurs de l’Université du Michigan aux Etats-Unis ont confirmé le caractère de perturbateurs endocriniens des phtalates en menant une étude auprès de 130 femmes ayant accouché prématurément et de 352 autres ayant accouché à terme. Ils ont analysé des échantillons d’urine pendant la grossesse des participantes pour déterminer les niveaux de résidus de phtalates.

femme enceinte portrait

Les résultats ont révélé une association entre les concentrations de phtalates et les accouchements prématurés. Selon les auteurs, ces conclusions sont non seulement applicables à l’ensemble des femmes américaines mais aussi à toutes les femmes dans le monde car les phtalates sont des polluants très répandus. Dans un éditorial accompagnant l’étude, le Dr Shanna Swan, de la faculté de médecine de Mount Sinai de New York, estime que cette nouvelle recherche est la plus sérieuse à ce jour suggérant que les phtalates sont partout dans l’environnement des femmes enceintes et pourraient être un facteur important expliquant des naissances prématurées.

D’autres travaux devront confirmer le rôle de ces polluants dans la prématurité. Mais pendant la grossesse, les phtalates ne sont pas les seules substances à éviter. Bisphénol A, parabènes, aspartame, pesticides et PCB sont autant de composés auxquelles sont exposées les femmes enceintes – comme la population générale – et qui peuvent également favoriser les troubles de la reproduction.

Pour éviter tous ces polluants et préserver votre santé ainsi que celle de votre bébé pendant la grossesse, consultez notre Petit Guide du Bio-Bébé de l’ASEF


Références bibliographiques :

Ferguson KK, McElrath TF, Meeker JD., Environmental Phthalate Exposure and Preterm Birth. JAMA Pediatr. 2013 Nov 18.

Enjeu majeur pour la réduction des gaz à effet de serre pour la Commission européenne

De passage à Paris les 29 et 30 janvier, Connie Hedegaard la Commissaire européenne en charge du climat  a rencontré les députés de la commission des affaires européennes ainsi que Philippe Martin, ministre de l’écologie, Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères et Thierry Repentin, ministre délégué chargé des affaires européennes.

Objectif : activer la mobilisation autour du paquet Energie Climat 2030, présenté le 22 janvier par la Commission européenne.

  Rendez-vous crucial les 20 et 21 mars

La France, qui accueille la Conférence des Nations unies sur le climat (Cop21), au Bourget en décembre 2015, a déjà fait savoir à Bruxelles qu’elle soutenait la réduction de 40% des émissions de GES. Mais rien n’est gagné au niveau européen.

«En septembre prochain, les Nations unies organisent un sommet Climat pour donner un coup d’accélérateur avant la Cop21. Il est indispensable que l’Union européenne se mette d’accord d’ici là pour parler d’une seule voix», a déclaré la commissaire européenne, ce 30 janvier, lors d’une rencontre avec la presse. D’autant plus qu’une nouvelle commission doit être nommée à l’automne prochain. Dans l’idéal, la position des Etats membres devrait être connue les 20 et 21 mars, lors du prochain sommet européen. Mais les négociations ont déjà démarré puisque seuls 7 Etats, dont la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne, ont annoncé leur soutien.

  Les mesures de compensation hors jeu Continue reading

A quand une véritable analyse des résidus médicamenteux dans l’eau?

Nous relayons l’article de Novethic

La présence de médicaments dans l’eau n’est aujourd’hui pas contrôlée.

Pourtant, de plus en plus d’organisations écologistes s’inquiètent des effets environnementaux mais aussi sanitaires de cette contamination. Les industriels de l’eau se préparent d’ailleurs à prendre en compte de nouvelles mesures de qualité de l’eau.

Conséquence directe de notre consommation de médicaments, les eaux de surface contiennent de nombreuses substances thérapeutiques.  Les organismes rejettent en effet plus de la moitié des substances actives absorbées. Résultat, ces produits chimiques se retrouvent dans les eaux usées, puis dans les eaux de surface, les stations d’épuration n’étant pas prévues pour les traiter. Quant aux produits vétérinaires, ils rejoignent directement les eaux de surface par ruissèlement. Si cette contamination est connue, elle ne fait toujours pas l’objet d’une réglementation particulière.

Malgré la proposition de la Commission européenne, la révision de la directive cadre eau cet été n’a pas permis d’inscrire des médicaments parmi la cinquantaine de substances prioritaires à surveiller dans l’eau. « L’opposition des États membres a été la plus forte », regrette Martina Mlinaric, du Bureau européen de l’environnement (BEE). Pour cette responsable des questions politiques, le refus de la surveillance des médicaments par les gouvernements montre « le manque de respect total pour les preuves scientifiques démontrant l’impact des ces substances sur les écosystèmes aquatiques »

(voir « Quels effets des résidus médicamenteux dans l’eau ? » ).

Si le Parlement européen avait voté en 2012 pour l’ajout de substances médicamenteuses dans la surveillance de la qualité de l’eau « sur la base de preuves scientifiques attestant qu’elles peuvent présenter des risques pour la santé », les Etats, eux, continuent d’opposer  des « incertitudes scientifiques ».

Une eau potable ?

En France, le dernier rapport de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), publié en février 2013, conclut effectivement que les risques pour la santé humaine sont négligeables. Mais l’agence reconnait qu’elle manque de données sur l’exposition et sur l’évaluation de la toxicité chronique. Ce rapport, qui intervient dans le cadre du Plan national sur les résidus des médicaments dans les eaux, ne convainc d’ailleurs pas les ONG environnementales. Elles sont de plus en plus nombreuses à considérer que les preuves des effets nocifs des médicaments, en particulier les perturbateurs endocriniens (PE), s’accumulent. France Nature Environnement souligne ainsi « les risques pour les humains sont peu connus, mais l’on soupçonne la résistance aux antibiotiques et le dérèglement du système endocrinien ». Continue reading