Tous les articles par Jacqueline Collard

Le stress impacte nos capacités immunitaires

En cette période de crise sanitaire, mieux vaut éviter de trop stresser ! Telle est la conclusion que l’on peut tirer d’une étude publiée dans le Journal of experimental medicine par l’équipe de Sophie Ugolini, directrice de recherche au centre d’immunologie de Marseille-Luminy (Inserm, CNRS, Aix Marseille Université). Cette étude expérimentale révèle en effet, pour la première fois, comment le stress agit sur la réponse immunitaire dirigée contre les virus.

Selon elle “Un stress psychologique entraîne l’activation de l’hypothalamus dans le cerveau, explique -t-elle , puis s’ensuit une cascade d’événements qui activent le système nerveux dit sympathique.” Ce système nerveux sympathique induit la production d’hormones de “stress” telles que les catécholamines (adrénaline et la noradrénaline), qui circulent alors dans le sang pour déclencher différentes réactions physiologiques de riposte au niveau des tissus et organes (augmentation du rythme cardiaque, de la fréquence respiratoire, de la contraction musculaire, de la consommation énergétique, etc).

Par le biais du cerveau, de l’activation du système nerveux autonome (qui contrôle de nombreuses fonctions de l’organisme en dehors de notre volonté) et de sécrétions hormonales de type adrénaline et cortisol, le stress est une réponse physiologique de notre organisme à des éléments extérieurs qui viennent perturber son équilibre. Ce qui veut dire que  l’adrénaline chez nous, peut nous sauver du danger immédiat mais pourrait aussi nous affaiblir face à des stress à long terme.

Le stress réduit ainsi la réponse immunitaire aux maladies infectieuses. Pour la première fois, une étude d’un laboratoire marseillais explique le mécanisme moléculaire du phénomène.

https://rupress.org/jem/article/doi/10.1084/jem.20190554/133716/%CE%B22adrenergic-signals-downregulate-the-innate

La communauté scientifique s’inquiète du projet de loi sur la recherche

La prochaine loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR) inquiète la communauté scientifique, qui y voit une menace majeure pour les métiers de la recherche.

Selon eux, celle-ci contribue à aggraver la crise écologique, et non à la réduire.

Le Ministère annonce dés 2019 que la France grande nation de recherche est  reconnue à l’échelle internationale. Toutefois, dans un contexte compétition mondiale, le Gouvernement a souhaité inscrire l’effort de soutien à la recherche dans le cadre pluriannuel d’une loi de programmation. Pour ce faire le Premier ministre a demandé à Frédérique Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, qu’un travail soit engagé pour la mise en place d’une loi d’orientation et de programmation pluriannuelle de la recherche.

Cependant alors que nous voyons s’accélérer l’artificialisation des sols, l’épuisement des ressources, le dérèglement climatique, l’effondrement de la biodiversité et des écosystèmes, les scientifiques nous documente, nous alimentent à travers leurs diverses disciplines, les causes et l’étendue – croissante, des dégâts constatés partout sur la planète.Ils appellent au contraire à clarifier le rôle de la recherche face à cette destruction généralisée de celle ci , pour la mettre au service d’alternatives écologiques et démocratiques. Or  depuis quinze ans, les postes à l’université ont énormément diminué, les étudiants sont de plus en plus nombreux et pourtant la recherche devrait rester une activité vitale pour l’avenir du pays.

Toujours plus d’évaluation, toujours plus de financement sur projets, toujours plus de hiérarchisation et de différenciation, et pour cela la possibilité d’imposer plus de 192h annuelles aux enseignants-chercheurs et la fin du paiement des heures supplémentaires, telles sont les propositions centrales formulées dans les 3 rapports officiellement commandés par le ministère de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation pour préparer la future loi de programmation pluriannuelle de la recherche (la LPPR). L’assemblée s’alarme de certains éléments évoqués dans les rapports préalables au futur projet de loi de programmation pluriannuelle de la recherche: si elles devaient obtenir force de loi, ces dispositions équivaudraient à une remise en cause du statut d’enseignant-chercheur,  ainsi de la conception même de ce que doit être l’université française : le savoir qui y est enseigné est enrichi par les recherches et par la spécialisation des enseignant·e·s dans un ou plusieurs champs de recherche.

11 Mars : 9 ans après Fukushima, où en est on ?

Le 11 mars 2011, un accident nucléaire majeur débutait à la centrale nucléaire de Fukushima Daichi. 9 ans après, contrairement à ce que prétendent les autorités, la situation n’est toujours pas sous contrôle. Neuf ans plus tard, les autorités veulent croire en une résurrection rapide de la région en l’intégrant dans les jeux olympiques de Tokyo d’août prochain, mais est- ce bien raisonnable?

1,2 millions de tonnes d’eau contaminée, que TEPCO souhaite rejeter dans l’Océan Pacifique, sont entreposées sur le site. Les trois cœurs de réacteur ayant fondus se situent toujours sous la centrale accidentée. Par ailleurs, des opérations périlleuses de retrait des combustibles usés situés dans les piscines de refroidissement doivent toujours être menées et de nouveaux rejets ne sont pas exclus.

