Tous les articles par Jacqueline Collard

Un courrier à l’Anses à propos de 14 pesticides contenant des toxiques

Aujourd’hui, 29 ONGs, réunies au sein de la coalition Secrets Toxiques, interpellent l’ANSES, l’Agence Française de Sécurité Sanitaire, pour demander le retrait des produits incriminés et éclaircir les conditions dans lesquelles ces produits ont pu être autorisés et maintenus sur le marché français. Cela fait suite à plus de 5 mois d’actions juridiques, notamment un dépôt de plainte au Parquet de Paris et une interpellation de l’EFSA par 119 députés et ces 14 pesticides contenant des toxiques cachés sont toujours en vente libre.

En effet des produits toxiques non indiqués sur les étiquettes sont présents dans 14 pesticides comme l’ Arsenic, plomb, hydrocarbures cancérogènes… et  10 d’entre eux sont commercialisés en France.

Dans le courrier envoyé ce jour à l’ANSES, la coalition Secrets Toxiques demande le retrait immédiat des autorisations de mise sur le marché des produits incriminés par l’étude Seralini-Jungers, au nom du principe de précaution. Elle demande également à l’ANSES de communiquer les données brutes des évaluations que l’agence réalise pour mesurer la toxicité et la cancérogénicité à long terme des pesticides avant toute délivrance d’autorisation de mise sur le marché, et en particulier pour les produits de l’étude Seralini-Jungers. Elle demande à l’agence la transparence sur ces études, et la mise en place de procédures de vérification des compositions des produits commercialisés et de lutte antifraude.

En cas d’absence de réponse ou de réponse incomplète, la coalition prévoit de porter un recours devant le Conseil d’État.

(Pour lire notre lettre, cliquez ici )

Un célèbre économiste donne son avis sur la gouvernance mondiale nécessaire post pandémique

En amont du futur G7 (Allemagne, Canada, États-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni) du début Juin, Nicholas Stern, économiste à la London School of Economics, vient de remettre un rapport au gouvernement anglais. Il exhorte les sept grandes puissances mondiales à mettre en place un cadre commun d’investissement pour assurer une relance pérenne et durable. Il estime à 1 000 milliards de dollars les besoins d’investissements par an dans les secteurs verts tels quel l’énergie, les transports, l’agriculture, etc. Il exhorte ces pays du G7 à travailler ensemble pour la mise en place de ces investissements et, en quelque sorte, à montrer l’exemple au reste du monde.

Il rappelle un élément important : l’investissement mondial n’a cessé de décliner depuis la crise de 2008, en particulier dans les infrastructures, où le manque se fait le plus cruellement sentir. Parmi ces recommandations : mettre en place de véritables politiques structurelles pour réorienter l’économie, telles que la définition d’un prix du carbone élevé par les sept pays, ainsi que la disparition progressive des subventions toujours engagées sur les énergies fossiles.  Nicholas Stern se dit prêt à  élaborer une feuille de route commune tout en s’exprimant ainsi  : « Si nous voulons obtenir les meilleurs résultats, l’action doit être déterminée sur tous les fronts décrits dans ce rapport. Choisir quelques éléments à la carte ne permettrait pas d’atteindre les résultats au niveau et selon le degré d’urgence nécessaire » ; «il faut cesser d’avoir une vision parcellaire et étriquée de l’économie qui ignore les dégâts que nous causons »

The Economics of Climate Change: The Stern Review  (en anglais)

Lancement du PNSE4 : un environnement, une santé

Les ministres de la Transition écologique, et des Solidarités et de la Santé, lancent en ce début Mai 2021  le quatrième plan national santé environnement (PNSE 4), « Un environnement, une santé », avec une ambition : mieux comprendre les risques auxquels chacun s’expose afin de mieux se protéger et protéger son environnement. La crise sanitaire de la Covid-19 a par ailleurs rappelé les interactions fortes entre santé humaine, santé animale et santé de l’environnement. Ce PNSE 4 se veut une approche intégrée de la santé humaine, animale et environnementale, dans le respect d’une démarche « Une seule santé »., appelée aussi »One Health »

