Tous les articles par Jacqueline Collard

L’été est là : se baigner oui mais en étant informé

Assurer une bonne qualité des eaux de baignade, c’est prévenir des risques sanitaires tout en protégeant un cadre de vie et des pratiques de loisirs essentiels à la population.

Pour informer les vacanciers comme les habitants, les résultats du contrôle sanitaire des ARS ainsi que les informations concernant les pollutions et interdictions de baignade en cours sont publiés sur le site officiel : baignades.sante.gouv.fr.

En 2024, ce sont plus de 34 000 prélèvements d’échantillons d’eau qui ont été réalisés dans le cadre de ce suivi. Les analyses se concentrent sur deux indicateurs microbiologiques principaux : Escherichia coli et les entérocoques intestinaux, qui signalent une pollution d’origine fécale. Sous le vernis bleu des brochures touristiques, les  eaux  de baignade françaises ne se valent pas toutes.

Le rapport des chiffres de 2024 témoignent d’une stabilité de la qualité des eaux de baignade françaises :74,2 % est d’excellente qualité et 16,3 % de bonne qualité: ce qui représente un total de 3 045 sites sur 3 365 sites de baignade  dont 2 079 en mer et 1 286 en eau douce.

Alors que la saison estivale commence, le nouveau baromètre   de l’Agence européenne de l’environnement (AEE) montre que le nombre de sites qui respectent l’exigence « d’une qualité suffisante » de la directive Eaux de baignade évolue peu. Pourtant 22 000 sites de baignade ont été analysés dans les 27 Etats Membres, ainsi qu’en Albanie et en Suisse et parmi eux, 85% des eaux de baignades ont été classées excellentes.

Le rapport confirme une nouvelle fois que la grande majorité des sites de baignade européens respectent les seuils bactériologiques imposés par la Directive européenne (2006/7/CE) mais note une situation figée sans augmentation significative de la part des sites d’excellente qualité : c’est ce qui ressort depuis plusieurs années de la qualité des eaux de baignade comme de l’actualisation des paramètres contrôlés.

L’amélioration de la qualité des eaux de baignade devrait porter essentiellement sur l’amélioration du traitement des eaux usées.Des eaux de baignade plus propres sont un plus, non seulement pour notre santé et notre bien-être, mais aussi pour la santé de l’environnement.

https://environment.ec.europa.eu/document/download/4be6f6f9-6fd5-4a90-888d-3c77b29bbeac_en?filename=SWD%282025%2952_0.pdf

Directive sur les eaux de baignade

La pollution sonore n’est pas assez prise en compte

Le fait de vivre dans une zone affectée par le bruit des transports est associé à un risque accru de développer un large éventail de problèmes de santé, notamment des maladies cardiovasculaires, métaboliques et mentales.

Et selon  l’Organisation mondiale de la santé en matière de bruit ambiant recommandent pour les enfants que les niveaux de bruit dans les cours de récréation ne dépassent pas 55 dB et que les niveaux de bruit dans les salles de classe ne dépassent pas 35 dB. Or selon l’Agence européenne pour l’environnement (AEE), l’exposition au bruit des transports au début de la vie a un impact sur la capacité de lecture et le comportement des enfants.

C’est dans ce sens que la Commission européenne s’est fixé comme objectif indicatif de réduire de 30 %, avant la fin de la décennie, le nombre de citoyens de l’Union européenne chroniquement gênés par le bruit des transports, sachant que plus de 20 % des citoyens de l’Union européenne vivent dans des zones où le bruit de la circulation nuit à la santé. C’est donc plus d’un Européen sur cinq qui est exposé à long terme au bruit nocif des transports routiers, ferroviaires et aériens. La Cour des comptes européenne estime que les législateurs et les autorités locales ne prennent pas ce problème aussi sérieusement que celui de la pollution de l’air.

Il est essentiel d’améliorer l’accès aux espaces verts et de les maintenir calmes, car ces espaces peuvent apporter une restauration psychologique et contribuer à réduire les nuisances sonores pour les personnes et par conséquent préserver la santé des citoyens.

Serez vous concernés par des restrictions d’eau ?

Selon la ministre de la Transition écologique la ressource en eau présente « déjà une situation préoccupante ».

Avec le changement climatique, les épisodes de sécheresse sont de plus en plus récurrents et débutent plus tôt dans l’année. Pour faire face à ces périodes d’insuffisance de la ressource en eau, les préfets peuvent prendre des mesures temporaires de limitation ou de suspension de certains usages de l’eau pour les particuliers comme pour les professionnels. Service-Public.fr vous explique comment rester informé de la situation sur votre territoire.

Lorsqu’un tel événement survient, les préfets peuvent instaurer des mesures exceptionnelles, graduelles et temporaires de limitation ou de suspension des usages de l’eau non prioritaires pour les particuliers et les professionnels.

Quatre niveaux de gravité permettent de déterminer le type de mesures mises en place.