Dans les villes et villages de la région de Fukushima, jonchés de millions de sacs de terre contaminée dont on ne sait que faire, la « décontamination » s’avère illusoire. De nombreux points contaminés sont régulièrement découverts.Plutôt que de protéger les populations, les autorités pratiquent le déni à grande échelle, relevant les seuils acceptables d’exposition à la radioactivité et incitant les personnes évacuées à revenir vivre dans les zones contaminées. Le Premier ministre Shinzo Abe et l’industrie nucléaire comptent utiliser les Jeux Olympiques de Tokyo comme vitrine pour laisser croire que l’accident appartient au passé.

La radioactivité du césium 137 qui s’est déposé sur de très vastes surfaces lors de l’accident , bien au-delà de la préfecture de Fukushima, y compris jusqu’à Tokyo, n’a diminué que de 20 % en 9 ans… Les puissants rayonnements gamma qu’il émet en permanence continuent à irradier ceux qui travaillent ou qui se réinstallent sur les secteurs partiellement décontaminés de la préfecture de Fukushima et des autres préfectures impactées. Les séquelles de la catastrophe sont pourtant loin d’être nettoyées et il faudra encore des décennies pour régler le problème des 880 tonnes de matières nucléaires hautement radioactives qui ont fondu lors de la catastrophe.

Notre partenaire la Criirad parle d’impossible décontamination

Communiqué partiel Criirad: « Sur la base des constats effectués lors de plusieurs missions au Japon depuis 2011, notre film «Invisibles Retombées» et son teaser mis en ligne aujourd’hui sur notre chaîne Youtube, rend compte de la puissance des radiations invisibles et démontre l’impossibilité d’effectuer une décontamination complète. Dans les zones contaminées par les retombées, la vie ne sera plus «normale» durant des dizaines, voire des centaines d’années; le danger sera là, présent en permanence dans chaque sous-bois, sous chaque pierre, dans chaque ruisseau.. »

En complément lire le communiqué de presse en version longue : Fukushima : le mythe du retour à la normale

Lire le communiqué sur le site de la CRIIRAD : www.criirad.org

« Biodiversité : le pari de l’espoir » d’Hervé Le Guyader: un livre qui aide à comprendre

Dans « Biodiversité : le pari de l’espoir », Hervé Le Guyader veut aller au-delà du catastrophisme. Un livre qui aide à comprendre pour ne pas baisser les bras.

  • Présentation du livre par son éditeur :

« Sixième extinction », destruction du « tissu vivant de notre planète », de la « cathédrale du vivant »… Pour invoquer l’effondrement de la biodiversité, les mots sont forts. Pourtant, ils n’incitent manifestement pas à agir. En dépit des rapports toujours plus alarmants, la prise de conscience collective tarde à venir.

Et si nous n’agissions pas faute de comprendre ce qui est en jeu ? C’est du moins l’hypothèse d’Hervé Le Guyader, qui se méfie du fatalisme trop souvent associé au mot « biodiversité » pour lui privilégier une approche plus fine – croisant la biologie, l’étymologie, l’anthropologie, la neurophysiologie… –, beaucoup plus porteuse d’espoir.

En débordant pour la première fois du seul cadre scientifique, il rend compte non seulement de la biodiversité, mais aussi de la dynamique propre à l’espèce humaine dans cette même biodiversité. Car aux origines de la crise actuelle, il identifie un problème majeur, ô combien d’actualité : l’écart qui s’est creusé entre notre pensée et le reste du vivant.

Hervé Le Guyader est l’un des grands noms de la biologie actuelle, il est professeur honoraire de biologie évolutive à l’université Paris-6 — Pierre et Marie Curie, mais également directeur de l’UMR Systématique, adaptation, évolution du CNRS. Naturaliste de terrain, il a, comme codirecteur, participé à l’expédition Santo, ambitieuse mission scientifique qui a été menée en 2006 à propos de la biodiversité de l’île d’Espiritu Santo dans la République du Vanuatu.

La baisse des objectifs de réduction des consommations d’énergie est inquiétante

Nous rapportons ici le communiqué de presse de notre partenaire Négawatt

À l’issue du décryptage de la politique gouvernementale qu’elle vient de réaliser, l’Association négaWatt sonne l’alerte: si l’on veut répondre aux enjeux environnementaux, économiques et sociaux de l’urgence écologique, la maîtrise des consommations doit rester la priorité de l’action.

Le processus de révision de la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) et de la Stratégie nationale bas carbone (SNBC) lancé en 2018 devait être l’occasion pour le gouvernement de se doter d’une feuille de route à court et moyen termes à la hauteur des objectifs que la France s’est fixés. Il se clôture à l’inverse sur des projets de textes prévoyant une révision à la baisse des objectifs intermédiaires en matière de réduction des consommations d’énergie par rapport à la précédente PPE, de plans d’actions flous et d’une augmentation des budgets carbone sur la période 2019-2023. Une stratégie de procrastination inquiétante, qui risque d’imposer la mise en place de mesures plus fortes et plus radicales par la suite.

Alors que Haut Conseil pour le Climat martèle à nouveau que la France « n’est pas du tout sur la bonne trajectoire » pour atteindre la neutralité carbone en 2050, le constat sur la politique actuelle du gouvernement en matière d’énergie et de climat laisse perplexe. Derrière une volonté affichée de faire de l’écologie une priorité, le gouvernement d’Édouard Philippe semble se réfugier dans une électrification forcenée au détriment de la performance énergétique et de la nécessaire réduction des consommations. La France est-elle en passe de faire marche arrière face à l’urgence écologique ?

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