Les mesures phares du quatrième plan national santé environnement sont les suivantes

  • Connaître l’état de son environnement et les bonnes pratiques à adopter
  • Être mieux informé sur la bonne utilisation des produits ménagers et leur impact sur la santé et l’environnement
  • Approfondir les connaissances des professionnels sur les liens entre l’environnement et la santé
  • Créer un Green Data for Health
  • Structurer et renforcer la recherche sur l’exposome et mieux connaître les maladies liées aux atteintes à l’environnement
  • Surveiller la santé de la faune terrestre et prévenir les zoonoses

Ces directions étant exprimées,nous suivrons leur réalité sur le terrain, car les plans précédents ne nous ont pas apporté les réponses que les citoyens étaient en droit d’attendre, malgré notre contribution importante.

Ce, d’autant qu’en préambule, ce PNSE4  fait référence à l’Organisation mondiale de la santé (OMS) qui estime que 23 % des décès et 25 % des pathologies chroniques dans le monde peuvent être attribués à des facteurs environnementaux et comportementaux. Ceux-ci pouvant contribuer à l’apparition de maladies d’origine souvent multi-factorielles : cancers, pathologies respiratoires, allergies, asthmes, maladies cardiovasculaires, diabète, obésité, etc.

 

PNSE4_Dossier_de_presse (PDF – 2.02 Mo)

 

En cas d’accident nucléaire, comment se protéger ?

Notre partenaire la Criirad vient de produire un dossier sur ce sujet

Des pastilles d’iodure de potassium : une protection indispensable en cas d’accident nucléaire : mais pas une solution miracle.

La communication officielle sur les comprimés d’iodure de potassium occulte généralement les zones d’ombre du dossier, qu’il s’agisse des limites de cette protection (seulement la thyroïde et uniquement contre l’exposition à l’iode radioactif par voie interne), des conditions de son efficacité (l’administration doit être rapide, si possible préventive), des critères retenus pour sa mise en œuvre (uniquement si l’irradiation risque de dépasser 50 mGy, un niveau de risque trop élevé, surtout pour les enfants) .

C’est avant l’accident qu’il faut s’informer. Quand il survient, c’est souvent  trop tard.

Le dossier complet sur : www.criirad.org/accident-et-pollutions/comprime_iode/Comprimes_d_iode_stable.html

Des composés perfluorés sur l’Everest et pourquoi ?

Une équipe de chercheurs sur les pentes de l’Everest ont fait un constat surprenant : de très importants taux de substances chimiques comme les perfluoroalkylées ou PFAS – qu’ils ont  mesurés pour la première fois au sommet de l’Everest.

Ils étaient partis pour réaliser des analyses de sols afin de faire du « troisième pôle terrestre » le plus grand laboratoire du monde du changement climatique. Ces éléments surprenants ont fait l’objet d’une publication le 10 mars 2021 dans la revue Science of The Total Environment. A plusieurs altitudes, y compris au niveau du « balcon », c’est à dire le dernier passage très fréquenté à quelques centaines de mètres du sommet et là aussi ces substances ont été retrouvées à des niveaux bien plus élevés que sur d’autres montagnes du monde.

D’après cette enquête, ces molécules proviendraient essentiellement des équipements de montagne traités pour résister à l’humidité. Kimberley Miner, professeur adjoint de recherche à l’Institut du changement climatique de l’Université du Maine, qui a coordonné les recherches à distance depuis les États-Unis fut très surpris de ce constat  « Nous avons tout retesté trois fois, parce que les taux étaient beaucoup plus élevés que ce à quoi nous nous attendions. » Jamais il n’avait été constaté que de telles empreintes chimiques maculaient à ce point cette montagne – la plus haute du monde mais aussi très fréquentée par  des montagnards bien équipés.

Ce qu’on peut tirer de ces conclusions surprenantes , c’est que partout où passe l’homme, il laisse des traces, aussi est-il raisonnable d’en abandonner le moins possible !