  • Vigilance : les particuliers et les professionnels sont incités à économiser l’eau (il s’agit d’un niveau de sensibilisation, aucune restriction n’est mise en place).
  • Alerte : des restrictions sont notamment mises en place concernant l’arrosage, le remplissage et la vidange des piscines, ainsi que le lavage des véhicules et l’irrigation des cultures.
  • Alerte renforcée : les activités ayant des conséquences pour les milieux aquatiques sont interdites ; des restrictions renforcées sont mises en place pour l’arrosage, le remplissage et la vidange des piscines, ainsi que pour le lavage des véhicules et l’irrigation des cultures.
  • Crise : l’eau ne peut être prélevée que pour les usages prioritaires (santé, eau potable, sécurité civile, etc.). Les prélèvements en eau sont interdits pour l’agriculture (totalement ou partiellement), pour de nombreux usages domestiques (le lavage de votre véhicule chez vous ou chez un professionnel, le remplissage ou la remise à niveau de votre piscine privée, etc.) et pour les espaces publics.

Plus d’informations sur https://vigieau.gouv.fr/

Tefal change de type de marketing ! mais agit tardivement

L’usine Tefal de Rumilly (Haute-Savoie) contamine toujours avec ses polluants éternels ( PFAS) tels que le révèlent les résultats d’échantillons d’eau prélevés localement. Dans les eaux souterraines, aux abords de dépôts de déchets, ont été retrouvés d’importantes quantités d’un des PFAS les plus dangereux, reconnu cancérogène : le PFOA.

Ce sont  les bénévoles de l’association environnementale Agir ensemble pour Rumilly et l’Albanais (Aera) association locale avec des moyens « limités »suivant  un protocole strict, qui  ont prélevé une vingtaine d’échantillons d’eau tout autour de la ville. Résultats : parmi les 53 PFAS testés, c’est le PFOA qui a été retrouvé en plus grande quantité dans la plupart des prélèvements, avec des pics entre 90 et 95 % à divers endroits.Résultats à prendre en compte aprés que l’entreprise ait déversé jusqu’en 1989 des quantités de déchets chargés en PFAS . C’est tout de même quasiment neuf fois plus que la norme de qualité pour les eaux brutes — une eau qui n’a pas reçu de traitement —, fixée à 2 000 ng/l. Ce taux de PFOA fait partie des plus élevés jamais enregistrés en France dans une nappe phréatique, selon les informations disponibles.

Après avoir communiqué leurs résultats à la communauté de communes, l’association réfléchit à la manière de partager ses informations avec les habitants de Rumilly — pour beaucoup salariés chez Tefal .

Dernièrement une opération médiatique est proposé par Tefal en lançant une collecte ( de recyclage)  partout en France avec La Poste, dans le but de récupérer ces produits faisant l’objet de tant d’interrogations.

À partir d’octobre 2025, près de 1.700 points de collecte seront mis en place partout en France, dont 945 bureaux de poste. À moins de 15 minutes de chez soi, vous pourrez facilement déposer vos poêles usagées dans l’un de ces points. Ce réseau de collecte ne se limite pas aux bureaux de poste : il inclut également des déchèteries, des magasins partenaires comme Carrefour, Leclerc, Boulanger, ainsi que des associations locales comme Emmaüs.   En participant à ce programme, chaque consommateur devient acteur du recyclage. Les poêles déposées sont triées, broyées et refondues pour créer de nouveaux produits. Ce processus non seulement élimine les polluants comme les PFAS (substances chimiques présentes dans les revêtements antiadhésifs) mais permet aussi de produire des poêles à partir d’aluminium recyclé, réduisant ainsi la dépendance aux ressources vierges. Tefal et La Poste ont bien compris que pour réussir la transition écologique, il faut agir localement, en s’appuyant sur des réseaux de proximité. Chacun d’entre nous peut facilement participer à la réduction des déchets et à la préservation des ressources.

Des reculs inacceptables face au changement climatique qui s’impose à tous

Alors que nous assistons à des reculs nombreux et variés en matière de protection de l’environnement (suspension des ZFE, des ZAN, de MaPrimeRenov,  soutien aux modes d’élevages industriels, autorisation des mégabassines, réintroduction de pesticides interdits comme l’acétamipride nocif pour les pollinisateurs, coupe des aides sur les véhicules électriques et le vélo, etc.) ayant rapidement des effets néfastes sur le climat et sur la biodiversité, c’est aussi le quotidien des Françaises et Français qui est pénalisé, via leur pouvoir d’achat, leur santé ou leurs emplois sous le prétexte d’une écologie trop contraignante, à l’opposé des attentes de leurs concitoyens,aggravant encore les inégalités climatiques.

Le Réseau Action climat (RAC) qui regroupe plus de 30 associations dénonce au nom de tous  , ces reculs qui vont rapidement avoir des « impacts très concrets », en provoquant une « baisse du pouvoir d’achat lié à la baisse des soutiens à la rénovation ou aux mobilités alternatives », des « emplois menacés dans les énergies renouvelables ou le bâtiment » ou des « risques pour la santé ».

Une tribune de plus de 90 professionnels du droit ( avocats et juristes ) s’en émeuve et se prononce ainsi :  » Nous vivons un sabotage du droit de l’environnement ! »