Tous les articles par Jacqueline Collard

Le Lévothyrox fait de nouveau parler de lui

Ce  médicament réapprouvé en septembre 2017 et utilisé par plus de 3 millions de personnes en France pour stabiliser leur taux de TSH, une hormone qui stimule la thyroïde.

Quatre ans plus tard, un rapport d’experts conclue que la nouvelle formule du médicament, (après retrait de l’ utilisation de sa première formulation suite à des effets secondaires notoires ) fabriqué par le laboratoire Merck, avait été approuvé par l’Agence Nationale de Sécurité et du Médicament (ANSM) qui était consciente qu’elle (la nouvelle formule) était très différente de la première et que donc elle comportait des risques pour les consommateurs.

Le médicament finira par provoquer des milliers d’effets secondaires en France. Pourtant, au tout début de sa commercialisation, les autorités sanitaires, indiquaient qu’il ne représentait aucune menace pour la santé des millions de consommateurs. La nouvelle formule est même beaucoup plus stable que la précédente”, disait Agnès Buzyn, à l’époque ministre de la santé, en septembre 2017.

“Une nouvelle action collective va être lancée mardi 14 septembre en France dans le dossier du Levothyrox, a appris franceinfo auprès de maître Christophe Lèguevaques, un des avocats qui en est à l’initiative. Cette fois, elle vise l’Agence Nationale de la Sûreté du Médicament (ANSM)”

La clôture du Congrès de l’UICN produit un manifeste

C’était la première fois depuis l’Assemblée générale fondatrice en 1948 à Fontainebleau que la France accueillait le congrès mondial de l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature). À la clôture les organisateurs semblaient satisfaits mais les associations environnementales restaient sur leur faim. Entre autres la FNE s’exprimait ainsi : « La France continue de donner des leçons à tous sur les enjeux de biodiversité et de climat, mais reste largement dans l’incantation ». Et le WWF de rajouter : Le « succès » économique ne peut plus se faire aux dépens de la nature. Nous avons un besoin urgent d’une réforme systémique.

Le Comité français de l’UICN s’est impliqué pour que le Congrès mondial soit une opportunité forte d’expliquer à tous les enjeux de biodiversité et de faire largement connaître les actions réalisées et les solutions à mettre en place. Pour ce faire, ce comité  s’est impliqué dans deux projets : « Les enfants pour la biodiversité », en partenariat avec Milan Presse, et le développement de kits pédagogiques pour la biodiversité en collaboration avec l’association Adphile. Il est également partenaire du Mobile Film Festival, du Festival Vivant ! sur l’art et la nature, et du livre blanc de la jeunesse porté par le Ministère de l’Éducation Nationale.

Il a été souligné par le représentant des Régions de France que la préservation de la biodiversité est une compétence clef pour les régions françaises, l’heure est désormais aux décisions, charge aux gouvernements de la planète de prendre les mesures nécessaires d’ici la COP15 (Conférence des nations unies sur la biodiversité) pour inverser avant 2030 la courbe de l’effondrement dramatique de la biodiversité.  À quelques semaines de  la COP 26 à Glascow et de la COP15 Biodiversité encore reportée en 2022 en Chine , l’UICN entend mettre la pression pour sauver la biodiversité et enrayer le dérèglement climatique, au moment où les négociations patinent.

 Les messages clés de cette semaine riche d’échanges est résumé dans le manifeste produit en clôture : celui-ci appelle à une « réforme systémique urgente » pour résoudre conjointement l’ensemble de ces défis.

« L’humanité a atteint un point de bascule, écrit l’organisation. Notre fenêtre de tir pour répondre à ces urgences interdépendantes et partager équitablement les ressources de la planète se réduit très vite. À nous d’agir dès lors !

Manifeste de Marseille | Congrès mondial de la nature de l’UICN 2020 (iucncongress2020.org)

Biodiversité et santé : un meeting organisé à Marseille dans le cadre de l’UICN

Cette réunion a mis en évidence combien la perte de biodiversité est un risque majeur de santé publique :  elle fait suite à une alerte de nombreux  scientifiques qui appellent à agir fortement contre le réchauffement et l’effondrement de la biodiversité qui se sont multipliés ces dernières années. C’est dans ce contexte que l’émergence du covid-19 a interrogé les effets de l’érosion de la biodiversité sur notre santé.

Il est avéré que les maladies infectieuses sont fortement liées aux pollutions qu’elles proviennent de l’eau, de l’air ou des sols, et qu’elles sont amplifiées par le réchauffement climatique. Néanmoins  ces sujets sont très complexes et  l’on ne connait  pas  réellement toutes les interactions entre ces indicateurs. Le contexte One Health qui rassemblent santé humaine, santé vétérinaire, et santé des écosystèmes, montre ces interactions déjà visibles malgré un manque de connaissances criant. La crise sanitaire actuelle avec les virus SRAS COV 2 en sont un exemple flagrant.

Cet échange a permis d’ailleurs de montrer, que  dans la gestion d’une crise sanitaire  combien il s’avère  nécessaire d’allier des compétences diverses de scientifiques afin de mieux comprendre comment les zoonoses (de plus en plus fréquentes en raison essentiellement de l’emprise humaine dans la nature, et la mondialisation des transports) sont le nid de ces maladies infectieuses, afin de mieux s’en préserver.

L’analyse rétrospective des données épidémiologiques disponibles montre que, depuis 1940, des déterminants d’origine agricole ( tout particulièrement les élevages intensifs) ont été associés à plus de 25 % de toutes les maladies infectieuses – et plus de 50 % des zoonoses – apparues chez les humains.

 Rohr, J.R., Barrett, C.B., Civitello, D.J. et al. Emerging human infectious diseases and the links to global food production. Nat Sustain
2, 445–456 (2019). https://doi.org/10.1038/s41893-019-0293-3

Nicolas Hulot insiste sur les enjeux de la biodiversité

Il rappelle les 8 enjeux de ce colloque international:L’UICN a défini 8 enjeux clés qui dressent un constat implacable de l’état de la biodiversité , en France et dans le monde.

Le déclin massif de la biodiversité et les espèces : enjeu 1

Le déclin massif de la biodiversité et les écosystèmes (forêts, océans, littoraux) : enjeu 2

Le déclin massif de la biodiversité et les aires protégées : enjeu 3

Les solutions fondées sur la nature pour lutter contre le changement climatique (SfN) : enjeu 4

Le déclin massif de la biodiversité et la déforestation importée : enjeu 5

Le déclin massif de la biodiversité et l’artificialisation des sols : enjeu 6

Le déclin massif de la biodiversité et les pesticides : enjeu 7

La biodiversité en outre-mer : enjeu 8

Et rappelle que la Présidence française de l’Europe en janvier 2022 doit être une opportunité pour le  chef de gouvernement, en rajoutant que la transition agricole est stratégique et la France peut avancer de concert sur deux leviers indissociables, que sont la biodiversité et le climat.

Compléments sur : https://www.fondation-nicolas-hulot.org/congres-mondial-de-luicn-le-gouvernement-na-plus-que-9-mois-pour-mettre-la-biodiversite-a-son-agenda/?utm_source=sendinblue&utm_campaign=Newsletter%20Septembre%202021&utm_medium=email

Le colloque international sur la biodiversité à Marseille du 3 au 11 septembre

Le Congrès mondial de la nature (UICN) s’est ouvert à Marseille avec de fortes attentes,  seront elles tenues ?

L’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) est le baromètre de l’état de la biodiversité dans le monde. Il  permet de voter la nouvelle gouvernance pour quatre ans  et définit les grands enjeux stratégiques de la biodiversité mondiale et les fait appliquer de façon concrète via les salariés de l’UICN mais aussi en accompagnant les membres dans leur mise en œuvre.

Lors de l’inauguration le Président a lancé  des paroles prometteuses « La planète aura les yeux tournés vers la cité phocéenne lors de cette semaine décisive. Notre objectif commun est d’inscrire la nature au sommet des priorités internationales – car nos destins sont intrinsèquement liés, planète, climat, nature et communautés humaines ». Il est de notoriété que les indicateurs de la biodiversité mondiale sont au rouge . Les experts internationaux réunis au sein de l’IPBES ont montré qu’un million d’espèces étaient menacées d’extinction et que le déclin de la biodiversité était général sur la planète. Aucun des objectifs fixés par la communauté internationale dans le cadre de la convention sur la diversité biologique (CDB) en 2010 n’a été atteint. Le principal enjeu du congrès de Marseille est de préparer la nouvelle stratégie mondiale qui doit être adoptée lors de la quinzième conférence des États parties (COP 15) à cette convention, qui d’ailleurs est encore reportée  en avril 2022 à Kunming en Chine.

2  messages ont été  portés par le chef de l’État : celui d’une relance verte et celui de la nécessité de connecter les enjeux de la biodiversité et du climat. Le congrès marseillais doit aussi permettre de faire le point sur les coalitions lancées en janvier dernier par le président de la République lors du One Planet Summit, quatrième édition d’un sommet lancé en 2017 pour, à l’origine, pour réorienter la finance vers les projets respectueux du climat. Espérons que ces annonces seront confirmées tant l’urgence sur la biodiversité que celle sur les changements climatiques a sonné.

Nicolas Hulot lui aussi présent,  a bien l’intention de rappeler au président français dont il a été ministre,  ses urgences et la nécessité de faire que la France soit réellement actrice du changement.

Il a été suivi par l’une des ONG présente Youth for Climate: « À l’heure même où les canicules se multiplient, et où l’Europe est dévastée par d’extrêmes inondations causées par l’artificialisation des sols et le dérèglement climatique, la destruction de cet espace vert, qui réduit les inondations et crée des puits de fraîcheur, est complètement déconnecté de l’urgence écologique et sociale actuelle », s’indigne sa représentante française.

Il y a un vrai enjeu pour ce congrès qui se situe alors que la crise sanitaire n’est pas jugulée, sur la santé-environnement. Pas à cause de la crise de la Covid mais parce que les gens qui travaillent sur ces questions de zoonoses sont persuadés de leur urgence et de leur ampleur. Cinq maladies liées à la dégradation des habitats ou de l’environnement apparaissent chaque année.  Face à cette situation, les mesures à prendre concrètement, c’est limiter la déforestation, s’interroger sur l’élevage intensif et limiter la mondialisation. Ce sont les ingrédients qui contribuent à diffuser les maladies infectieuses. Par ailleurs  le rapport commun entre le Giec et l’IPBES publié en juin de cette année doit constituer la bonne feuille de route.